| APERÇU : Des progrès ont été enregistrés dans les domaines de la santé et de l’éducation des jeunes filles et des femmes dans la plupart des pays démunis. - Dans les pays à faible revenu, plus de 37 millions de fillettes ont été inscrites à l’école primaire depuis 1995, chiffre qui marque une amélioration du taux d’inscription des filles par rapport à celui des garçons de 80 % en 1995 à 88 % en 2005.
- En 2004, les deux tiers des 181 pays disposant de données sur la fréquentation scolaire des écoles primaires avaient atteint la parité en matière d’inscription scolaire, et la différence entre les filles et les garçons achevant le cycle primaire n’était plus que de 5 %, comparé à 15 % en 1991.
- L’espérance de vie moyenne pour les femmes a augmenté de 15 à 20 ans depuis 1970 dans les pays en développement.
Toutefois, de nombreux progrès restent à faire quant à la démarginalisation économique des femmes. Encore aujourd’hui, dans les pays à faible revenu, les femmes ne sont toujours pas sur un pied d’égalité avec les hommes, qu’il s’agisse d’entrée sur le marché du travail, d’accès au crédit, de création d’entreprise, de niveau de revenus ou de droits à l’héritage et à la propriété. - Dans les pays à faible revenu, la main-d’œuvre féminine est passée de 53 % en 1980 à 49 % en 2005, tandis que le taux d’emploi des hommes est resté stable à 86 %
- En 2005, la proportion des femmes ayant des emplois rémunérés non agricoles était de seulement 30 % dans les pays à faible revenu. Ce pourcentage baisse à moins de 20 % dans 20 pays d’Afrique subsaharienne, d’Afrique du Sud, d’Asie du Sud, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.
- Les femmes africaines reçoivent moins de 10 % de l’ensemble du crédit destiné aux petits agriculteurs et 1 % du crédit total destiné au secteur agricole, alors qu’elles constituent la majorité des travailleurs dans ce domaine.
Cette situation est injuste et va à l’encontre des intérêts économiques. Les jeux ne devraient pas être faits dès la naissance. En outre, la restriction des opportunités économiques des femmes va à l’encontre des intérêts économiques : l’absence d’investissement en faveur des femmes limite la croissance économique et freine les progrès vers la réduction de la pauvreté. Ce sont les pays où les inégalités s’estompent le plus qui ont tendance à enregistrer les taux de pauvreté les plus bas. Des données démontrent qu’il existe un lien étroit entre l’augmentation de la productivité et du revenu des femmes et la baisse de la pauvreté au niveau des ménages. Les États indiens où la main-œuvre féminine est plus élevée sont ceux qui enregistrent la meilleure croissance économique, ce qui permet de réduire la pauvreté. Au Sierra Leone, on estime que le manque d’interventions ciblant l’anémie des femmes engendrera des pertes de productivité agricole de près de 100 millions de dollars au cours des cinq prochaines années. Au Brésil, la probabilité de survie d’un enfant augmente d’environ 20 % lorsque c’est la mère qui tient les cordons de la bourse. Sur le marché du travail, on trouve de nombreux exemples de femmes actives et des avantages que celles-ci, leurs employeurs, l’industrie et l’économie en retirent. En 1978, l’industrie du vêtement au Bangladesh n’a contribué qu’à hauteur de 1 million de dollars à la totalité des revenus d’exportations. Au milieu de l’année 2006, le revenu annuel des exportations textiles, dont la main-d’œuvre est constituée de 83 % de femmes, était proche de 8 milliards de dollars, soit 75 % des recettes annuelles en devises du pays. Une étude menée au Ghana a montré que lorsque les femmes possèdent des droits fonciers sur les terres qu’elles cultivent, la productivité augmente considérablement : les travailleuses agricoles dont les droits fonciers ne sont pas garantis mettent moins souvent leurs parcelles en jachère, ce qui se traduit par une forte réduction du rendement. Selon les estimations des chercheurs, leur production pourrait augmenter d’un tiers si elles se voyaient délivrer des titres de propriété. Lorsqu’un crédit est accordé directement à une femme, il se répercute fortement sur le travail qu’elle fournit, sur les dépenses de consommation et sur la scolarisation des enfants. En moyenne, si l’on accorde un crédit supplémentaire de 100 takas à une femme au Bangladesh, la consommation du ménage augmentera de 18 takas par personne, au lieu de 11 takas si l’argent est donné à un homme. Des études ont également démontré qu’il s’agit d’une décision judicieuse puisque les taux de remboursement sont plus élevés pour les femmes dans toutes les régions du globe. L’égalité entre les sexes, un atout pour l’économie – Un plan d’action du Groupe de la Banque mondiale contre la disparité Agriculture : des terres rurales pour les femmes en Éthiopie Une étude financée par le Gender Action Plan ou GAP (plan d’action contre les disparités hommes-femmes) portant sur un programme qui a émis 20 millions de certificats d’utilisation des terres à près de 6 millions de ménages en Éthiopie a conclu qu’il suffisait de prévoir suffisamment de place sur le certificat pour y mettre la photo des deux époux pour que l’enregistrement des femmes pour la propriété conjointe des terres augmente de manière significative. De plus, presque toutes les femmes détentrices de certificat conjoint interrogées ont fait état d’une amélioration de leur statut économique et social. Plus de 80 % des répondantes ont indiqué que l’émission de certificats d’utilisation a permis de réduire les conflits et les a encouragées à planter des arbres et à louer du terrain. Les données sur l’impact positif et la rentabilité de ces mesures ont incité la Banque à soutenir un programme national de 30 millions de dollars visant à étendre à tout le pays le programme d’enregistrement des terres et de certification. |
Pour aider à accroître les possibilités économiques des femmes et pour accélérer la mise en œuvre de sa Stratégie d’ intégration de la lutte contre les inégalités entre les sexes de 2001, le Groupe de la Banque mondiale a lancé en 2007 un GAP, ou plan d’action de quatre ans pour l’égalité des sexes intitulé Gender Equality as Smart Economics (L’égalité entre les sexes, un atout pour l’économie). En réponse aux indicateurs de développement sur les femmes et les filles, les questions de parité hommes-femmes rentraient dans la conception de plus de 90 % des projets en santé et en éducation ayant obtenu des prêts de la Banque mondiale au cours des deux dernières années, contre 69 % des projets dans les domaines des finances, de l’agriculture, du développement du secteur privé et des infrastructures. Le GAP met l’accent sur quatre secteurs clés : la terre, l’emploi, l’agriculture et les finances ainsi que sur les infrastructures. En février 2007, le GAP a donné le coup d’envoi de ses activités lors d’une conférence inaugurée par la chancelière allemande Angela Merkel, qui est grandement favorable au plan d’action de la Banque mondiale. Les présidents et premiers ministres du G8 ont ensuite endossé le GAP lors de leur rencontre annuelle en juin 2007. Le plan d’action a également obtenu un soutien unanime de la part des ministres des Finances lors de la rencontre du Comité de développement en avril 2007. Les donateurs et partenaires clés de la mise en application du GAP comprennent l’Australie, le Canada, le Danemark, l’Allemagne, l’Islande, la Norvège, l’Espagne, la Suède et le Royaume-Uni. Au cours de sa première année, le plan a en recours aux fonds de la Banque et aux contributions de donateurs. Jusqu’à ce jour, les promesses de dons s’élèvent à 36,7 millions de dollars. Deux activités novatrices se sont ajoutées au plan initial, dont un projet-pilote en collaboration avec le gouvernement du Libéria et la Nike Foundation visant à rendre plus nombreuses les opportunités économiques pour les adolescentes dans ce pays (voir encadré ci-dessous). S’il porte fruits, ce type de collaboration entre le gouvernement, le secteur privé et la Banque pourrait être dupliqué dans d’autres pays. Un programme de recherche et de conseils de deux ans a également été lancé pour inclure un volet sur l’égalité hommes-femmes dans le travail du service Doing Business du Groupe de la Banque mondiale. Opportunités économiques pour les adolescentes au Libéria Le Libéria est confronté à un important manque de main-d’œuvre qualifiée suite à la guerre de 14 ans qui s’est terminée en 2003. Pour accroître les revenus de ses habitants et élaborer un nouveau modèle de formation axée sur des compétences répondant aux besoins du marché du travail, un partenariat à trois parties a vu le jour entre le gouvernement du Libéria, la Nike Foundation et le Groupe de la Banque mondiale. Le projet a pour but de trouver des emplois de salariés et de travailleurs indépendants aux femmes âgées de 15 à 24 ans. Ce projet, qui puise dans l’expertise technique de la Banque mondiale en vertu du GAP, a reçu une subvention de 3 millions de dollars de la Nike Foundation. |
Voici certains exemples illustrant les activités de la Banque dans les domaines ciblés par le plan : Finance : en Tanzanie et au Sénégal, le GAP complète le travail du Projet Genre-entrepreneuriat-marchés (GEM) de l’IFC en offrant des lignes de crédit aux banquières et entrepreneuses. Les fonds du GAP permettent de former le personnel des banques commerciales à mieux servir les femmes et les entrepreneuses clientes et à les aider à améliorer leurs connaissances financières et leurs capacités de gestion. En Tanzanie, une ligne de crédit de l’IFC de 5 millions de dollars octroyée par la Exim Bank a permis d’accorder des prêts à 10 PME ainsi qu’à Sero Lease, une société de microcrédit appartenant à une femme et dont la portée est de 30 000 femmes. Marché du travail : à Dakar (au Sénégal), une recherche analytique a montré que la forte présence des femmes dans le secteur informel, dans des activités peu productives et peu exigeantes en capitaux, était liée au faible accès des femmes à l’éducation, ce qui constitue un important obstacle pour accéder aux emplois mieux rémunérés dans le secteur formel. Les recommandations politiques qui ont découlé de cette recherche ont été incorporées dans le Mémorandum économique du Sénégal qui sert de base de dialogues sur les politiques au sein du pays. Infrastructures et transport : le Guerrero Decentralized Rural Transport for Territorial Development Project (Projet de décentralisation des transports ruraux pour le développement territorial de Guerrero) déployé en milieu rural au Mexique a pour objectif de répondre aux besoins des femmes pauvres restées seules dans des endroits isolés suite à la migration massive des hommes. Le projet tient compte des différences hommes-femmes en incorporant des mesures incitatives explicites pour encourager la participation des femmes à l’élaboration et à la mise en œuvre des divers éléments du projet. Infrastructures et énergie : l’initiative Power to the Poor (Le pouvoir aux pauvres) au Laos a mis sur pied un Fonds de raccordement électrique des maisons pour permettre aux ménages pauvres qui sont en grande partie menés par des femmes d’avoir accès à électricité dans le cadre d’un projet d’électrification en milieu rural. Les ménages concernés remboursent leur prêt en payant leur facture mensuelle avec les économies réalisées du fait de la non utilisation des combustibles traditionnels. Pour en savoir plus sur le travail de la Banque mondiale en matière de Genre et développement, visitez le http://www.worldbank.org/gender Publications : Dernière mise à jour : mars 2008 Contacts médias : Alejandra Viveros, 202-473-4306: aviveros@worldbank.org |