Les Nations unies ont déclaré 2011« Année internationale des forêts » ; le thème choisi, « Les forêts pour les peuples », rend compte du rôle fondamental des populations dans la préservation, la gestion durable et le développement des ressources forestières. Étant donné l'importance primordiale des forêts pour les moyens de subsistance et le développement économique, et les services environnementaux qu'elles assurent, leur gestion durable occupe une place de premier plan dans la mission du Groupe de la Banque mondiale. L’institution célèbre l'Année internationale des forêts aux côtés du Forum des Nations unies sur les forêts et de ses autres partenaires, dans le cadre d'événements de haut niveau, avec notamment la tenue d'un forum visant à mobiliser l'investissement privé pour régénérer les arbres et les paysages forestiers d'Afrique. En bref - Les forêts couvrent entre 25 et 30 % de la surface terrestre, et abritent environ 80 % de la biodiversité terrestre que compte encore la planète. Elles aident à préserver la fertilité des sols, à protéger les bassins versants, et à réduire le risque de catastrophes naturelles, notamment les inondations et les glissements de terrain.
- Environ 13 millions d'hectares de forêts disparaissent chaque année dans le monde.
- On estime qu’un milliard d'hectares de paysages forestiers détruits ou dégradés pourraient être restaurés et régénérés. Leur remise en état serait porteuse d'un triple bénéfice : amélioration des moyens de subsistance en zone rurale, résistance accrue au changement climatique, et contribution à la réduction des gaz à effet de serre — sans compter la réduction des pressions exercées sur les forêts encore intactes.
- Quelque 350 millions de personnes vivant dans les forêts denses ou à proximité en tirent leurs moyens de subsistance et leurs revenus. Environ 60 millions d'entre elles (les populations autochtones tout particulièrement) sont totalement tributaires des forêts. Ce sont les gardiens essentiels des forêts naturelles encore préservées du monde.
- Les forêts constituent une source d'énergie pour de nombreux pays. En Afrique, environ 65 % de la totalité des approvisionnements énergétiques primaires sont tirés de la biomasse solide, notamment le bois de feu et le charbon.
L'impact de notre action   Dans le cadre de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et de l'Association internationale de développement (IDA) — le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres —, l’aide annuelle au secteur forestier s’est établie à 286 millions de dollars en moyenne au cours des trois dernières années. Si l'on tient compte des aides financières de la Société financière internationale (IFC), la Banque mondiale est la première source de financement multilatéral en faveur des forêts. Elle est en outre l'un des agents d'exécution du Fonds pour l'environnement mondial (FEM), dont elle intègre les financements à des investissements destinés à accompagner les opérations de préservation et de gestion des forêts, de gestion des bassins hydrographiques, d'adaptation aux changements climatiques et de gestion durable des sols. Au nombre des multiples opérations engagées à ce titre, citons notamment : - la contribution apportée à des programmes de reboisement à grande échelle en Chine ;
- la certification d'environ 1,3 million d’hectares de forêt en Bosnie-Herzégovine ;
- l'achèvement et l'amélioration de plans forestiers pour 160 communautés du Mexique ;
- le doublement des superficies de la forêt amazonienne du Brésil faisant l'objet d'une protection stricte ;
- la promotion de la régénération des paysages dégradés en Albanie.
La portée de l’action de la Banque est en outre renforcée par divers partenariats, comme dans le cas par exemple du Growing Forest Partnerships, une initiative qui vise à consolider les alliances entre les communautés tributaires des forêts afin de s'assurer que leurs voix et leurs préoccupations soient entendues dans les décisions liées au changement climatique et aux politiques forestières. La Banque entreprend en outre des travaux d’analyse sur les forêts, et apporte son assistance technique aux projets de réforme de ses pays clients. Au nombre de ses travaux récents, figurent notamment une évaluation du risque de dépérissement de la forêt amazonienne (Assessment of the Risk of Amazon Dieback), une étude examinant l'incidence sociale et environnementale du développement des bioénergies (Bioenergy Development), ainsi qu'une analyse des composantes de la bonne gouvernance forestière (Roots for Good Forest Outcomes). La Banque mondiale héberge également le Programme pour les forêts (PROFOR), un partenariat entre de multiples donateurs qui appuie l'analyse, le partage des connaissances et l'innovation en matière de moyens de subsistance, gouvernance des forêts, financement de la gestion durable des forêts et politiques forestières. Gestion des forêts En dépit d'une attention internationale croissante et d’initiatives prometteuses, les forêts demeurent l'une des ressources les plus mal gérées dans bien des pays. Leur importance est dangereusement sous-évaluée : nombre des services environnementaux qu'elles assurent ne sont pas représentés sur les marchés, et les défaillances de la gouvernance ont laissé la voie libre aux activités illicites qui privent les pays de leurs sources de revenus comme de leurs ressources naturelles. La Banque mondiale favorise les investissements responsables tout au long de la chaîne d'approvisionnement en produits forestiers par l'entremise de l’IFC, son institution chargée des opérations avec le secteur privé. L'action menée dans ce domaine concerne également l’application, dans les projets ayant une incidence sur les forêts, de ses propres politiques de sauvegarde ainsi que celle des exigences de résultat de l’IFC. L'assistance technique en matière de gouvernance et d'application des lois dans le domaine forestier vise à favoriser l'instauration de règles d'intervention plus équitables pour les entreprises forestières à l'action légitime et les peuples tributaires des forêts. En concertation avec d'autres partenaires des pays en développement, la Banque s'emploie à mettre au point des critères et des indicateurs de gouvernance du secteur forestier, qui tiendront une place cruciale dans la mise en œuvre des stratégies REDD+. Changement climatique  Les forêts absorbent 15 % environ des émissions de gaz à effet de serre de la planète. Le déboisement et la dégradation des forêts représentent aujourd'hui entre 15 et 20 % de ces émissions. Or, les efforts engagés pour réduire les émissions de carbone résultant du déboisement et de la dégradation des forêts ne s'inscrivent pas encore dans une vision globale des rôles sociaux, économiques et environnementaux joués par d'autres secteurs, ni des pressions énormes qu'ils exercent sur les forêts. Les forêts sont une source de nourriture et de moyens d'existence, et constituent un filet de sécurité important dans les périodes de difficultés économiques ou agricoles. En outre, elles subviennent aux besoins énergétiques de bien des pays, en fournissant bois de feu et charbon. Les entreprises forestières bien gérées sont une source d'emplois, de recettes publiques et de développement économique. La Banque appuie donc le concept REDD+, qui ne se borne pas à prévenir le déboisement, mais a pour objet de restaurer les paysages forestiers dégradés, d'introduire des pratiques agricoles durables fondées sur l’agroforesterie, et d’investir dans le boisement et le reboisement afin de développer les stocks de carbone forestier. La Banque mondiale aide les pays à équilibrer exploitation productive des forêts et protection des services écosystémiques (soit notamment la gestion des bassins hydrographiques, la protection de la biodiversité et l'atténuation des effets du changement climatique). Grâce aux mécanismes créés par différents partenariats, par exemple le Fonds biocarbone, le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions dues à la déforestation, le Programme d'investissement forestier, et le Fonds pour l'environnement mondial, le Groupe de la Banque mondiale étudie une large gamme de possibilités d'intervention dans le cadre du concept REDD+. La Banque mondiale fait office d’administrateur du Fonds de partenariat pour la réduction des émissions dues à la déforestation (FPCF), un partenariat mondial dont elle assure le secrétariat et qui a pour objet d'aider 37 pays à préparer leurs plans de préparation REDD+. Ce fonds versera des paiements carbone aux pays qui atteignent certains objectifs. La Banque mondiale est en outre l'une des cinq banques multilatérales de développement qui assurent la mise en œuvre du Programme d'investissement forestier (FIP), un programme ciblé relevant des Fonds d'investissement climatiques, qui a pour objet d’enclencher une transformation de fond en soutenant des activités pilotes, et en développant celles qui ont prouvé leur efficacité pour la gestion des forêts et des paysages forestiers, et qui complètent les stratégies REDD+. Ces deux programmes axés sur le changement climatique, le FPCF et le FIP, ont intensifié leur coopération avec une troisième grande initiative des Nations Unies, le Programme ONU-REDD. À eux trois, ces programmes réunissent plus de 50 pays et organisations qui se sont engagés à s'attaquer durablement aux causes de la disparition des forêts. Contacts : Flore de Préneuf : (202) 473-5844 ; fdepreneuf@worldbank.org Robert Bisset : (202) 458-5191 ; rbisset@worldbank.org Dernière mise à jour : avril 2011 |