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-Infrastructure (a)
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Crise financière et l'infrastructure (a) 
Expert :
Katherine Sierra (a)

Aperçu :

  • Le développement de l’infrastructure joue un rôle majeur dans la réponse qui est apportée à la récession économique mondiale actuelle et dans les actions qui sont menées pour augmenter la croissance économique, réduire la pauvreté et atteindre les objectifs de développement pour le Millénaire (ODM).

  • Les pays en développement ont besoin de développer une infrastructure respectueuse de l’environnement, acceptable d’un point de vue social et financièrement viable. Dans ces pays, on s’attend à ce que la crise économique et financière frappe sévèrement les services d’infrastructure, alors que les gouvernements font face à une diminution de leurs ressources et que les flux financiers privés diminuent.

  • En avril 2009, le Groupe de la Banque mondiale (WBG) a lancé le Programme d’appui aux infrastructures existantes et nouvelles (INFRA), une plateforme destinée à attirer l’attention et les ressources du Groupe et de ses partenaires du développement en direction des besoins considérables en infrastructure en période de récession. Parallèlement, le programme s’efforce de mettre en place les conditions propices à une future croissance économique et à la réduction de la pauvreté. L’INFRA renforce ses objectifs de prêt pour l’infrastructure, tels qu’ils ont été définis dans le Plan d’action pour une infrastructure durable, approuvé au début de l’été 2008. Cette feuille de route a pour objectif de trouver des réponses aux défis de la mondialisation, de l’intégration sociale et de la durabilité environnementale.

  • Les financements de la Banque mondiale pour des projets et des programmes liés à l’infrastructure ont atteint 20 milliards de dollars au cours de l'exercice 2009, dépassant le montant de 15 milliards de dollars engagé par la plateforme INFRA.

Le WBG investit dans l’infrastructure. Le Groupe de la Banque mondiale soutient les services d’infrastructure dans un large éventail de secteurs : énergie, transport, approvisionnement en eau et assainissement, gestion urbaine et gestion des ressources en eau, infrastructure environnementale, technologies de l’information et de la communication, pétrole, gaz et exploitation minière.

Ce soutien s’appuie sur le fait que le développement de l’infrastructure contribue directement et indirectement à la réduction de la pauvreté. Par exemple :

  • En Tanzanie, l’accès à l’électricité a permis aux revenus non agricoles d’augmenter de 61%.

  • Au Ghana, la remise en état des routes dans les zones rurales a réduit les coûts de transport des marchandises et des passagers d’environ un tiers, en moyenne.

  • Dans les zones rurales d’Éthiopie, la consommation a augmenté de 16 % et la pauvreté s’est réduit de 7 % (Dercon et al., 2007) grâce à un accès à des routes de meilleure qualité.

  • Plus de 500 000 femmes meurent en couches chaque année ; la plupart de ces décès pourraient être évités si les femmes pouvaient bénéficier à temps de soins post-partum, pour lesquels un bon accès routier est essentiel.

  • Un rapport consacré à l’infrastructure en Afrique reconnaît la très forte corrélation qui existe entre la quantité d’infrastructures et la croissance. Il remarque que non seulement l'infrastructure contribue à la croissance économique, mais qu’elle est également un facteur important de développement humain et un élément clé de la réalisation de tous les objectifs de développement pour le Millénaire.

  • Un approvisionnement en eau, sûr et pratique, permet de gagner du temps et empêche la propagation de nombreuses maladies graves, telles que la diarrhée, qui est une cause majeure de mortalité infantile et de malnutrition. L’accès à l’électricité permet aux services de santé et d’éducation de fonctionner et stimule la productivité des petites entreprises. Les réseaux routiers relient les marchés locaux et internationaux. Les technologies de l’information et de la communication démocratisent l’accès à l’information et diminuent les coûts de transport en permettant aux personnes de conclure des transactions à distance.1

Malgré ses effets bénéfiques sur la croissance économique et la réduction de la pauvreté, le développement de l’infrastructure souffre de graves lacunes :

Des besoins non satisfaits en termes d’accès : on estime que dans les pays en développement, 884 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable, 1,6 milliard sont sans électricité, 2,5 milliards ne bénéficient pas de services d’assainissement et près d’un milliard n’ont pas accès à des routes praticables par tous les temps. Les taux d’accès sont les plus faibles dans les pays IDA (Association internationale de développement) et dans les zones rurales, tandis que les besoins sont les plus prononcés en Afrique subsaharienne et en Asie. A titre d’exemple, pratiquement aucune ville d’Asie du Sud ne peut assurer à ses habitants un approvisionnement en eau 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Des besoins non satisfaits en termes financiers. Dans les pays en développement, la demande totale en investissements d’infrastructure et en entretien est estimée à plus de 900 milliards de dollars annuels. A l’heure actuelle, les pays en développement investissent chaque année, en moyenne, 3 à 4% de leur PIB dans des projets d’infrastructure. Pour contribuer aux efforts de croissance économique et de réduction de la pauvreté, ces pays devraient engager 7 à 9% de leur PIB à la fois dans de nouveaux investissements et dans l’entretien de l’infrastructure déjà existante.

Les investissements sont composés à l’heure actuelle de fonds publics pour 70 à 75 % et de financements privés pour 15 à 20 %. L’aide publique au développement finance moins de 10 % des investissements en infrastructure. A l’inverse, les engagements d’investissements du secteur privé dans des projets d’infrastructure sont passés, dans les pays en développement, de 66 milliards de dollars en 2003 à un pic de 162 milliards en 2007, avant de retomber à 150 milliards en 2008. Entre juillet 2008 et mars 2009, alors que les crises économiques et financières se sont intensifiées, l’activité du secteur privé dans des projets d’infrastructure s’est poursuivie, même si le taux d’aboutissement des projets a chuté de 15% par comparaison aux investissements réalisés l'année précédente, à la même période.

Les réalisations depuis 2003. Le Groupe de la Banque mondiale a répondu aux demandes de ses clients en apportant une aide plus soutenue dans le domaine de l’infrastructure par le biais du Plan d’action pour l’infrastructure (IAP) lancé en 2003. Ce plan, établi sur trois ans (exercice 2004-exercice 2007), a obtenu les résultats suivants :

  • Les prêts de la Banque mondiale pour des projets d’infrastructure ont augmenté de 88 % au cours de cette période, atteignant 10,3 milliards de dollars au cours de l’exercice 2007. Sur la même période, l’aide pour l’infrastructure en Afrique a quasiment doublé, passant de 1,4 milliard de dollars à plus de 2,5 milliards.

  • La BIRD/IDA (Banque internationale pour la reconstruction et le développement/Association internationale de développement), l’IFC (Société financière internationale) et la MIGA (Agence multilatérale de garantie des investissements) ont coopéré sur d’autres opérations. De nouveaux instruments ont été développés, à l’image des approches sectorielles (SWAP) et de l’Aide basée sur les résultats (OBA).

  • Les opérations plurinationales ont été privilégiées.

  • La Banque mondiale et la Société financière internationale ont mis en commun leurs ressources afin d’étendre leur aide à des gouvernements régionaux et locaux sans solliciter de garanties du gouvernement.

  • La qualité du portefeuille des infrastructures est restée bonne, notamment en matière de conformité avec les sauvegardes.

À l’été 2008, le Conseil des administrateurs a mis fin au Plan d’action pour l’infrastructure (IAP), et approuvé le Plan d’action pour une infrastructure durable (SIAP) du groupe de la Banque mondiale, dont les lignes directrices en matière d’infrastructure visent à :

  • Soutenir la croissance de l’aide financière en réponse à une demande forte et continue ;

  • Renforcer l’intégration des aspects économiques, sociaux et environnementaux dans le développement de l’infrastructure ; et

  • optimiser plus encore ses propres ressources avec celles du secteur privé, des donateurs et des gouvernements nationaux.

Le nouveau défi stratégique pour le développement d’une infrastructure durable. Depuis le développement du Plan d’action pour une infrastructure durable (SIAP), le monde entier se trouve face à une crise économique et financière qui risque d'avoir de graves conséquences sur le soutien aux services d’infrastructure.

L’expérience acquise lors des crises précédentes a montré que les investissements d'infrastructure étaient souvent les plus touchés par la diminution des dépenses publiques et ce, à tous les niveaux, nationaux, régionaux ou locaux. L’investissement privé décline aussi fortement pendant les crises, et il ne peut combler l’écart financier avec le secteur public, qui finance une grande partie des investissements d’infrastructure.

La réduction du financement des infrastructures est souvent jugée opportune par les gouvernements sur le court terme. En revanche, à long terme, elle peut avoir des conséquences désastreuses, car les services d’infrastructure sont d’importants facteurs de croissance économique soutenue et d’atténuation de la pauvreté. La « décennie perdue » pour le développement, après la crise en Asie de l’Est, a montré que les pays, et particulièrement les populations pauvres, souffrent à la fois de la détérioration des infrastructures et de leurs services, et de la dégradation des conditions propices à une croissance durable.

En réponse, le Groupe de la Banque a développé le Programme d’appui aux infrastructures existantes et nouvelles (INFRA), qui a trois objectifs : (a) aider les gouvernements des pays partenaires à contrer les conséquences négatives de la crise mondiale sur leurs services d’infrastructure et leurs programmes d’investissement ; (b) mettre à leur disposition des options comprenant des politiques adaptées à leurs besoins, afin de minimiser l'impact de la crise, tout en limitant les déséquilibres du marché ; et enfin (c) fournir une assistance technique et financière au secteur privé, afin qu’il poursuive ses activités, ainsi qu’au secteur public, pour ses projets d’investissement dans les infrastructures.
Ces objectifs du programme INFRA ne peuvent être réalisés qu’à plusieurs conditions :

  • Maintenir les infrastructures existantes, en finançant des projets confrontés à des problèmes de liquidité temporaires ; assurer une préparation continue des projets d’investissements grâce à des études mises à jour ; restructurer les projets en cours pour permettre un apport suffisant de fonds de contrepartie ; soutenir les efforts du gouvernement pour couvrir les coûts de maintenance et préserver les infrastructures existantes ; mettre en place des filets de sécurité pour assurer un accès permanent des populations pauvres aux services ; enfin conseiller les gouvernements et les gestionnaires de services publics sur la manière de gérer efficacement les devises, les taux d’intérêt et les risques sur les produits de base.

  • Assurer la livraison de projets qui restent une priorité du gouvernement en octroyant des financements supplémentaires aux investissements d’infrastructure, en fournissant des prêts et de l’aide technique aux structures régionales et locales ; et en faisant progresser l’agenda sur la réduction des émissions de carbone grâce au développement d'instruments financiers en lien avec les aléas climatiques. Les dépenses d’infrastructure indispensables doivent être protégées au cas où les revenus viennent à manquer et identifiées en tant que telles. Par ailleurs, le Groupe de la Banque fournira les moyens de mieux gérer un budget, dont l’importance est reconnue au sein d’un environnement fiscal soumis à des contraintes.

  • Dans les marchés émergents, soutenir les Partenariats public-privé (PPP) dans le domaine de l’infrastructure, en encourageant les gouvernements à s'engager plus en avant dans des projets d'infrastructure privés ou dépendant d’un Partenariat public-privé. Cet engagement du secteur public facilitera la mise en œuvre de projets d’infrastructure viables dans lesquels participe le secteur privé et les aidera à se stabiliser, même si, du fait de l’évolution des conditions du marché, ils font face temporairement à des problèmes de liquidité. Il permettra également la poursuite de nouveaux projets élaborés par le secteur privé.
  • Soutenir le développement et la mise en œuvre de nouveaux projets d’infrastructure en fournissant des financements et des conseils aux gouvernements qui envisagent de lancer des programmes ou des projets d’infrastructure ayant trait à la croissance et au développement de l’emploi. Soutenir également la planification et la gestion des investissements au niveau des municipalités et des services publics solvables et compétents en matière d’infrastructure.2


La plateforme de l’INFRA est mise en œuvre à l’aide des éléments suivants :

  • Un diagnostic amélioré et une assistance conseil. Des diagnostics d’infrastructure sont actuellement réalisés dans 18 pays afin d’identifier les financements les plus menacés et les projets qui devraient bénéficier d'une attention particulière. Le diagnostic établi fournira une évaluation détaillée des dépenses d’infrastructure et une méthodologie pour l’évaluation préliminaire des conséquences de la crise.

  • Un financement plus soutenu grâce à des initiatives parallèles de donateurs, afin de permettre l'apport de moyens complémentaires et des réponses pour les projets et les pays que la crise a affectés. Une méthode de coopération est privilégiée, qui consiste à mettre en place des financements parallèles afin d’assurer une réponse rapide, ainsi que des instruments multi-donateurs qui permettent aux différents donateurs de combler plus facilement les lacunes en matière de financement.

  • Un financement ciblé pour les phases de préparation de projets, de diagnostics et d’échanges de connaissances sur les différentes approches de réponse à la crise. La création d’un Fond d’affectation spéciale multi-donateurs est envisagée afin d’assurer des financements additionnels destinés à la préparation des projets, aux diagnostics et à l’échanges de connaissances sur les différentes approches de réponse à la crise.

  • Surveillance et coordination. Un système de surveillance et de coordination sera mis en place afin de rendre compte des diagnostics établis, de l'avancée des projets, et pour soutenir la collaboration entre les donateurs sur la meilleure manière de répondre à la crise dans l’infrastructure.

Accélération de l’Agenda sur les technologies propres. La plateforme de l’INFRA va tout particulièrement se consacrer aux investissements non polluants et soutenir les gouvernements qui optent pour des investissements d’infrastructure permettant de faire progresser « l’agenda vert ». Par conséquent, la mise en place de nouveaux fonds va permettre de lever plus facilement des financements pour les investissements en cours de réalisation. Parmi ceux-ci figurent les Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone, le Fond pour les technologies propres, les obligations écologiques, l’initiative Énergie pour les pauvres, l’initiative de Renforcement de l’énergie renouvelable dans les pays à faible revenu, ainsi que des programmes similaires gérés par d’autres donateurs.

En réponse à la crise économique mondiale, le Groupe de la Banque mondiale a modifié ses engagements et octroie désormais des financements renforcés dans des pays où le besoin en infrastructure se fait le plus sentir, en apportant tout particulièrement des financements au secteur public. En tant que partie prenante de l’INFRA, la Banque mondiale évalue son engagement dans des projets d’infrastructure à 15 milliards de dollars par an, sur trois ans, soit un total de 45 milliards de dollars.

Contacts presse:
Roger Morier :
1 202 473-5675, rmorier@worldbank.org
Robert Bisset :
1 202 458-5191, rbisset@worldbank.org
Karolina Ordon :
1 202 458-5971, kordon@worldbank.org

Mis à jour : septembre 2009


[1] “Diagnostic pays de l’infrastructure en Afrique”, 2009. Réalisé par la Banque mondiale avec le financement et le soutien de (par ordre alphabétique) : Banque africaine de développement, Union africaine, Agence Française de Développement, Union européenne, Nouveau partenariat économique pour le développement de l’Afrique, Mécanisme consultatif pour le renforcement des infrastructures par des partenariats public-privé et le ministère britannique du Développement international.

[2] La Banque fournira également une aide constante aux gouvernements pour la planification et la mise en œuvre des projets d’infrastructure représentant une part importante des dépenses publiques par le biais des Examens des dépenses publiques (EDP) et des Cadres des dépenses à moyen terme (CDMT).




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