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La croissance verte

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4 juin 2004. Le président de la Banque mondiale, James D. Wolfensohn, vient d'écrire un éditorial sur l'importance de l'environnement qui a paru dans le South China Morning Post et Libération (France). En voici quelques extraits :

Il y a 4 ans, se tenait le Sommet mondial auquel assistaient les dirigeants de tous les pays du monde. Ils ont convenu d'un ensemble d'objectifs destinés à diminuer de moitié la pauvreté dans le monde pour 2015. Ils ont également défini des objectifs en matière d'environnement, conscients que celui-ci était essentiel pour la croissance économique à long terme, le développement humain et la stabilité de la planète. Malheureusement, nous sommes loin du compte. Il ne reste plus que 10 ans pour atteindre ces objectifs, et les progrès en matière d'environnement sont excessivement lents. Bien plus aurait dû être fait.

L'envergure du défi
Au cours des 25 prochaines années, environ 2 milliards de personnes vont s'ajouter à la population de la planète. Leur grande majorité vivra dans les pays les plus pauvres. Cette population va avoir des besoins énormes en matière d'énergie et de croissance économique. Il est essentiel que la croissance économique se réalise d'une façon qui soit soutenable sur le plan environnemental, faute de quoi les effets sur la pauvreté et le bien-être des hommes risquent d'être désastreux. Dans 25 ans, il sera trop tard pour faire les bons choix.

Le défi environnemental est encore plus difficile à relever par les pays en développement, où vivent cinq milliards des six milliards d'habitants de la planète. Dans ces pays, l'environnement est directement lié au développement humain et à la pauvreté. Plus d'un milliard de personnes dans les pays en développement n'ont pas accès à de l'eau salubre. Plus de deux milliards n'ont pas accès à des équipements sanitaires de base. Cinq à six millions de personnes, dont la plupart des enfants, meurent chaque jour de maladies liées à l'eau, comme la diarrhée, et à la pollution de l'air.

Que faut-il faire ?
Dans un tout premier temps, il faut que nous soyons conscients du déséquilibre fondamental de l'équation environnementale à l'échelle planétaire. Les pays nantis ne comptent que 15 pour cent de la population du monde, mais sont responsables de plus de 50 pour cent des émissions de dioxyde de carbone à l'échelle planétaire. Ce sont les pays les plus pauvres qui vont payer les « coûts », perdant jusqu'à huit pour cent de leur PIB par an à cause de la détérioration de l'environnement et souffrant également des effets dévastateurs que cette dégradation peut avoir sur leur santé et sur leur bien-être.

Une responsabilité plus grande des pays riches dans la détérioration de l'environnement leur confère aussi une responsabilité plus grande dans les mesures à prendre pour le protéger, voire le restaurer. Ceci implique de changer la façon dont ces pays produisent et consomment de l'énergie. Ceci implique aussi de réduire des subventions, d'assurer des tarifs conçus pour inviter à une utilisation des ressources respectant de l'environnement, et une taxation appropriée des produits qui peuvent mettre celui-ci en danger.

Ceci a aussi pour implication de mettre plus de ressources à la disposition des pays en développement pour la préservation environnementale. L'aide à l'environnement atteint en moyenne deux milliards de dollars EU par an, ce qui est très loin de couvrir les besoins tels que les avait définis la communauté internationale. En termes de priorités mondiales, il est attristant de constater combien ce chiffre est loin des 900 milliards de dollars EU investis chaque année dans des dépenses militaires.

Si la guerre contre la dégradation de l'environnement doit être gagnée, il faut absolument inverser la vapeur. Trois domaines peuvent aider à accélérer les progrès :

· Les pays développés doivent donner l'exemple en s'orientant vers des profils de production et de consommation qui respectent l'environnement.
· Les pays en développement doivent améliorer leurs politiques qui régissent des secteurs critiques, comme l'eau, l'énergie, le transport et le commerce, y compris leurs politiques tarifaires.
· La communauté internationale doit prendre un engagement beaucoup plus sérieux vis-à-vis de l'énergie renouvelable, l'efficience, et autres sources d'énergie favorable sur le plan environnemental.




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