Passer du conflit à la croissance économique

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Kigali, Rwanda, 17 juin.   « Il n’y a pas de mots pour dĂ©crire ce que l’on ressent lorsqu’on arrive dans un endroit comme celui-ci, » dit M. Paul Wolfowitz, le prĂ©sident de la Banque mondiale, aprĂšs avoir visitĂ© le MĂ©morial national du gĂ©nocide Ă  Kigali, un mĂ©morial construit Ă  la mĂ©moire de plus d’un million de personnes, qui, en 1994, ont Ă©tĂ© dĂ©cimĂ©es au cours d’une pĂ©riode de 100 jours violente et sanguinaire.

 

« La communautĂ© internationale porte une responsabilitĂ©, celle d’avoir tournĂ© la tĂȘte pour ne pas regarder, » poursuit-il.  « Exprimer des regrets ne suffit pas.  Nous devons agir aujourd'hui pour ĂȘtre certain qu’une telle tragĂ©die ne se reproduira plus. »  M. Wolfowitz a dĂ©posĂ© une gerbe sur le tombeau des victimes du gĂ©nocide, et a rĂ©itĂ©rĂ© ce message Ă  un forum des jeunes organisĂ© par Never Again International, un rĂ©seau qui mobilise les jeunes de tous les pays pour Ă©viter que ce rĂ©pĂšte une tragĂ©die qui a dĂ©truit le tissu social et Ă©conomique d’une nation tout entiĂšre.

 

Au cours de rĂ©unions qu’il a eues avec des Rwandais de divers horizons, M. Wolfowitz a dit combien il avait Ă©tĂ© impressionnĂ© par le courage des gens, la façon dont ils ont pu rĂ©aliser tellement de choses malgrĂ© des dĂ©fis d’une telle ampleur.

 

« Je suis extrĂȘmement impressionnĂ© par la qualitĂ© du capital humain.  Vous avez ici une population qui mĂ©rite qu’on l’aide d’avantage, pour avoir pu si bien tirer parti du peu qu’elle avait, » a-t-il dit.

 

Une preuve de ce courage indomptable lui a encore été donnée au cours de sa visite à Rwanda Flora, une entreprise floricultrice florissante qui exporte des roses, dont la propriétaire, Béatrice Gakuba, a abandonné une carriÚre de 10 ans dans le développement international pour retourner au Rwanda.  « Mon objectif était de faire pousser de merveilleuses roses sur les cendres du génocide, » a-t-elle dit.

 

 

Wolfowitz in Rwanda 

Etreinte africaine: la mÚre Mutwa, une habitante de Biryogo à Kigali, embrasse le Président de la Banque mondiale.
(Photo de Rogers Kayihura)

Mme Gakuba exporte aujourd’hui 4 tonnes de roses par semaine vers l’Europe et emploie 200 personnes, principalement des femmes provenant des zones rurales.  « Mon travail dans le domaine du dĂ©veloppement m’a appris Ă  intĂ©grer la dimension sociale dans les affaires. »



Fortement en faveur de plus d’aide au dĂ©veloppement

 

Une visite au quartier Biryogo, un des bidonvilles de la capitale, a permis au PrĂ©sident de voir comment un centre communautaire organisĂ© sous l’égide d’une Ă©glise a pu mettre en Ɠuvre un programme novateur.  Ce programme implique des agences indĂ©pendantes qui signent avec le gouvernement des contrats basĂ©s sur la performance pour prester des services de santĂ©.  Le modĂšle, qui est Ă©galement utilisĂ© pour des projets de micro entreprises, a Ă©tĂ© mis en place pour accĂ©lĂ©rer la reconstruction du systĂšme de santĂ©, dont les ressources restent cruellement insuffisantes, malgrĂ© des crĂ©dits budgĂ©taires en augmentation.

 

Au cours de sa visite d’un jour et demi, M. Wolfowitz a Ă©galement rencontrĂ© le chef de l’État, S.E. M. Paul Kagame, l’ensemble des ministres, ainsi que des reprĂ©sentants du secteur privĂ© et des groupes de femmes.  Les leaders de la sociĂ©tĂ© civile, qu’il a rencontrĂ©s, lui ont expliquĂ© les difficultĂ©s qu’il a fallu rĂ©soudre dans le processus de rĂ©conciliation et d’inclusion sociales, ainsi que les obstacles Ă  la croissance Ă©conomique, auxquels ils ont dĂ» faire face.

 

Wolfowitz in Rwanda

Paul Wolfowitz avec des enfants d'un orphelinat de Kigali. Le génocide de 1994 a détruit le tissu social du pays, laissant des centaines de milliers d'enfants sans parent ni maison. (Photo de James Kakwerere)

 

En parlant avec les journalistes Ă  la fin de sa visite, M. Wolfowitz a dit qu’il Ă©tait « fortement en faveur » de plus d’aide au dĂ©veloppement Ă  l’Afrique, et qu’il plaiderait cette cause auprĂšs de l’administration des Etats-Unis, du CongrĂšs des Etats-Unis, et des leaders du G-8 pour crĂ©er l’appui politique nĂ©cessaire.

Mais il a fait remarquer que l’augmentation de l’assistance au dĂ©veloppement ne constituait qu’une seule mesure, en soi insuffisante.  Le succĂšs demande Ă©galement une responsabilisation de toutes les parties.  « Une assistance accrue va de pair avec la nĂ©cessitĂ© d’amĂ©liorer la performance, » a-t-il dit.  « Et bien qu’un accĂšs accru aux marchĂ©s internationaux soit important, les pays africains doivent de façon active rĂ©unir les conditions qui permettront au secteur privĂ© d’investir et de contribuer ainsi Ă  accĂ©lĂ©rer la croissance. »

 

M. Wolfowitz a dit qu’il avait observĂ© chez les leaders africains qu’il avait rencontrĂ©s une rĂ©elle dĂ©termination Ă  aborder de front les problĂšmes de gouvernance, et Ă  prendre la responsabilitĂ© d’une amĂ©lioration de la performance.

 

 




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