 |  |  | | Une petite communauté de pécheurs à Tamil Nadu se prépare à la reconstruction aprÚs le tsunami. |
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15 juin 2005 â Akkamma soupire en regardant la rangĂ©e dâabris en tĂŽle ondulĂ©e qui longe les eaux calmes de la baie du Bengale. Quelques six mois auparavant, les vagues meurtriĂšres du Tsunami avaient tout dĂ©vastĂ© sur leur passage et cette petite communautĂ© de pĂȘcheurs de lâEtat de Tamil Nadu, dans le Sud de lâInde, avait, Ă lâĂ©poque, payĂ© le tribut le plus lourd Ă cette catastrophe nationale.  En tant que chef du panchayat (conseil) de son village, câest Ă Akkama quâest revenu la lourde tĂąche de compter les morts et dâaider Ă distribuer les vivres et du pĂ©trole lampant aux survivants.  A mesure, que sâamorce le long et difficile processus de reconstruction qui suit la phase dâurgence, Akkama se voit, une fois de plus, confier la responsabilitĂ© dâaider sa petite communautĂ© rurale Ă se reconstruire et Ă retrouver un semblant de normalitĂ©.  Avant le Tsunami, le village dâAkkamma Ă©tait un petit bourg, trĂ©pidant dâactivitĂ©s et formĂ© de chaumiĂšres aux toits de palme, que des marĂ©es trop fortes pouvaient inonder. Comme la plupart des villages de pĂȘcheurs, il avait Ă©tĂ© construit avant la notification de la rĂ©glementation pour la protection des zones cĂŽtiĂšres en 1991, qui interdisait la construction de maisons Ă proximitĂ© de la mer.  En dĂ©pit de cette interdiction, ces pĂȘcheurs avaient dĂ©cidĂ© de rester lĂ , tout prĂšs de lâocĂ©an, de façon Ă pouvoir facilement mettre Ă lâeau leurs catamarans, avant les premiĂšres heures de lâaube et ramener leur prise Ă terre, dĂšs la fin de la journĂ©e de pĂȘche. Mais, en ce jour fatidique de dĂ©cembre, cette proximitĂ© Ă lâocĂ©an, qui allĂ©geait leur labeur, allait avoir des consĂ©quences catastrophiques.  Dans le cadre du projet de reconstruction post-tsunami de la Banque mondiale, dâun montant de 465 millions de dollars, les personnes, qui ont perdu leurs maisons dans lâEtat de Tamil Nadu et lâUnion des territoires de PondichĂ©ry, devraient progressivement construire de nouvelles maisons plus rĂ©sistantes aux sĂ©ismes et aux cyclones, Ă lâextĂ©rieur de la zone de rĂ©glementation cĂŽtiĂšre et Ă une bonne distance de sĂ©curitĂ© de la plage.  Mais avant le dĂ©marrage effectif du processus de reconstruction, certaines questions doivent ĂȘtre Ă©lucidĂ©es. Il sâagit, en effet, de choisir un site pour la construction des nouvelles maisons. Le choix est difficile : dâune part pour la facilitĂ© de leur travail de tous les jours, les pĂȘcheurs doivent rester Ă proximitĂ© de lâocĂ©an ; dâautre part, pour leur sĂ©curitĂ©, leurs maisons ne doivent pas se trouver en front de mer  |  |  | | Les plans de reconstruction prĂ©voient des habitations pouvant rĂ©sister aux tremblements de terre et aux cyclones. |
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 A cela, il faut ajouter le problĂšme de la propriĂ©tĂ© fonciĂšre au sein des communautĂ©s pauvres de pĂȘcheurs, car la majoritĂ© de ces personnes nâont pas de titre de propriĂ©tĂ© des terres quâils occupent. En effet, ces droits de propriĂ©tĂ© ont, traditionnellement, Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©s par la communautĂ©. En outre, les maisons situĂ©es Ă proximitĂ© de la mer, nĂ©cessitent plus dâinvestissements que celles qui sont plus Ă©loignĂ©es du rivage.  La reconstruction ne sera une rĂ©ussite que si les communautĂ©s locales et la sociĂ©tĂ© civile sont fortement impliquĂ©es dans le traitement de ces questions essentielles et que le processus est facilitĂ© par le gouvernement.  Maintenant que les partenaires au dĂ©veloppement unissent leurs efforts et que le gouvernement consulte les communautĂ©s locales, câest encore Ă Akkama et aux membres de son panchayat dâaider leurs communautĂ©s Ă dĂ©cider de la maniĂšre de procĂ©der pour la reconstruction des maisons et de leurs vies.  La Banque mondiale et le Gouvernement indien ont signĂ© un accord pour un projet dâun montant de 465 millions de dollars EU, le 12 mai dernier, sous forme de crĂ©dit de lâAssociation de dĂ©veloppement international (IDA). Ce financement devrait permettre dâappuyer les efforts de reconstruction dans les zones affectĂ©es, sur une pĂ©riode de trois ans. A ce financement, viennent sâajouter 61 millions de dollars EU de rĂ©affectation de crĂ©dits en cours de lâIDA et 2,5 millions de dollars EU de dons, portant ainsi Ă 528,5 millions de dollars EU, le total des financements de la Banque, destinĂ©s Ă la reconstruction post-tsunami en Inde.  Les financements ont Ă©tĂ© fournis sur la base du rapport dâĂ©valuation des dĂ©gĂąts et des besoins, Ă©laborĂ© conjointement par la Banque mondiale, la Banque asiatique de dĂ©veloppement et les Nations Unies, Ă la demande de lâInde. Ce rapport a estimĂ© Ă 528,5 millions de dollars EU, les financements nĂ©cessaires pour couvrir les besoins de rĂ©habilitation et de reconstruction dans les quatre territoires affectĂ©s par le Tsunami, en Inde.  Le financement de la Banque mondiale est destinĂ© Ă la rĂ©habilitation du systĂšme dâadduction dâeau dans les zones rurales de Kerala, Ă la restauration des moyens dâexistence Ă Andra Pradesh et Ă la reconstruction de maisons et dâinfrastructures de transport au Tamil Nadu et Ă PonchidĂ©ry. Ces fonds devraient Ă©galement permettre de rĂ©aliser des Ă©tudes pour une gestion Ă long terme des cĂŽtes.  |