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La lutte contre le VIH/SIDA en Ouganda

Au début des années 90, on ne pouvait imaginer que l'Ouganda serait le premier pays d'Afrique subsaharienne à infléchir la propagation du virus VIH. Il y a 10 ans, les taux de prévalence du VIH/SIDA en Ouganda avaient atteint un niveau stupéfiant de 14%, avec des taux d'infection pouvant atteindre 30% dans les zones urbaines.

Depuis la confirmation du premier cas de SIDA en Ouganda en 1986, plus de 2 millions d'ougandais, selon les estimations, ont été infectés par le virus VIH. Parmi eux, 800 000 personnes sont décédées, laissant 1 million d'enfants orphelins. A ce pic de l'infection, la transmission hétérosexuelle représentait 75 à 80 % des nouvelles infections. La transmission mère-enfant constituait pratiquement tous les autres cas. Il est difficile d'imaginer que le nombre de victimes aurait pu être plus élevé, n'eût été la décision du gouvernement ougandais de s'assurer l'appui de la communauté internationale pour contenir et finalement enrayer la propagation de la maladie.

Pour combattre sa pandémie, l'Ouganda a élaboré l'un des programmes de lutte contre le VIH/SIDA les plus intégrés d'Afrique. En appui aux efforts déployés par l'Ouganda, en 1994 la Banque mondiale a fourni 50 millions de dollars dans le cadre d'un projet de lutte contre les infections sexuellement transmissibles, l'épine dorsale des programmes publics visant à enrayer le VIH/SIDA entre 1994 et 2000. Le projet a intégré des efforts sur plusieurs fronts pour lutter contre la propagation du virus, dont l'assistance dans la prévention de la transmission sexuelle du VIH à travers de vastes campagnes de sensibilisation et la promotion des comportements sexuels plus sûrs, l'atténuation des effets personnels du SIDA sur ceux qui en sont atteints et leurs familles, et une assistance dans la gestion locale et centralisée de la réponse à la pandémie.

A la fin de 2001, la prévalence chez les adultes, qui était de 8 % à en 1999 avait chuté à 5 %. Bien que la prévalence ait baissé pour tous les groupes d'âge, sa chute est particulièrement remarquable parmi les 15-24 ans. Certains des acquis associés au déclin du taux de prévalence global prennent en compte une connaissance accrue et une prise de conscience du VIH/SIDA ainsi que des changements au niveau des comportements sexuels. On observe pour tous les âges une forte diminution des rapports sexuels, en particulier chez les jeunes.

Les changements de comportements sexuels les plus remarquables ont été enregistrés dans le groupe des jeunes adultes, une évolution ayant des implications importantes pour le recul du VIH/SIDA à long terme, d'autant plus qu'il s'agit du groupe le plus actif sexuellement. C'est aussi la génération qui sera responsable du futur développement économique et social du pays.


 


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