14 juin 2005 : Le prĂ©sident Paul Wolfowitz sera au Burkina Faso les mardi et mercredi prochains, dans le cadre de sa tournĂ©e dans quatre pays africains. Cette tournĂ©e a commencĂ© au Nigeria deux jours plus tĂŽt. M. John Donaldson, du service des affaires externes pour la rĂ©gion Afrique, a accompagnĂ© le prĂ©sident Wolfowitz tout au long de son pĂ©riple au Nigeria. Dans son rapport, il revient sur les activitĂ©s et les impressions du prĂ©sident Wolfowitz.  Quelques heures seulement, aprĂšs sa descente dâavion du vol British Air qui assure la liaison Londres â Abuja, M. Paul Wolfowitz sâest retrouvĂ© au milieu dâune foule de peuhls, ces grands Ă©leveurs et commerçants africains qui forment le plus premier groupe nomade du monde. M. Wolfowitz, qui venait juste de prendre part Ă une rĂ©union avec les Ministres des Finances des nations industrialisĂ©es les plus riches du monde, a, au cours de cette premiĂšre journĂ©e en terre africaine, pris son premier bain de foule avec sa suite en visitant lâun des hameaux nomades, situĂ©s Ă la sortie de Abuja, la capitale nigĂ©riane.  Ce fut le dĂ©but dâune visite de deux jours Ă lâagenda fort chargĂ©, dont des rencontres avec des foules enthousiastes et des Ă©changes poignants avec des activistes anti-SIDA et des champions de la cause fĂ©minine. Lâobjectif de M. Wolfowitz Ă©tait de sâimprĂ©gner des dĂ©fis de dĂ©veloppement auxquels les pays africains font face et dâĂ©couter leurs impressions sur lâinstitution dont il prĂ©side actuellement les destinĂ©es. Pour de nombreux observateurs, M. Wolfowitz a eu raison de choisir le Nigeria comme premiĂšre Ă©tape de son voyage en Afrique, et mĂȘme comme premiĂšre visite Ă lâĂ©tranger depuis sa nomination Ă la prĂ©sidence de la Banque mondiale. Comme lâa si bien signifiĂ© le prĂ©sident Obasanjo au sortir de sa rencontre avec M. Wolfowitz, ce lundi, «Si le Nigeria Ă©choue, lâAfrique Ă©choue. Si par contre, le Nigeria rĂ©ussit, alors dâautres pays africains auront la chance de prospĂ©rer».   Une sĂ©rie de rencontres  Pendant son sĂ©jour au Nigeria, le prĂ©sident Wolfowitz a visitĂ© un projet dâĂ©lectricitĂ© et rencontrĂ© lâĂ©quipe dâĂ©conomistes du gouvernement nigĂ©rian, avec Ă leur tĂȘte le Ministre des Finances, Mme. Ngozi Okonjo-Iweala. Il a Ă©galement discutĂ© avec des lĂ©gislateurs et des acteurs de la sociĂ©tĂ© civile. Il a aussi dĂ©jeunĂ© avec les reprĂ©sentantes des organisations fĂ©minines et dĂźnĂ© avec les gouverneurs de certains des Ătats du Nigeria et des reprĂ©sentants du secteur privĂ©.  AprĂšs sa rencontre du lundi avec le prĂ©sident Obasanjo, M. Wolfowitz et sa suite se sont rendus au Nord du pays, dans lâEtat de Bauchi. Ils ont Ă©tĂ© accueillis Ă lâaĂ©roport par une foule enthousiaste de milliers de personnes avec au premier plan, M. Admadu Adamu Muâazu, Gouverneur dâEtat. Pendant que le cortĂšge de vĂ©hicules sâĂ©loignait de lâaĂ©roport, des douzaines de chevaux darba et des cavaliers faisaient la haie tout au long du parcours. CâĂ©tait le dĂ©but de la premiĂšre visite dâun prĂ©sident de la Banque mondiale dans cet Etat du Nigeria. La dĂ©lĂ©gation a, au cours de tous ces dĂ©placements, eu droit aux acclamations dâune foule, en majoritĂ© des Ă©lĂšves, amassĂ©e le long des rues.  Tout comme Ă Abuja, plusieurs sites ont Ă©tĂ© visitĂ©s Ă Bauchi, notamment la maternitĂ© urbaine de Ran Road, lâĂ©cole primaire de Zannuwa, et le grand marchĂ© oĂč de nombreux petits exploitants agricoles et fournisseurs de services bĂ©nĂ©ficiaires du fonds du projet de Fadama II exposent leurs produits. La premiĂšre Ă©tape a Ă©tĂ© une visite de courtoisie aux Emirs de lâEtat de Bauchi, qui ont confĂ©rĂ© Ă Woflowitz, le titre de Dokajin de Bauchi ou littĂ©ralement, «celui qui maintient lâordre». Les Emirs lâont revĂȘtu dâun alkyabba (cape) aux couleurs magnifiques et lâont coiffĂ© dâun bonnet.   Discuter directement avec les populations  Les temps forts de cette visite ont probablement Ă©tĂ© les Ă©changes que M. Wolfowitz a eus directement avec les Ă©lĂšves, les commerçants, le personnel soignant et les citoyens ordinaires. Beaucoup dâentre eux voulaient lui exposer leurs problĂšmes spĂ©cifiques, comme cette adolescente, fille dâune commerçante Ă Abuja, qui rĂȘvait sans trop y croire de pouvoir entrer un jour Ă lâuniversitĂ©. A lâĂ©cole primaire de Zannuwa Ă Bauchi, le prĂ©sident en rejoignant son vĂ©hicule, a fait un dĂ©tour pour discuter avec un groupe dâenfants qui sâĂ©taient massĂ©s lĂ pour lâoccasion. ImmĂ©diatement, une foule immense dâautres enfants ont entourĂ© le prĂ©sident Wolfowitz.  Les Ă©changes avec les dirigeants et les citoyens ordinaires ont souvent Ă©tĂ© trĂšs spontanĂ©s, directs et francs. RĂ©putĂ©s assez rĂ©servĂ©s, les nigĂ©rians nous ont donnĂ© lâimpression quâils apprĂ©ciaient rĂ©ellement le dĂ©sir du prĂ©sident de la Banque mondiale de les Ă©couter et de poser des questions qui rĂ©vĂšlent sa ferme volontĂ© de mieux les comprendre.  Ce voyage en Afrique revĂȘtait une trĂšs grande importance, parce quâil a confirmĂ© essentiellement lâengagement du nouveau prĂ©sident pour lâAfrique et ses efforts pour entretenir la dynamique dâallĂšgement de la dette concrĂ©tisĂ©e par lâaccord conclu par les ministres des finances du G 8 Ă , en prĂ©vision du prochain Sommet de Gleaneagles.  Cette visite au Nigeria a permis Ă M. Paul Wolfowitz de se prĂ©senter personnellement aux vĂ©ritables clients du Groupe de la Banque mondiale. Comme lâa dit lundi dernier le gouverneur Muâazu lors du cocktail de clĂŽture Ă Bauchi : «JusquâĂ maintenant, je nâavais rien Ă faire avec la Banque mondiale. Et voici quelquâun qui est en train de dire ce quâil pense et ce que la Banque mondiale est en train de faire. Il est en train de dire quâil veut Ă©couter. DĂšs maintenant, je serai un dĂ©fenseur de la Banque mondiale»  |