APERÇU: - Les populations autochtones sont estimées à près de 300 millions de personnes dans le monde entier.
- Les populations autochtones forment des communautés distinctes : la terre sur laquelle elles vivent et les ressources naturelles dont elles dépendent sont inextricablement liées à leur identité et leur culture.
- Par conséquent, l’expropriation ou la restriction de l’accès aux ressources naturelles entraînent non seulement leur appauvrissement économique, mais aussi une perte de leur identité et une menace de leur survie culturelle.
Développement viable pluraliste et populations autochtones à la Banque mondiale. La Banque mondiale soutient les efforts des pays emprunteurs visant à réduire la pauvreté et l’exclusion sociale parmi les populations autochtones. Depuis 1992, la Banque mondiale a financé un total de 545 projets qui tiennent compte des problèmes touchant aux populations autochtones. Le portefeuille actuel contient 275 projets sous contrôle, auxquels s’ajoutent 106 projets en cours de préparation. Dans le cadre plus large de la politique opérationnelle (OP 4.10), la Banque mondiale apporte son concours aux populations autochtones dans les domaines d’activités suivants : projets dans les six régions de la Banque, Fonds pour l’environnement mondial, Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone forestier, partenariats avec d’autres organismes et constitution d’une base de connaissances sur les questions liées aux populations autochtones. La Banque mondiale a entrepris d’observer les indicateurs socio-économiques et de pauvreté des populations autochtones du monde entier afin de s’en inspirer pour établir une politique de réduction de la pauvreté. Une étude régionale réalisée en Amérique latine (2006) confirme le taux plus élevé de pauvreté parmi les populations autochtones de la région. L’étude montre surtout que ces personnes bénéficient moins de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté que le reste de la population. En Bolivie, par exemple, la pauvreté a chuté de 8 points de pourcentage entre 1997 et 2002, tandis que le taux de pauvreté restait stable parmi les populations autochtones. La situation est similaire au Mexique (1992-2002) et au Guatemala (1989-2000). L’éducation des enfants et les soins de santé constituent les véhicules les plus efficaces pour sortir de la pauvreté, mais les contraintes du marché du travail restent des barrières potentielles. Populations autochtones et changement climatique. Tandis que la Banque mondiale intensifie ses efforts et prend des mesures proactives face au changement climatique, elle note que les populations autochtones sont extrêmement vulnérables aux impacts de ce dernier. En effet, elles vivent souvent dans des régions sensibles à l’environnement (p. ex. la région arctique, les forêts tropicales, les montagnes, les déserts, etc.) et dépendent de la biodiversité de leur environnement pour leur subsistance autant que pour leur survie culturelle. Par ailleurs, les populations autochtones possèdent des connaissances dont peut dépendre leur adaptation au changement climatique. La Banque s’appuiera sur les connaissances de ces peuples ; elle les aidera à développer des stratégies pour s’adapter plus efficacement aux tendances et conditions environnementales changeantes et pour satisfaire les besoins spécifiques des communautés indigènes face au changement climatique. C’est dans cette optique, par exemple, que le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone forestier a fait l’objet de consultations auprès des populations autochtones d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Ce Fonds vise en effet à prévenir la déforestation en rémunérant les pays en développement qui ont réduit leurs émissions de dioxyde de carbone en préservant leurs forêts. En collaborant directement avec les populations autochtones, la Banque mondiale a réalisé que, pour développer l’économie de façon viable, les normes, cultures et traditions des populations autochtones doivent être respectées. Par conséquent, les efforts de réduction de la pauvreté doivent tenir compte des dimensions sociales, culturelles et environnementales du développement et non pas seulement des dimensions économiques. Une approche proactive. La Banque mondiale a modifié sa stratégie en adoptant de plus en plus une approche proactive dans son travail avec les populations autochtones. Elle ne se contente plus de prôner le respect de ces populations, mais encourage activement la viabilité des projets en faveur de celles-ci. L’engagement de la Banque vis-à-vis des populations autochtones vient renforcer cette approche, et les mesures de développement sont axées sur les groupes vulnérables afin qu’ils puissent prendre leur avenir en main. Ces mesures proactives comprennent: le renforcement et l’amélioration des structures politiques et institutionnelles affectant les populations autochtones et leurs relations avec d’autres secteurs de la société nationale;
le développement de la capacité des autochtones à être indépendants, sur la base de leurs connaissances et de leur héritage culturel;
la démonstration de l’importance du rôle que les populations autochtones peuvent jouer dans la gestion des écosystèmes fragiles et la conservation de la biodiversité;
le partage des expériences vécues lors de la mise en œuvre de telles initiatives de développement des populations autochtones avec les autorités nationales et la communauté internationale des donateurs.
Politique de la Banque mondiale en faveur des populations autochtones. En 1982, la Banque mondiale est devenue la première institution multilatérale à instituer une politique de sauvegarde en faveur des populations autochtones. Cette politique révisée (approuvée par le comité des directeurs exécutifs de la Banque le 10 mai 2005) est le document le plus progressiste de toutes les banques de développement multilatérales. La nouvelle politique de la Banque mondiale en faveur des populations autochtones reconnaît entre autres que l’identité et la culture propres à ces communautés sont inextricablement liées à la terre où elles vivent et aux ressources naturelles dont elles dépendent. Elle demande également aux gouvernements emprunteurs d’obtenir le soutien massif des communautés autochtones à travers des consultations libres et fondées sur la communication d’informations, avant de décider la réalisation de projets qui pourraient les affecter. En vertu de cette nouvelle politique, les populations autochtones doivent bénéficier du développement commercial des ressources naturelles. Partenariats directs avec les populations autochtones. Au cours des six dernières années, la Banque mondiale s’est adressée directement aux dirigeants des communautés autochtones et aux organisations autochtones représentatives, prouvant par là son engagement vis-à-vis de ces populations. La Banque participe chaque année à de nombreux forums internationaux consacrés aux populations autochtones, notamment l’Instance permanente sur les questions autochtones (UNPFII), qui est un organisme des Nations Unies. En établissant des alliances plus vastes avec la communauté autochtone internationale, la Banque a également collaboré avec différentes organisations autochtones représentatives des pays en voie de développement.
Financement direct des organisations autochtones représentatives. Le Mécanisme d’octroi de subventions aux peuples autochtones de la Banque mondiale est un autre exemple de la nouvelle orientation stratégique de la Banque. Depuis 2003, ce mécanisme distribue des dons d’un montant modeste aux organisations ou communautés autochtones dans le monde entier pour leur permettre de financer diverses activités favorisant le développement tout en respectant leur différence culturelle. Au cours des trois premières années d’existence du mécanisme, un total de 1 929 demandes ont été reçues, pour lesquelles 79 subventions ont été accordées dans 35 pays, pour un montant total de 1,25 million de dollars. En 2006, le Secrétariat du Mécanisme d’octroi a été transféré au Fonds international de développement agricole (IFAD) à Rome. La Banque mondiale apporte toujours son soutien à l’IFAD pour la mise en œuvre du programme de subventions.
- ### - Pour en savoir plus, veuillez visiter le site Internet à l’adresse: www.worldbank.org/rural. Mise à jour: mars 2008 Contacts: Roger Morier: (202) 473-5675 ; Courriel: Rmorier@worldbank.org |