Info-presse en ligne
Ressources pour les journalistes accrédités
Accès membres / Devenir membre

Broadcast : radio/télé
Vidéo haute qualité pour journalistes accrédités
Accès membres / Devenir membre

Migration et envois de fonds

Disponible en: Español, العربية, русский, English, 中文
-- Related Links --
Les experts de la Banque:
Maurice Schiff

APERÇU :

  • Les migrations internationales, c’est-à-dire les déplacements de population entre pays, ont d’énormes conséquences sur la croissance et le bien-être dans les pays d’origine comme dans les pays d’accueil.

  • Près de 200 millions de personnes vivent hors de leur pays natal. Et de fortes pressions s’exercent dans le sens de cette migration, du fait des écarts qui existent entre les pays en termes de schémas démographiques et de revenus réels. La principale question qui se pose est donc de déterminer comment limiter au maximum les perturbations causées par les migrations internationales de grande ampleur, et d’en renforcer l’impact sur le développement.

  • Les recherches dans ce domaine laissent penser que le phénomène engendre des avantages économiques non négligeables pour les pays développés qui accueillent ces flux, comme pour les pays en développement d’où ils proviennent, et ce même pour des augmentations relativement mineures de la main-d’œuvre dans les pays de l’OCDE. Mais il en ressort aussi que cela procure des avantages relatifs bien plus importants pour les ménages des pays en développement que pour ceux des pays riches.

  • L’exode massif de personnes hautement qualifiées — ce qu’il est convenu d’appeler la « fuite des cerveaux » — soulève de délicats dilemmes pour beaucoup de petits pays à faible revenu. Dans le cas de Haïti ou de la Jamaïque, par exemple, huit sur dix de leurs nationaux qui ont un diplôme universitaire vivent à l’étranger.

  • Selon les chiffres officiels, les envois de fonds ont atteint 240 milliards de dollars en 2007, mais si l’on tient compte des fonds envoyés par des voies informelles, le montant réel est beaucoup plus élevé.

  • Les envois de fonds représentent plus du double de l’ensemble de l’aide au développement et, pour beaucoup de pays, constituent leur principale source de devises.

  • Les gouvernements devraient traiter ces envois de fonds comme toute autre source de revenu des ménages. Les rapatriements de salaires étant des transactions privées, ils ne doivent pas être considérés comme un substitut de la dette ou des flux d’aide.

  • Une réduction du coût des transferts de fonds procure d’importants avantages aux familles des travailleurs émigrés. Outre le fait d’accroître les niveaux de consommation, l’afflux régulier de devises améliore la cote de crédit dont jouit un pays pour ses emprunts extérieurs.

  • Au titre des efforts qu’elle mène en vue d’améliorer les données sur les migrations, la Banque a constitué la base de données la plus complète existant à ce jour sur les migrations de travailleurs qualifiés. Cette base repose sur des données de recensements et d’enquêtes des pays de l’OCDE, et également, grâce à un effort mené en collaboration avec la Division de la population des Nations Unies, sur une matrice bilatérale des flux de migration mondiaux englobant les migrations Sud-Sud et divers aspects supplémentaires touchant à la répartition par sexe et par âge de ces flux.

Vue d’ensemble
Les responsables politiques manifestent un intérêt grandissant pour les migrations, en raison de l’augmentation récente des envois de fonds et des préoccupations soulevées par ce phénomène dans les pays développés comme dans les pays en développement.

Diverses observations ont été faites sur la question des migrations et des envois de fonds :
  • Les écarts de revenu, de même que les facteurs d’ordre politique et démographique, ont le plus d’incidence sur les courants de migration. Lorsqu’elles sont permises, les migrations constituent un mécanisme majeur d’équilibrage économique.

  • La migration internationale accroît les revenus mondiaux. En permettant aux travailleurs de s’installer là où ils sont plus productifs, elles entraînent une augmentation de la production et des revenus globaux.

  • Les rythmes des envois de fonds ont tendance à varier avec les coûts de transaction ainsi qu’avec le degré de besoin qui s’y attache, autrement dit l’écart de revenu existant entre les membres de la famille vivant respectivement dans le pays d’accueil et dans le pays d’origine.

  • D’une manière générale, les envois de fonds réduisent le niveau de pauvreté et son degré de gravité.

  • Les envois de fonds aboutissent fréquemment à un surcroît d’accumulation de capital humain, d’investissements et d’esprit d’entreprise.

  • Le phénomène de la migration a une incidence sur les décisions des ménages en matière de santé qui vient s’ajouter à celle liée aux envois de fonds.

  • La fuite des cerveaux présente de nettes différences et des aspects dynamiques spécifiques d’une région à l’autre, et elle a de plus sérieuses implications pour les petits pays à faible revenu et économiquement isolés.

Initiatives de la Banque mondiale dans le domaine de la migration et des envois de fonds
L’action menée par la Banque dans ce domaine se concentre sur les aspects suivants : facteurs des migrations ; impact des migrations et des envois de fonds sur le développement ; fuite des cerveaux ; mouvements de populations temporaires ; liens entre commerce, investissements étrangers directs (IED) et migrations ; problèmes de protection sociale ; et gouvernance.

Son programme de recherche sur le sujet vise à cerner et analyser l’impact qu’ont les migrations sur le développement, de manière à définir pour les pays d’accueil et de départ des politiques, réglementations et réformes institutionnelles de nature à produire de meilleurs résultats à ce niveau. En complément, elle a en cours, dans le domaine des envois de fonds, un programme d’activités qui a pour but d’améliorer les données existant à ce sujet, de réduire les coûts des transactions et de renforcer l’intégrité des systèmes de transfert de fonds.

Les autres aspects sur lesquels porte le programme de recherche de la Banque concernent les politiques d’immigration des pays d’accueil, ainsi que l’impact des migrations et de la fuite des cerveaux sur le développement institutionnel des pays, leur taux de fécondité, leurs gains de productivité et leurs prestations de services de santé.

La Banque mondiale participe activement aux initiatives menées à l’échelle mondiale pour définir une politique cohérente sur la question migratoire à travers des partenariats renforcés et une coordination plus étroite. Elle a coprésidé (au côté de la Banque des règlements internationaux) un groupe de travail sur la coordination internationale des systèmes de paiement des envois de fonds. Elle est aussi, avec plusieurs autres organisations internationales, membre du Groupe mondial sur les migrations. Elle a en outre fourni des éléments d’information d’ordre technique au Groupe d’étude du G-20 sur la mobilité de la main-d’œuvre et la démographie. Enfin, elle est étroitement associée au Forum mondial sur la migration et le développement, qui a tenu sa première réunion en juillet 2007 à Bruxelles.

Une série d’études économiques et sectorielles sur les migrations et envois de fonds a été réalisée au niveau de plusieurs régions. Il s’agit notamment d’études régionales sur l’Amérique latine et les Caraïbes, l’Europe de l’Est et l’Asie centrale, d’études diagnostiques prospectives sur les bonnes pratiques et les capacités des pays à gérer les migrations, et de stratégies d’aide-pays pour le Népal et le Tadjikistan, entre autres, dans lesquelles est traitée la question des envois de fonds. En compagnie de la Banque africaine de développement, la Banque mondiale a établi un fonds fiduciaire multidonateur spécifiquement destiné à financer un programme d’étude sur le thème Migrations, envois de fonds et développement en Afrique subsaharienne.

Récentes et futures publications de la Banque sur les migrations et envois de fonds
Publications récentes

  • Migration and Remittances Factbook (mars 2008). (Également disponible en ligne : www.worldbank.org/prospects/migrationandremittances.)

  • The International Migration of Women (novembre 2007) – Le manque flagrant de travaux d’analyse sur la dimension sexospécifiques des migrations internationales est à noter. Cet ouvrage fait le point sur les recherches dans ce domaine, et présente notamment des études réalisées sur les facteurs du mouvement de migration féminine au départ du Mexique ainsi que sur l’impact de cette migration dans ce même pays ainsi qu’au Ghana. Il traite également des taux d’activité et des niveaux de performance de la main-d’œuvre féminine immigrée aux États-Unis.

    International Migration, Economic Development & Policy (2007) – Cet ouvrage présente des informations sur la base de données établie au plan mondial sur la migration bilatérale ; quatre études sur les effets des migrations et envois de fonds en El Salvador, au Pakistan, dans 12 pays d’Amérique latine, ainsi qu’au Maroc, en Égypte et en Turquie ; un examen consacré aux politiques de migration en vigueur dans deux pays d’accueil (Suisse et Nouvelle-Zélande) et leur impact sur les migrants ; et des études sur le phénomène des migrations de retour et circulaires.

  • South-South Migration and Remittances (2007) – Selon cet ouvrage, près de la moitié des migrants de pays en développement vivent dans un autre pays en développement, et près de 80 % des migrations Sud-Sud interviennent entre pays ayant des frontières contiguës. Il ressort aussi de cet ouvrage que les coûts des envois de fonds sont encore plus élevés dans le contexte des migrations Sud-Sud que dans le sens Nord-Sud. Enfin, cette publication s’accompagne d’une série de données concernant les volumes de migration bilatérale et les flux d’envois de fonds pour 212 pays.

  • Migration and Remittances in Eastern Europe and the former Soviet Union (2006) – Cette étude passe en revue les caractéristiques des migrations dans les pays de la région Europe de l’Est et de l’ex-Union soviétique sur les 15 dernières années. Cette étude publiée en 2006 s’intéresse surtout aux moyens d’assurer l’adéquation entre l’offre et la demande de main-d’œuvre internationale. Les auteurs examinent des questions telles que la migration circulaire, la fuite des cerveaux et le rapport entre démographie et migration.

  • Perspectives pour l’économie mondiale 2006 : Implications économiques des envois de fonds et de la migration (2005) – Ce rapport présente des données selon lesquelles une augmentation du nombre des migrants venant gonfler les effectifs de la population active dans les pays à revenu élevé de 3 % d’ici 2025 pourrait faire progresser le revenu réel mondial de 0,6 % (356 milliards de dollars). L’approche qu’il préconise pour concrétiser les avantages correspondants (qui seront comparativement plus marqués pour les ménages des pays en développement) est que les pays en développement s’efforcent de conclure avec les pays d’accueil des accords tendant à améliorer les conditions dans lesquelles leurs travailleurs migrants sont admis aux frontières, cherchent et conservent un emploi et renvoient chez eux une partie de leurs revenus.

  • International Migration, Remittances and the Brain Drain (2005) – Trois études de cas sur le Mexique, le Guatemala et les Philippines présentées dans ce volume révèlent que les envois de fonds permettent une réduction de la pauvreté et un accroissement des dépenses en matière d’éducation, de santé et d’investissement. Mais une réalité plus complexe se fait jour lorsque l’ouvrage aborde la question de la fuite des cerveaux au niveau des pays en développement. De petits pays à faible revenu comme Haïti ou la Jamaïque ont tendance à souffrir davantage du phénomène que de plus vastes pays tels que l’Inde ou la Chine. L’Australie, le Canada et les États-Unis bénéficient quant à eux d’une part importante de main-d’œuvre immigrée qualifiée, tandis que leur apport net dans les pays de l’Union européenne est proche de zéro. L’analyse du phénomène de gaspillage des cerveaux montre que les meilleurs emplois vont aux immigrants qualifiés qui proviennent de pays plus éloignés, dotés de meilleurs systèmes éducatifs et dans lesquels la langue des pays d’accueil est parlée. Aux États-Unis, les étudiants étrangers et les immigrants qualifiés contribuent aux avancées technologiques.

  • The Development Impact of Remittances in Latin America (2006) – Ce rapport passe en revue les tendances récentes des envois de fonds en Amérique latine, examine les caractéristiques des populations qui en bénéficient, et analyse l’impact que ces envois ont sur la pauvreté, les inégalités, la croissance économique, le comportement des ménages, le développement du secteur financier, et la compétitivité. Il traite également des divers enjeux qui se posent aux dirigeants lorsqu’ils cherchent à optimiser l’impact de ces envois sur le développement de leur propre pays.

  • Remittances: Development Impact and Future Prospects (2006) – Cet ouvrage est le premier de ce type consacré au dossier de politique générale sur les envois de fonds considéré dans sa dimension globale. Il est constitué de 16 articles écrits par des auteurs influents, et reproduit notamment le chapitre 7 (pdf) (a) de l’édition 2003 de Global Development Finance, qui avait révélé pour la première fois que le montant des envois de fonds dépasse celui de l’aide publique au développement. Les autres articles ont trait aux tendances des envois de fonds, à leurs facteurs déterminants et à leurs incidences sur le développement, ainsi qu’aux implications qu’ils ont pour les politiques nationales, autant d’aspects qui présentent un intérêt pour les gouvernements, les organisations internationales, les institutions financières privées et les entreprises de services monétaires.

Mise à jour : Mars 2008

Contacts médias :
Merrell J. Tuck-Primdahl – (202) 473-9516 ; courriel : mtuckprimdahl@worldbank.org
Kavita Watsa – (202) 458-8810 ; courriel : kwatsa@worldbank.org




Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/S1BVIRA0R0