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Commerce et réduction de la pauvreté

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Experts de la Banque:
Uri Dadush
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Maurice Schiff
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EN BREF :

  • Le commerce international joue un rôle important dans la lutte contre la pauvreté car il peut accélérer la croissance économique et créer des emplois. Mais beaucoup de pays en développement restent pénalisés par certains obstacles du côté de l’offre, notamment le manque d’infrastructures, qui freinent leur intégration à l’économie mondiale. Le Groupe de la Banque mondiale a identifié des domaines de réformes commerciales indispensables pour obtenir de meilleurs résultats économiques et commerciaux.

  • La stratégie de la Banque en matière de commerce vise à 1) promouvoir un système commercial international qui serve davantage le développement ; 2) mettre le commerce et la compétitivité au centre des stratégies nationales de développement ; et 3) appuyer les réformes dans ces domaines dans le cadre de l’aide à la facilitation des échanges.

  • Le volume des prêts de la Banque dans le secteur du commerce a été multiplié par quatre ces dernières années. Cette augmentation est allée principalement à des projets d’infrastructures favorisant l’intégration régionale, le développement des exportations et la compétitivité, ainsi qu’à des projets de facilitation des échanges. La Banque propose également des formations sur des aspects essentiels des réformes du commerce.

  • En diffusant largement ses études, ses données et ses outils, la Banque joue un rôle majeur de relais d’information dans le dialogue mondial sur le commerce et le développement.

IMPORTANCE DU COMMERCE

D’une manière générale, les pays qui se sont davantage ouverts au commerce international sont devenus plus compétitifs et ont connu une croissance plus rapide que les autres. Toutefois, bon nombre de pays en développement ne peuvent toujours pas profiter pleinement du développement des échanges car ils ne disposent pas des capacités nécessaires au niveau de l’offre (par exemple des infrastructures) et leurs politiques publiques sont inadaptées.

En outre, malgré tous les efforts entrepris par beaucoup de pays en développement pour surmonter ces handicaps, ils n’ont souvent pas accès aux grands marchés des pays développés qui restent très fermés aux exportations des pays à faible revenu, en particulier dans les secteurs où ceux-ci ont un avantage comparatif (comme le coton, le sucre, les textiles et l’habillement). Les pays pauvres continuent également d’être soumis à des restrictions à l’entrée de certains marchés émergents, ce qui les empêche de tirer les bénéfices potentiels du commerce Sud-Sud et de l’intégration régionale.

En se fondant sur ses travaux d’analyse et son expérience sur le terrain, la Banque mondiale a identifié un certain nombre de domaines de réformes indispensables dans le secteur du commerce:

  • Les réformes commerciales dans l’agriculture pourraient améliorer le plus les conditions de vie des populations du monde . Les distorsions sont beaucoup plus importantes dans l’agriculture que dans les autres secteurs et, dans les pays en développement, environ 70 % des pauvres vivent en milieu rural. Les aides accordées aux producteurs agricoles dans les pays développés (subventions faussant les échanges, barrières d’accès aux marchés) se chiffrent autour de 280 milliards de dollars par an (estimations de l’OCDE, 2006), soit à peu près trois fois le niveau du total mondial de l’aide étrangère au développement en 2006.

  • Le commerce des services offre le plus grand potentiel de gains pour le développement. Les services représentent déjà le principal moteur de la croissance économique mondiale et les pays en développement ont beaucoup à y gagner, tant par l’accroissement de leurs exportations que par l’amélioration de la qualité et de la disponibilité des services essentiels.

  • Les produits manufacturés à forte intensité de main d’œuvre sont devenus le segment de marché le plus dynamique dans toutes les grandes régions, Afrique comprise. Malheureusement, les exportations de nombreux pays en développement sont pénalisées par des obstacles démesurés sur les marchés étrangers — notamment des droits de douane élevés et des structures tarifaires défavorables au développement (les droits augmentant avec le niveau de transformation), ce qui décourage la création de valeur ajoutée dans les pays pauvres.

  • La facilitation des échanges est un élément central du développement du commerce . La modernisation des douanes, les infrastructures liées au commerce, le transport intérieur, les services logistiques, les systèmes d’information et les installations portuaires jouent un rôle majeur dans le développement car ils améliorent la compétitivité et facilitent les échanges de biens et de services en réduisant les délais d’acheminement et les coûts de transaction.

  • Normes et réglementations techniques. La connaissance et le respect des normes revêtent une importance croissante pour les producteurs des pays en développement qui veulent soutenir la concurrence sur les marchés mondiaux d’exportation.

STRATÉGIE DE LA BANQUE MONDIALE EN MATIÈRE DE COMMERCE

Les objectifs de la Banque en matière de commerce sont: un système commercial international servant davantage le développement; aider les pays à tirer des bénéfices de la mondialisation. En particulier, la Banque s’emploie à 1) encourager le succès du Cycle de Doha ; 2) placer le commerce et la compétitivité au centre des stratégies nationales de développement ; et 3) appuyer les réformes liées au commerce dans le cadre de l’aide à la facilitation des échanges.

La conclusion d’un accord de Doha selon les termes actuellement en négociation constituerait un immense progrès pour les membres de l’OMC. Il pérenniserait les réformes unilatérales déjà engagées, abaisserait certaines crêtes tarifaires et ouvrirait de nouveaux marchés pour les produits agricoles et industriels, il éliminerait toutes les subventions à l’exportation, et imposerait des plafonds beaucoup plus stricts à d’autres subventions faussant les échanges dans l’agriculture. Un tel accord autoriserait probablement l’entrée en franchise et sans contingent de la plupart des exportations des pays les moins avancés (PMA) et favoriserait l’intégration des pays les plus pauvres à l’économie mondiale. Les pays en développement profiteraient également de la libéralisation des services et de la facilitation des échanges. À l’inverse, l’échec des négociations de Doha affaiblirait certainement le système commercial multilatéral actuel fondé sur des règles. Un échec risquerait d’alimenter les tendances protectionnistes à travers le monde, de fragiliser encore davantage le mécanisme de règlement des différends de l’OMC et de favoriser la prolifération des accords commerciaux préférentiels. Ces accords ne doivent pas remplacer la libéralisation multilatérale car ils ne peuvent pas éliminer les distorsions systémiques, notamment les subventions agricoles, et ils risquent de détourner plus d’échanges qu’ils n’en créent.

La Banque s’attache également à faire prendre en compte les questions de commerce et compétitivité dans les stratégies nationales de développement. Les pays peuvent renforcer leur compétitivité en améliorant le dispositif d’incitation à l’investissement privé dans les secteurs potentiellement exportateurs (par exemple en réformant les droits de douane et les politiques fiscales), en diminuant le coût des transactions commerciales (en améliorant par exemple les services essentiels aux producteurs et la facilitation des échanges), et par des mesures ciblées qui stimulent la compétitivité (par exemple le renforcement des capacités et de l’information sur les normes, et la promotion des exportations).

L’aide à la facilitation des échanges est une autre priorité de la Banque mondiale, qui doit aider les pays en développement à intégrer l’économie mondiale. Bien qu’elle ne fasse pas officiellement partie des thèmes de négociation de Doha, cette aide demeure un complément indispensable à la réussite du Cycle de Doha. L’aide à la facilitation des échanges peut permettre aux pays en développement de surmonter les obstacles au niveau de l’offre et de gérer les coûts d’ajustement transitoire associés aux réformes du commerce. Par ailleurs, la Banque travaille, avec un groupe de donateurs, de PMA et d’agences multilatérales, au Cadre intégré renforcé, qui vise à améliorer la participation des PMA à l’économie mondiale en intégrant les questions commerciales aux stratégies de réduction de la pauvreté. La Banque multiplie actuellement ses interventions liées au commerce dans les domaines suivants :

  • renforcement des programmes d’aide aux pays ciblés sur le commerce et la compétitivité, notamment par des travaux d’analyse des politiques publiques, des prêts et des services d’assistance technique ;

  • injection de moyens supplémentaires dans les infrastructures liées au commerce ;

  • extension des programmes de financement du commerce par le biais de la Société financière internationale (IFC), institution du Groupe de la Banque mondiale chargée des opérations avec le secteur privé ;

  • augmentation de l’aide en matière de facilitation des échanges, notamment dans les domaines de la logistique, des transports et des chaînes d’approvisionnement ;

  • accroissement des investissements dans la formation et le renforcement des capacités des responsables politiques, en particulier dans les pays à faible revenu ;

  • élaboration d’outils destinés à aider les pays à analyser les obstacles aux échanges, et d’indicateurs permettant de comparer les performances des pays. Ces outils seront mis gratuitement à la disposition de tous les pays ;

  • développement des connaissances afin de savoir comment exploiter la mondialisation pour stimuler la croissance et éliminer la pauvreté, et d’avoir des éléments en main pour discuter des grandes questions de politique commerciale.

ACTIVITÉS DE LA BANQUE MONDIALE DANS LE SECTEUR DU COMMERCE

La Banque mondiale a renforcé son appui aux réformes liées au commerce par des services d’analyse et de conseil, un dialogue suivi sur les politiques publiques, une assistance technique, des aides financières et des activités de renforcement des capacités. Les prêts de la Banque (concessionnels et non concessionnels) dans le domaine du commerce sont passés d’environ 400 millions de dollars au cours de l’exercice 00 à quelque 1,6 milliard de dollars sur l’exercice 07. Cette augmentation est allée principalement à des projets d’infrastructures liées au commerce et favorisant l’intégration régionale, le développement des exportations et la compétitivité, ainsi qu’à des projets de facilitation des échanges. Les prêts ont concerné 42 pays, avec également quatre prêts multipays, en majorité dans les régions Europe et Asie centrale, et Afrique subsaharienne.

L’Institut de la Banque mondiale, qui est l’organe de la Banque mondiale chargé des activités de formation et de renforcement des capacités, propose des cours et des ateliers sur des domaines importants de réformes commerciales comme le commerce des services, le commerce agricole, les accords régionaux, le commerce et les normes, le commerce et la pauvreté, et le développement des exportations et la diversification. L’Institut de la Banque mondiale a ainsi apporté son assistance à des nouveaux membres de l’OMC (par exemple la Russie, le Viet Nam et la Chine) en couplant des activités de formation aux services de conseil et de prêt de la Banque pour aider les pays à libéraliser leurs échanges dans de meilleures conditions.

PUBLICATIONS RÉCENTES de la Banque mondiale

Mis à jour en mars 2008

Contact médias : Alejandra Viveros, (202) 473-4306
aviveros@worldbank.org 

 

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