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Maroc: Extraordinaire accélération des progrès en matière d'éducation et de santé

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Pour les habitants de la majestueuse vallée de la Draa au Maroc, dans la province de Zagora, les bénéfices d'une action concertée en milieu rural qui touche à la fois l'eau rurale, l'éducation et la santé sont aujourd'hui évidents. Jusqu'il y a quelques années, Houda, 10 ans, faisait partie de ces milliers de jeunes filles en âge d'école du Maroc rural, qui chaque jour passent des heures à la corvée d'eau pour leurs familles. Près de deux tiers des filles de cette région ne fréquentaient pas l'école.

Cependant, aujourd'hui, les jeunes marocaines rurales de la génération de Houda, jouissent de nouvelles installations d'approvisionnement en eau construites à la campagne. Dans son école pleine d'animation, Houda et ses compagnes de classe illustrent les progrès extraordinaires qui ont été accomplis. Au cours des 4 dernières années, la fréquentation scolaire pour les filles dans les écoles primaires rurales s'est littéralement envolée, passant de 30 à 51%.

A quoi est due cette envolée ? En 1998, le Gouvernement marocain lançait le Programme national pour l'approvisionnement en eau rurale et l'assainissement (PAGER), programme qui construisait et réhabilitait des installations d'approvisionnement en eau et d'assainissement dans 27 provinces rurales. Initialement financé par un prêt de 10 millions de dollars EU de la Banque mondiale, le PAGER a eu un succès tellement retentissant que les bailleurs de fonds bilatéraux ont offert une assistance supplémentaire de 300 millions de dollars EU pour étendre ce programme à l'entièreté du territoire national.

Avant le PAGER, à peine 20% de la population rurale marocaine, soit 2,6 millions d'habitants, avaient accès à l'eau potable. Aujourd'hui, plus de 6,4 millions de personnes, soit 50% de la population, ont accès à de l'eau salubre et à des installations sanitaires adéquates. Ces progrès ont réduit de façon significative les maladies liées à l'eau, telle la diarrhée. Le crédit en revient aux Marocains des zones rurales qui ont joué un rôle pivot dans cette affaire. Par le biais d'associations d'utilisateurs de l'eau, les villages ont eux-mêmes déterminé les installations dont ils avaient besoin, ont participé à la construction du projet et ont reçu une formation en matière de gestion des systèmes hydrauliques. Les projets sont allés de la simple installation de puits munis d'une pompe à main à des systèmes de distribution beaucoup plus complexes, avec raccordement des habitations. En fin de compte, la capacité de prises de décision de chaque association a permis aux habitants des zones rurales de mieux faire entendre leur voix dans l'arène politique.

« Il s'agit d'une révolution sociale et d'un changement extraordinaire que le PAGER a introduit dans les campagnes marocaines », dit le Professeur Khadija Bourorach de l'Institut agronomique et vétérinaire Hassan II à Rabat, un consultant du PAGER. « Grâce à ces associations, une nouvelle vision à fait jour en matière de développement local et de démocratie, vision caractérisée par une plus grande égalité entre les hommes et les femmes, qui n'avait jamais existé auparavant ».

Pour Houda – et un jour pour ses propres filles – c'est un changement qui représente un monde de différence.

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