Des canards volent au secours du riz

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Le 25 mai 2005Pour les producteurs de riz des Philippines, l'escargot des rizières est une véritable calamité, qui détruit leurs rizières et leurs cultures.

Mais ce qui fait le malheur des uns fait le bonheur des autres. Pour les éleveurs de canards des Philippines, ce même escargot des rizières constitue une excellente alternative aux aliments commerciaux pour canards souvent très onéreux.

Pour les producteurs de riz, il faut supprimer les escargots des rizières, qui peuvent détruire jusqu'à 60% de la récolte de riz. Pour les éradiquer, les fermiers utilisent souvent des produits chimiques qui nuisent à l'environnement et augmentent leurs coûts de production.

Par contre, les éleveurs de canards recherchent les escargots qui ne sont pas faciles à trouver, car dans les zones lacustres où on élève les canards, les activités de dragage et la pollution ont fortement réduit les stocks d'escargots des rizières et autres aliments naturels du canard.

Un des lauréats du concours Development Marketplace de cette année propose de réconcilier ces deux vues antagonistes sur l'utilité de l'escargot des rizières, un gros gastropode originaire d'Amérique latine.

Cette proposition originale, qui émane des chercheurs de l'Université des Philippines à Los Banos, en partenariat avec le gouvernement provincial de Laguna, consiste à élever les canards et à cultiver le riz au même endroit.

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Development Marketplace 2005:

Mary Jean Bulatao, de l'Université des Philippines à Los Banos, explique le raisonnement des chercheurs : puisque le canard est un oiseau aquatique qui trouve sa nourriture dans l'eau, il pourrait être utile d'introduire le canard dans les rizières irriguées infestées par l'escargot des rizières.

L'idée des chercheurs est de à mettre en place ce qu'ils ont appelé un « Duck Ranger », c'est-à-dire une sorte de colombier mobile permettant d'abriter des canards élevés en liberté dans les rizières.

« Pendant la saison de culture du riz, l'élevage de canards se ferait dans les rizières, 10 jours après leur transplantation, » explique Bulatao.

L'après-midi, les canards seraient ramenés dans leur colombier, lequel pourrait être alors transporté dans d'autres rizières pour répéter le processus.

Le concept est ce qu'on appelle une solution gagnant gagnant, à la fois pour les éleveurs de canards, et les producteurs de riz. Les canards permettront de maîtriser la population d'escargots des rizières, avec pour effet d'améliorer les rendements rizicoles et de procurer aux producteurs de riz un moyen à la fois favorable à l'environnement, et peu onéreux de lutter contre les dégâts causés par l'escargot des rizières. Les escargots constitueront pour les éleveurs de canards une alternative bon marché pour l'alimentation de leurs élevages.

Selon Bulatao, le projet proposé bénéficiera, dans sa première phase, à environ une centaine de fermiers.

« Mais nous ne nous arrêterons pas là. Il y a environ 17.000 familles dans la zone pilote, » ajoute-t-elle.

« Le projet prêtera, dans sa première phase, aux paysans le capital pour acheter des canards, et construire des colombiers. Ils repayeront le projet au moyen de 20 œufs par jour, lesquels seront recueillis par les organisations paysannes.

« Les œufs de canards seront vendus. Après une période de remboursement de six mois, l'organisation disposera de suffisamment d'argent pour pouvoir acheter un nouveau lot de canards et pour leur construire de nouveaux colombiers. »

Selon Bulatao, cette technique permettra au projet d'avoir un effet multiplicateur.




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