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Reconstruire Bam

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2 mars 2004—En décembre dernier, l'ancienne ville de Bam, dans le sud de l'Iran, a connu un tremblement de terre qui a fait plus de 43 000 morts et 25 000 blessés parmi les 100 000 habitants. La ville a également perdu 85% de ses bâtiments et notamment une citadelle de 2000 ans, Argo-e-Ban, lors du séisme qui s'est produit le 26 décembre à 5h30 du matin. La plupart des habitants dormaient.

L'ensemble des dégâts a été estimé à 1,5 milliard de dollars américains. Les logements ont été les plus fortement endommagés, avec des pertes supérieures à 700 millions de dollars. Selon les estimations, les principaux secteurs économiques à Bam, en l'occurrence l'agriculture, le commerce et l'industrie manufacturière, ont enregistré des pertes globales d'environ 300 millions de dollars.

Hedi Larba vient de rentrer d'Iran où il a fait partie de l'équipe de la Banque qui assiste les autorités iraniennes dans l'élaboration d'une stratégie de redressement. M. Larba directeur pour le secteur au département Urbanisme et Transport pour la région Moyen Orient et Afrique du Nord a raconté ce qu'il a vu à DEvNews et expliqué comment se déroulent les efforts de redressement qui, de l'avis des autorités iraniennes, seront mis en oeuvre sur 24 à 36 mois.

Quel a été le rôle de la Banque dans les initiatives de redressement menées à Bam après le séisme?

Les autorités iraniennes ont sollicité notre assistance dans l'évaluation des dommages et dans la planification du programme de reconstruction. Une équipe multisectorielle de la Banque s'est rendue à Bam pour réaliser, avec les Iraniens, une évaluation exhaustive des dégâts.

Nous avons préparé un rapport d'évaluation détaillée des pertes subies dans tous les domaines notamment l'impact sur le secteur économique, les infrastructures, les services sociaux etc., et des estimations des coûts de reconstruction. Nous avons transmis ce rapport aux autorités qui l'examinent actuellement.

Nous mettons sur pied une équipe multisectorielle qui aura pour mission de préparer, en collaboration avec les autorités, le programme de reconstruction sur les aspects et les mécanismes de mise en œuvre du redressement et de la reconstruction.

L'équipe vient de partir à Bam, où elle séjournera jusqu'aux alentours du 20 mars. Elle conviendra avec les autorités des différents aspects de la reconstruction, et exposera les grandes lignes d'un programme et en déterminera le coût et le financement.

Nous mettrons en place des mécanismes institutionnels appropriés pour aider les autorités à exécuter rapidement le programme. Après le retour de l'équipe, nous préparerons un prêt d'urgence que nous envisageons de négocier en mai.

Que font les autorités jusqu'à présent ?

Du très bon travail. Depuis le tremblement de terre, elles sont parvenues à fournir des services de premiers secours aux populations, notamment de la nourriture et des soins de santé d'urgence. Elles les ont placées dans des abris de fortune mais leur procurent actuellement des logements provisoires préfabriqués. Elles mettent également en place un système d'assainissement temporaire.

Les autorités espèrent créer bientôt des écoles dans des tentes pour reprendre l'enseignement. Elles étudient par ailleurs le moyen d'aider les populations à relancer les activités économiques pour à la fois réduire leur dépendance vis-à-vis de l'aide et leur donner une occupation. Elles ont en outre organisé des équipes de prestation de services d'assistance psychologique.

L'une des caractéristiques les plus remarquables de Bam et plus généralement de la province de Kerman, est sa richesse culturelle, notamment sa citadelle unique, Argo-e-Bam. Les gens sont très attachés, émotionnellement, à ce patrimoine culturel. La citadelle est un sujet de fierté pour eux. Cet héritage culturel est aussi une attraction touristique, source d'importantes recettes pour la ville, d'où l'importance de la reconstruction.

C'est pourquoi, dans l'esprit des gens, la restauration figure en bonne place dans les priorités de reconstruction.

Combien de temps durera la reconstruction ?

Vingt-quatre à 36 mois, selon les autorités iraniennes. Nous estimons qu'il faudra un peu plus de temps. La réhabilitation des infrastructures de base devrait s'achever dans 24 mois, mais le reste prendra plus de temps en raison de la complexité des activités en question.

Cependant, les autorités semblent avoir obtenu suffisamment de ressources et devraient être en mesure de mener à bien l'ensemble des activités de redressement. L'essentiel du financement proviendra de leurs propres ressources ainsi que du prêt d'urgence de la Banque et d'autres types de financement.




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