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Turquie:Priorité à l'eseignement

dev360turkey-girlsEn 1998, la Turquie a initiĂ© un programme de rĂ©duction de la pauvretĂ© sur une Ă©chelle gigantesque. Pratiquement du jour au lendemain, le gouvernement a rendu obligatoires huit ans d’étude au lieu de cinq auparavant. Le coĂ»t du programme est d’environ trois milliards de dollars EU par an. La Banque mondiale a contribuĂ© grĂące Ă  deux phases de 300 millions de dollars chacune pour financer diffĂ©rents aspects de la rĂ©forme lorsqu’elle a estimĂ© que son implication pouvait faire une diffĂ©rence. Cependant, ce sont des montants beaucoup plus faibles, en fait moins de 10 dollars EU par mois, qui ont pu faire la diffĂ©rence pour Apkan Yavus, une Ă©lĂšve du Sud-est de la Turquie.
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The World Bank in Turkey

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« TrÚs peu de cas peuvent se comparer avec ces réalisations initiales. »
--Ilhan Dulger

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En 1998, le gouvernement a fait ce qui a Ă©tĂ© appelĂ© le « grand bond », en faisant passer le nombre d’annĂ©es obligatoires d’école de 5 Ă  8.  Depuis, plus d’un million d’enfants supplĂ©mentaires vont Ă  l’école.  Le coĂ»t est Ă©norme :  plus de 3 milliards de dollars EU par an.  La Banque mondiale a aidĂ© le gouvernement Ă  relever le dĂ©fi posĂ© par ce financement.  Mais il y a eu d’autres dĂ©fis encore plus difficiles Ă  relever, comme ce prĂ©jugĂ© profondĂ©ment ancrĂ© contre l’éducation des filles.  On estime Ă  10 millions le nombre d’enfants qui ne vont pas Ă  l’école, et 60% d’entre eux sont des filles.  Des enseignants, comme Sait Çepik, de l’école primaire du village de Topraktas, aident Ă  modifier ces comportements.  Dans son village, il est allĂ© de porte en porte avec 2 institutrices pour expliquer que l’enseignement aujourd’hui Ă©tait obligatoire et gratuit.

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« Quelle faute nous, les filles, avons-nous commise ?  Est-ce donc un crime que d’aller Ă  l’école. »
--Aßkin Yavuz

Pour de nombreuses jeunes filles turques, avoir une Ă©ducation n’était qu’un rĂȘve lointain.  A cause du manque de fonds et de la rĂ©sistance traditionnelle Ă  l’éducation des filles, de nombreuses familles turques donnaient la prĂ©fĂ©rence Ă  l’éducation de leurs fils.  Pour Aßkin Yavuz, 13 ans, l’idĂ©e de ne pas pouvoir aller Ă  l’école Ă©tait plus que ce qu’elle ne pouvait supporter.  Elle a Ă©crit au directeur de l’école, menaçant de se suicider si on ne lui permettait pas d’aller Ă  l’école.  « Quelle faute, nous les filles avons-nous commises ? » demande-t-elle dans sa lettre.  « Est-ce donc un crime que d’aller Ă  l’école ? » Le directeur de l’école de Aßkin est venu plaider sa cause auprĂšs de sa famille, et la jeune fille a pu continuer son Ă©ducation.  La mĂšre de Aßkin a reconnu que la garder Ă  la maison aurait constituĂ© une forme d’emprisonnement.  « Elles ne peuvent mĂȘme pas aller au marchĂ©. C’est comme ça depuis toujours, » dit sa mĂšre.

« Personne ne connaĂźt l’avenir, certaines vont rĂ©ussir. »
--Oya Sevinç

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Nurhan, 14 ans, veut devenir juge.  Son ami HĂŒlya veut devenir infirmiĂšre.  Leur rĂȘve fait partie d’une transformation de la sociĂ©tĂ© turque Ă  la suite d’un vaste effort du gouvernement pour envoyer plus de filles Ă  l’école.  Alors que de nombreuses jeunes filles sont toujours obligĂ©es de rester Ă  la maison Ă  cause de traditions qui privilĂ©gient les garçons, d’autres profitent de cette nouvelle vague d’espoir autant qu’elles le peuvent.  A l’école, elles reçoivent des livres, des cahiers, un uniforme, et l’accĂšs aux services sociaux et de santĂ©, ainsi qu’une chance de pouvoir rĂ©aliser leurs rĂȘves.  « Personne ne connaĂźt l’avenir, » dit le directeur de l’école Oya Sevinç.  « Certaines vont rĂ©ussir. »

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« Punir ne marche pas.  Il faut convaincre. »
--Salih Çelik

Asuma Kaçan a 11 enfants et vit Ă  cĂŽtĂ© de l’école du village de GĂŒmmetaß.  Elle n’a eu aucun problĂšme Ă  envoyer sa fille de 13 ans Ă  l’école d’à cĂŽtĂ©, et est heureuse « qu’elle puisse devenir ce qu’elle veut devenir, et faire ce qu’elle a envie de faire. » La famille Kaçan traduit un changement profond dans la sociĂ©tĂ© turque quant Ă  la valeur de l’éducation des filles.  La fille aĂźnĂ©e de Kaçan, 22 ans, a eu moins de chance.  MĂȘme avec une Ă©cole Ă  cĂŽtĂ© de chez elle, elle n’a jamais appris Ă  Ă©crire.

DerniĂšre mise Ă  jour : mai 2004


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