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La Banque mondiale et l'eau

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La gestion des ressources hydrauliques (a)
L’approvisionnement en eau et l’assainissement (a)
La sensibilisation au problème de l’eau (a)
Environnement (a)
Les experts de la Banque mondiale:
Jamal Saghir

APERÇU:

  • Le Groupe de la Banque mondiale est la plus grande source extérieure de financement pour les secteurs de l’irrigation et de l’approvisionnement en eau et l’assainissement (AEA), ainsi que pour les programmes transfrontaliers d’eau et d’aménagement des bassins fluviaux dans les pays en développement.

  • Le portefeuille de la Banque mondiale pour le secteur de l’eau inclut des investissements dans toute une série d’activités. Au cours de l’exercice 2007, de nouveaux engagements de prêts ont été pris dans les domaines de l’approvisionnement en eau et des services d’assainissement (3,8 milliards de dollars), de l’irrigation et du drainage (0,9 milliard de dollars), de la gestion des ressources en eau (0,8 milliard de dollars) et de l’hydroélectricité (0,5 milliard de dollars) 1. La Banque encourage également la fourniture de meilleurs services d’approvisionnement d’eau et une meilleure gestion des ressources en eau en approfondissant les connaissances techniques, en créant des institutions et en veillant au développement des politiques gouvernementales.


Le défi mondial de l’eau

Les défis à relever concernant l’eau incluent les problèmes de quantité, de qualité, de délai et d’accès aux services. Face aux besoins grandissants des populations et aux économies en pleine croissance, l’eau se raréfie, sa qualité s’en trouve compromise et les sources d’eau (bassins hydrologiques, régions d’alimentation des formations aquifères et zones humides) se voient empiétées. Les défis que représentent le développement et la gestion durable des ressources en eau deviennent également de plus en plus difficiles à relever. Le changement climatique devrait influencer le cycle hydrologique de diverses manières, notamment en altérant les débits fluviaux, en accentuant les fluctuations des niveaux des lacs, en modifiant l’alimentation des nappes souterraines et en entraînant des évènements plus extrêmes (p. ex. des inondations plus importantes et des sécheresses plus longues). Par conséquent, cet impact se fera également sentir sur les approches en matière d’adaptation, la réglementation de l’eau et l’infrastructure.

À l’heure actuelle, environ 700 millions de personnes vivent dans des pays souffrant de pénurie d’eau. D’ici 2035, on projette que trois milliards de personnes, soit plus d’un tiers de la population mondiale, habiteront dans des pays dits de stress hydrique. En outre, de nombreux pays disposant de ressources en eau limitées seront également confrontés à des problèmes de partage des ressources aquatiques, avec, pour corollaire, une augmentation des risques de conflits sociaux ou internationaux. 

Nécessités et priorités pour réduire la pauvreté

De l’eau pour les personnes (Approvisionnement et assainissement)
La cible 10 des objectifs de développement pour le Millénaire (OMD), qui consiste à diminuer de moitié le nombre de personnes qui n’ont pas un accès permanent à de l’eau potable et à l’assainissement d’ici 2015, s’annonce difficile à atteindre. Au cours des 20 dernières années, plus de 2,4 milliards de personnes ont pu avoir accès à de l’eau potable, et 600 millions à l’assainissement. Cependant, 1,1 milliard de personnes n’ont toujours pas accès aux services d’approvisionnement en eau, et 2,6 milliards ne bénéficient pas d’un assainissement suffisant. L’accès aux services d’approvisionnement en eau et d’assainissement est nécessaire pour diminuer la mortalité infantile. En effet, environ 1,7 million de décès dans le monde (dont 90 % d’enfants) sont dus à des maladies causées par le manque d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement, telles que les diarrhées infectieuses.

De l’eau pour l’agriculture (irrigation et drainage)
Une meilleure gestion de l’eau a apporté d’énormes bénéfices aux populations des pays en développement. Dans le secteur agricole, qui utilise environ 70 % des ressources mondiales en eau, la production céréalière mondiale par habitant a augmenté de 38 %, et le prix des céréales a baissé de 50 % environ entre 1950 et le milieu des années 1980 en raison du développement de l’irrigation et de l’augmentation de la productivité. Cette accélération de la production provient essentiellement de l’accroissement des zones irriguées (qui sont passées de 110 à plus de 270 millions d’hectares) et d’une augmentation de la productivité. 

De l’eau pour l’énergie (hydroélectricité)
L’hydroélectricité fournit environ 20 % de l’électricité mondiale et 90 % de toute l’électricité dérivée des énergies renouvelables. Alors qu’environ 70 % du potentiel hydraulique sont déjà exploités en Europe et en Amérique du Nord, à peine 20 % le sont dans les pays en voie de développement, avec seulement 7 % en Afrique. L’hydroélectricité jouera un rôle important face au changement climatique, à la fois en tant que source d’énergie à faible production de carbone et en tant que réserve d’eau où puiser lors de catastrophes.

De l’eau pour l’environnement
La protection des sources d’eau (bassins hydrologiques, régions d’alimentation des formations aquifères et zones humides) est essentielle pour assurer les usages multiples de l’eau. Pour permettre une gestion viable, du point de vue de l’environnement, des rivières, lacs, aquifères, terrains marécageux et estuaires, il convient d’équilibrer les avantages retirés du développement hydraulique, agricole, industriel et énergétique, et les avantages retirés d’écosystèmes aquatiques sains. Le niveau de protection à accorder à tout écosystème aquatique est une décision sociale qui doit être sous-tendue par une politique scientifique et publique judicieuse. Le but est d’encourager les prises de décision et les investissements informés pour assurer la conservation et la bonne gestion de l’environnement.

Mise en œuvre de la stratégie de l’eau  

La gestion efficace de l’eau associée au développement des infrastructures constitue un moyen de stimuler la croissance et de réduire la pauvreté. La Banque mondiale met actuellement en œuvre sa nouvelle stratégie sectorielle visant à fournir aux pays une aide efficace et adaptée en matière de gestion des ressources en eau qui soit économiquement viable, socialement acceptable et respectueuse de l’environnement. En améliorant les services hydrauliques (assainissement et approvisionnement en eau, irrigation et hydroélectricité) grâce à des investissements dans la gestion et le développement des infrastructures hydrauliques, et tout en sauvegardant les valeurs sociales et environnementales, la nouvelle stratégie représentera une contribution importante à l’objectif de réduction de la pauvreté de moitié d’ici 2015.

Depuis l’approbation de la stratégie en 2003:

  • L’assistance des clients en termes de planification stratégique des ressources hydrauliques a augmenté. Vingt stratégies globales d’assistance aux pays en matière de ressources en eau (CRWAS) ont été mises au point.

  • Entre les 4 années précédant la stratégie (exercices 2000-2003) et les 4 années suivant sa mise en œuvre (exercices 2004-2007), il y a une augmentation spectaculaire des prêts octroyés à tous les secteurs et thèmes en lien avec l’eau : a) les prêts destinés à l’approvisionnement en eau et à l’assainissement sont passés de 1 à 1,8 milliard de dollars par an ; b) les prêts destinés à l’irrigation sont passés de 260 à 800 millions de dollars par an ; c) le financement de la gestion des ressources hydrauliques est passé de 270 à 550 millions de dollars, et d) le financement de l’hydroélectricité est passé d’une moyenne de 215 à 332 millions de dollars.

  • D’importants programmes de gestion des bassins fluviaux, des aquifères, des terres humides et des eaux transfrontalières sont en cours d’exécution.

  • La qualité des programmes de prêts de tous les indicateurs du Groupe d’Évaluation Indépendante (GEI) a augmenté.

  • Le Programme associé de l’Eau des Pays-Bas, qui représente un partenariat majeur avec la Banque, a été renouvelé, créant un programme de fonds d’affectation spéciale de 28 millions de dollars à gérer d’ici juin 2009. Parallèlement, la fondation Bill et Melinda Gates a mis la somme de 28,5 millions de dollars à disposition du Programme eau et assainissement pour tester la promotion de l’assainissement et de l’hygiène à l’échelle, dans l’esprit des objectifs de développement pour le Millénaire.

  • En 2007, les domaines des services d’approvisionnement et d’assainissement de l’eau, de l’hydroélectricité, de l’irrigation et du drainage, de l’eau/environnement et de la gestion des ressources en eau ont été regroupés sous une direction unique aux niveaux régional et central pour renforcer la capacité de la Banque à relever les défis liés à l’eau de manière durable et globale.


Les partenariats

  • Les efforts isolés ne permettront pas de relever les défis mondiaux liés à l’eau; il est essentiel d’harmoniser et de coordonner les connaissances, les investissements et les politiques pour maximiser les contributions de chaque acteur. La Banque est engagée dans de nombreux partenariats dans le secteur de l’eau, et notamment avec: 

  • Le Programme eau et assainissement (PEA): un partenariat datant de 20 ans, organisé sous les auspices de la Banque mondiale et destiné à améliorer l’accès des populations pauvres aux services d’eau et d’assainissement en créant des capacités, en développant et en testant des approches innovantes, des programmes de défense et en partageant les connaissances. Au cours de l’exercice 2007, environ 28 millions de dollars ont été dépensés dans le cadre du PEA pour mettre en œuvre 125 projets dans 25 pays.

  • Le Programme associé de l’Eau des Pays-Bas et le Partenariat de l’Eau des Pays-Bas: un instrument qui soutient les activités de la Banque mondiale et encourage des approches novatrices pour améliorer la gestion des ressources et de l’approvisionnement en eau ainsi que l’assainissement.

  • Le Partenariat mondial de l’eau (PME): une initiative mondiale basée à Stockholm, qui a pour mandat le développement des réseaux et de la connaissance pour une meilleure gestion des ressources en eau.

  • Le Conseil mondial de l’eau (CME): un groupe de réflexion sur les politiques internationales en matière d’eau, visant à sensibiliser les différents acteurs, à renforcer l’engagement politique et à susciter des actions pour la résolution des problèmes critiques liés à l’eau et ce, à tous les niveaux.

  • La Commission internationale des irrigations et du drainage (CIID): cette commission consiste en une organisation scientifique et technique bénévole, à but non lucratif, décidée à améliorer l’approvisionnement mondial en aliments et le développement rural.

  • Le Programme international de la Technologique et de la Recherche en Irrigation et Drainage (IPTRID): sous les auspices de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Rome, ce programme a pour objectif de mettre au point des technologies novatrices en matière d’irrigation et de drainage.

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Pour en savoir plus sur les travaux de la Banque mondiale en matière d’eau, veuillez vous référer aux sites web suivants :

Gestion des ressources hydrauliques (www.worldbank.org/water)

Approvisionnement en eau et assainissement (www.worldbank.org/watsan)

Mise à jour: mars 2008

Contacts presse:
Roger Morier: (202) 473-5675 ; E-mail :Rmorier@worldbank.org


[1]En raison de certains recoupements entre ces catégories, il convient de ne pas additionner ces chiffres. Ces données ne tiennent pas compte des investissements connexes tels que le financement de la gestion des eaux transfrontalières par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et le financement de la restauration des bassins des fleuves et lacs, des terres humides et des aquifères.

ANNEXE: chiffres clés sur le secteur de l’eau et de l’assainissement

Alimentation en eau et assainissement (AEA)

  • 1,1 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable.
  • 2,6 milliards de personnes n’ont pas accès aux services d’assainissement de base, ce qui implique que 40 % de la population mondiale sont privés de toilettes.
  • Environ 1,7 million de décès dans le monde (dont 90 % d’enfants) sont dus à des maladies causées par le manque d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement, telles que les diarrhées infectieuses.
  • Aujourd’hui, environ 700 millions de personnes dans 43 pays vivent en-dessous du seuil de pénurie d’eau (1,7 m³ par personne). D’ici 2025, on estime que ce chiffre atteindra 3 milliards et que 14 pays dits en situation de stress hydrique souffriront de pénurie d’eau (moins de 1 000 m³ par personne).
  • L’aptitude à gérer l’eau et les variations climatiques en Afrique, telle qu’elle est mesurée par la capacité de stockage par habitant, est inférieure à 1/50e de celle de l’Amérique et de l’Australie.
  • Les pertes économiques et sociales liées à un mauvais approvisionnement en eau et assainissement sont considérables. Par exemple, les pertes économiques imputables au manque d’eau potable et d’assainissement représentent environ 1 % du PIB de la Colombie, du Salvador, du Pérou et du Guatemala. Les projections pour l’Éthiopie indiquent que les taux de croissance du PIB peuvent baisser jusqu’à 38 % lorsque les conséquences directes et indirectes de la variabilité de la pluviosité sont prises en compte.

Utilisation des ressources en eau mondiale par secteur

  • Agriculture: 70 % (un pourcentage plus élevé dans de nombreux pays en voie de développement)
  • Industrie: 22 %
  • Besoins domestiques: 8 %

Irrigation

  • La surface des terres irriguées est passée de 110 millions d’hectares en 1959 à 277 millions d’hectares en 2003.
  • La quantité d’eau nécessaire pour produire la ration alimentaire journalière d’une personne a diminué, passant de 6 m³ à 3 m³ au cours des 40 dernières années.

Besoins en investissements

  • Le total des investissements en eau et assainissement dans les pays en voie de développement est estimé à 15 milliards de dollars. Ce montant devrait être doublé pour atteindre 30 milliards de dollars si l’on veut réaliser les objectifs de développement pour le Millénaire en matière d’eau et d’assainissement (à l’exclusion du traitement des eaux usées).
  • Soixante-quinze milliards de dollars ont été investis dans les secteurs relatifs à l’eau. Cependant, la sécurité des ressources en eau passe par une augmentation du volume des investissements, à 180 milliards de dollars (ce chiffre exclut les infrastructures hydrauliques de grande envergure, source : World Water Vision, 2000).

Partenariat privé/public

  • À ce jour, les financements privés dans le secteur de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement représentent moins de 10 % du total des investissements dans les pays en voie de développement.
  • Entre 1990 et 2006, environ 522 projets d’approvisionnement en eau et assainissement ont été entrepris avec la collaboration du secteur privé dans 58 pays en voie de développement. Cela représente des engagements totaux de 52,6 millions de dollars.

Subventions

  • Les tarifs de 40 % des régies de distribution d’eau ne couvrent pas complètement leurs frais de fonctionnement et d’entretien.
  • Pour la majorité des programmes hydrauliques étudiés, 40 % des personnes les plus pauvres de la population ne tirent qu’entre 5 % à 20 % des avantages des subventions.

Aide au développement

  • Seulement 12 % de l’aide totale pour le secteur de l’eau ont été attribués aux pays où moins de 60 % de la population ont accès à l’eau potable.



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