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Interview de Caroline Anstey, Directeur pays pour les Caraïbes à la Banque mondiale sur les besoins de Haïti et la conférence des bailleurs de fonds.

Disponible en: English
Caroline Anstey is the World Bank's Country Director for the Caribbean. Here's what she said about Haiti's needs and the donors' conference.
Caroline Anstey, World Bank
Country Director for the Caribbean

Quel est le but de la conférence?
Les besoins de Haïti sont immenses et urgents. Les deux jours de conférence donneront au gouvernement, aux bailleurs de fonds, à la société civile, au secteur privé et à la communauté internationale l'opportunité de discuter du programme de deux ans mis en place par le gouvernement et de mobiliser des fonds en appui à cette initiative.

Quel est le rôle du gouvernement transitoire dans ce processus?
Le cadre de coopération intérimaire, qui énonce les besoins immédiats et à long terme de Haïti au cours des deux prochaines années, a été préparé par le gouvernement, en coordination avec les Nations Unies, la Commission européenne, la Banque interaméricaine de développement et la Banque mondiale ainsi que des représentants de 26 agences. Les recommandations du CCI ont été examinées dans le cadre de plusieurs ateliers organisés par le gouvernement, avec la participation des partis politiques, de la société civile et des autorités locales de Port-au-Prince, Les Cayes, Gonaives et Cap-Haïtien.

Qu'attend la communauté des bailleurs de fonds du gouvernement transitoire?
Le gouvernement transitoire est composé de technocrates qui ont accepté de ne pas être candidat à la prochaine élection présidentielle. Ils ont donc plus de latitude pour appuyer un programme de réformes.

A cet égard, et en dépit du fait que le gouvernement transitoire ne restera au pouvoir que jusqu'au début de 2006, nombreux sont ceux qui, dans la communauté internationale, estiment que les deux prochaines années offrent au gouvernement un cadre favorable pour mettre en place des réformes économiques, politiques et institutionnelles qui ouvriront la voie au redressement du pays et au développement durable.

Quelle est la particularité du cadre de coopération intérimaire?
Le degré d'appropriation, d'orientation et d'engagement au niveau du gouvernement en ce qui concerne la réalisation de ce rapport d'évaluation des besoins a été exceptionnel. Chaque groupe thématique et sectoriel a été dirigé par un représentant du gouvernement, avec la participation des agences bilatérales et multilatérales et des organismes internationaux. Il s'agit d'un document haïtien. L'autre aspect essential du cadre est l'accent mis sur l'obligation de résultats. Lorsque le rapport énonce l'objectif de création de 44 000 emplois, ou d'immunisation des enfants, par exemple, il établit un calendrier qui permet d'atteindre ces objectifs à 6 mois d'intervalle jusqu'en septembre 2006. Cette initiative qui a bénéficié du concours d'une trentaine d'agences internationales, offre une occasion unique de renforcer les mécanismes de coordination des bailleurs de fonds.

Comment le programme sera-t-il mis en oeuvre?
Les bailleurs de fonds appuieront les projets et programmes identifiés dans le CCI qui seront mis en oeuvre par les agences publiques et les organisations non gouvernementales. La société civile, les bailleurs de fonds et le gouvernement réunis au sein d'un comité de supervision et de suivi s'attacheront à maintenir le programme dans la bonne voie et à garantir l'obligation de rendre tant au niveau des bailleurs de fonds que du gouvernement.

Quelles sont les leçons dégagées par la Banque mondiale et les autres bailleurs de fonds de leurs précédents engagements en Haïti?

Nous pouvons tirer plusieurs leçons des engagements antérieurs. Du côté des bailleurs de fonds, une trop faible coordination de l'aide, trop de chevauchement des tâches, trop peu d'attention accordée aux résultats, un accent insuffisant sur les problèmes de capacité d'absorption ou de capacités institutionnelles, ou sur le suivi du programme. Du côté du gouvernement, un trop faible engagement sur le plan de la gouvernance politique et économique, pas suffisamment de transparence ou d'obligation de rendre compte. La communauté internationale et les bailleurs de fonds se sont appesantis sur l'examen de ces dysfonctionnements et le CCI tente d'y remédier. Les deux grandes leçons sont sans doute l'importance cruciale de la sécurité en matière de développement efficace, et la nécessité de maintenir l'aide en faveur de Haïti à long terme. C'est un aspect que tous les bailleurs de fonds ont admis et, à l'évidence, une évolution par rapport au passé. Mais le gouvernement et les bailleurs de fonds reconnaissent aussi que pour préserver l'engagement des donateurs, l'aide doit être utilisée judicieusement et dans la transparence. Chacun doit y mettre du sien.




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