Moscou met les bouchées doubles pour enrayer le fléau du SIDA

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4 avril 2005 — La lutte contre le VIH/SIDA s'est intensifiée en Europe et en Asie centrale, avec la baisse des prix des antirétroviraux, la mise en place de programmes d'échanges de seringues stériles et des temps d'antenne gratuits pour les sensibilisations sur la pandémie.

Lors du sommet russe des hommes d'affaires sur le SIDA et la rencontre interministérielle de la communauté des Etats indépendants, à Moscou, les dirigeants et les experts ont reconnu l'urgence d'une action concertée pour une meilleure protection des sujets à risques et la prise en charge des personnes infectées.

Alexander Zhukov, vice-premier ministre de la Russie, a, lors du sommet des hommes d'affaire, affirmé: «L'expansion du VIH / SIDA dépasse le cadre médical et pose, dans le contexte démographique actuel, de sérieux problèmes de sécurité tant au plan stratégique que socio-économique, aux pays affectés».

ressources

Pour plus d'informations sur la lutte contre le VIH/SIDA dans la région, cliquez sur les liens suivants:
Fiche descriptive (a)
Bref aperçu de la région

La stratégie régionale
Rapport de la Banque mondiale sur le VIH/SIDA en Europe orientale et en Asie centrale (a)
AIDS media Center (a)

Au même moment, Gennady Onischenko, Chef du Service russe des droits et du bien-être des consommateurs, annonçait, aux participants à la rencontre interministérielle, que la question du VIH / SIDA serait sérieusement examinée par le président Vladimir Putin, lors de la prochaine session du conseil de sécurité nationale.

Les présences de Zhukov et de Onischenko à ces rencontres témoignent de la ferme volonté des dirigeants de faire avancer la lutte contre l'épidémie. Cet intérêt soudain pour cette question, arrive à point nommé.

Avec 1,1% de prévalence et près de 1,3 millions de personnes infectées, la transmission du VIH par voie hétérosexuelle est en hausse dans la fédération de Russie. Ce qui n'était alors qu'une épidémie circonscrite aux consommateurs de drogues injectables, aux professionnels du sexe et aux autres groupes vulnérables est en train de se généraliser à une vitesse effroyable. Selon l'ONUSIDA, les nouveaux cas d'infection à VIH par voie hétérosexuelle sont passés de 5,3%, en 2001, à près de 15%, en 2002 et à environ 30%, en 2004. .

Le rôle du secteur privé dans la lutte contre le VIH/SIDA

Lors des deux rencontres sus-mentionnées, les participants ont reconnu l'impact économique du SIDA, ainsi que l'importance du secteur privé dans la lutte contre le fléau.

Kristalina Georgieva, Représentante nationale de la Banque mondiale en fédération de Russie, a, au cours du sommet des hommes d'affaires, confié: «Il ressort de nos analyses, que le VIH pourrait faire reculer la croissance du PNB de la Russie de 4%, d'ici la fin de la décennie. L'épidémie s'étend à toute la classe ouvrière du pays, depuis les mines jusqu'aux industries lourdes en passant par les raffineries de pétrole/gaz et les usines».

L'expérience mondiale a prouvé que, le VIH compromettait souvent les affaires et faisait subir aux sociétés, des pertes économiques considérables dans les zones infectées ou à forte prévalence.
Les experts ont procédé à des échanges de vues sur l'expérience de pays comme le Brésil, qui ont réussi à contenir l'expansion du VIH/SIDA. Ils ont également discuté du rôle des coalitions dans le changement de comportement et souligné l'importance d'un partenariat entre le privé et public pour venir à bout de ce fléau.

Patricio Marquez, Spécialiste principal des questions de santé de la région à la Banque mondiale et responsable d'un projet de lutte contre la tuberculose et le SIDA en Russie, financé par la Banque mondiale, expliquait lors du sommet des hommes d'affaires, que: «Le partenariat entre les secteurs privé et public permet de mettre en commun les ressources et l'expertise pour protéger les travailleurs et les familles, utiliser des canaux de distribution modernes et appliquer tout le savoir des meilleurs médecins et pharmaciens».

Tenir compte des jeunes dans le processus de prise de décision sur le VIH/SIDA

«Le VIH/SIDA détruit le capital humain et empêche son transfert d'une génération à une autre», explique Debrework Zewdie, directeur du programme mondial de lutte contre le VIH/ SIDA, qui a pris part aux deux évènements et à la rencontre des organisations partenaires de l'ONUSIDA. Il a insisté sur la nécessité de tenir compte du point de vue des jeunes, dans les programmes de prévention et de traitement du SIDA parce qu'ils représentaient 80% des personnes séropositives.

Lors de la rencontre interministérielle de la communauté des Etats indépendants, les gouvernements ont signé la «déclaration de Moscou» sur « l'urgence d'une réponse à l'épidémie du VIH/SIDA dans la région». Les signataires se sont engagés, d'ici fin 2005, à élaborer des textes de lois et à définir des cadres de financements pour une approche multisectorielle des programmes de prévention et de traitement du VIH/SIDA au profit des populations les plus vulnérables, notamment les consommateurs de drogues injectables et leurs partenaires sexuels, les détenus, les professionnels du sexe, les homosexuels, les migrants, les personnes déplacées à l'intérieur de leur pays et les réfugiés.

Le sommet des hommes d'affaires a été organisé par la Banque mondiale, en collaboration avec l'ONUSIDA et le Transatlantic Partners Against Aids (TPAA), une organisation non gouvernementale qui collecte des fonds auprès de partenaires nord-américains, européens et eurasiens en faveur de la lutte contre le VIH/SIDA en Russie, en Ukraine et les pays limitrophes.

La Banque mondiale et l'ONUSIDA ont co-financé la rencontre interministérielle de la communauté des Etats indépendants.




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