Aider les pays à résister aux chocs

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20 septembre 2004—La communauté internationale peut renforcer la capacité des pays à faible revenu à rendre leur dette extérieure soutenable en les aidant à développer des plans et systèmes qui leur permettent de mieux répondre aux chocs extérieurs.

Des chocs extérieurs comme des sécheresses et des inondations, des variations brutales dans les cours des matières premières, un conflit ou des troubles, et la volatilité de l'économie internationale peuvent mettre des pays à faible revenu dans l'incapacité d'honorer leurs obligations financières en matière de dette, explique Vikram Nehru, le chef de l'Unité de la Banque pour l'Initiative en Faveur des Pays Pauvres très Endettés.

La raison en est simple : de tels chocs extérieurs peuvent non seulement éroder de façon significative les recettes gouvernementales d'un pays à faible revenu mais l'obliger en plus à emprunter davantage pour pouvoir faire face à leurs effets.

« Les chocs exogènes constituent une forme extrême de volatilité, et leur impact négatif sur les pays à faible revenu semblent avoir crû en importance et en fréquence avec le temps, » dit Nehru.

Il ajoute qu'aider les pays à faible revenu à résister aux chocs exogènes, sur lesquels ils n'ont aucun contrôle, est essentiel pour leur permettre de rendre leur dette soutenable à long terme.

Les chocs sont plus difficiles dans les faibles à faible revenu
Le manque de ressource, d'instruments ou d'alternatives de politiques pour gérer ou atténuer les chocs, ou la faiblesse des institutions publiques qui obère la capacité de réponse rendent souvent beaucoup plus difficile aux pays à faible revenu de résister aux chocs extérieurs.

Un document préparé à l'intention du Conseil des Administrateurs de la Banque mondiale démontre que les chocs peuvent avoir des effets disproportionnés sur les pays plus pauvres et souvent les enfoncent davantage dans la pauvreté.

« Les conséquences macro-économiques des chocs pour les pays en développement à faible revenu, c'est-à-dire leurs effets sur le produit intérieur brut, leur croissance et pauvreté et leur balance des paiements, sont longs à se dissiper, et demandent souvent des mesures d'ajustement difficiles » dit ce document.

Pourquoi les chocs ont-ils des effets adverses plus prononcés sur les pays à faible revenu
Depuis 1973, la volatilité croissante des cours mondiaux a vulnérabiliser en premier lieu les pays à faible revenu. Ces pays ont en effet tendance à dépendre d'avantage que d'autres des cours mondiaux de leurs matières premières dont les exportations forment souvent une très large part de leurs recettes d'exportation. Et la durée des phases de repli des cours mondiaux est variable et leur redressement peut parfois prendre plusieurs années.

Statistiquement, les pays à faible revenu sont les victimes d'une catastrophe naturelle en moyenne tous les deux ans et demi (alors que la moyenne est de quatre an et demi pour l'ensemble des pays en développement). Les tremblements de terre, les inondations, les sécheresses et les cyclones comptent pour 90 pour-cent de toutes les pertes de vies humaines et destructions dues aux catastrophes naturelles dans les pays en développement.

Que peuvent faire les pays à faible revenu
Le document recommande aux pays à faible revenu d'adopter une stratégie en trois volets pour rendre plus efficace leur capacité de réponse aux chocs extérieurs :

  • Mettre en place des mesures préventives pour se protéger contre des chocs exogènes, comme construire les réserves de devises et développer des marchés nationaux financiers et à risque efficaces.
  • Construire des filets de sécurité sociale, en partenariat ave leurs partenaires extérieurs et leurs créditeurs, de façon à assurer la protection contre les conséquences d'un choc des segments les plus pauvres de leur population.
  • Renforcer les mécanismes de coordination avec l'ensemble de leurs créditeurs et bailleurs de fonds multilatéraux ou bilatéraux, en assurant qu'une partie de leur assistance financière soit réservée à la mise en place de dispositifs conjoncturels.

Que peut faire la Banque
Le document recommande à la Banque de réexaminer ses propres instruments et de voir dans quelle mesure il ne faudrait pas les ajuster pour mieux aider les pays à faible revenu à prendre les mesures nécessaires pour se protéger contre les chocs extérieurs.

« La Banque doit également examiner les moyens dont elle dispose pour faciliter l'accès des pays à faible revenu à des instruments commerciaux, comme des produits d'assurance ».

Le document recommande également que les travaux en vue d'aider les pays à faible revenu à résister aux chocs extérieurs prennent en compte les discussions actuelles sur la reconstitution des fonds de l'Association internationale de développement, ainsi que les travaux d'analyses de la Banque sur soutenabilité de la dette.

Les populations pauvres sont les plus touchées
Le document montre également que les populations pauvres dans les pays à faible revenu sont les plus vulnérables aux effets des chocs : il leur est plus difficile de changer d'occupation ou d'aller ailleurs et leur accès aux financements sont plus limités. Leur dépendance vis-à-vis des services publics (particulièrement dans les domaines santé et éducation) fait d'elles les premières victimes des mesures d'austérité.

Les effets adverses de chocs négatifs « tendent à devenir irréversibles ». Les chocs négatifs peuvent créer des fuites de capitaux qu'il est difficile d'inverser et porter un préjudice permanent aux résultats d'éducation et de santé. Les crises financières peuvent entraîner une compression des crédits qui à son tour peut avoir des effets nuisibles irréversible sur le tissu industriel et social. Les actifs des ménages peuvent s'épuiser prématurément suite à un choc, et réduire ainsi la capacité des populations pauvres à résister à des variations brutales de leur revenu. Le chômage des travailleurs non qualifiés peut devenir permanent si les employeurs gonflent leur main d'œuvre qualifiée pendant les périodes de repli économique, ce qui a pour effet de réduire la probabilité de réembauche des travailleurs non qualifiés en cas de reprise de l'économie.

Jusqu'ici, la communauté mondiale a aidé les pays à faible revenu à prévenir et atténuer les effets des chocs, mais son assistance est en grande partie restée ad hoc.

Il n'y a pas aujourd'hui de mécanismes identifiables qui permettent aux bailleurs de fonds et aux créditeurs de suppléer aux efforts d'un pays pour résister aux effets d'un choc en temps voulu, de façon objective et à des conditions financières appropriées.

« Trop souvent, les pays à faible revenu, dont la plupart sont déjà fortement endettés, doivent avoir recours à l'emprunt pour leur permettre de surmonter les chocs extérieurs » dit Nehru. « Ces emprunts vont nécessairement accroître leur endettement et augmenter le risque d'une futur crise de la dette.




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