Le 27 septembre 2005 — Dans le cadre des efforts qu’elles ont menés en collaboration et avec l’aide de la Banque mondiale, les autorités nigérianes et suisses ont franchi une importante étape en vue du rapatriement des fonds qui avaient été détournés d’Afrique. Le gouvernement suisse restitue au Nigéria un montant de 458 millions de dollars détournés vers des comptes helvétiques par le général Abacha, ancien dictateur militaire. Les autorités suisses ont déjà effectué un premier versement de 290 millions de dollars à ce titre. « L’accord conclu entre le Nigéria et la Suisse fera date » a expliqué le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, lors de la conférence de presse qu’il a tenu ce matin avec, pour le Nigéria, la ministre des Finances, Mme Ngozi Okonjo-Iweala et, pour la Suisse, le secrétaire d’État aux Affaires économiques, Jean Daniel Gerber. « Il fait savoir au monde entier qu’il n’existe pas de refuge pour les fonds détournés. » Cette opération marque l’un des premiers rapatriements de fonds détournés et, comme le note M. Wolfowitz, elle pourrait constituer un important précédent. « La corruption n’est pas seulement l’affaire des pays en développement. Les pays développés doivent également assumer leurs responsabilités, notamment en veillant à ce qu’il soit aussi difficile que possible aux gouvernements corrompus de cacher les fonds qu’ils détournent et en facilitant le rapatriement de ces fonds. » L’équipe gouvernementale actuelle du Nigéria est absolument déterminée à lutter contre la corruption et a fait savoir que sa volonté de transparence, de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption était réelle, a expliqué Mme Okonjo-Iweala. « Nous sommes reconnaissants au gouvernement suisse de montrer l’exemple. » Il est fondamentalement dans l’intérêt du gouvernement suisse de s’assurer que des actifs acquis de manière illicite ne rentrent pas dans le pays, a expliqué M. Gerber, et la loi relative au secret bancaire ne s’applique pas aux actifs obtenus par des moyens criminels. « Le rapatriement des fonds acquis de manière illicite est un important moyen de lutter contre la corruption... Il pourrait aussi être une source importante de financement du développement », a-t-il noté. Selon Mme Okonjo-Iweala, les fonds rapatriés seront directement affectés à des programmes de réduction de la pauvreté. « Nous tenons à faire savoir à tous que les fonds que nous recouvrerons seront utilisés aux fins de programmes de lutte contre la pauvreté et de création d’emplois, pour promouvoir la santé, l’éducation, l’agriculture, les routes, l’eau, tout ce qui peut contribuer à améliorer les conditions de vie des Nigérians. » La Banque mondiale aide le gouvernement nigérian à s’assurer, par le biais d’un examen de la gestion des dépenses publiques et de la responsabilité financière (PEMFAR), que les ressources budgétaires additionnelles, entre autres les montants qui viennent d’être rapatriés, sont bien utilisés à l’appui de ces importants secteurs. Le gouvernement suisse a accordé un don aux fins de cet examen. |