De plus en plus, la micro finance fait la preuve de sa capacité à permettre aux couches les plus pauvres des pays en développement de réaliser leur potentiel. C'est notamment le cas au Vietnam, où des paysans sont parvenus à se procurer les fonds nécessaires au développement de leurs activités, et où des banquiers ambulants offrent aux communautés rurales des financements qui conviennent bien au caractère néophyte de leurs entreprises.
De 1998 à 2001, un projet de crédit rural, appuyé par la Banque mondiale, a octroyé près de 650 000 dollars à 250 000 ménages des régions rurales au Vietnam. Environ le tiers de ces emprunteurs étaient des femmes.
Les prêts, d'une moyenne de 360 dollars chacun, et fournis par le biais de 7 banques participantes, ont été alloués à l'essor de la production, la transformation des produits agricoles et au commerce. Jusqu'ici, le taux de remboursement de 98% est très élevé comparé aux moyennes observées dans l'ensemble du système bancaire.
« Ce projet a apporté un regain de précieuses ressources financières au Vietnam pour combattre la pauvreté en milieu rural », déclare Dr Nguyen Van Giau, vice-gouverneur de la Banque nationale du Vietnam. « Il a d'une part renforcé les banques participantes, et d'autre part il a permis à des milliers de familles paysannes et à de petites exploitations, d'emprunter de faibles montants aux taux du marché et ainsi de développer leurs affaires. Sans ce projet, la plupart de ces emprunteurs se seraient tournés vers les usuriers, dont les coûts sont bien plus élevés.»
Le montant total du crédit octroyé par la Banque dans le cadre de ce projet était de 110 millions de dollars. Le projet a appuyé plusieurs initiatives financières, reflets de la diversité des défis auxquels les communautés vietnamiennes sont confrontées. L'une d'entre elles est la banque ambulante, fournisseur de services pour des régions reculées dépourvues d'agences bancaires et qui utilise des véhicules spécialement équipés. Depuis le démarrage du programme, par mois, chaque banque ambulante visite en moyenne 62 localités excentrées, ajoutant plus de 200 nouveaux comptes d'épargne et plus de 500 nouveaux emprunteurs chaque mois.
Dès à présent, les profits des banques ambulantes l'emportent sur les coûts, soulignant la nécessité de fournir plus de services bancaires aux populations des zones reculées, qui jusqu'ici n'ont guère bénéficié de services bancaires formels. Selon une étude conduite en 2001 par le Centre de ressources sur la micro finance de la Faculté des sciences économiques de l'Université nationale de Hanoi, à la suite d'un emprunt, 99 % des emprunteurs ont sensiblement accru leurs revenus.
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