Mustafa a 11 ans. Il fréquente régulièrement la Laverie Automatique pour obtenir des vêtements propres, un repas chaud et y passer la nuit.
Tout comme des centaines d'autres enfants de la rue à Istanbul, Mustafa, un fugueur, a appris à compter sur la Laverie, un centre communautaire comprenant un service de blanchisserie, une cafétéria, un poste de premiers soins, un abri pour la nuit et même un salon de coiffure qui offre des coupes de cheveux aux jeunes qui le désirent.
Le projet Laverie, mis en place en 2000 par l'association Enfants de l'espoir, une organisation non-gouvernementale turque, grâce à un fonds japonais de subventions géré par la Banque mondiale, aide les enfants de la rue à retrouver leurs marques. Par le biais de ses services, la Laverie vise à renforcer l'éducation et le sens de l'hygiène chez ces enfants, tout en les aidant à conserver les maigres ressources dont ils disposent, en général uniquement les vêtements qu'ils ont sur le dos.
« Il est bon de savoir qu'on peut passer la soirée sous un abri », dit Mustafa, l'un des 107 enfants inscrits, qui fréquentent régulièrement la blanchisserie.
Si les enfants de la rue ne sont pas aussi nombreux que dans d'autres pays, leur nombre s'est accru, notamment dans les grandes villes. Ce problème se pose avec beaucoup plus d'acuité à Istanbul, où plus de 15 000 enfants se droguent avec du diluant à peinture, de la colle ou des pilules.
Ce phénomène est particulièrement désolant pour la Turquie, pays caractérisé par une forte cohésion sociale car, traditionnellement, ces problèmes se posent rarement dans les villages.
Les municipalités se penchent sur ce problème, mais dans les zones où le phénomène s'est intensifié, les autorités urbaines se tournent de plus en plus vers les ONG locales. L'association Enfants de l'espoir est la première en Turquie, offrant abri et réhabilitation aux jeunes défavorisés des zones urbaines.
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