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Grippe aviaire et pandémie de grippe

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Figure 1. Décès humains dus au virus H5N1 et pays touchés (cumulatifs)

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La grippe aviaire continue de se propager. À ce jour, le virus a causé 201 décès humains et affecté les populations d'oiseaux sauvages et de volailles dans 60 pays (figure 1) à travers l'Asie, l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique (figure 2). Le nombre de volailles qui ont été abattues ou ont péri de la maladie s'établit aux alentours de 300 millions. On estime aujourd'hui que la plupart des pays d'Asie de l'Est sont touchés, de même que l'Égypte et le Nigéria.

Nouveaux foyers. Un nombre croissant de foyers d'infection au sous-type viral H5N1 de la grippe aviaire hautement pathogène (HPAI) a été signalé au cours du premier semestre 2007, ce qui correspond à la résurgence cyclique de la maladie chez l'animal qui a été constatée chaque année entre décembre et avril depuis fin 2003, période où le problème s'est posé pour la première fois sur une grande échelle. Depuis début 2007, de nouveaux foyers ont été signalés dans 26 pays : Afghanistan, Allemagne, Arabie saoudite, Bangladesh, Cambodge, Chine, France, Ghana, Hong Kong, Hongrie, Inde, Indonésie, Japon, Koweït, Malaisie, Myanmar, Pakistan, RDP lao, République de Corée, République tchèque, Royaume-Uni, Russie, Thaïlande, Togo, Turquie et Viet Nam. On s'attend à en voir apparaître d'autres, mais il est quasiment impossible de prévoir où ils se situeront.

Cas chez l'homme. S'il est certain que l'infection chez l'homme présente des pics et des creux saisonniers, de nouveaux cas ont été signalés tous les mois depuis novembre 2004. L'infection au virus H5N1 chez l'homme a beau être encore un phénomène extrêmement rare, le nombre de cas recensés augmente chaque année. À ce jour, selon les chiffres de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), 329 personnes dans 12 pays ont été infectées, et 201 sont décédées (soit un taux de létalité supérieur à 60 %). La majorité de ces cas se concentre en Asie de l'Est, où l'Indonésie, après avoir depuis peu supplanté le Viet Nam comme pays totalisant le plus grand nombre d'infections (107 cas), continue d'afficher le plus lourd bilan (86 décès).


Tableau 1. Cas humains confirmés de grippe aviaire A(H5N1) signalés à l'OMS

Au 2 octobre 2007

Pays

2003

2004

2005

2006

2007

Total

cas

décès

cas

décès

cas

décès

cas

décès

cas

décès

cas

décès

Azerbaïdjan

0

0

0

0

0

0

8

5

0

0

8

5

Cambodge

0

0

0

0

4

4

2

2

1

1

7

7

Chine

1

1

0

0

8

5

13

8

3

2

25

16

Djibouti

0

0

0

0

0

0

1

0

0

0

1

0

Égypte

0

0

0

0

0

0

18

10

20

5

38

15

Indonésie

0

0

0

0

20

13

55

45

32

28

107

86

Iraq

0

0

0

0

0

0

3

2

0

0

3

2

RDP lao

0

0

0

0

0

0

0

0

2

2

2

2

Nigéria

0

0

0

0

0

0

0

0

1

1

1

1

Thaïlande

0

0

17

12

5

2

3

3

0

0

25

17

Turquie

0

0

0

0

0

0

12

4

0

0

12

4

Viet Nam

3

3

29

20

61

19

0

0

7

4

100

46

Total

4

4

46

32

98

43

115

79

66

43

329

201

Le nombre total de cas comprend les décès. L'OMS ne recense que les cas confirmés en laboratoire. Les dates correspondent dans tous les cas au moment où la maladie s'est déclarée.

En Afrique, c'est l'Égypte qui a enregistré le plus grand nombre de cas humains d'infection au H5N1 (38 personnes atteintes, dont une majorité de femmes). À la liste des pays ayant fait état de cas de ce type sont venus s'ajouter le Nigéria, qui a confirmé son premier cas d'infection et de décès en janvier, et la RDP lao, qui a elle aussi confirmé des premiers cas en février et mars. À ce jour, le contact rapproché avec des volailles contaminées reste le premier facteur de risque d'infection, bien qu'on ait signalé un certain nombre de cas groupés qui n'excluent pas une transmission d'homme à homme. De récents rapports en provenance d'Égypte, selon lesquels le virus est devenu résistant au Tamiflu, n'ont pas révélé de mutation sous une forme plus virulente.

Une récente analyse des données démographiques publiée par l'OMS dans son Relevé épidémiologique hebdomadaire, disponible en ligne [1] indique que le virus affecte en majorité des individus jeunes, nés après 1968 (figure 2). Dans les cas humains d'infection au H5N1 confirmés en laboratoire (au 24 novembre 2006), l'âge médian se situait, selon l'étude, à 18 ans ; 52 % des personnes atteintes avaient moins de 20 ans, et 89 % moins de 40 ans. La proportion d'hommes et de femmes était pour ainsi dire identique. Le plus fort taux de mortalité se situait parmi les 10 à 19 ans, avec 76 % de décès chez ces personnes. En revanche, les plus faibles taux se situaient chez les personnes de 50 ans ou plus (40 %), les enfants de moins de 5 ans (44 %) et ceux entre 5 et 9 ans (49 %). L'étude a en outre mis en évidence un intervalle médian de quatre jours entre le début de la maladie et l'hospitalisation, et de neuf jours entre l'apparition des symptômes et le décès. Si le nombre relativement limité de cas ne permet pas de tirer des conclusions définitives, l'analyse donne à penser que la concentration des cas au sein des populations jeunes n'est pas uniquement imputable à la répartition par âges des populations des pays concernés.


Intérêt manifeste d'un effort de préparation et de préven