Info-presse en ligne
Ressources pour les journalistes accrédités
Accès membres / Devenir membre

Efficacité de l'aide

Cette fiche thématique a été mise à jour en anglais. Elle le sera prochainement en français.
Disponible en: English, русский, العربية, 中文, Español
-- Liens utiles --
Rapport de suivi mondial 2008
FAQ: À propos du développement
Article: De nouvelles difficultés apparaissent à mi-parcours de la réalisation des ODM
Forum de haut niveau sur l'efficacité de l'aide à Accra
Projets sur les objectifs de développement pour le Millénaire
Projets sur les priorités relatives aux biens publics mondiaux
Groupe d'Évaluation Indépendante (GEI):
-Site web
-Examen annuel de l’efficacité du développement(a)
Cadre de développement intégré(a)

APERÇU :

  • Le paysage de l’aide présente des changements considérables à l’échelle mondiale. Le nombre des donateurs publics et privés augmente, tout comme celui des modalités et des instruments de financement. Ces nouvelles sources et modalités de l’aide permettent de mobiliser davantage de ressources et de créer des instruments de financement innovants pour soutenir le développement, mais elles posent également des défis en terme d’efficacité de l’aide.

  • Pour la plupart des pays à faible revenu, l’aide publique au développement (APD) consentie par les membres du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE demeure une des principales sources de financement de leur développement. En Afrique subsaharienne, où se trouvent la plupart des pays à faible revenu, l’aide publique représente près des deux tiers de tous les afflux de capitaux. Ces pays auront besoin d’une augmentation substantielle de l’aide extérieure pour améliorer leurs chances d’atteindre les objectifs de développement pour le Millénaire (ODM).

  • Dans les pays à revenu intermédiaire, l’aide joue un rôle certes beaucoup moins considérable mais toutefois important. Elle consiste à soutenir les réformes, contribuer aux efforts pour réduire les poches de pauvreté, aider les pays à faire face aux crises et à intervenir dans le domaine des biens publics régionaux ou mondiaux pour affronter notamment le changement climatique.

  • À la liste des enjeux majeurs de développement, tels que l’amélioration de l’éducation, la réduction de la mortalité infantile, la lutte contre le SIDA et le paludisme, l’accès à l’eau et à l’assainissement, viennent s’ajouter de nouveaux défis coûteux, comme l’adaptation au changement climatique, rendant de plus en plus flagrante la nécessité d’accroître le volume et la qualité de l’aide.

  • Le rôle des institutions financières internationales (IFI) en matière de financement diminue, mais on attend encore des banques de développement multilatérales qu’elles mettent de l’ordre dans le domaine de l’aide qui compte de plus en plus de participants. De plus, puisque 2008 est à mi-chemin de l’échéancier de 2015 pour atteindre les ODM, l’influence que peuvent avoir les IFI par effet de levier continue d’être un élément essentiel pour obtenir une action collective sur le développement et sur les biens publics régionaux et mondiaux qui gagnent en importance, notamment dans le domaine du changement climatique.

  • Lors du troisième Forum de haut niveau sur l’Efficacité de l’aide (HLF3) organisé fin septembre 2008 à Accra au Ghana, 130 pays et plus de 30 institutions se sont mis d’accord sur un programme d’actions ambitieux pour continuer d’améliorer l’efficacité de l’aide au développement. Les mêmes participants se réuniront en décembre à Doha, au Qatar, pour revenir sur les engagements relatifs au financement du développement pris lors de la conférence des Nations Unies tenue en 2002 à Monterrey. Les discussions qui auront lieu à cette occasion constitueront l’occasion de renforcer l’influence des institutions financières internationales, d’améliorer l’architecture de l’aide et d’accroître l’aide accordée.

Vue d’ensemble

Le monde de l’aide est de plus en plus diversifié. D’un côté, cette diversification se traduit par une plus grande disponibilité des ressources pour les pays pauvres et par de nouvelles méthodes novatrices de répondre aux besoins urgents du développement. D’un autre côté, cette diversification rend plus difficile l’adoption de politiques de développement cohérentes et risque de brouiller les priorités nationales des pays pauvres.

Le montant net de l’aide publique au développement (APD) accordée par le CAD est passé de 107,1 milliards de dollars en 2005 à 103,7 milliards de dollars en 2007. Cette baisse s’explique par le fait que les dons visant à l’allégement de la dette sont revenus à un niveau plus modeste après avoir atteint une envergure exceptionnelle en faveur de l’Irak et du Nigéria. En 2007, l’APD représentait 0,28 % du revenu national brut cumulé des pays donateurs, un chiffre nettement inférieur à l’objectif des Nations Unies fixé à 0,7 %. Pour honorer l’engagement pris par les pays du G8 au Sommet de Gleneagles en 2005 d’augmenter d’ici 2010 le volume de l’aide de 50 milliards de dollars (par rapport à son niveau de 2004), les donateurs devront rapidement revoir à la hausse leur aide au développement. Cependant, les données préliminaires d’un sondage sur les futures allocations d’aide des donateurs révèlent que l’aide prévue par ces pays n’est pas encore suffisamment ambitieuse pour permettre d’atteindre les objectifs de 2010.

Efforts pour accroître l’aide

La mise en place de nouveaux canaux efficaces de distribution de l’aide se révèle être un processus difficile. L’un des programmes dont la croissance est la plus rapide, le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme (GFTAM), a atteint 1 milliard de dollars de décaissements lors de sa quatrième année d’existence. Une agence américaine récemment fondée, la Millennium Challenge Corporation, s’était engagée à verser 5,5 milliards de dollars d’aide pluriannuelle à 16 pays avant janvier 2008, mais elle n’avait décaissé qu’environ 180 millions de dollars à cette date. Même si ces nouveaux canaux de distribution apportent une contribution, la majorité des flux d’aide devront continuer à emprunter les canaux traditionnels à court et à moyen termes.

Les engagements de financement des donateurs envers les cycles de reconstitution des ressources de l’Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale, qui aide les pays les plus pauvres, ainsi qu’envers les autres banques régionales de développement et le GFATM sont encourageants. Les nouveaux donateurs ont promis de donner, à l’occasion de la 15 ème reconstitution de l’IDA (qui couvre la période allant de la mi-2008 à la mi-2011) la somme de 25,1 milliards de dollars, ce qui représente la plus importante hausse de financement de l’histoire de l’IDA et indique le fort soutien dont elle dispose. La plus récente reconstitution des ressources du GFATM montre également une augmentation des contributions des donateurs.

Des approches novatrices en matière de financement peuvent aider à lever des fonds pour répondre aux besoins à court terme ou encore offrir un financement durable à long terme pour le développement. À titre d’exemple, la taxe de solidarité sur les billets d’avion, qui a été adoptée par la France au milieu de l’année 2006, a, depuis, été instaurée au Chili, en Côte d’Ivoire, au Congo, en Corée du Sud, à Madagascar, en Mauritanie, au Niger et en Norvège. Cette taxe est en cours d’adoption dans 15 autres pays. Les fonds ainsi collectés servent à financer UNITAID, un dispositif international d’achats de médicaments et de traitements contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose. Les contributions provenant de la taxe sur les billets d’avion devraient dépasser les 360 millions de dollars en 2008. La Facilité Internationale de Financement pour la Vaccination (IFFIm), qui soutient les investissements en faveur du développement, a été lancée en 2006 avec quelque 4 milliards de dollars d’actifs sous forme de dons irrévocables de donateurs, échelonnés sur une période de 20 ans. L’émission d’obligations de l’institution, cotées AAA, lui a permis de lever 1 milliard de dollars pour financer des programmes d’immunisation de l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI).

Les nouveaux intervenants, tels que les donateurs bilatéraux non membres du CAD, les entités privées, les organisations non gouvernementales et les fonds verticaux, sont les sources de fonds ayant la croissance la plus rapide. Des pays, tels que le Brésil, la Chine, l’Inde, la Corée du Sud ainsi que des pays du Moyen-Orient et des pays membres de l’OPEP, fournissent tous une aide non négligeable et prévoient d’accroître leurs contributions d’ici 2015. Entre temps, les intervenants du secteur privé fournissent des sommes significatives pour compléter l’aide publique officielle, et ces sommes devraient continuer à augmenter. La fondation Gates a, par exemple, dépensé plus de 1 milliard de dollars à elle seule en 2006 et ses décaissements devraient s’élever pour atteindre près de 3 milliards de dollars par année d’ici quelques années.

Effet levier des institutions financières internationales

Étant donné qu’elles ne représentent plus que 8 % de l’APD nette, les institutions financières internationales ont un impact qui se limite de plus en plus à un effet de levier. Cela signifie que les institutions comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international doivent permettre une action collective, et adopter une politique plus ambitieuse que jamais en ce qui concerne les biens publics régionaux et mondiaux. Dans cette optique, les institutions financières internationales devraient être évaluées en fonction de leurs résultats, des changements de politiques effectués à l’échelle des pays, de l’apprentissage institutionnel et enfin de l’harmonisation et de l’amélioration de l’architecture de l’aide en terme d’efficacité.

En 2007, les institutions financières internationales ont modifié leurs stratégies en réponse aux changements du contexte mondial. Elles ont défini de nouvelles priorités adaptées à leurs divers clients, mis au point de nouveaux produits de prêts et de nouveaux instruments et elles ont mis davantage l’accent sur les biens publics régionaux et mondiaux pour compléter leurs approches par pays. Au même moment, les institutions financières internationales ont continué à jouer leur rôle traditionnel qui consiste (a) à aider les pays à faire face aux turbulences des marchés financiers et aux prix élevés et volatiles des produits de base, comme c’est le cas actuellement, et (b) à fournir des financements, des connaissances et une assistance technique aux pays.

Les activités des banques multilatérales de développement ont augmenté en volume en 2007, atteignant la somme record de 49 milliards de décaissements bruts, ce qui reflète des flux d’aide concessionnelle et non concessionnelle et des flux d’aide non garantie plus élevés vers le secteur privé. Les flux d’aide non concessionnelle sont redevenus légèrement positifs en 2007, après quatre années d’importants flux nets négatifs. Un financement supplémentaire a été fourni par les banques multilatérales de développement par le biais de l’effet de levier des opérations de cofinancement et de garanties qui se font de plus en plus nombreuses.

Les reconstitutions des ressources de 2007 constituent une réalisation non négligeable et devraient permettre aux institutions financières internationales de poursuivre leur récente augmentation de flux d’aide concessionnelle vers les pays pauvres. La hausse des décaissements des banques multilatérales de développement qui ne sont pas garantis et qui ne sont pas accordés au secteur public indique un changement vers un meilleur soutien au secteur privé. L’Afrique, l’Asie, les infrastructures et les études supérieures sont les domaines où le soutien financier affiche la croissance la plus rapide. Les institutions financières internationales consacrent une part importante et grandissante de leurs propres ressources et des ressources des fiducies qu’elles gèrent à des activités en lien avec l’éducation et à des opérations de décentralisation permettant de renforcer la diffusion de l’information. Cependant, on commence tout juste à tirer parti de l’expérience pratique des pays en développement à revenu intermédiaire Il semble y avoir une forte demande pour les services d’expertise des institutions financières internationales de la part de tous types de clients, mais les modèles d’affaires pour ce genre de services doivent encore évoluer.

Les résultats des institutions financières internationales se sont améliorés en 2007, en particulier en termes de sélectivité, d’harmonisation et de gestion productive des résultats. Il reste toutefois beaucoup à faire pour accroître la pertinence de l’aide et améliorer celle-ci pour atteindre les ODM.

Augmenter l’efficacité de l’aide

Trois ans après la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide entérinée en 2005, la communauté internationale s’est réunie à Accra en septembre 2008 à l’occasion du troisième Forum de haut niveau. Durant le Forum, de nombreuses réunions et consultations régionales et thématiques ont été organisées, auxquelles ont pris part les gouvernements et institutions des pays donateurs, mais aussi les pays partenaires et les organisations de la société civile. Les résultats du rapport détaillé sur les progrès réalisés ont servi de point d’appui aux débats.

Les participants ont reconnu que la distribution et la gestion de l’aide au niveau des pays s’est améliorée, mais que les progrès n’ont été ni assez rapides ni assez importants. Étant donné qu’il reste encore beaucoup à faire, les participants ont adopté le Programme d’action d’Accra (AAA), un ensemble d’initiatives visant à réformer l’aide de manière plus radicale. De nouveaux engagements ambitieux ont été pris notamment pour augmenter la transparence et la prévisibilité des flux d’aide, renforcer l’aide non liée et la gestion de l’assistance technique. Le Programme prévoit également des actions pour favoriser l’utilisation des systèmes nationaux, qui constitue désormais pour les donateurs la voie à privilégier (ceux-ci devant expliquer honnêtement le cas échéant pourquoi ils refusent d’utiliser ces systèmes), ainsi que des mesures anti-corruption et un meilleur partage des tâches entre les donateurs à l’échelle nationale.

Le Programme AAA reconnaît les organisations de la société civile comme étant des acteurs du développement à part entière et les invite à réfléchir aux moyens d’appliquer les principes de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide. Il encourage en outre les partenariats Sud/Sud, en raison de leur approche particulière et de leur rôle important au sein de la coopération internationale pour l’aide au développement. Il appelle tous les donateurs à l’échelle mondiale à mettre en pratique les principes de la Déclaration de Paris dans le cadre de leurs activités de financement. La communauté internationale va à présent œuvrer à concrétiser ces nouveaux engagements et à superviser leur mise en œuvre, avec en tête l’échéance du 4 ème Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide, qui se tiendra en 2011 et permettra d’évaluer les progrès réalisés.

Contact presse:
Merrell J. Tuck-Primdahl
(202) 473-9516
E-mail: mtuckprimdahl@worldbank.org

Pour en savoir plus, veuillez consulter le site:
www.worldbank.org/gmr2008

Mise à jour: septembre 2008




Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/MMRIDG3JU0