
| Une femme porte un bébé dans un village de la province de Guangxi. Crédit: UNAIDS/K.Hesse |
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Les enfants nés de femmes séropositives ont un avenir incertain. Leur mère peut en effet leur transmettre le virus d'immunodéficience humaine (VIH) car la transmission de la mère à l'enfant est à l'origine de plus de 90% des cas d'infections au VIH chez les enfants de moins de 15 ans.
Selon Elizabeth Lule, conseillère en Population et santé de la reproduction auprès de la Banque mondiale, la grossesse, l'accouchement et l'allaitement sont les situations où le risque de transmission du VIH par une mère séropositive à ses enfants est le plus élevé. Marginalisées par la société
La transmission de la mère à l'enfant du VIH s'accompagne d'une stigmatisation de la mère.
« Ce n'est pas seulement une question de transmission. C'est une tragédie, car en plus d'être malades, les femmes séropositives peuvent transmettre l'infection au VIH à leurs enfants. Et le pire, c'est qu'elles sont marginalisées et rejetées par leurs familles quand leur statut sérologique est découvert », explique Elizabeth Lule.
Sans accès aux traitements et aux soins, et privées de soutien, les femmes séropositives meurent en laissant derrières elles des millions d'orphelins. L'expression: « transmission de la mère à l'enfant » ressemble à une accusation. C'est comme si d'office la mère seule, et pas le père, était tenue pour responsable de la transmission du VIH à l'enfant.
L'allaitement : un dilemme !
Risque de transmission du VIH de la mère à l'enfant : - 5-10% au cours de la grossesse
- 10-20% pendant le travail et l'accouchement
- 5-20% au cours de l'allaitement
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La question de l'allaitement est un problème majeur pour beaucoup de femmes. « Les femmes ont pour fonction d'allaiter leurs enfants. Aussi, qu'elles soient séropositives ou non, les mères sont confrontées à un terrible dilemme », dit-elle. « Si elles refusent de nourrir leurs enfants au sein, elles sont soupçonnées d'être séropositives ; si par contre, elles le font, elles sont accusées de vouloir tuer leurs enfants. Par peur donc d'être rejetées ou stigmatisées, beaucoup de femmes font comme si de rien n'était et allaitent leurs enfants. C'est un choix douloureux », ajoute-t-elle.La question de l'allaitement est un problème majeur pour beaucoup de femmes. « L'opprobre, dont sont victimes les femmes séropositives, peut également être source de nombreuses violences conjugales. Dans certains cas, ces femmes sont battues et jetées hors de leurs maisons, avec leurs enfants », ajoute Lule. L'espoir est permis
Une étude récente, menée au Rwanda et en Ouganda, montre que les mères séropositives peuvent allaiter leurs enfants sans les infecter.
En général, 15% des enfants nés de mères séropositives contractent l'infection au cours de l'allaitement maternel. La seule alternative à cette situation, reste l'allaitement artificiel. Mais cette option ne peut pas s'appliquer aux femmes qui vivent dans des zones où elles n'ont pas accès à l'eau potable. Une étude intitulée Stopping Infection from Mother to Child via Breastfeeding in Africa (Arrêter la transmission mère–enfant du VIH au cours de l'allaitement en Afrique) a fourni à 358 mères séropositives, des ARV dès la 36ème semaine de grossesse et ce, jusqu'à une semaine après la naissance des enfants. Exclusivement nourris au sein, ces enfants ont reçu des doses journalières d'ARV, jusqu'à un mois après leur sevrage, qui survient généralement à 5 ou 6 mois.
A l'issue des examens effectués sur ces enfants agés de 6 mois, 3 seulement étaient séropositifs contrairement aux 50 qui l'auraient été s'ils n'avaient pas reçu d'ARV.
C'est la première étude qui montre que les antirétroviraux augmentent les chances des mères séropositives d'allaiter leurs enfants sans risque de les contaminer.
Auparavant, d'autres études avaient également démontré qu'une seule dose d'un antirétroviral, un traitement relativement bon marché de surcroît, pouvait réduire les risques de transmission mère–enfant du VIH au cours de la grossesse ou au moment de l'accouchement. Cette intervention est connue sous le nom de PTME ou Prévention de la transmission de la mère à l'enfant. La Banque mondiale, le plus grand bailleur de fonds de la lutte anti–sida dans les pays en développement, y a investi 2 milliards de dollars EU, depuis 1986. | Elle a lancé son programme plurinational de lutte contre le VIH/SIDA, en septembre 2000. Dans ce cadre, un milliard de dollars ont été décaissés pour financer plusieurs projets dont certains sont en cours dans plus de 25 pays de l'Afrique Subsaharienne. |
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Priorité à l'accès aux antirétroviraux
Dans le cadre de ses activités en faveur de la PTME et de l'identification de schémas thérapeutiques appropriés, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a inscrit l'accès aux antirétroviraux dans les priorités mondiales, à travers l'initiative « 3x5 » (a) qui envisage de faire bénéficier trois millions d'habitants des pays en développement, d'un traitement antirétroviral, d'ici fin 2005. L'utilisation des antirétroviraux a permis de réduire d'environ 80% le taux de mortalité dû au SIDA, tant dans les pays développés que dans les pays en développement.
En dépit d'une baisse significative de leur coût (98% environ) depuis 1996, très peu de personnes vivant avec le VIH en Afrique ont accès aux antirétroviraux. En effet, sur 26 millions de séropositifs en Afrique (y compris les 4 millions de personnes environ qui sont en phase avancée et qui ont besoin des médicaments pour rester en vie), seules 100,000 personnes ont accès aux antirétroviraux. Faciliter l'accès à des soins efficaces, peu onéreux et équitables
Dans les pays en développement où il y a une forte prévalence du VIH/SIDA, moins de 40% de femmes accouchent dans des centres de santé.
« Les aspects techniques liés à la transmission mère-enfant du VIH/SIDA et des soins aux femmes séropositives, ne sont pas encore bien compris par le personnel médical, d'où la nécessité de leur assurer une formation sérieuse dans ce domaine. » Les femmes séropositives sont parfois victimes de discrimination de la part du personnel médical qui refuse de les toucher et de les traiter. Par ailleurs, ils leur font subir des examens sérologiques sans leur consentement, violant l'aspect confidentiel des résultats de ces tests, et leur refusant l'accès aux structures médicales et aux médicaments appropriés.
Les propos d'un médecin-chef indien, aujourd'hui retraité, sont très révélateurs à cet égard : «Toute la hiérarchie médicale, des filles de salle jusqu'aux chefs de service, a une peur bleue du SIDA. Tous sont pathologiquement effrayés quand ils ont à faire à des patients séropositifs, et leurs réactions vis–à –vis de ces personnes sont souvent scandaleuses».
Pour renforcer l'initiative « 3x5 » de l'OMS, la Banque mondiale a approuvé, sur fonds de l'Association Internationale de Développement (IDA), une allocation de 60 millions de dollars EU au profit d'un programme régional spécial, le Projet régional d'accélération du traitement, connu sous son acronyme anglais TAP, qui a pour objectif d'améliorer l'accès des personnes vivant avec le VIH/SIDA aux antirétroviraux, dans 3 pays africains, le Burkina Faso, le Ghana et le Mozambique.
Ce programme, le premier du genre à être financé par la Banque mondiale, met l'accent sur le traitement du VIH/SIDA en Afrique.
Michael Azefor, qui fait partie de l'équipe TAP, explique que le projet va permettre de vérifier la possibilité d'augmenter l'échelle des initiatives actuelles en matière de traitement du VIH/SIDA. Grâce à des partenariats unissant gouvernements, secteur privé et organisations non gouvernementales, il pourra apporter une aide directe aux groupes les plus vulnérables et aider les différents pays à améliorer leurs systèmes de santé.
Le TAP vise aussi à améliorer la prise en charge du VIH / SIDA par une approche beaucoup plus globale, qui, en plus des antirétroviraux, fournira des services tels que : - Le dépistage volontaire et les conseils
- Le traitement par les antirétroviraux
- Le traitement des infections opportunistes
- La prévention de la transmission mère–enfant du VIH par des antirétroviraux.
- L'appui et les soins aux personnes vivant avec le VIH/ SIDA
La famille sera également prise en compte dans les stratégies de ce programme. Ainsi, les antirétroviraux seront fournis à la mère, à son partenaire et à ses enfants. C'est un progrès stratégiquement important car il va permettre d'améliorer la qualité de vie des femmes et de réduire le nombre des orphelins.
L'objectif premier des interventions du programme est d'améliorer les politiques nationales de santé, de former le personnel médical, d'améliorer les structures sanitaires et les chaînes de distribution, ainsi que d'assurer lesuivi et l'évaluation tout en favorisant l'accès des personnes vivant avec le VIH aux traitements et aux appuis dont elles ont besoin. (a) indique une page en anglais
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