| « Je pense quâen deux jours nous avons beaucoup progressĂ© dans la voie de lâexĂ©cution de nos obligations envers les plus dĂ©shĂ©ritĂ©s de la planĂšte, qui sont, au bout du compte, ceux que nous reprĂ©sentons Ă ces rĂ©unions », a dĂ©clarĂ© devant la presse le PrĂ©sident de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, Ă lâissue de la rĂ©union semestrielle du ComitĂ© du dĂ©veloppement, comitĂ© ministĂ©riel des gouverneurs de la Banque mondiale et du Fonds monĂ©taire international.  Revenant sur ce qui Ă©tait Ă ses yeux « le point culminant de ces rĂ©unions », il a qualifiĂ© de « dĂ©cision historique » lâaccord qui venait de se dĂ©gager sur « la proposition avancĂ©e par le G8 dâannuler lâintĂ©gralitĂ© de la dette de certains pays parmi les plus pauvres du monde ».  Les ministres des Finances et du DĂ©veloppement rĂ©unis Ă lâoccasion des AssemblĂ©es annuelles de la Banque mondiale et du FMI se sont en effet mis dâaccord sur le financement des engagements au titre de lâallĂ©gement de la dette qui avaient Ă©tĂ© pris en juin dernier Ă Londres par les ministres des Finances du G7, et approuvĂ©s par les dirigeants des pays du G8 au mois de juillet Ă Gleneagles.  « La voie est dĂ©sormais libre vers un effacement complet de la dette », a ajoutĂ© M. Wolfowitz. « Les dirigeants de 38 pays dâAfrique et dâautres rĂ©gions du monde nâauront plus Ă choisir entre le financement de dĂ©penses qui profitent Ă la population et le remboursement dâune dette publique insupportable, souvent hĂ©ritĂ©e du passĂ©. »  Le prĂ©sident du ComitĂ© du dĂ©veloppement, le ministre des Finances sud-africain Trevor Manuel, a pour sa part dĂ©claré : « De ce qui Ă©tait un accord du G8 Ă lâouverture de ces rĂ©unions a Ă©mergĂ© lâaccord du âG184â. Ces accords reposent dĂ©sormais sur lâadhĂ©sion pleine et entiĂšre de tous les Ătats membres du FMI et de la Banque mondiale. »  Câest dans le cadre de leurs rĂ©unions de ce week-end que le ComitĂ© du dĂ©veloppement et le ComitĂ© monĂ©taire et financier international du FMI ont approuvĂ© la proposition du G8 dâannuler lâintĂ©gralitĂ© de la dette de certains pays parmi les plus pauvres du monde. Dans leur communiquĂ© final, les membres du ComitĂ© du dĂ©veloppement se sont engagĂ©s Ă maintenir la capacitĂ© financiĂšre de lâIDA « dollar pour dollar » au moyen dâapports de fonds supplĂ©mentaires. Dans les semaines Ă venir, la Banque mondiale soumettra Ă son Conseil des administrateurs un document prĂ©sentant dans le dĂ©tail le calendrier des versements attendus Ă titre de compensation, ainsi que le systĂšme de suivi prĂ©vu.  Qualifiant les Ă©changes qui ont abouti Ă cette dĂ©cision de « changement radical » par rapport aux discussions antĂ©rieures, M. Manuel a dĂ©clarĂ© que ce nouvel accord permettra dâaccĂ©lĂ©rer la mise en Ćuvre des objectifs de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire endossĂ©s par la communautĂ© internationale.  Le ComitĂ© du dĂ©veloppement a par ailleurs entĂ©rinĂ© le nouveau Plan dâaction pour lâAfrique Ă©laborĂ© par la Banque, et engagĂ© celle-ci Ă accroĂźtre les financements en matiĂšre dâinfrastructure dans le cadre dâun ensemble de mesures visant Ă soutenir la croissance.  « ConsidĂ©rĂ©s globalement, les contributions promises par le G8 et le Plan dâaction pour lâAfrique reprĂ©sentent le plus gros engagement dâaccroissement de lâaide au dĂ©veloppement des 50 derniĂšres annĂ©es », a dĂ©clarĂ© aux journalistes M. Wolfowitz. Selon lui, aussi important que soit lâallĂ©gement de la dette, lâintensification de lâaide Ă lâAfrique lâest encore plus car elle reprĂ©sente un engagement Ă lâappui des pays qui nâentrent pas dans le cadre de cet effort dâallĂ©gement.  Mais Ă ce surcroĂźt dâaide doivent faire pendant des rĂ©sultats tangibles dans les pays en dĂ©veloppement, a-t-il ajoutĂ©.  Les rĂ©sultats obtenus par les pays africains se sont amĂ©liorĂ©s ces derniĂšres annĂ©es et, de lâavis gĂ©nĂ©ral, la conjoncture actuelle ouvre des perspectives. Sous lâeffet des rĂ©formes entreprises au plan macroĂ©conomique, le taux de croissance enregistrĂ© dans lâensemble du continent africain se situe Ă 7 % en moyenne. Et pourtant, aucun pays dâAfrique nâest actuellement en passe dâatteindre lâun ou lâautre des objectifs de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire.  Le ComitĂ© du dĂ©veloppement a soulignĂ© lâimportance quâil y a Ă ce quâun accord commercial de grande envergure et favorable aux pauvres se dĂ©gage du cycle de nĂ©gociations de Doha, qui sâachĂšvera en dĂ©cembre prochain Ă Hong Kong Ă lâoccasion de la confĂ©rence ministĂ©rielle de lâOrganisation mondiale du commerce.  « Lâimpulsion que nous venons de donner doit ĂȘtre maintenue jusquâaux nĂ©gociations de lâOMC Ă Hong Kong », a dĂ©clarĂ© M. Wolfowitz. « Nous sommes convenus dâaccroĂźtre lâaide, nous sommes parvenus Ă un consensus sur lâallĂ©gement de la dette, complĂ©tons maintenant le tableau en faisant aboutir les nĂ©gociations commerciales Ă un accord qui contribue rĂ©ellement au dĂ©veloppement. »  |