| 4 février 2004 – La réalisation des Objectifs de développement du millénaire (a) nécessitera non seulement un accroissement de l'aide mais également une utilisation plus efficace de celle-ci que par le passé. À l'heure actuelle, alors que l'aide au développement a atteint l'un des seuils les plus faibles - 0,22 pour cent du PIB contre 0,5 pour cent il y a 30 ans - et qu'elle est largement insuffisante pour concrétiser les objectifs, la question de l'efficacité n'est rien moins qu'urgente. Le Consensus de Monterrey (a) de mars 2002 « a codifié » l'appel à l'efficacité et, en juillet de la même année, les donateurs de l'Association internationale de développement (AID) - la branche de la Banque mondiale chargée des prêts libéraux qui représente la première source de financements concessionnels - ont participé à la 13ème reconstitution des ressources de l'AID (a) pour la mise en place d'un système d'évaluation fondé sur les résultats destiné aux programmes de l'AID. De tels événements ont modifié le mode de financement du développement et l'approche des praticiens en la matière. En réponse au Consensus de Monterrey, les banques de développement multilatérales ont décidé de collaborer pour mener à bien les plans d'action. « En raison de la pression exercée sur les ressources et plus particulièrement celle de la pauvreté et de l'inégalité dans le monde, il est essentiel que nous passions à l'étape suivante et qu'ensemble nous évaluions et modifions la manière avec laquelle nous gérons et travaillons entre nous pour obtenir des résultats », a précisé James Wolfensohn, Président de la Banque mondiale, lors de la première table ronde sur le thème « Pour mieux mesurer, suivre et gérer les résultats du développement », organisée au siège de la Banque mondiale en juin 2002. Cette réunion, a-t-il précisé, « nous incitera à nous concentrer non seulement sur les calculs et les objectifs quantitatifs mais nous obligera également à réévaluer nos méthodologies de travail ». Lors de la réunion, les responsables des agences de développement se sont notamment engagés à soutenir des changements systémiques, par exemple via des prêts basés sur les politiques et des projets dont l'impact peut être démontré et cadrant avec les priorités des pays. Ils ont également insisté sur l'importance d'un partenariat et d'une prise en charge par le pays pour obtenir des résultats à l'échelle nationale et renforcer les capacités statistiques, d'évaluation et de suivi dans les pays en développement. La deuxième table ronde a lieu cette semaine à Marrakech (Maroc) ; elle examinera encore plus attentivement la gestion des résultats sur le plan opérationnel. Pour la Banque mondiale elle-même, les initiatives axées sur les résultats reposent sur trois éléments fondamentaux : le renforcement des capacités nationales, la rationalisation et l'amélioration des processus internes et la participation à l'effort mondial en vue d'harmoniser les résultats. « Je pense qu'aucun d'entre nous n'envisage encore de gérer des programmes de développement à partir de Washington ou d'autres capitales », a déclaré M. Wolfensohn, lors d'une allocution à la Conférence sur l'harmonisation (a) qui s'est tenue à Rome l'année dernière. « Il ne fait aucun doute qu'une prise en charge et une participation locales sont essentielles ». | | | • | Ces quarante dernières années, l'espérance de vie à la naissance a augmenté de près de 20 ans dans les pays en développement - une augmentation quasi identique à celle enregistrée dans toute l'histoire de l'humanité avant la moitié du 20ème siècle. | | | • | Ces 30 dernières années ont vu le taux d'illettrisme chez les adultes des pays en développement chuter de près de la moitié en passant de 47 à 25 pour cent. | | | • | Au cours des 20 dernières années, le nombre de personnes vivant avec moins d'un dollar par jour a diminué de 200 millions alors que la population mondiale a augmenté de 1,6 milliard d'habitants. | | | • | Les taux de croissance des pays en développement se sont accélérés et ont plus que doublé le revenu de l'habitant moyen des pays en développement au cours des 35 dernières années. | | | • | En Chine, le nombre d'habitants des zones rurales a chuté de 250 à 34 millions au cours de deux décennies de réformes. | | | • | En Inde, le taux d'illettrisme des femmes a augmenté de 39 à 54 pour cent au cours de la dernière décennie uniquement. | | | • | En Ouganda, le nombre d'enfants a doublé dans les écoles primaires. | | | • | Au Brésil, le nombre de décès liés au SIDA a baissé de plus de 30 pour cent. | | | • | En Éthiopie, 6 millions d'Éthiopiens bénéficient désormais d'une meilleure éducation et de services de santé | | Sur base du document intitulé : « Le rôle et l'efficacité de l'aide au développement : enseignements tirés de l'expérience de la Banque mondiale » (a) | | |
Ces questions figuraient en tête de l'ordre du jour de la réunion des ministres du Développement et des Finances, qui s'est tenue à Dubaï, en septembre 2003, à l'occasion des rencontres annuelles du FMI et de la Banque mondiale (voir document). Par ailleurs, comme l'a récemment annoncé M. Wolfensohn au personnel de la Banque, « à Dubaï, nos clients et actionnaires ont convenu que nous devions intensifier les actions de lutte contre la pauvreté. Nous nous devons de cerner ce qui aboutit à des résultats, d'intensifier notre soutien aux partenariats qui portent leurs fruits, de mesurer et de faire état de ces résultats, ainsi que de relever les progrès accomplis dans le cadre de la réalisation de nos objectifs communs de manière plus systématique ». La Banque n'a pas ménagé ses efforts dans le cadre des travaux de simplification et de rationalisation des processus pour atteindre les objectifs fixés dans les temps impartis – qu'il s'agisse de la réforme de l'administration de prêts et de l'obligation d'en rendre compte ou de la simplification de la politique de vérification. Cependant, cela amène également à modifier la manière avec laquelle la Banque aide les pays à développer des stratégies pouvant être gérées avec des résultats mesurables. « Autrement dit, ajoute M. Wolfensohn lors de son allocution (a) à Dubaï, « nous devons prendre nos distances par rapport à de simples projets – qualifiés de « résolument optimistes » – et tenter d'obtenir des résultats à l'échelle de 50 ou 500 villages. Ou 5000…nous étudions sérieusement comment nous améliorer et intensifier les programmes qui portent leurs fruits ». Il y a matière à positiver. « La communauté de donateurs traite les engagements pris dans la Déclaration [de Rome] avec sérieux et met en place des mesures pour les respecter », a-t-il déclaré. « Près de 20 pays en développement – un mélange de pays à revenus faibles et moyens – ont entrepris une harmonisation des donateurs et des processus d'alignement ». La Banque mondiale et d'autres donateurs prennent part au nouveau Groupe de travail du CAD sur l'efficacité de l'aide et la Banque, par le biais du Development Gateway, facilite l'utilisation d'une base de données commune pour l'harmonisation et le partage de connaissances et d'expériences entre les praticiens du développement . La conférence surl'intensification de la lutte contre la pauvreté (a) , organisée par la Banque en mai prochain à Shanghai et co-sponsorisée par le gouvernement chinois, ne se contentera pas de réunir des gens. Elle sera le point culminant d'une année de recherche/formation et utilisera le système d'apprentissage à distance pour rassembler les participants de toute la communauté du développement. D'après M. Wolfensohn, la réunion cherchera à déterminer « comment sélectionner les programmes menés à bien et les renforcer, comment permettre aux pauvres d'être les catalyseurs du changement et non un objet de charité, et comment gérer des programmes dans le temps pour obtenir des résultats qui font véritablement la différence ». Liens utiles : La Banque envisage une nouvelle initiative statistique pour mesurer les résultats Donner de l'importance aux résultats Efficacité de l'aide: faits et chiffres
Liens connexes: Comment la Banque évalue son impact Le rôle et l'efficacité de l'aide au développement : enseignements tirés de l'expérience de la Banque mondiale (a) Gestion des résultats du développement (a) Harmonisation Development Gateway (a) indique une page en anglais |