 |  | | Une Indienne tisse la soie obtenue partir du ver à soie récolté sur les chênes sauvages de la région |
Au pied de l'Himalaya, dans l'Etat indien d'Uttaranchal, les forêts de vieux chênes majestueux forment une ligne de partage naturelle des eaux de deux grands fleuves qui alimentent la plaine située en aval. Cependant, lorsque le gouvernement indien a fermé la zone pour préserver cette aire écologique vitale, une source importante d'approvisionnement quotidien des pauvres de la région a également disparu. Une organisation locale non gouvernementale, Appropriate Technology, India (ATI) a vu dans cette situation à la fois un défi et une opportunité de mettre en place un système incitatif à caractère économique pour encourager les populations locales à préserver la biodiversité de la région. « Etant donné que la sériciculture commerciale dépend des vers à soie qui se nourrissent sur les mûriers, notre idée était de commercialiser de la soie provenant du chêne", explique Sharmila Ribeiro. ATI, qui fait partie des lauréats 2003 de Development Market, est parvenu à trouver une solution qui permettrait aux populations locales, dont plus de 50% vivent en-dessous du seuil de pauvreté, de continuer à utiliser les produits et les ressources de la forêt sans en détruire les arbres. Il a initié la récolte du ver à soie sur les chênes sauvages et mis au point des techniques de conservation dans la région. Environ 750 personnes, essentiellement des femmes, tirent parti de cette initiative qui consiste à élever les vers à soie, produire des cocons et de la soie. Celles qui travaillent dans la production de la soie, même en tant que fileuses à temps partiel, peuvent gagner 300 dollars par an. Le PIB de l'Inde est de 400 dollars par an.  |  | Une Indienne ajoute des pompons à un châle en soie fabriqué à partir des vers à soie des chênes sauvages découverts dans l'Etat indien d'Uttaranchal au pied de l'Himalaya.
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Le projet a démarré en 1996 avec 10 kg de plants de chêne sauvage. L'année dernière, 162 kg de plants ont été mis en terre, ce qui représente environ 1 million de jeunes arbres. Cette seule année, 5 000 chênes matures ont été protégés grâce au projet. En recourrant à des normes de récoltes soutenables, 30% seulement de la zone forestière allouée sont utilisés pour la récolte des vers à soie. La zone est ensuite laissée inexploitée pendant trois ans. « Eduquer la population et renforcer ses capacités en matière de conservation constituent un véritable défi » : fait valoir M. Ribeirio . « Il y a par ailleurs beaucoup d'idées fausses, notamment celle qui consiste à croire que les feux de forêts régénèrent les forêts ».  De nombreux partenaires locaux et internationaux, ainsi que des bailleurs de fonds fournissent un appui supplémentaire à ATI en vue de l'expansion du programme. L'ONG a établi des relations de travail étroites avec les principaux organismes publics, tels que le Central Silk Board (Conseil central de la soie). En outre, ATI utilise le don initial de DM afin d'obtenir des financements de bailleurs de fonds internationaux importants, notamment la Fondation Ford, le FIDA et l'USAID entre autres. Cette initiative a même pu obtenir du gouvernement l'autorisation de pratiquer la sériciculture dans des zones interdites de la forêt. |