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La Banque envisage une nouvelle initiative pour mesurer des résultats

De nouvelles actions vont être considérées par la Banque mondiale pour améliorer les systèmes statistiques nationaux.
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4 février 2004 - Un nouveau projet visant à pallier un manque de ressources statistiques dans les pays en développement – élément fréquemment cité comme un obstacle majeur à la mise en place de politiques rationnelles de lutte contre la pauvreté – sera étudié par le Conseil de la Banque mondiale.

Conformément à la volonté de la Banque de se concentrer davantage sur les résultats de ses efforts en matière de développement, cette proposition a été développée pendant un an et s'attachera à renforcer la capacité des pays à recueillir des indices concrets quant à la situation de leurs communautés.

Misha Belkindas, responsable de groupe auprès du Groupe des données sur le développement, au sein de la vice-présidence Économie du développement (DEC), a déclaré que le Conseil de la Banque mondiale allait envisager le lancement d'un nouveau programme afin d'accroître les capacités des pays en développement à rassembler et analyser des statistiques.

Le Conseil étudiera la STATCAP, une proposition commune des vice-présidences DEC et Politiques opérationnelles et services aux pays (OPCS) concernant un nouveau programme de prêt, pour encourager les états à mettre en place des systèmes statistiques élaborés.

La proposition sera examinée par le conseil à la fin du mois de mars, a précisé M. Belkindas.

La STATCAP consiste à octroyer des prêts d'investissement dans le cadre de prêts-programmes adaptables (PPA) horizontaux, grâce auxquels chaque pays sera en mesure de financer des projets nationaux de renforcement des capacités statistiques.

Le nouveau programme proposé est une extension d'un programme de renforcement des capacités statistiques financé par un Fonds fiduciaire pour le renforcement de capacités statistiques (TFSCB) qui a donné lieu à des engagements de l'ordre de 22,2 millions de dollars pour 50 projets approuvés du TFSCB en trois ans (jusque fin décembre). De ce montant, 11,5 millions de dollars provenaient du fonds fiduciaire (la somme restante émanant d'autres sources) dans le but de renforcer les capacités statistiques.

Selon M. Belkindas, bon nombre de pays sont enfermés dans un « cercle vicieux » qui, avec le financement inadapté de leurs systèmes statistiques, nuit à la qualité de leurs résultats. La piètre qualité a à son tour provoqué une chute des demandes pour de telles données, ce qui a alors entraîné une baisse des niveaux de financement.

Il a précisé que « beaucoup, beaucoup » de pays sont encore handicapés par des systèmes statistiques inadaptés dans le cadre de leurs programmes de développement.

« Sans statistiques, vous travaillez à l'aveuglette. Vous ne pouvez pas prendre de décisions politiques avisées », ajoute-t-il.

Des données fiables sont nécessaires pour superviser les résultas de groupes de population et de régions particuliers.

Par ailleurs, les statistiques jouent un rôle de plus en plus important en tant qu'instrument de bonne gouvernance ; elles permettent de disposer d'informations sur la performance des gouvernements et de la communauté internationale ainsi que d'indicateurs pour les débats d'ordre politique ou stratégique.

Les Stratégies de réduction de la pauvreté (SRP), un processus faisant partie de la politique de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international pour l'amélioration des résultats en matière de développement, sont également très riches en informations.

M. Belkindas estime que les pays devraient respecter quelques pratiques de base pour mettre en place des systèmes statistiques adaptés. Il conviendrait notamment d'effectuer un recensement national de la population tous les 10 ans, de conserver des registres nationaux conformément à la norme reconnue à l'échelle internationale, de réaliser des enquêtes auprès des ménages au moins tous les cinq ans, de rassembler en temps opportun des informations sur la santé de la population et les niveaux éducatifs.

Il ajoute toutefois qu'un grand nombre de pays en sont encore « très loin », ceux-ci « n'ayant ni les moyens financiers ni les capacités nécessaires pour entreprendre cela ».

Pour prendre part au programme STATCAP, les pays seront tenus de produire des plans directeurs statistiques pour mettre à jour leurs systèmes.

Deux programmes pilotes sont en cours d'élaboration – le premier en Ukraine et le second au Burkina Faso, en Afrique. Des prêts destinés à ces pays seront examinés par le Conseil en même temps que le programme-cadre.

Au rang des priorités de la STATCAP figure le développement des capacités des systèmes statistiques afin de superviser les progrès des pays dans le cadre de la concrétisation des Objectifs de développement pour le millénaire

Belkindas signale que si la STATCAP était approuvée, elle constituerait « un changement majeur pour la Banque ». « Désormais, nous intensifions réellement nos efforts pour améliorer la qualité des statistiques dans les pays en développement », ajoute-t-il.

La Banque a déjà collaboré avec la Russie sur un projet de 30 millions de dollars pour renforcer son système statistique. Un programme similaire est en cours de développement avec le gouvernement indien.

Mais selon M. Belkindas, il faudra s'armer de patience avant de juger la STATCAP. La mise en place d'un système statistique est un processus fastidieux qui peut ne porter ses fruits qu'après deux ans.




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