Info-presse en ligne
Ressources pour les journalistes accrédités
Accès membres / Devenir membre

Pandémie de grippe

Disponible en: العربية, English, Español, 中文, русский
Ressources sur la pandémie de grippe
-- Liens utiles --
Site web - Pandémie de grippe (a)
Mise à jour (sept. 09) - L’Amérique latine montre que communication et surveillance sont essentielles
Article - Questions - Réponses sur la grippe A (H1N1) 

APERÇU:

En juin 2009, une pandémie de grippe A (H1N1) a été déclarée, alors que le virus se propageait de l’Amérique du Nord vers l’Europe avant d’atteindre, pendant l’été, les pays de l’hémisphère Sud. La durée de la pandémie est estimée à deux ans, et environ 30 à 50 % de la population des pays de l’hémisphère Nord pourraient être infectés au cours de l’automne et de l’hiver prochains. À ce jour, le virus reste relativement bénin, et aucune mutation vers une forme plus virulente n’a été détectée. En général, les pandémies grippales se propagent à travers le monde en deux, parfois trois vagues successives, comme lors des précédentes pandémies de 1918, 1957 et 1968.

Jusqu’à présent, les cas les plus graves et les décès ont été enregistrés chez les adultes âgés de moins de 50 ans, le taux de mortalité parmi les personnes âgées demeurant relativement peu élevé. Cette prévalence du virus ne correspond pas du tout à celle de la grippe saisonnière, dont 90 % des cas graves ou mortels surviennent chez les personnes âgées de 65 ans ou plus. Mais surtout, les cliniciens du monde entier ont signalé l’apparition d’une forme très grave de maladie, également parmi les jeunes et les personnes par ailleurs en bonne santé, rarement associée à la grippe saisonnière. Chez ces sujets, le virus atteint directement les poumons, entraînant une insuffisance respiratoire aiguë. On s’attend à ce que cette maladie ait de lourdes conséquences dans les pays en développement en termes de décès, de nombre de cas et d’impact économique.

Grippe aviaire H5N1 

Dans le même temps, la grippe aviaire continue de se propager. À ce jour, le virus a causé 262 décès humains et affecté les populations d’oiseaux sauvages et de volailles dans 61 pays à travers l’Asie, l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique. Le nombre de volailles qui ont été abattues ou qui ont péri de la maladie s’élève à plus de 300 millions, ce qui a induit de considérables pertes pour les agriculteurs les plus démunis. On estime aujourd’hui que la plupart des pays d’Asie de l’Est sont touchés, de même que certaines régions du Bangladesh, d'Égypte, d’Inde et du Nigéria. S'il est certain que l'infection chez l'homme présente des pics et des creux saisonniers, de nouveaux cas ont été signalés tous les mois depuis novembre 2004. Toutefois, l'infection par le virus H5N1 chez l'homme demeure un phénomène extrêmement rare, et le nombre de cas officiellement recensés a baissé en 2007 et en 2008. À ce jour, selon les chiffres de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), 440 personnes dans 15 pays ont été infectées, et 262 sont décédées (soit un taux de létalité supérieur à 60 %).

Impact économique

D’après les enseignements tirés des épidémies précédentes, comme celle du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003, celles-ci ont deux principaux types d’impacts socioéconomiques.

Tout d’abord, le premier secteur à ressentir les effets de la pandémie est celui des services, notamment le tourisme, le commerce de détail, les transports et les loisirs. Au cours de l’épidémie de SRAS survenue en 2003, on estime que les pertes économiques enregistrées dans ce secteur ont entraîné une baisse de 1,5 à 2,5 % du PIB au cours du deuxième trimestre (soit une diminution de 0,3 à 0,5 % du PIB annuel) dans les pays touchés par le virus tels que la Chine, Hongkong (Chine), Singapour et Taïwan (Chine).

Deuxièmement, si les mesures préventives ne parviennent pas à freiner la propagation du virus, la pandémie peut entraîner des coûts liés aux traitements médicaux et aux hospitalisations, mais également des coûts indirects, notamment du fait du ralentissement de l’activité économique résultant de la maladie ou du décès des travailleurs. D’après certaines études, en cas de pandémie grippale modérée, les pertes économiques liées aux cas d’infection et de décès pourraient représenter, au cours de la première année de pandémie, 1,3 % du PIB mondial ou plus. Ajoutés aux coûts de prévention, avoisinant 2 % du PIB, l’ensemble des coûts induits par une pandémie grippale modérée pourrait dépasser 3 % du PIB mondial.

Renforcer les systèmes de santé 

L’apparition du virus H1N1 a accentué la nécessité de renforcer les systèmes de santé. C’est d’ailleurs la clé de voûte de la Stratégie « santé, nutrition et population » de la Banque. Le système de santé joue un rôle clé à toutes les étapes de la lutte contre la pandémie : de la détection et de la confirmation des cas à la fourniture de soins, de traitements et de conseils aux personnes touchées. Bien que la vigilance et les capacités de lutte contre la maladie se soient améliorées dans de nombreux pays en développement (en particulier dans ceux où des foyers se sont déjà déclarés), les services médicaux et vétérinaires ne sont pas encore suffisamment équipés pour faire face efficacement à de futures épidémies.

Soutien de la Banque mondiale sur le front des grippes aviaire et humaine  

La position de la Banque mondiale lui permet d’aider les pays et d’autres partenaires à résoudre les questions économiques, politiques, stratégiques et réglementaires concernant la prévention, les soins et les traitements de la grippe. La Banque a su rapidement mettre ses services à disposition lors de situations d’urgence similaires, aussi bien sur le plan international que régional, notamment lors des pandémies de SRAS et de VIH/SIDA, ou encore dans les contextes de reconstruction après une catastrophe naturelle.

Soutien aux programmes nationaux intégrés 

En janvier 2006, le Conseil des Administrateurs de la Banque a approuvé la création d’un Programme global de réponse à la grippe aviaire, de contrôle du virus et de préparation à une grippe pandémique (GPAI), plafonné à 500 millions de dollars et financé par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l’Association internationale de développement (IDA). Ce dispositif vise à faire face aux conséquences désastreuses de la grippe aviaire hautement pathogène (GAHP) pour les éleveurs de volailles, en particulier dans les pays les plus pauvres, et à répondre aux préoccupations majeures soulevées par l’éventuelle émergence d’une pandémie humaine causée par le virus H5N1. En réponse à la situation d’urgence déclenchée à l’échelle mondiale suite à l’apparition du virus H1N1, le Conseil des administrateurs de la Banque a approuvé le report de la date de clôture du GPAI de juin 2009 à juin 2010, et l’augmentation du plafond de ce programme de 500 millions à un milliard de dollars.

À la fin du mois de juin 2009, un montant global de 453 millions de dollars avait été approuvé pour 64 projets dans 62 pays (Tableau 2). La majeure partie de cette somme est à mettre au compte de la BIRD et de l'IDA, qui ont affecté 350 millions de dollars en faveur de programmes nationaux intégrés dont la mise au point est déjà achevée et qui concernent 26 pays. Les fonds d'affectation spéciale administrés par la Banque représentent une source de financement importante, notamment le Fonds pour l'élaboration des politiques et la valorisation des ressources humaines (PHRD), financé par le Japon, et le nouveau Mécanisme multidonateurs de lutte contre les grippes aviaire et humaine (AHIF). Ce mécanisme a déjà reçu pour 125 millions de dollars d'engagements de neuf bailleurs de fonds, au premier rang desquels figure la Commission européenne. L’objectif premier de ces initiatives est de renforcer les systèmes de santé, les services vétérinaires et les systèmes de surveillance de la maladie (humaine et animale). Ces programmes se sont avérés extrêmement utiles pour consolider le dispositif de préparation aux risques de pandémie, et en particulier la prévention et le contrôle du virus H1N1.

Tableau 2. Pays bénéficiant d’une aide au titre du Programme global de réponse à la grippe aviaire, de contrôle du virus et de préparation à une grippe pandémique (GPAI)

Afrique

Asie du Sud et Pacifique

Europe et Asie centrale

Moyen-Orient et Afrique du Nord

Amérique latine et Caraïbes

Asie du Sud

Cameroun
Libéria
Malawi
Mauritanie
Mozambique
Niger
Nigéria
Ouganda
Rép. du Congo
Sierra Leone
Togo
Zambie

Cambodge
Chine
Indonésie
Mongolie
Myanmar RDP Lao
Vietnam

Albanie
Arménie
Azerbaïdjan
Bosnie-Herzégovine
Géorgie
Kosovo
Moldavie
Rép. kirghize
Roumanie
Tadjikistan
Turquie
Turkménistan
Ouzbékistan

Cisjordanie et Gaza
Djibouti
Égypte
Rép. arabe de Syrie
Rép. islamique d’Iran
Tunisie
Yémen

Argentine
Bolivie
Brésil
Chili
Costa Rica
Haïti
Honduras
Mexique
Paraguay
Rép. dominicaine
Uruguay

Afghanistan
Bangladesh
Bhoutan
Inde
Népal
Sri Lanka

Concernant le virus H1N1, la Banque a tout d’abord apporté un soutien immédiat aux pays gravement touchés (notamment l’Argentine, le Brésil, le Costa Rica et le Mexique), tout en prenant des mesures afin de s’assurer que les gouvernements, les communautés et les individus disposent d’une préparation adéquate pour faire face à la pandémie. Les équipes de la Banque ont par exemple répondu aux demandes d’assistance formulées par ses clients en réaffectant les programmes existants dans le cadre du GPAI et de la stratégie HNP ainsi que les projets ayant trait à l’agriculture et au développement rural. Elle a également accordé de nouveaux prêts et apporté un soutien technique. À cet égard, plus de 20 clients ont demandé l’aide de la Banque ou envisagent de le faire afin de renforcer leurs systèmes de santé, leurs services vétérinaires et leur communication, ou encore pour mettre en œuvre des programmes de préparation à la pandémie.

L’engagement de la Banque s’est avéré essentiel pour garantir une réponse coordonnée entre les différents acteurs impliqués : elle a mis en relation les ministères, les services publics et la communauté des donateurs, et facilité une coordination politique de haut niveau. Le soutien accéléré mis en place par la Banque s’est révélé un facteur décisif, permettant à de nombreux pays touchés par la pandémie de réagir immédiatement face à la crise, d’atténuer les impacts économiques dans certains cas et de maintenir la stabilité sociale.

Collaboration

La Banque mondiale travaille en étroite collaboration avec les pays en développement, les donateurs, le coordinateur du Système des Nations Unies pour les grippes aviaire et humaine (UNSIC) et les organisations internationales – l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) – en vue de faire face à la pandémie grippale actuelle et de fournir une approche intégrée aux niveaux national, régional et international pour lutter contre la grippe H5N1. En collaboration avec l’UNSIC, l’OMS et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies, la Banque a mis au point l’exercice d’évaluation des écarts et le rapport intitulé en anglais « Urgent Support for Developing Countries' Responses to the H1N1 Influenza Pandemic » (Apporter un soutien d’urgence aux pays en développement pour faire face à la pandémie de grippe H1N1). Ce rapport a été élaboré à partir d’un exercice portant sur l’identification et la définition de l’ordre de priorité des besoins urgents, effectué avec les autorités nationales de 77 pays depuis la mi-juillet 2009. L’objectif est d’identifier les interventions pouvant être menées à bien au cours des 6 à 12 mois à venir, et qui renforceraient les capacités des pays les plus vulnérables en matière de lutte contre le virus H1N1, notamment en termes de prévention contre les maladies et les décès liés à la pandémie.

La Banque mondiale a également soutenu une série de conférences ministérielles sur la grippe aviaire et la grippe pandémique, en fournissant des données analytiques (sur les besoins et les déficits financiers, la biosécurité dans le secteur de l’aviculture et les mécanismes de compensation permettant de renforcer le contrôle de la maladie) et des rapports d’activité mondiaux (en collaboration avec l’UNSIC). La prochaine conférence ministérielle consacrée à la réponse internationale face aux menaces de la grippe aviaire et de la grippe pandémique sera accueillie par le gouvernement vietnamien à Hanoï, en mars 2010.

Contact médias :
Phil Hay, 1 202 473-1796, phay@worldbank.org

Mise à jour : septembre 2009




Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/8JXC707M40