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Croatie: Restaurer l'écosystème marin |  |  |  | Pendant des décennies, l'industrie lourde et les infrastructures d'évacuation des eaux usées ont pollué les pittoresques Baies de Kastela et Trogir sur la côte de Croatie, menaçant de transformer une zone touristique historique en point chaud sur le plan de l'environnement.
Ces 50 dernières années, les sites panoramiques des villages disséminés le long de la côte ont évolué en terrains vagues, et les complexes industriels –notamment une usine chimique, une cimenterie, une installation sidérurgique et un chantier naval- ont peu à peu dominé le paysage. Les maisons et les arbres se sont couverts de suie, la mer adriatique, bleue, est devenue d'un gris sombre et les polluants qui se déversent dans l'eau ont décimé la vie marine.
Les enfants des environs, comme Luka et Duje âgés de 12 ans, passent encore l'été sur ces plages, mais il leur est difficile de croire qu'il n'y a pas si longtemps, le littoral était intact et que la mer ne répandait pas d'odeurs nauséabondes. En 1998, à la demande du gouvernement croate, la Banque mondiale a octroyé 36,6 millions de dollars dans le cadre d'un projet visant à réduire les déversements des eaux usées dans la baie, et à améliorer la fourniture en eau potable.
Le projet, connu sous le nom de projet de la baie EKO Kastela, restaure les plages le long du littoral entre Split et Trogir, deux anciennes villes de l'époque romaine qui figurent sur la liste des sites historiques de l'UNESCO. Il construit par ailleurs des tunnels sous la mer pour le nettoyage des eaux d'égouts ainsi que leur pompage pour les déverser en haute mer. La capacité du principal tunnel devrait permettre de restaurer l'équilibre écologique de la baie.
Une composante plus petite du projet vise à améliorer la fourniture et la qualité de l'eau potable afin de réduire les pénuries intermittentes d'eau qui se produisent occasionnellement dans les petits villages sous ce climat méditerranéen aride.
Luka, Duje et leurs amis suivent l'exécution du projet avec un grand intérêt. Ils l'étudient à l'école, sont témoins des progrès réalisés et certains des parents d'élèves travaillent dans le cadre de ce projet. Les enfants sont intimidés par les grosses machines qui nettoient l'eau et émerveillés à l'idée que les plages auront à nouveau l'aspect qu'elles avaient lorsque leurs grands-parents étaient jeunes.
« Les tuyaux qu'ils ont posé sous la mer étaient si longs qu'ils n'ont pas pu être acheminés par la route dans des camions, et ont dû être transportés par bateau, » se souvient Luka. « J'attends avec impatience la fin du projet. Nous aurons alors une mer propre sans odeur et suffisamment d'eau potable à tout moment », déclare Duje.
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