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Retour à la vie civile

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L’Afrique centrale est aujourd'hui le lieu d’un vaste programme multinational qui vise à désarmer, démobiliser et réinsérer dans la vie civile près de 450.000 ex-combattants dans 7 pays de la région. Ce programme est un des plus importants jamais entrepris dans ce domaine et la Banque mondiale en est un partenaire essentiel.

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Programme multi-pays de démobilisation et de réintégration (MDRP) (a)

Liste des partenaires   (a)

Surnommée première guerre mondiale de l’Afrique, la série de conflits qui a embrasé la région des Grands Lacs et y sème depuis dix ans violences et souffrances a les dimensions d’une guerre mondiale, la première qu’aura connue l’Afrique. Les causes de ces conflits sont complexes. Certaines ressortent de facteurs internes à chaque pays ; d’autres viennent d’au-delà de ses frontières.

 

La stabilité de la région dépend désormais du succès du processus de réinsertion sociale des anciens combattants, dont la plupart sont à peine des adolescents, endurcis par des années de vie de maquisards.

 

La communauté internationale s’est mobilisée autour du «Programme multi-pays de démobilisation et de réintégration (MDRP)». Ce dernier   n’est nullement une mission de maintien de la paix, mais plutôt une initiative de développement socio-économique qui vise à appuyer le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration dans la région. . la Banque mondiale est non seulement l’administrateur du MDRP, mais elle en est également un partenaire important.

 

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Des soldats de la République démocratique du Congo s'inscrivent pour participer au processus de démobilisation.

Le programme MDRP entend favoriser la réintégration de près de 450.000 anciens combattants dans 7 pays de la région : l’Angola, le Burundi, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la République du Congo,  l’Ouganda et le Rwanda.

 

Selon M. Bernard Harborne, Spécialiste principal de la Banque mondiale sur les questions de conflit en Afrique, ce programme est   le plus grand au monde en matière de désarmement, de démobilisation et de réintégration.

 

«Bien que cela n’entre pas dans le cadre des affaires courantes de la Banque mondiale, l’impact de notre travail sur la réduction de la pauvreté dépend essentiellement du succès de ce processus de paix et de la stabilité dans cette région», explique M. Harborne.

 

 

Désarmement, démobilisation et réintégration

 

Le projet de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) aide les anciens combattants à retourner à la vie civile. Il s’agit d’un processus complexe, à cause du chaos typique qui règne dans les pays sortant d’un conflit. Il exige des efforts coordonnés de la part des différentes agences.

 

Ses phases sont les suivantes :

·         Une phase de désarmement, qui consiste à collecter, contrôler et détruire des armes lourdes et légères, des petites armes, des munitions et des explosifs

·         Une phase de démobilisation, pendant laquelle s’effectue le retour formel des combattants  à la vie civile.

·         Une phase de réinsertion qui voit le début du processus de transition vers la vie civile, et l’insertion des anciens combattants dans les communautés

·         Une phase de réintégration qui marque la fin du processus de transition vers la vie civile. A cette étape, l’ancien combattant a un emploi civil, et est effectivement intégré dans la communauté.

 

Selon la nature du conflit, il peut aussi inclure d’autres phases :

·         Une phase de rapatriement, laquelle permet aux anciens combattants en terre étrangère de rejoindre leur pays d’origine

·         Une phase de réinstallation permettant aux anciens combattants en terre étrangère d’aller dans un pays tiers.

 

Le MDRP travaille en partenariat avec une trentaine d’organisations. Il est financé par la Banque mondiale et 11 bailleurs de fonds (la Belgique, le Canada, le Danemark, la Commission Européenne, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume Uni) qui se sont engagés à fournir 350 millions de dollars EU au fonds fiduciaire.

Le programme est actif   en Angola, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo, en République du Congo, au Rwanda et en Ouganda. Il prévoit d’étendre ses activités à la Namibie et au Zimbabwe, au moment opportun.

La Banque mondiale est impliquée dans le processus de démobilisation et de réintégration, mais pas dans celui du désarmement. Comme l’explique Mme Maria Correia, nouvelle Coordonnatrice du MDRP, «Le DDR est un processus complexe dont certains aspects ne relèvent pas de la compétence de la Banque mondiale». En effet, les statuts (principes directeurs) de la Banque ne l’autorisent pas à intervenir directement dans le processus de désarmement. Elle ne peut donc travailler qu’en étroite collaboration avec les Nations Unies et les autres agences compétentes.

 

 

Retour à la vie civile

 

«La Banque apporte aux institutions nationales les financements qui pourront aider la réconciliation entre  les combattants d’une armée, voire d’une milice reconnue, et le gouvernement en vue de les démobiliser et de les reconvertir à la vie civile ».

 

Dans ce contexte, la priorité pour le programme est de fournir aux anciens combattants des vêtements, des logements, des médicaments de base, des conseils sur le VIH/SIDA, et une éducation civique. Ils reçoivent également de l’argent pour leur transport et leur réinstallation, l’achat de biens de première nécessité, ou d’équipements agricoles. De retour dans leurs communautés, ils reçoivent une formation de base, et se voient offrir aussi tôt que possible des opportunités  d’emploi, et même des emplois à court  terme.

Il faut environ 1.200 dollars EU pour permettre à un ancien combattant de retourner à la vie civile, d’obtenir un travail et de jouer un rôle dans sa communauté.

 

Stabilité et croissance économique

 

«L’objectif ultime du MDRP est de faire revenir la paix de façon durable et de calmer les différents groupes qui constituent une menace pour la paix et  la stabilité nationale», explique M. Gregory Alex, Spécialiste du développement social de la Banque mondiale, basé à Kigali et membre du secrétariat du MDRP.

 

«C’est une situation remplie de difficultés et de risques, car les gens aidés par le programme se sont souvent rendus coupables de graves violences

 

Á long terme, le succès de la réintégration dépendra de la capacité à accélérer le développement économique, et à créer des opportunités d’emploi dans tout le pays.  «C’est pourquoi nous insistons pour que les anciens combattants soient inclus dans toutes les  stratégies et programmes de lutte contre la pauvreté», rassure-t-il.

 

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Des anciens combattants en route vers un centre de démobilisation.

Avancer résolument vers le succès

 

La mise en œuvre des programmes est rendue difficile à cause de la précarité des conditions de sécurité et de l’instabilité politique. Le plus dur est d’aider les anciens combattants à trouver du travail dans ces pays en plein marasme économique, où les infrastructures font souvent défaut. De plus, il faut fournir aux anciens combattants une formation, voire une éducation, de base car l’analphabétisme est très élevé dans leurs rangs. Malgré ce qui paraît être une véritable « quadrature du cercle », des progrès ont été réalisés.

 

En effet, plus de 30.000 soldats angolais de l’EX-UNITA, qui avaient en moyenne passé 14 ans dans la rébellion, bénéficient actuellement de l’aide de plusieurs agences nationales et internationales pour leur réinsertion sociale, dans le cadre du programme national du MDRP. On a vu 50 anciens combattants de la province d’Huila réparer un canal d’irrigation pour accroître la fertilité des terres qui leur avaient été offertes par la communauté et permettre ainsi à 200 autres familles de la zone d’accroître la productivité de leurs terres.

 

Au Rwanda, des anciens combattants sont devenus agriculteurs ou fonctionnaires. D’autres ont commencé leur propre affaire et ont rejoint les rangs des et commerçants dans le centre-ville de Kigali.

 

En république du Congo, les anciens combattants ont utilisé l’aide reçue pour construire des fermes, gérer des bassins à poissons ou des salons de coiffures.

 

«Malgré toute l’expérience de la Banque mondiale et de ses partenaires dans la région, de nombreux défis restent à relever pour ce qui est de la gestion et de la résolution des conflits dans l’ensemble de la région des Grands Lacs. Pour sa part, le MDRP est heureux de participer à cet effort conjoint de construction de la paix», conclut Correia

 


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