Retour en mer

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Bateau Ă  moteur
20 juin 2005— Les financements de la Banque mondiale ont permis aux pĂȘcheurs d’Andhra Pradesh, en Inde, de retourner en mer et de retrouver leurs moyens de subsistance. Ces financements leur ont permis, non seulement de gagner Ă  nouveauleur vie, mais de se remettre Ă©galement du choc psychologique du Tsunami de dĂ©cembre dernier. Voici l’exemple d’une famille qui a rĂ©ussi Ă  faire face aux consĂ©quences du Tsunami, grĂące aux financements de la Banque mondiale.

Pamanji Yadagiri et ses trois grands fils ont repris leurs activitĂ©s de pĂȘche dans les eaux du District de Nellore, dans la zone cĂŽtiĂšre de l’Andhra Pradesh. Les terribles vagues de dĂ©cembre dernier avaient sĂ©rieusement endommagĂ© leur catamaran et son moteur hors-bord Ă  force de les avoir projetĂ©s Ă  plusieurs reprises sur un palmier. Heureusement, le catamaran a Ă©tĂ© rapidement rĂ©parĂ© aprĂšs la catastrophe. La cĂ©lĂ©ritĂ© avec laquelle les actions ont Ă©tĂ© menĂ©es a aidĂ© cette famille traumatisĂ©e Ă  reprendre rapidement le dessus et Ă  profiter au maximum de la saison de pĂȘche, qui bat son plein de fĂ©vrier Ă  avril.

 

Pour Pamandji et sa famille, cette rapiditĂ© d’action est une vraie bĂ©nĂ©diction du ciel. Il venait en effet d’acquĂ©rir un nouveau catamaran, grĂące Ă  un prĂȘt contractĂ© auprĂšs d’un des grands commerçants du village. Si Pamandji avait tardĂ© Ă  reprendre ses activitĂ©s de pĂȘche, les consĂ©quences auraient Ă©tĂ© catastrophiques pour lui et sa famille.

 

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Sélection de filets

Pour Pamandji, tout le mĂ©rite revient aux organisations villageoises et aux groupes d’autopromotion fĂ©minine qui ont couru au secours de sa famille, bien avant l’arrivĂ©e de l’aide gouvernementale. Créés dans le cadre d’un projet de lutte contre la pauvretĂ©, lancĂ© par le gouvernement et financĂ© par la Banque mondiale, ces organisations et groupements ont Ă©tĂ© formĂ©s pour piloter des activitĂ©s de dĂ©veloppement Ă  tous les niveaux de la sociĂ©tĂ©.

 

OrganisĂ©s en rĂ©seaux trĂšs actifs, que le cadre du projet avait mis en place, ces groupes ont pu toucher chaque famille de pĂȘcheurs, et ce trĂšs rapidement. DĂšs le lendemain de la catastrophe, ils Ă©taient sur le terrain pour secourir des communautĂ©s du district de Krishna, totalement dĂ©sorientĂ©es par l’ampleur du dĂ©sastre. Ces groupes, organisĂ©s et pleins de confiance, composĂ©s de villageois comme eux, n’ont pas seulement prodiguĂ© des conseils aux familles, mais les ont Ă©galement aidĂ©s Ă  Ă©valuer tout ce dont ils avaient besoin pour reprendre leurs activitĂ©s et gagner leur vie.

 

«Ce que nous voyons ici montre qu’investir Ă  temps dans le capital social est, non seulement payant au moment des crises, mais permet aux communautĂ©s de se remettre trĂšs rapidement des diffĂ©rents traumatismes», affirme Parmesh Shah, Chef du projet de lutte contre la pauvretĂ© rurale de l’Andra Pradesh.

 

Pour Pamanji et ses amis pĂȘcheurs du village de Kothuru, l’implication de la communautĂ© dans l’élaboration des plans de rĂ©habilitation est une nouvelle expĂ©rience. Ils se souviennent, en effet, que par le passĂ©, un cyclone avait dĂ©truit tout sur son passage, mais eux n’avaient reçu pour dĂ©dommagements que quelques vivres et quelques centaines de roupies. Mais, cette fois, c’estdiffĂ©rent. En effet, c’est la premiĂšre fois que leurs besoins sontvraiment pris en compte.

 

L’évaluation dĂ©taillĂ©e des pertes subies par chaque famille, faite par les groupes d’autopromotion fĂ©minine et les organisations villageoises, a permis Ă  l’administration locale de bien planifier le travail humanitaire dans les zones touchĂ©es par le Tsunami.

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Barques en construction

 

«C’est la premiĂšre fois, dans l’histoire de la gestion des catastrophes naturelles, qu’une Ă©valuation des dĂ©gĂąts a Ă©tĂ© faite avec une telle participation communautaire», affirme Vijay Kumar, Directeur gĂ©nĂ©ral de la SociĂ©tĂ© pour l’élimination de la pauvretĂ© rurale, l’agence d’exĂ©cution du projet de lutte contre la pauvretĂ©. «Elle a permis d’avoir une situation dĂ©taillĂ©e de tous les dĂ©gĂąts et de rĂ©duire, Ă  la fois, les risques d’échecs de projets, de retards dans l’exĂ©cution et de perte de financements», poursuit-il.

 

Les organisations villageoises ont elles-mĂȘmes effectuĂ© les paiements par chĂšque aux agences chargĂ©es des rĂ©parations, aprĂšs que les comitĂ©s villageois aient revu qualitĂ© des travaux et l’ai dĂ©clarĂ© satisfaisante.

 

La forte implication des femmes dans la phase d’aide d’urgence a permis d’assurer la prise en compte de leurs besoins spĂ©cifiques et de leur sĂ©curitĂ©, aspects qui ont souvent Ă©tĂ© nĂ©gligĂ©s dans le tumulte qui a suivi la catastrophe.

 

«C’est une des rares fois oĂč les femmes ont reçu toute l’attention voulue et que leurs besoins propres ont Ă©tĂ© pris en compte dans tout le processus», confie Varalakshmi Vemuru, cadre de la Banque mondiale, et coordonnatrice du projet depuis son bureau de New Delhi avec Parmesh Shah. «Les liens affectifs qui se sont tissĂ©s entre les femmes ont beaucoup contribuĂ© Ă  soigner les traumatismes psychologiques», dit-elle.

 

Aujourd'hui, les familles de pĂȘcheurs de cet Ă©tat indien ont commencĂ© Ă  tourner la page sur cette tragĂ©die. C’est aussi pour elles l’occasion d’envisager une association Ă  long terme avec le projet de lutte contre la pauvretĂ© mis en Ɠuvre par la Banque mondiale et le Gouvernement d’Andhra Pradesh, association qui ne pourra leur ĂȘtre que bĂ©nĂ©fique.

 




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