Des jeunes filles provenant de familles dĂ©sespĂ©rĂ©ment pauvres du Bangladesh rural ont vu leur Ă©ducation secondaire financĂ©e grĂące Ă un programme de bourses dâĂ©tude innovateur financĂ© par le gouvernement et la Banque mondiale. Ce programme permet Ă des Ă©tudiantes comme Mussamad Akhtar, 13 ans dâavoir une Ă©ducation. | |
« Si mes parents mâavaient donnĂ© une Ă©ducation, je nâen serai pas lĂ oĂč je suis aujourdâhui. » --Zohra Khatun Akhtar |  | | Le Bangladesh est en train de changer grĂące Ă des jeunes filles comme Musammad Akhtar, 13 ans qui poursuit avec ardeur ses Ă©tudes secondaires. Musammad fait partie dâun million dâautres jeunes filles provenant de familles dĂ©sespĂ©rĂ©ment pauvres, qui ont reçu des bourses dâun programme spĂ©cial, financĂ© par le Gouvernement du Bangladesh et la Banque mondiale, avec pour objectif de leur permettre dâavoir une Ă©ducation secondaire. AmĂ©liorer lâĂ©ducation des filles signifie bien plus que leur offrir des opportunitĂ©s dâemploi. Cela signifie aussi diminuer les mariages dâadolescentes, les naissances, et la mortalitĂ© infantile. « Jâai dit Ă ma fille, « Va et Ă©tudie, nous sommes avec toi », a dit Zohra, la mĂšre de Musammad. « Je veux quâelle soit capable de se « dĂ©brouiller » dans la vie. Si Dieu le veut, un jour elle pourra trouver un emploi dĂ©cent et un bon mari, et le moment venu, prendre soin de ses parents ĂągĂ©s. » |
 | « Si elle a trop de qualifications, une femme aura souvent des difficultĂ©s pour se marier. » --Krishna Chandra Ghosh | | Mais des tabous sociaux trĂšs puissants contrecarrent cette dynamique pour lâĂ©ducation secondaire des filles au Bangladesh. La dĂ©cision dâenvoyer leurs filles Ă lâĂ©cole secondaire reste un processus difficile pour les parents. Krishna Chandra Ghosh, dont la fille de 14 ans, Deepa, est au 7e niveau, analyse les coĂ»ts et bĂ©nĂ©fices de diffĂ©rentes options pour sa fille. « La responsabilitĂ© du mĂ©nage ne repose pas seulement sur la femme. De plus en plus, une femme doit pouvoir se dĂ©brouiller par elle-mĂȘme. Une fille Ă©duquĂ©e aura moins de chance de se laisser avoir, bien que je me rende compte que si elle a trop de qualifications, une femme aura souvent des difficultĂ©s pour se marier. » |
« Dans de nombreux cas, les filles abandonnent au 9e et au 10e niveaux parce quâon leur a offert un emploi dans des usines de vĂȘtements. » --Nayaar Sultana |  | | MalgrĂ© le succĂšs du programme de bourses dâĂ©tudes et lâaugmentation du nombre dâĂ©lĂšves dans les Ă©coles secondaires, ce programme continue Ă se battre contre lâattrait des emplois dans lâindustrie du vĂȘtement en pleine expansion au Bangladesh. Les emplois de couturiĂšres et de tailleurs peuvent rapporter beaucoup plus que les bourses payĂ©es aux familles pour maintenir leurs filles Ă lâĂ©cole. Ce nâest pas le seul problĂšme. Il y a aussi les critĂšres dâadmission Ă la bourse dâĂ©tude qui exigent une frĂ©quentation assidue de lâĂ©cole, des rĂ©sultats minimums et qui interdisent aux jeunes filles de se marier durant leurs Ă©tudes. « Dans de nombreux cas, nous avons vu des filles abandonner leurs Ă©tudes au 9e et au 10e niveau parce quâelles avaient obtenu un travail dâune usine de vĂȘtements. » dit Nayaar Sultana, responsable de projet dans le Projet dâassistance Ă lâenseignement secondaire fĂ©minin. |
 | « Je sais quelle est la vie qui attend les gens qui nâont pas Ă©tĂ© Ă lâĂ©cole. Ils nâont pas dâavenir, pas de possibilitĂ©s. Je ne veux pas de cette vie lĂ . » --Tasleema Akhtar | | Le programme de bourses a rĂ©ussi Ă augmenter le nombre de filles frĂ©quentant les Ă©coles du Bangladesh, mais il fait face Ă des pressions considĂ©rables pour abaisser les critĂšres dâadmission.  « Si nous abaissons les critĂšres dâadmission pour les bourses dâĂ©tudes aprĂšs une dĂ©cennie, la qualitĂ© va chuter. Si nous ne le faisons pas, de nombreuses jeunes filles abandonneront, au moins Ă court terme, » dit Dr. Gholan Rasul Miah, le directeur du projet. Mais il reste optimiste Ă cause de la soif de connaĂźtre qui anime les jeunes Ă©lĂšves. « Je sais quelle est la vie qui attend les gens qui nâont pas Ă©tĂ© Ă lâĂ©cole, » dit Tasleema Akhtar, 13 ans. « Ils nâont pas dâavenir, pas de possibilitĂ©s. Je ne veux pas de cette vie-lĂ . Dans mon village, jâai vu trop de gens mourir par manque de soins. Je veux devenir docteur pour pouvoir les aider. » |
DerniĂšre mise Ă jour : mai 2004 |