22 septembre 2005 – Nous devons obtenir des résultats pour chaque dollar d’aide accordé aux pays en développement, a déclaré aujourd’hui M. Paul Wolfowitz, président de la Banque mondiale. M. Wolfowitz s’exprimait lors d’une conférence de presse à l’occasion des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international qui se tiennent ce week-end. Dans sa déclaration liminaire, M. Wolfowitz a estimé que le monde se trouvait à un tournant décisif dans l’histoire de la lutte contre la pauvreté et de création d’opportunités pour les plus déshérités. Les pays en développement ont récemment pris l’engagement remarquable d’obtenir de meilleurs résultats, et les pays développés ont pris l’engagement tout aussi remarquable d’accroître leur aide – tant à la réunion du G8 de Gleneagles qu’au Sommet du Millénaire à New York. « Cette année est marquée par une forte dynamique, et pourrait représenter un tournant décisif, » a estimé M. Wolfowitz. « Il s’agit aujourd’hui de traduire ces promesses et ces plans en actes et en résultats, au profit des plus démunis, non seulement dans les pays les plus pauvres, mais aussi dans certains pays performants du monde en développement, » a-t-il déclaré. M. Wolfowitz a indiqué que chacun devait être comptable de son action et que le moment était venu d’obtenir des résultats. « La communauté du développement tout entière, y compris le Groupe de la Banque mondiale, a l’énorme responsabilité d’aider à obtenir des résultats et, pour ce faire, il nous faut d’abord mesurer et évaluer nos opérations, » a poursuivi M. Wolfowitz. Il a déclaré que les objectifs de développement pour le Millénaire – objectifs adoptés au plan international pour améliorer la santé, l’éducation et les niveaux de vie dans les pays en développement à l’horizon 2015 – représentent un grand pas en avant. Ils fournissent au moins une « série d’indicateurs de référence qui nous permet d’être comptables de nos résultats, nous aidant à voir où notre action s’avère concluante, et où nous devons placer la barre plus haut et nous montrer plus performants. » Plan d’action pour l’Afrique M. Wolfowitz a indiqué à la conférence de presse que la Banque manifestait son attachement aux résultats par son nouveau plan d’action pour l’Afrique, « l’une des régions où l’obligation de réussite est la plus inéluctable. » Il a estimé que l’Afrique subsaharienne avait régressé, que la moitié environ de ses 600 millions d’habitants vivent avec moins de 1 dollar par jour, et que ce n’était « plus de la pauvreté, mais de l’extrême pauvreté. » M. Wolfowitz a déclaré que le Comité du développement, instance dirigeante chargée de l’élaboration des politiques de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, faisait une place particulière à l’Afrique à sa réunion qui se tient ce week-end. Il a indiqué que pour contribuer aux débats du Comité, la Banque avait préparé un Plan d’action pour l’Afrique qui vise à utiliser aussi efficacement que possible les ressources disponibles pour le développement du continent pendant les trois années à venir. « Ce plan diffère des autres dispositifs en ce sens qu’il met l’accent sur des résultats tangibles et mesurables, s’articulant autour de plus de 20 mesures concrètes, » a-t-il déclaré. M. Wolfowitz a fait remarquer que tout en mettant en avant des grandes questions — la croissance et le rôle du secteur privé —, le Plan s’intéressait aussi à des questions plus précises telles que l’aide à la gratuité de l’enseignement primaire, le financement d’infrastructures, la lutte contre des maladies comme le paludisme et le VIH/SIDA et l’appui renforcé aux femmes, que les planificateurs du développement ignorent trop souvent. Allégement de la dette Le président de la Banque mondiale a déclaré qu’il espérait que les réunions du week-end allaient permettre de faire plus de progrès sur le dossier de l’allégement de la dette des pays les plus démunis. « Nous nous emploierons à faire avancer l’accord sur l’allègement de la dette auquel est parvenu le G-8, pour faire en sorte qu’un apport réel de ressources supplémentaires parvienne, comme promis, aux pays qui en ont le plus besoin, et que chacun y trouve son compte. « Nous collaborons avec toutes les parties pour faire avancer ce dossier. Nous sommes résolus à le faire aboutir, et nous comptons sur ces réunions pour faire de réels progrès. » En réponse aux questions des journalistes, M. Wolfowitz a dit qu’il espérait que l’opération d’allégement de dette non seulement aboutirait à l’annulation de la dette des pays qui en ont le plus désespérément besoin, mais garantirait également la viabilité de l’IDA – l’Association internationale de développement, le guichet de la Banque qui accorde des dons et des prêts concessionnels aux pays les plus pauvres. « Nous devons nous accorder à reconnaître que la dette ne saurait être annulée aux dépens de l’IDA ou des autres pays. » « Si nous éliminons la charge de la dette tout en maintenant l’IDA viable, nous aurons gagné sur tous les tableaux. » M. Wolfowitz a déclaré que la préservation de l’intégrité de l’IDA permettra aux pays en développement dans l’ensemble de tirer parti de l’opération. « Nous travaillerons sans relâche pour veiller à ce que l’aide parvienne aux personnes qui en ont le plus désespérément besoin. Nous mesurerons et évaluerons les progrès accomplis, et nous encouragerons les bailleurs de fonds à mieux coordonner leurs activités, car le développement est un travail d’équipe, où tous les acteurs doivent savoir être polyvalents. » Négociations commerciales M. Wolfowitz a annoncé que le Comité du développement s’intéressera aussi au commerce dans la perspective des réunions cruciales du cycle de Doha, qui se tiendront à Hong Kong en décembre. « Les barrières commerciales sont l’un des plus grands obstacles à la réduction de la pauvreté et à la création d’emplois pour les pauvres. Supprimer les barrières et les subventions qui pénalisent les petits producteurs et les petits commerçants est donc une priorité urgente de développement, » a-t-il déclaré. « Le commerce est au moins aussi important que l’aide, car il offre la possibilité d’une croissance durable partagée. Il n’est donc pas exagéré de dire que l’avenir de millions de pauvres dans le monde dépend de l’obtention de résultats concrets à l’issue de ces négociations commerciales. » Points à l’ordre du jour M. Wolfowitz a indiqué que la lutte contre la corruption revêtait également une importance cruciale. « Pour chaque corrompu dans un pays en développement, il y a un corrupteur, souvent dans un pays développé, qui doit aussi être tenu pour comptable. « Le résultat, aujourd’hui, c’est que les gens parlent de la corruption et que des mesures concrètes sont prises à son encontre. » Il a précisé qu’à l’ordre du jour figuraient également l’allégement de la dette et le commerce, mais aussi la santé, l’éducation, l’infrastructure, l’agriculture et la démarginalisation des femmes. Plus tard dans la journée, M. Wolfowitz rencontrera l’ancien président des États-Unis, M. Clinton, lors d’une réunion sur la reconstruction après le tsunami. La réunion du consortium mondial devrait faire le point sur l’aide apportée aux populations et aux pays ravagés par le tsunami de décembre dernier en Asie. M. Wolfowitz a déclaré qu’il était impératif d’obtenir des résultats, non seulement pour les victimes du tsunami, mais aussi pour les gens, nombreux à travers le monde, qui avaient fourni des fonds au profit de ceux qui étaient dans le besoin. |