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VIH/SIDA

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Article: Pour financer efficacement la lutte contre le SIDA, il faut des stratégies ciblées et appuyées sur des données précises
Fiche thématique sur les maladies transmissibles
Les experts de la Banque mondiale: (a)
Debrework Zewdie
Keith Hansen
APERÇU:

‱ La Banque mondiale s’est engagĂ©e Ă  soutenir pleinement et Ă  long terme la lutte contre le VIH/SIDA menĂ©e par les pays. Les objectifs visĂ©s concernent notamment la prĂ©vention efficace de nouvelles infections, la prise en charge et le traitement des personnes infectĂ©es et l’attĂ©nuation des effets socio-Ă©conomiques dĂ©vastateurs de la pandĂ©mie sur les familles et populations touchĂ©es.


‱ La Banque prend Ă©galement activement part aux efforts constants d’harmonisation et de coordination rĂ©alisĂ©s par un large groupe de partenaires du dĂ©veloppement pour mieux aligner leur soutien Ă  la lutte contre le VIH/SIDA sur les programmes nationaux, assurer une plus grande efficacitĂ©, obtenir de meilleurs rĂ©sultats et progresser vers un accĂšs universel Ă  la prĂ©vention, aux traitements et aux soins, conformĂ©ment aux « trois principes en action » : une autoritĂ© nationale unique de coordination pour le VIH/SIDA, un plan stratĂ©gique national unique et un systĂšme national unique de contrĂŽle et d’évaluation.


‱ Au cours des six derniĂšres annĂ©es, la Banque a engagĂ© environ 2 milliards de dollars sous forme de dons, de prĂȘts et de crĂ©dits en faveur de programmes de lutte contre le VIH/SIDA. Le Programme plurinational de lutte contre le VIH/SIDA (PPS) pour l’Afrique a octroyĂ© 1,6 milliard de dollars en faveur de 35 pays, et notamment de cinq initiatives infrarĂ©gionales (impliquant plusieurs pays). Depuis 1988, le financement total de la lutte contre le VIH/SIDA par la Banque mondiale s’élĂšve Ă  prĂšs de 3,9 milliards de dollars.

Vue d’ensemble

Le SIDA annule rapidement les progrĂšs accomplis en matiĂšre de dĂ©veloppement depuis des dĂ©cennies, au prix de durs efforts, par de nombreux pays. Ainsi, la prĂ©vention, la prise en charge et le traitement de la maladie doivent ĂȘtre au cƓur des programmes de dĂ©veloppement.

D’aprĂšs les donnĂ©es les plus rĂ©centes, le nombre de personnes atteintes du VIH continue Ă  augmenter, s’élevant en 2007, Ă  33,2 millions de personnes, la plupart d’entre elles vivant dans des pays en dĂ©veloppement. L’ONUSIDA (le programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA) estime que chaque jour, plus de 6 800 personnes sont infectĂ©es par le VIH, et que 5 700 meurent du SIDA par manque d’accĂšs aux traitements salutaires. Environ 40 % des nouveaux cas d’infection chez l’adulte concernent des jeunes gens, ĂągĂ©s de 15 Ă  24 ans. Dans certaines rĂ©gions, les personnes nouvellement infectĂ©es et celles vivant avec le VIH sont en majoritĂ© des femmes. Cette fĂ©minisation souligne l’importance d’un meilleur accĂšs aux services de santĂ© gĂ©nĂ©sique.

Le SIDA demeure incontestablement l’un des principaux dĂ©fis en matiĂšre de dĂ©veloppement. Toutefois, certains progrĂšs encourageants semblent se profiler : le nombre total de nouveaux cas d’infection par le VIH et de dĂ©cĂšs attribuables au SIDA est en baisse depuis plusieurs annĂ©es ; les conditions de santĂ© des personnes infectĂ©es se sont amĂ©liorĂ©es et leur espĂ©rance de vie a augmentĂ© grĂące Ă  un meilleur accĂšs au traitement ; la prĂ©valence mondiale du VIH (pourcentage de personnes infectĂ©es par le virus) s’est stabilisĂ©e ; le taux national de prĂ©valence du VIH a diminuĂ© au Cambodge, en CĂŽte d’Ivoire, au Kenya, au Myanmar, en ThaĂŻlande et au Zimbabwe, et ce taux est Ă©galement en baisse dans certaines rĂ©gions au sein d’un nombre croissant de pays. En revanche, l’Afrique subsaharienne continue d’ĂȘtre la rĂ©gion la plus touchĂ©e de la planĂšte, concentrant 68 % de l’ensemble des nouveaux cas d’infection. Les taux de prĂ©valence du VIH sont particuliĂšrement Ă©levĂ©s dans les pays du Sud de l’Afrique, oĂč le SIDA reste la principale cause de dĂ©cĂšs. Ainsi, la pandĂ©mie semble se caractĂ©riser par les deux tendances suivantes : des Ă©pidĂ©mies gĂ©nĂ©ralisĂ©es qui persistent dans l’ensemble de la population de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, particuliĂšrement au Sud du continent et, dans le reste du monde, des Ă©pidĂ©mies affectant principalement les populations les plus exposĂ©es, telles que les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, les utilisateurs de drogues injectables et les travailleurs du sexe et leurs partenaires sexuels.

L’accĂšs aux traitements antirĂ©troviraux s’est considĂ©rablement amĂ©liorĂ©. Aujourd’hui, on estime que 3 millions de personnes peuvent bĂ©nĂ©ficier de cette thĂ©rapie, soit 30 % des malades qui en ont besoin. Le nombre de bĂ©nĂ©ficiaires a augmentĂ© de 50 % au cours de la seule annĂ©e 2007 et a Ă©tĂ© multipliĂ© par dix lors des six derniĂšres annĂ©es. Mais les diffĂ©rences de couverture mĂ©dicale entre les pays sont Ă©normes (de moins de 5 % Ă  plus de 90 %). Il est donc nĂ©cessaire d’accroĂźtre l’échelle et d’étendre la portĂ©e des programmes de lutte contre le VIH de toute urgence afin d’assurer un accĂšs universel Ă  la prĂ©vention, aux traitements et aux soins pour tous ceux qui en ont besoin, un objectif partagĂ© par tous.

L’aide de la Banque mondiale

La Banque mondiale est l’une des trois principales sources de financement des programmes de lutte contre le VIH. Au cours des six derniĂšres annĂ©es (exercices budgĂ©taires 2003 Ă  2008), elle a engagĂ© environ 2 milliards de dollars sous forme de dons, de prĂȘts et de crĂ©dits en faveur de programmes nationaux et rĂ©gionaux. Pour les pays les plus pauvres et les plus endettĂ©s, le soutien aux stratĂ©gies de lutte contre le VIH/SIDA apportĂ© par l’IDA (l’Association internationale de dĂ©veloppement, la filiale de la Banque consentant des prĂȘts sans intĂ©rĂȘts) peut ĂȘtre intĂ©gralement constituĂ© de subventions. Outre les vastes programmes plurinationaux de lutte contre le SIDA dĂ©ployĂ©s en Afrique, dans les CaraĂŻbes et en Asie centrale, des projets spĂ©cifiquement consacrĂ©s au SIDA sont Ă©galement mis sur pied dans chaque rĂ©gion. De plus, de nombreux projets dans le secteur de la santĂ© portent intĂ©gralement ou partiellement sur la lutte contre le VIH/SIDA, et les financements qui y sont consacrĂ©s se retrouvent Ă©galement dans beaucoup de programmes liĂ©s Ă  l’enseignement, aux transports, aux infrastructures, Ă  l’amĂ©nagement urbain et Ă  l’assainissement des eaux.

La Banque soutient les efforts entrepris au niveau national, rĂ©gional et international pour prĂ©venir les nouvelles infections virales, assurer la prise en charge et le traitement des personnes infectĂ©es ou touchĂ©es par le VIH et attĂ©nuer les effets du SIDA sur les familles, les populations et les pays. La Banque Ɠuvre aux cĂŽtĂ©s de ses partenaires et des principales parties prenantes en vue d’assurer un accĂšs universel aux services complets de prĂ©vention, de prise en charge et de traitement, notamment en augmentant l’accĂšs aux traitements antirĂ©troviraux (TAR), thĂ©rapie dont les sĂ©ropositifs ont besoin pour survivre, mener une vie saine et productive et Ă©lever leurs enfants. Afin de contribuer Ă  l’amĂ©lioration des rĂ©sultats obtenus par les pays dans la lutte contre la pandĂ©mie, la Banque fournit, en collaboration Ă©troite avec ses partenaires, des analyses stratĂ©giques, des services visant Ă  renforcer les moyens dĂ©ployĂ©s au niveau national, un soutien au dĂ©veloppement de systĂšmes effectifs de contrĂŽle et de gestion des rĂ©ponses nationales, ainsi que des conseils politiques et autres savoir-faire techniques au niveau des pays.

La Banque, le Fonds mondial et le Plan d’urgence du PrĂ©sident des États-Unis pour la lutte contre le SIDA (PEPFAR) progressent dans leur collaboration afin d’amĂ©liorer la coordination et l’harmonisation de leur soutien, en Ă©laborant conjointement des missions, des calendriers d’activitĂ©s et des Ă©valuations de programmes. Cela implique que les pays puissent utiliser les mĂȘmes processus et mĂ©canismes indĂ©pendamment de la source de financement et, pour certains pays, de la mise en commun des ressources.

Régions prioritaires

Afrique subsaharienne

Le Programme plurinational de lutte contre le VIH/SIDA (PPS) pour l’Afrique constitue un engagement Ă  long terme pour soutenir les programmes de lutte contre le VIH/SIDA dans le plus grand nombre de pays possible. Il vise Ă  renforcer et multiplier les programmes de prĂ©vention, de prise en charge et de traitement, ainsi qu’à limiter les effets de l’épidĂ©mie dans tous les secteurs. À ce jour, le PPS pour l’Afrique a engagĂ© environ 1,6 milliard de dollars pour intensifier les efforts de lutte contre le VIH/SIDA dans 35 pays, notamment en faveur de cinq initiatives infrarĂ©gionales (plurinationales), Ă  savoir : le Projet du corridor routier Abidjan-Lagos ; l’Initiative de la rĂ©gion des Grands Lacs ; un rĂ©seau rĂ©gional de renforcement des capacitĂ©s de lutte contre le VIH/SIDA ; un Projet d’accĂ©lĂ©ration du traitement (TAP) dans trois pays, permettant d’expĂ©rimenter diffĂ©rentes mĂ©thodes d’intensification du traitement et de la prise en charge ; un projet visant Ă  combattre le VIH auprĂšs de groupes de populations trĂšs vulnĂ©rables, mis sur pied dans la Corne de l’Afrique, au sein des pays membres de l’AutoritĂ© intergouvernementale pour le dĂ©veloppement (IGAD) : Djibouti, l’ÉrythrĂ©e, l’Éthiopie, le Kenya, la Somalie, le Soudan et l’Ouganda.

La Banque a approuvĂ© des projets « rĂ©pliques » du PPS au BĂ©nin, au Burkina Faso, au Burundi, en ÉrythrĂ©e, en Éthiopie, au Ghana, au Kenya et Ă  Madagascar, ainsi que l’allocation de fonds supplĂ©mentaires pour le Cap-Vert, le Rwanda et le NigĂ©ria. Un don au titre du fonds fiduciaire multi-donateurs a Ă©tĂ© accordĂ© en faveur du programme de lutte contre le VIH/SIDA au Soudan (16 millions de dollars) et du premier programme du genre financĂ© par la Banque au Botswana (50 millions de dollars). Des projets rĂ©pliques sont Ă©galement en cours de prĂ©paration au Tchad (allocation de fonds supplĂ©mentaires), au Lesotho, au Malawi et au NigĂ©ria, et des projets relatifs au VIH/SIDA vont ĂȘtre lancĂ©s pour la premiĂšre fois par la Banque au Swaziland et au Togo.

Le PPS a connu une progression constante, avec plus d’un milliard de dollars dĂ©caissĂ© Ă  ce jour. La mobilisation de la sociĂ©tĂ© civile s’avĂšre particuliĂšrement encourageante : le PPS a financĂ© prĂšs de 60 000 sous-projets rĂ©alisĂ©s par des ONG et des organisations confessionnelles et communautaires, nombre d’entre elles intervenant au niveau local. La Banque fournit Ă©galement une assistance technique et un soutien Ă  la mise en Ɠuvre, y compris aux pays africains Ă©ligibles aux financements de la Banque internationale pour la reconstruction et le dĂ©veloppement (BIRD), mais qui ne sont pas admis Ă  recevoir des fonds du PPS (la plupart d’entre eux bĂ©nĂ©ficiant de dons substantiels du Fonds mondial). Un don du fonds multi-donateurs soutient Ă©galement le vaste programme de renforcement des capacitĂ©s entrepris par la CommunautĂ© de dĂ©veloppement de l’Afrique australe.

Europe de l’Est et Asie centrale

ConformĂ©ment Ă  la StratĂ©gie de soutien rĂ©gional 2003, la Banque mondiale a fourni des conseils et des services analytiques, ainsi que des prĂȘts et des dons visant Ă  renforcer les efforts de lutte contre le VIH/SIDA dans cette rĂ©gion. La Banque a rĂ©alisĂ© des Ă©tudes infrarĂ©gionales en Europe du Sud-Est (notamment en Bulgarie, en Croatie et en Roumanie), en Asie centrale, en Pologne et dans les États baltes, ainsi qu’une Ă©valuation des systĂšmes de surveillance nationale et des interventions liĂ©es au VIH/SIDA en milieu carcĂ©ral dans la rĂ©gion. En Asie centrale, une Ă©valuation de la sĂ»retĂ© des banques de sang a Ă©tĂ© effectuĂ©e, en collaboration avec l’institut Ă©pidĂ©miologique amĂ©ricain Center for Disease Control and Prevention (CDC). Parmi les Ă©tudes portant sur un pays en particulier, on peut citer notamment la monographie sur le VIH/SIDA en GĂ©orgie, l’analyse des rĂ©percussions Ă©conomiques du SIDA en Russie et en Ukraine, l’étude (conjointe) sur les brevets concernant les mĂ©dicaments contre le SIDA et les systĂšmes d’enregistrement en Russie, l’évaluation des retombĂ©es de la premiĂšre campagne russe de sensibilisation publique, l’évaluation des meilleures pratiques utilisĂ©es dans les programmes d’attĂ©nuation des effets nĂ©fastes du VIH au sein de la FĂ©dĂ©ration de Russie, des analyses cartographiques et des enquĂȘtes sur les CAP (connaissances, attitudes et pratiques) en OuzbĂ©kistan, en RĂ©publique kirghize et au Tadjikistan, une Ă©tude sur les liens entre la propagation du VIH et les voies de transport en GĂ©orgie. La Banque a Ă©galement contribuĂ© au recensement des cas de VIH/SIDA dans la FĂ©dĂ©ration de Russie. Concernant les travaux en cours, la Banque mĂšne actuellement une Ă©valuation comparative des mesures prises contre la pandĂ©mie dans les pays d’Europe et d’Asie centrale.

Le soutien financier allouĂ© Ă  la rĂ©gion comprend : un prĂȘt de 60 millions de dollars pour le contrĂŽle de la tuberculose et du SIDA en Ukraine ; l’octroi de 150 millions de dollars en faveur d’un projet visant Ă  renforcer les efforts de lutte contre la tuberculose et le VIH dans la FĂ©dĂ©ration de Russie ; un don de 5,5 millions de dollars au titre de l’IDA pour le projet de lutte contre le SIDA en Moldavie ; une subvention de 25 millions de dollars en faveur d’un programme rĂ©gional en Asie centrale, destinĂ© Ă  attĂ©nuer les rĂ©percussions du VIH sur l’économie et la population du Kazakhstan, de la RĂ©publique kirghize, du Tadjikistan et de l’OuzbĂ©kistan. Par ailleurs, la Banque mondiale a coparrainĂ© le Sommet des affaires sur le VIH/SIDA en Russie, ainsi que la premiĂšre et la deuxiĂšme ConfĂ©rences d’Europe de l’Est et d’Asie centrale sur le VIH/SIDA Ă  Moscou en 2006 et en 2008 (avec d’autres partenaires internationaux). L’institution a Ă©galement apportĂ© son soutien aux sondages d’opinion sur le VIH/SIDA ayant servi Ă  orienter l’élaboration de politiques et de programmes en Albanie et en RĂ©publique kirghize.

Le Projet de lutte contre le SIDA en Asie centrale soutient l’extension de la surveillance Ă©lectronique par systĂšme sentinelle au Kazakhstan, en RĂ©publique kirghize, au Tadjikistan et en OuzbĂ©kistan, en partenariat avec le CDC. Au sein de 13 sites-pilotes, six groupes de surveillance du VIH/SIDA (utilisateurs de drogue par injection, travailleurs du sexe, hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, personnes atteintes de maladies sexuellement transmissibles, prisonniers, femmes enceintes) font l’objet d’une procĂ©dure de suivi du VIH, de l’hĂ©patite C et de la syphilis. Leurs comportements sexuels, leurs pratiques d’injection, leurs connaissances des risques, l’accĂšs aux programmes de prĂ©vention dont ils bĂ©nĂ©ficient et l’assistance mĂ©dicale qu’ils recherchent en cas de symptĂŽmes de MST font Ă©galement l’objet d’évaluations.

Asie de l’Est et Pacifique

Dans cette rĂ©gion, la lutte contre le VIH/SIDA fait souvent partie intĂ©grante des rĂ©formes gĂ©nĂ©rales de santĂ©. Par exemple, les centres de transfusion sanguine au Viet Nam bĂ©nĂ©ficient du soutien financier de la Banque (38,2 millions de dollars). Le Projet de lutte contre la tuberculose en Chine, dotĂ© de 104 millions de dollars, comporte plusieurs sous-projets liĂ©s au VIH/SIDA. Le projet chinois Health IX (60 millions de dollars) comprenait Ă©galement des activitĂ©s de lutte contre le VIH/SIDA et les MST, ainsi que des initiatives favorisant une amĂ©lioration de la surveillance du VIH/SIDA/MST et une amĂ©lioration des services de transfusion sanguine. Par ailleurs, le secteur des transports a adoptĂ© une stratĂ©gie visant Ă  incorporer des activitĂ©s Ă©ducatives sur le VIH/SIDA Ă  l’ensemble des projets financĂ©s par la Banque comportant des initiatives dans le domaine du gĂ©nie civil.

Au Viet Nam, sur les 35 millions de dollars de subvention accordĂ©s Ă  la lutte contre le VIH/SIDA, plus de 60 % sont affectĂ©s directement Ă  20 provinces ou villes afin de concevoir et mettre en Ɠuvre des programmes d’action conformes Ă  la StratĂ©gie nationale de prĂ©vention contre le VIH/SIDA.

Les conseils politiques et le travail analytique reprĂ©sentent un soutien de poids pour cette rĂ©gion. Par exemple, l’analyse des bĂ©nĂ©fices, des coĂ»ts et des consĂ©quences probables de la dĂ©cision du gouvernement thaĂŻlandais d’étendre la dĂ©livrance publique des traitements antirĂ©troviraux a permis de guider les dĂ©cisions politiques et les orientations des programmes pour optimiser les bienfaits du traitement, promouvoir la prĂ©vention et assurer la viabilitĂ© financiĂšre du programme. De rĂ©cents travaux d’analyse portant sur des points essentiels de la politique de lutte contre le VIH sont en train de porter leurs fruits en Chine, en IndonĂ©sie et en Papouasie-Nouvelle-GuinĂ©e. En Chine, la Banque collabore avec des experts et des partenaires locaux Ă  la rĂ©alisation d’analyses et de travaux de conseils sur l’économie du VIH/SIDA, en se concentrant sur le renforcement des capacitĂ©s en matiĂšre d’analyse, de contrĂŽle et d’évaluation, et de gestion des ressources au niveau provincial, dans deux provinces Ă  forte prĂ©valence. De la mĂȘme maniĂšre, plusieurs travaux analytiques interdĂ©pendants ont permis d’amĂ©liorer la comprĂ©hension de l’épidĂ©mie de VIH en IndonĂ©sie et de mieux dĂ©finir les prioritĂ©s d’intervention, notamment par le biais d’études portant sur : (i) la prĂ©valence du VIH/SIDA, et des Ă©valuations bio-comportementales dans la province de Papua ; (ii) le rapport coĂ»t-efficacitĂ© des politiques et programmes de protection des utilisateurs de drogues injectables ; (iii) la comprĂ©hension de l’hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© de l’épidĂ©mie de VIH dans le pays. En Papouasie-Nouvelle-GuinĂ©e, une analyse portant sur la situation du VIH/SIDA et d’autres questions liĂ©es au dĂ©veloppement humain, menĂ©e en 2006 avec le gouvernement et les partenaires donateurs, proposait notamment des options stratĂ©giques de lutte contre le VIH.

Asie du Sud

En Asie du Sud, la Banque mondiale intervient par l’intermĂ©diaire d’une Ă©quipe et d’un plan d’action rĂ©gionaux et plurisectoriels, qui permettent d’intĂ©grer pleinement la lutte contre le VIH dans des secteurs-clĂ©s tels que le transport et d’autres infrastructures, l’éducation et le secteur privĂ©. En adoptant une approche spĂ©cifique pour chaque pays, la Banque renforce les initiatives politiques menĂ©es dans la rĂ©gion ainsi que les activitĂ©s de prĂȘts, d’analyses et de conseils. Ce soutien a permis de mobiliser les pays afin d’amĂ©liorer et d’accĂ©lĂ©rer la lutte contre le VIH/SIDA. Des rĂ©sultats encourageants ont notamment Ă©tĂ© obtenus en Inde concernant le nombre de contaminations par le VIH. Afin d’intensifier les programmes nationaux en Inde, au Pakistan, au Bangladesh, au Bhoutan, au Sri Lanka et en Afghanistan, l’institution a engagĂ© un montant total d’environ 661 millions de dollars, sous forme de crĂ©dits et de dons de l’IDA. Les projets financĂ©s par la Banque ont pour principales activitĂ©s : la surveillance, le contrĂŽle et l’évaluation, la rĂ©alisation d’interventions ciblĂ©es auprĂšs des populations les plus exposĂ©es, l’hĂ©movigilance, des efforts de rĂ©duction de la stigmatisation et le renforcement des institutions publiques et privĂ©es, afin de favoriser une riposte multisectorielle. En Inde, la Banque encourage Ă©galement l’intĂ©gration fonctionnelle des services relatifs au VIH et Ă  la santĂ© gĂ©nĂ©sique avec des programmes de lutte contre la tuberculose et d’autres programmes consacrĂ©s Ă  des pathologies connexes, par le biais du soutien rĂ©gional apportĂ© au programme national et de la plupart des activitĂ©s mises en Ɠuvre Ă  diffĂ©rents niveaux. Par ailleurs, la Banque travaille en Ă©troite collaboration avec le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme (GFATM) sur plusieurs opĂ©rations nationales : en Afghanistan, le financement du plan opĂ©rationnel du programme national de lutte contre le SIDA est assurĂ© par la Banque et le GFATM ; au NĂ©pal, la Banque complĂšte le financement accordĂ© Ă  certaines activitĂ©s par le GFATM ; en Inde, il existe un vaste programme national dont les partenaires peuvent choisir de financer diffĂ©rentes composantes.

La stigmatisation et la discrimination nuisent aux efforts de prĂ©vention contre le VIH rĂ©alisĂ©s dans la rĂ©gion. La Banque mondiale a mis en place une importante initiative rĂ©gionale, le concours intitulĂ© « Development Marketplace » (DM), afin de dĂ©couvrir, d’encourager et de promouvoir des approches innovantes permettant de faire reculer la stigmatisation et la discrimination dans l’ensemble de la rĂ©gion. Sur prĂšs de 1 000 propositions reçues, 26 ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©es pour financement. Leur mise en Ɠuvre est en cours (citons, par exemple, la rĂ©cente mise en place d’une formation sur la conception et l’utilisation de messages efficaces d’information, d’éducation et de communication), et les progrĂšs rĂ©alisĂ©s font l’objet d’un suivi. Le concours se terminera par une discussion et une analyse des rĂ©sultats obtenus et des enseignements tirĂ©s. Les prioritĂ©s de lutte contre le VIH/SIDA dans cette rĂ©gion sont : le suivi de la mise en Ɠuvre des projets du concours DM et le transfert des connaissances entre les pays du Sud ; la rĂ©alisation de travaux analytiques sur le SIDA en tant que problĂšme de dĂ©veloppement en Asie du Sud ; l’évaluation des rĂ©percussions de l’épidĂ©mie en Inde, en collaboration avec l’Organisation nationale indienne de contrĂŽle du SIDA.

Amérique latine et Caraïbes

La Banque mondiale apporte son soutien aux rĂ©ponses rĂ©gionales et nationales mises en Ɠuvre en AmĂ©rique latine et dans les CaraĂŻbes pour contrer une Ă©pidĂ©mie qui prend de multiples formes. Des prĂȘts d’un montant total de 425 millions de dollars pour le BrĂ©sil et de 235 millions de dollars pour l’Argentine ont servi Ă  financer des programmes nationaux de lutte contre le VIH. Des projets dans le secteur de la santĂ© au Mexique (350 millions de dollars), au Venezuela (30 millions de dollars), au Honduras (27 millions de dollars) et Ă  El Salvador (142,6 millions de dollars) sont en partie consacrĂ©s aux efforts de lutte contre le VIH. Des programmes de lutte contre l’épidĂ©mie ont Ă©tĂ© mis sur pied en AmĂ©rique centrale, et 12 projets ont Ă©galement vu le jour dans neuf pays des CaraĂŻbes et du partenariat rĂ©gional pan-caribĂ©en contre le VIH/SIDA dans la communautĂ© des CaraĂŻbes (CARICOM). Un nouveau projet dotĂ© de 35 millions de dollars a Ă©tĂ© approuvĂ© en aoĂ»t 2008 pour la Barbade. Le portefeuille des activitĂ©s en cours comporte actuellement 10 projets, pour un montant total de 115,5 millions de dollars.

Les travaux analytiques effectuĂ©s avec le concours de la Banque mondiale ont aidĂ© le Mexique, le Panama, le Honduras et l’Argentine Ă  Ă©valuer les stratĂ©gies de prĂ©vention les plus rentables et les communications sur les changements comportementaux. Ils leur ont Ă©galement permis d’étudier les possibilitĂ©s d’intensifier les moyens dĂ©ployĂ©s contre le VIH dans les pays andins, et de renforcer la rĂ©ponse mise en Ɠuvre dans le secteur des transports. Une Ă©tude menĂ©e conjointement par plusieurs organisations (Ă  savoir le ministĂšre britannique du DĂ©veloppement international (DFID), le bureau rĂ©gional de l’Organisation mondiale de la santĂ© pour la rĂ©gion panamĂ©ricaine (PAHO/OMS), le GFATM, le secrĂ©tariat de l’ONUSIDA et la Banque mondiale) Ă©value les rĂ©ponses au VIH/SIDA apportĂ©es au niveau national, rĂ©gional et international dans les CaraĂŻbes, rĂ©gion qui prĂ©sente le taux de prĂ©valence du VIH le plus Ă©levĂ© au monde aprĂšs l’Afrique subsaharienne. Une analyse des rĂ©formes juridiques nĂ©cessaires Ă  la protection des enfants touchĂ©s par le SIDA en Grenade, Ă  Sainte-Lucie, en Guyane et Ă  Saint-Vincent-et-les-Grenadines a permis d’identifier les rĂ©formes pouvant ĂȘtre rapidement mises en Ɠuvre par les gouvernements. La Banque a Ă©galement aidĂ© la Guyane Ă  examiner l’ensemble de ses dispositions juridiques relatives au secteur sanitaire, et Ă  Ă©baucher une nouvelle loi sur la prĂ©vention et le contrĂŽle du VIH/SIDA. Des Ă©tudes rĂ©alisĂ©es en AmĂ©rique centrale dressent le tableau gĂ©nĂ©ral de l’épidĂ©mie et des rĂ©ponses nationales au VIH/SIDA, fournissant ainsi des rĂ©fĂ©rences et une base au dialogue politique sur les dĂ©fis, les succĂšs et les rĂ©ponses programmatiques adĂ©quates.

En 2007, la Banque a soutenu le Honduras dans le dĂ©veloppement d’une importante stratĂ©gie de lutte contre le VIH/SIDA au niveau national. Cette stratĂ©gie tient pleinement compte des donnĂ©es relatives aux schĂ©mas de transmission du virus, et vise clairement Ă  rĂ©duire le nombre de nouvelles infections et Ă  mettre en place un suivi des progrĂšs rĂ©alisĂ©s. Par ailleurs, un processus participatif incluant plusieurs pays a permis d’acquĂ©rir une expĂ©rience dans les domaines stratĂ©giques de la planification, de l’évaluation des coĂ»ts, de l’analyse des dĂ©penses et du suivi des rĂ©sultats. La Banque fournit Ă©galement un soutien technique par le bais de la StratĂ©gie et du Plan d’action contre le SIDA (ASAP), un service de la Banque créé Ă  l’initiative de l’ONUSIDA, afin de renforcer les programmes stratĂ©giques mis en place Ă  la Barbade, en JamaĂŻque, en Guyane et au sein des pays-membres de l’Organisation des États de la CaraĂŻbe orientale, notamment Saint-Kitts-et-Nevis.

Moyen-Orient et Afrique du Nord

À partir d’un rapport dĂ©taillĂ© de la situation du VIH dans la rĂ©gion, la Banque mondiale a Ă©laborĂ© une stratĂ©gie rĂ©gionale et des dossiers de synthĂšse par pays. La Banque a financĂ© un projet de contrĂŽle du SIDA Ă  Djibouti (au moyen d’une subvention de l’IDA de 12 millions de dollars), aidĂ© Ă  consolider les capacitĂ©s de surveillance de l’épidĂ©mie et le systĂšme national de suivi et d’évaluation du Liban (grĂące Ă  un don de 350 000 dollars), et apportĂ© son soutien au Royaume d’Arabie saoudite en renforçant le programme national de lutte contre le SIDA. Au niveau rĂ©gional, le Maroc, le Liban, l’AlgĂ©rie et la Tunisie bĂ©nĂ©ficient d’une aide qui s’inscrit dans le cadre d’une proposition commune de la Banque et de l’ONUSIDA auprĂšs de l’ASAP, visant Ă  renforcer les stratĂ©gies et les actions nationales de lutte contre le SIDA dans cette rĂ©gion. En collaboration avec l’ONUSIDA et le bureau rĂ©gional de l’OMS pour la MĂ©diterranĂ©e orientale (EMRO/OMS), la Banque Ă©labore actuellement un rapport de synthĂšse rĂ©gional dans lequel sont mis Ă  jour les analyses d’informations et de donnĂ©es concernant l’épidĂ©miologie et le potentiel d’épidĂ©mie parmi les groupes vulnĂ©rables et l’ensemble de la population de la rĂ©gion.

Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme (GFATM)

Le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme (GFATM) est un partenariat indĂ©pendant entre des entreprises des secteurs privĂ© et public. Son objectif est d’accroĂźtre les ressources mondiales pour combattre ces maladies mortelles qui, chaque annĂ©e, font prĂšs de six millions de victimes dans le monde. La Banque mondiale a participĂ© activement Ă  la crĂ©ation du Fonds mondial. Elle siĂšge dĂ©sormais Ă  son conseil d’administration et collabore Ă  ses cĂŽtĂ©s afin d’assurer aux pays une rĂ©ponse efficace et pragmatique au SIDA, Ă  la tuberculose et au paludisme.

Recherche et développement pour un vaccin contre le VIH/SIDA

La Banque mondiale participe aux efforts de dĂ©veloppement de partenariats entre les organismes des secteurs public et privĂ©, afin de trouver un vaccin contre le SIDA pouvant ĂȘtre utilisĂ© dans les pays en dĂ©veloppement, oĂč l’épidĂ©mie sĂ©vit le plus durement. La Banque compte parmi les membres fondateurs de l'International AIDS Vaccine Initiative (l’initiative internationale pour un vaccin contre le Sida, ou IAVI), une association Ă  but non lucratif qui travaille avec des scientifiques universitaires, des sociĂ©tĂ©s pharmaceutiques et de biotechnologie et des pays en dĂ©veloppement pour tester de futurs vaccins. L’autoritĂ© de l’IAVI en matiĂšre d’analyse des politiques publiques et de sensibilisation a permis d’étendre ce domaine, en encourageant les gouvernements nationaux Ă  accorder davantage de ressources en faveur de la recherche de vaccins contre le SIDA, et en mobilisant la participation de plusieurs dĂ©veloppeurs de vaccins issus du secteur privĂ©. Par l’intermĂ©diaire de son mĂ©canisme d’octroi de dons pour le dĂ©veloppement, la Banque mondiale a contribuĂ© Ă  hauteur de 8,86 millions d’euros Ă  cette initiative.

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Contact:
Phil Hay: +1 202 473-1796
Phay@worldbank.org

Mise Ă  jour : septembre 2008




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