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Les pays touchés par un conflit

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États fragiles

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Plus de 1,5 milliard de personnes vivent dans des pays touchĂ©s par un conflit violent. Depuis 2000, l’Association internationale de dĂ©veloppement (IDA) — le fonds de la Banque mondiale dĂ©diĂ© aux pays les plus pauvres — a fourni une aide de plus de 5,9 milliards de dollars Ă  l’appui des efforts de reconstruction entrepris aprĂšs un conflit dans les États fragiles et les pays touchĂ©s par un conflit (FCS).

Durant les dix derniĂšres annĂ©es, la croissance Ă©conomique dont les pays en dĂ©veloppement ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de façon presque continue a permis Ă  un nombre sans prĂ©cĂ©dent d’ĂȘtres humains d’échapper Ă  la pauvretĂ©. Cette performance contraste toutefois avec la persistance d’une pauvretĂ© tenace dans un petit groupe d’États fragiles et de pays touchĂ© par un conflit, oĂč la rĂ©alisation des objectifs du MillĂ©naire pour le dĂ©veloppement (OMD) paraĂźt lointaine.

Les États fragiles sont les pays confrontĂ©s aux dĂ©fis les plus redoutables en matiĂšre de dĂ©veloppement : la faiblesse de leurs institutions et le niveau Ă©levĂ© des risques de conflit freinent la lutte contre la pauvretĂ©, entravent la prestation de services aux populations et peuvent avoir des rĂ©percussions nĂ©gatives sur les pays voisins. Alors qu’ils n’abritent que 19 % de la population des pays admis Ă  bĂ©nĂ©ficier de l’aide de l’IDA, les États fragiles reprĂ©sentent un tiers des populations extrĂȘmement pauvres, ainsi que 67 % des dĂ©cĂšs d’enfants de moins d’un an et 69 % des dĂ©cĂšs d’enfants de moins de cinq ans. Selon notre analyse, aucun pays Ă  faible revenu fragile ou frappĂ© par un conflit n’a encore atteint un seul des OMD. Seulement 10 % des États fragiles devraient atteindre l’objectif consistant Ă  rĂ©duire de moitiĂ© la pauvretĂ© et la faim Ă  l’horizon 2015.

 L’expĂ©rience de la Banque mondiale. Le modĂšle d’activitĂ© de la Banque mondiale, qui est unique et consiste Ă  agir par l’intermĂ©diaire des institutions nationales, revĂȘt un intĂ©rĂȘt particulier pour les FCS et a donnĂ© des rĂ©sultats. Le rĂŽle de la Banque consiste souvent Ă  aider les pays Ă  fournir et dĂ©velopper des services de base, ainsi qu’à servir de source fiable de conseils techniques. La Banque, qui poursuit des opĂ©rations dans les FCS de maniĂšre systĂ©matique depuis 20 ans, a contribuĂ© au redressement de plusieurs pays. Le Viet Nam, par exemple, a rĂ©duit de plus de 50 % le nombre de ses habitants pauvres, l’intensitĂ© de la pauvretĂ© et la sous-alimentation ainsi que la mortalitĂ© des nourrissons et des enfants de moins de cinq ans entre 1990 et 2007. L’Éthiopie a plus que triplĂ© le pourcentage de sa population ayant accĂšs Ă  des sources d’eau amĂ©liorĂ©es, pour le porter de 13 % en 1990 Ă  42 % en 2006 ; enfin, la Bosnie-HerzĂ©govine a fait passer le taux de vaccination contre la rougeole des enfants ĂągĂ©s de 12 Ă  23 mois de 53 % en 1995 Ă  96 % en 2007.

 Un changement de modĂšle s’impose. Le Rapport sur le dĂ©veloppement dans le monde 2011, intitulĂ© Conflits, sĂ©curitĂ© et dĂ©veloppement, appelle la communautĂ© du dĂ©veloppement Ă  adopter un nouveau modĂšle pour ses activitĂ©s dans les États fragiles et les pays touchĂ©s par un conflit. En effet, les problĂšmes de violence et autres difficultĂ©s auxquels sont confrontĂ©s les FCS ne peuvent pas ĂȘtre rĂ©solus par des mesures Ă  court terme ou des solutions partielles en l’absence d’institutions Ă  mĂȘme d’assurer la sĂ©curitĂ© des citoyens, la justice et l’emploi. Ce modĂšle repose sur les conclusions suivantes : a) les violences revĂȘtent diverses formes au fil du temps et se rĂ©pĂštent souvent ; b) les transitions rĂ©ussies ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de la formation de coalitions « suffisamment inclusives » et de la mise en Ɠuvre rapide de mesures crĂ©dibles et concrĂštes permettant de rĂ©tablir la confiance ; c) il est essentiel de mettre en place des institutions compĂ©tentes et lĂ©gitimes pouvant assurer la sĂ©curitĂ© des citoyens, lutter contre l’injustice et crĂ©er des emplois pour rompre l’enchaĂźnement des cycles de violence ; d) face Ă  ces prioritĂ©s, il est impĂ©ratif que les acteurs extĂ©rieurs collaborent davantage, agissent de maniĂšre plus disciplinĂ©e et modifient leurs procĂ©dures pour intervenir plus rapidement et plus longuement et mieux gĂ©rer les risques inhĂ©rents aux États fragiles et aux pays touchĂ©s par un conflit.

 IntĂ©grer les thĂšmes du Rapport sur le dĂ©veloppement dans le monde 2011. Durant les RĂ©unions de printemps de 2011, la Direction de la Banque a prĂ©sentĂ© un document intitulĂ© IntĂ©grer les thĂšmes du Rapport sur le dĂ©veloppement dans le monde 2011 au ComitĂ© du dĂ©veloppement. Le document dĂ©crit six thĂšmes de rĂ©forme Ă  l’intention de la Banque : 1) axer davantage les stratĂ©gies formulĂ©es pour les pays sur la rĂ©duction de leur fragilité ; 2) renforcer les partenariats axĂ©s sur le dĂ©veloppement, la sĂ©curitĂ© et la justice ; 3) accroĂźtre l’attention portĂ©e Ă  l’emploi et au dĂ©veloppement du secteur privé ; 4) rĂ©aligner les cadres des rĂ©sultats et de gestion des risques pour les FCS ; 5) s’efforcer de rĂ©duire la volatilitĂ© des financements ; 6) rechercher l’excellence dans les activitĂ©s axĂ©es sur les FCS dans le monde entier. L’aide aux FCS occupe une place de premier rang dans le programme du Groupe de la Banque mondiale. Les clients, les partenaires et le personnel de l’institution sont Ă  l’origine de l’élan en faveur de la rĂ©forme de l’action de la Banque dans les FCS. Les Ă©quipes de l’institution sont d’ores et dĂ©jĂ  mobilisĂ©es sur chacun des thĂšmes mentionnĂ©s.

 Le Centre mondial sur les conflits, la sĂ©curitĂ© et le dĂ©veloppement. En juillet 2011, la Banque mondiale a inaugurĂ© un Centre mondial sur les conflits, la sĂ©curitĂ© et le dĂ©veloppement (CCSD) Ă  Nairobi (Kenya). Le Centre est un Ă©lĂ©ment important de la dĂ©marche visant Ă  intĂ©grer les thĂšmes du Rapport sur le dĂ©veloppement dans le monde. Il complĂ©tera les capacitĂ©s existantes de la Banque ; il l’aidera Ă  renforcer le rĂŽle pilote qu’elle joue dans le cadre du programme mondial relatif aux FCS ; et il appuiera les Ă©quipes de la Banque qui travaillent dans les pays touchĂ©s par les conflits et la violence et dans les zones fragiles. Cette plateforme mettra en relation ceux qui, Ă  travers le monde, travaillent dans des situations de fragilitĂ© ou de conflit et leur donnera accĂšs aux derniĂšres recherches et connaissances disponibles sur les actions qui ont fait leurs preuves dans des environnements instables. Le personnel du Centre est constituĂ© d’une Ă©quipe d’experts de la Banque ayant dĂ©jĂ  travaillĂ© dans des zones fragiles ou touchĂ©es par un conflit et collaborant Ă©troitement avec l’ONU et d’autres partenaires. Le choix de la Banque s’est portĂ© sur Nairobi non seulement en raison de la proximitĂ© gĂ©ographique de cette ville avec nombre d’États fragiles et de situations de conflit, mais aussi parce que la capitale du Kenya est en train de s’imposer comme un pĂŽle important pour l’expertise et les pratiques relatives au dĂ©veloppement dans toute l’Afrique.

Le Fonds fiduciaire pour la construction de la paix et de l’État (SPF). Sur la base d’un portefeuille de 130 millions de dollars (100 millions de dollars provenant de la Banque mondiale et 30 millions de dollars fournis par les bailleurs de fonds bilatĂ©raux), la Banque s’est rĂ©cemment engagĂ©e Ă  reconstituer les ressources du SPF en apportant 33,3 millions de dollars supplĂ©mentaires au titre de l’exercice 12. Le montant des reconstitutions annuelles des exercices 13 et 14 devrait ĂȘtre similaire. Le SPF continuera de fournir, Ă  un stade prĂ©coce, des fonds jouant un rĂŽle de catalyseur pour rĂ©pondre aux besoins en matiĂšre de gouvernance aux diffĂ©rents Ă©chelons territoriaux ainsi que dans le domaine du rĂ©tablissement de la paix dans les zones fragiles ou rĂ©guliĂšrement en proie Ă  des conflits. Il constitue un Ă©lĂ©ment essentiel du programme d’intĂ©gration des thĂšmes du Rapport sur le dĂ©veloppement dans le monde. Pour la pĂ©riode couverte par l’exercice 12, 33 pays sont considĂ©rĂ©s comme fragiles et le SPF accorde une aide Ă  plus de la moitiĂ© d’entre eux ainsi qu’à un certain nombre d’autres pays touchĂ©s par des conflits infranationaux, des troubles rĂ©cents ou des conflits rĂ©gionaux (Tunisie, Jordanie et ThaĂŻlande, par exemple). Le SPF apporte une aide Ă  trois pays ayant des arriĂ©rĂ©s de paiement (Somalie, Soudan et Zimbabwe) et octroie des financements Ă  la nouvelle RĂ©publique du Soudan du Sud.

Don SPF – Tunisie – Processus participatif

Le sud-est de la Tunisie a Ă©tĂ© touchĂ© par plusieurs dĂ©veloppements : la crise politique et les troubles survenus en Tunisie, les rĂ©percussions du retour des travailleurs tunisiens au pays, l’afflux de rĂ©fugiĂ©s libyens et l’affaiblissement de l’activitĂ© commerciale et Ă©conomique internationale sous l’effet de la crise libyenne. En collaboration avec le gouvernement et une ONG nationale, le SPF apporte son soutien Ă  un programme visant Ă  crĂ©er des emplois Ă  court terme dans les services sociaux de base pour les travailleurs tunisiens rentrĂ©s de Libye et d’autres demandeurs d’emploi dans le cadre d’un processus participatif reposant sur un travail de dĂ©veloppement communautaire. Cette initiative contribue Ă  rĂ©tablir la confiance en finançant des programmes de travail contre rĂ©munĂ©ration et des services jugĂ©s nĂ©cessaires par les populations locales. Il complĂšte le prĂȘt Ă  l’appui des politiques de dĂ©veloppement (DPL) accordĂ© par la Banque Ă  la Tunisie en facilitant l’expĂ©rimentation de mĂ©thodes de dĂ©veloppement participatif appuyĂ©es par le gouvernement tunisien.

IDA-16. La mise en Ɠuvre d’une action efficace dans les FCS est l’un des cinq thĂšmes des orientations de la Banque pour l’aprĂšs-crise et l’un des domaines d’intervention prioritaires dans le cadre d’IDA-16. La Banque s’est engagĂ©e Ă  examiner plusieurs questions ayant trait aux allocations financiĂšres, notamment la nĂ©cessitĂ© de maintenir le caractĂšre incitatif des dĂ©cisions d’allocation en accroissant les montant affectĂ©s aux pays affichant les meilleurs rĂ©sultats, tout en assurant un niveau d’aide minimum et en modifiant les modalitĂ©s de la fourniture de l’aide pour attĂ©nuer les risques posĂ©s par une dĂ©gradation de la gouvernance.

Contexte général

En vertu d’un accord conclu au dĂ©but d’IDA-15 avec d’autres banques multilatĂ©rales de dĂ©veloppement, la Banque mondiale dĂ©finit les situations fragiles comme Ă©tant a) soit des pays auxquels une note moyenne infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  3,2 Ă  Ă©tĂ© attribuĂ©e au titre de la CPIA (Banque mondiale/BAsD/BAfD), b) soit des pays qui ont fait l’objet d’une mission de maintien de la paix ou de consolidation de la paix de l’ONU et/ou d’entitĂ©s rĂ©gionales (Union africaine, Union europĂ©enne, OEA, OTAN, par exemple), hormis les opĂ©rations de contrĂŽle des frontiĂšres, au cours des trois derniĂšres annĂ©es. La note CPIA donne une idĂ©e de l’ampleur de la fragilitĂ© du pays concernĂ©, mais ne doit pas ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un indicateur absolu. Il est possible que des pays dont la note CPIA est infĂ©rieure Ă  3,2 ne prĂ©sentent pas de signes de fragilitĂ© alors que des pays dont la note est supĂ©rieure Ă  ce chiffre affichent une certaine fragilitĂ©. On trouvera Ă  la page intitulĂ©e How IDA Resources are Allocated (mode d’allocation des ressources de l’IDA) une description du processus de notation CPIA.

Contact médias :
Geetanjali Chopra, (202) 473-0243, gchopra@worldbank.org  

DerniÚre mise à jour : septembre 2011




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