En bref - Au cours des dernières décennies, le niveau d’éducation et de santé des filles et des femmes a considérablement progressé.
- Aujourd’hui, la parité entre garçons et filles à l’école primaire est une réalité dans deux tiers des pays du monde. En outre, le nombre des filles dans l'enseignement secondaire est nettement supérieur à celui des garçons dans plus d’un tiers des pays.
- Les femmes sont plus nombreuses que les hommes dans les universités du monde entier et le nombre de femmes suivant des études supérieures est sept fois plus élevé qu’en 1970.
- L’espérance de vie des femmes a gagné entre 20 et 25 ans dans la plupart des régions du monde au cours des 50 dernières années et s’établissait en moyenne à 71 ans en 2007 (contre 67 ans chez les hommes).
- Néanmoins, dans bien des régions, trop de femmes meurent encore en couches ou — et leur nombre est alarmant — pendant leur grossesse. Les femmes n’ont toujours pas la possibilité de s’exprimer et de peser sur les décisions qui influent sur leur vie quotidienne, leur famille et leur environnement. En outre, leurs perspectives économiques restent très limitées.
- Pour une femme qui décède lors d'un accouchement en Suède, elles sont 122 au Pakistan, 495 au Nigeria, 815 en Somalie et 1 000 en Afghanistan.
- Encore beaucoup de femmes mariées n’ont pas leur mot à dire sur la façon dont l’argent qu’elles gagnent est dépensé : elles sont 34 % au Malawi, 28 % en République démocratique du Congo, 18 % en Inde et 14 % au Népal.
- Partout dans le monde, les femmes sont loin derrière les hommes en matière d’insertion sur le marché du travail, d’accès au crédit, de création d’entreprise, de niveau de revenus ou de droits de succession ou de propriété.
- Ces inégalités sont évidemment injustes, mais elles ont aussi des répercussions sur le plan économique : le manque d’investissement en faveur des femmes freine la réduction de la pauvreté et entrave le développement économique et social d’un pays, comme le démontre amplement la prochaine édition du Rapport sur le développement dans le monde, consacrée à la relation entre la l’égalité des genres et le développement.
Notre action La Banque mondiale soutient la promotion de la parité entre les hommes et les femmes en finançant différents projets et programmes, en menant des recherches et des analyses et en mobilisant ses partenaires. Les opérations financées par la Banque portent sur différents aspects, tels que le renforcement de l’accès des filles et des jeunes femmes à une éducation de qualité et l’élargissement des perspectives économiques féminines. - Opérations de financement. Au cours des cinq dernières années, le Groupe Banque mondiale a alloué plus de 65 milliards de dollars, soit 37 % de ses financements, à des projets contribuant aux efforts des pays en développement pour améliorer l’éducation des filles, la santé féminine et maternelle ainsi que l’accès des femmes au crédit, à la terre, aux services de vulgarisation agricole, à l’emploi et aux infrastructures. En 2010, l’aide de la Banque s’est élevée à 26,3 milliards de dollars, presque la moitié du montant total des prêts. Cet effort de financement a permis d'obtenir des résultats concrets, de même que les nombreuses études menées pour avoir une meilleure connaissance du degré d'efficacité des différentes actions mises en œuvre.
- Enrichissement des connaissances et accroissement de la sensibilisation. Le Rapport 2012 sur le développement dans le monde est, pour la première fois, exclusivement consacré à l’égalité des genres. Ce rapport met en lumière quatre domaines dans lesquels les inégalités sont les plus criantes et qui requièrent une action volontariste des pouvoirs publics, car la seule augmentation des revenus ne suffira pas à combler le fossé existant entre les hommes et les femmes : réduire les taux excessifs de mortalité féminine et les écarts dans l’accès à l’éducation ; offrir davantage de perspectives économiques aux femmes et réduire les écarts de salaire et de productivité entre hommes et femmes ; accorder une place plus importante aux femmes dans la gestion du foyer et de la société ; éviter la reproduction de l’inégalité entre les sexes d’une génération à l’autre. Après la présentation officielle du Rapport 2012 sur le développement dans le monde lors des Assemblées annuelles de la Banque en septembre 2011, il sera diffusé à travers les régions du monde : Afrique, Asie du Sud, Moyen-Orient et Afrique du Nord, Asie centrale, Amérique latine-Caraïbes, Europe et Amérique du Nord.
- Partenariats mondiaux et nationaux pour faciliter la mise en Å“uvre des actions prioritaires. La Banque mondiale travaille en collaboration avec des partenaires divers pour promouvoir l’égalité des genres, notamment ONU Femmes, les gouvernements (aussi bien dans les pays à revenu élevé, que faible ou intermédiaire) et des organisations de la société civile et du secteur privé. Parmi ces partenariats figure en particulier le Forum mondial des leaders du secteur privé, initié par la Banque mondiale et dont l’objectif est de renforcer les perspectives économiques des femmes.Â
Les raisons de notre action L’égalité des genres est par nature un objectif de développement. De surcroît, un pays qui n’investit pas assez en faveur des femmes entrave sa croissance économique et les actions menées pour réduire la pauvreté. C’est l’une des raisons pour lesquelles le taux de pauvreté tend à être inversement proportionnel aux indicateurs d’égalité entre les sexes. Des recherches mettent en évidence le lien étroit existant entre, d’une part, l’augmentation de la productivité et du revenu des femmes et, d’autre part, un niveau de pauvreté plus bas et de meilleurs résultats en termes de santé et d’éducation des ménages, surtout des enfants. L’actualité récente - Intégration de la dimension du genre. La Banque mondiale a lancé en 2010 une feuille de route pour l’intégration du genre dans ses opérations au cours des trois prochaines années (2011-2013). Cette feuille de route a pour objectif d’orienter une part plus importante des projets, des programmes et de l’assistance technique de la Banque vers la promotion des perspectives économiques offertes aux femmes. Elle s’appuie sur les enseignements tirés du Plan d'action 2007-2011 sur l’égalité des sexes, qui encourageait l’émancipation économique des femmes en ciblant les interventions de la Banque sur l’agriculture, les infrastructures, les finances et le secteur privé.
- Augmentation des financements destinés aux pays les plus pauvres. La promotion de l’égalité des genres constitue un thème prioritaire auquel l’Association internationale de développement (IDA), le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres — dont les ressources s’élèvent à 49,2 milliards de dollars — accordera une attention particulière au cours des trois années à venir. La Banque mondiale accentuera ainsi son soutien aux projets et aux opérations contribuant à la parité hommes-femmes.
- Études thématiques connexes. La Banque va également publier en septembre un rapport sur les femmes, les entreprises et le droit (Women, Business and the Law). Il analyse les distinctions de genre dans les dispositions légales et réglementaires et leurs conséquences sur les perspectives économiques ouvertes aux femmes.
Exemples de résultats - Égalité entre les sexes et autonomisation des femmes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Alors que des mutations profondes sont en cours au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA), la Banque mondiale est soucieuse de voir les femmes de la région jouer un rôle accru dans les sphères sociale et économique de leur pays. En développant les capacités de recherche et d’analyse sur les questions de genre, la Banque aide les pouvoirs publics à mieux intégrer ces questions dans l’élaboration de leurs politiques.
- Élargir les perspectives économiques des femmes. Au Sénégal et en Tanzanie, le Plan d’action pour l’égalité des sexes (GAP) est venu accompagner le Programme en faveur des femmes entrepreneurs mis en place par la Société financière internationale (IFC) pour accorder des lignes de crédit destinées aux femmes dirigeant d’entreprise et aux femmes banquiers. En Tanzanie, une ligne de crédit de 5 millions de dollars accordée par l’IFC, via l’Exim Bank, a permis d’accorder des prêts à dix PME ainsi qu’à Sero Lease, une société de microcrédit fondée et dirigée par une femme, et ainsi d’atteindre 30 000 bénéficiaires.
- Promouvoir l’accès à des services de base. En République démocratique populaire lao, le programme d’électrification des zones rurales est destiné aux foyers pauvres, dont le chef de famille est souvent une femme. Baptisé Électricité pour les pauvres (Power to the Poor, ou P2P), ce programme leur propose des crédits sans intérêt pour couvrir les coûts élevés de la connexion au réseau électrique. Depuis son démarrage en septembre 2008, le taux de raccordement des ménages dans les 20 villages pilotes est passé de 78 à 95 % et, dans les ménages dirigés par des femmes, de 63 à 90 %.
- Enrichir les connaissances. En Éthiopie, une étude financée par le Plan d’action pour l’égalité des sexes a analysé les résultats d’un programme d’émission de 20 millions de certificats de droit d’utilisation des terres en faveur de 6 millions de ménages. Elle a démontré qu’en prévoyant suffisamment de place sur le certificat pour mettre le nom et la photo des deux époux, le nombre de femmes enregistrées comme propriétaires conjointes des terres augmente de manière significative, ce qui s’accompagne d’une amélioration du statut économique et social de ces dernières. L’impact positif et le faible coût de cette mesure ont incité la Banque à soutenir un programme national de 30 millions de dollars visant à étendre l’enregistrement des terres et l’établissement de certificats à travers le pays.
Contact : Alejandra Viveros, (202) 473-4306, aviveros@worldbank.org Dernière mise à jour : août 2011. |