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Lancement d’une nouvelle alliance pour combattre la dégradation des sols en Afrique

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Communiqué de presse n°:2006/127/ESSD

NAIROBI (ONUN) / PRETORIA (Sarm Inn), 24 octobre 2005— En Afrique, environ 65 % de la population est concernée par la dégradation des sols, et chaque année, l’appauvrissement des terres et de leur teneur en nutriments coûte à l’Afrique subsaharienne plus de 3 % de son PIB agricole. Devant ce constat, la Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, à sa septième session tenue à Nairobi, a annoncé la formation d’un nouveau partenariat - TerrAfrica  - la plus vaste alliance de ce type jamais créée pour s’attaquer au problème de la dégradation des sols et renforcer la gestion durable des terres dans toute la région.

 

"Je suis solidaire de cette noble idée de réduire au minimum la dégradation des sols en Afrique sub-saharienne,"a dit l ‘honorable Stephen Kalonzo Musyoka, Président de la conférence des parties et Ministre de l'environnement et des ressources naturelles du Kenya. "J'invite les personnes de bonne volonté à soutenir cette initiative, et suis heureux de noter la participation des partenaires internationaux, nationaux, ainsi que ceux des communautés.”

 

La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) est l’instrument dont s’est dotée la communauté internationale pour s’attaquer au problème de la dégradation des sols, mais malgré la gravité du phénomène, les investissements à l’appui de la gestion durable des sols en Afrique subsaharienne sont limités, et l’attention portée à cette question par les pays, irrégulière. 

 

L’initiative TerrAfrica a été conçue en partenariat avec l’UNCCD en réponse aux appels à l’action lancés dans le cadre de la Convention, du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et le Programme de l’Environnement du NEPAD, et aussi de l’engagement pris par le G8 en faveur de l’Afrique au sommet de Gleneagles.

 

 

« Le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine du NEPAD vise l’obtention de gains de productivité agricole de 6 % par an d’ici 2015. De tels gains ne sauraient être pérennisés si les investissements qui s’imposent pour gérer durablement les sols ne sont pas systématiquement financés. C’est pourquoi le NEPAD donne son plein appui à TerrAfrica et voit dans ce partenariat le moyen de faire de la gestion durable des sols une réalité » explique Firmino Mucavele, Directeur du NEPAD.

 

« Le moins que l’on puisse dire, c’est que la dégradation des sols sape les efforts déployés à tous les niveaux pour assurer la sécurité alimentaire à long terme, la croissance économique, l’exploitation productive des terres rurales et la viabilité des services afférents aux écosystèmes en Afrique » explique Warren Evans, Directeur du département Environnement de la Banque mondiale. « Le pire serait que le phénomène s’aggrave sous l’effet des changements climatiques et provoque des phénomènes migratoires à grande échelle, suscite des conflits ou une instabilité au plan régional, ou encore dérègle les services afférents à des écosystèmes critiques. Le partenariat TerrAfrica  offre un moyen nouveau de s’attaquer de façon systémique et coordonnée à un problème qui sévit depuis longtemps, et cet objectif ne saurait être atteint sans la participation de tous les partenaires. »

 

M. Evans précise que « TerrAfrica  est une initiative unique en ce sens qu’elle s’attachera à analyser les causes fondamentales de la dégradation des sols, es obstacles à la mise en cohérence des investissements qui s’imposent pour appuyer la gestion durable des sols avec les principaux mécanismes de financement et d’exécution au plan national et international. Elle soutient la mise en œuvre du Plan d’action pour l’Afrique de la Banque mondiale.

TerrAfrica est un partenariat, et une approche programme permettant de démultiplier l’impact des différentes actions menées ».

 

Le modèle opérationnel de TerrAfrica repose sur le principe qu’aucune institution ne peut à elle seule régler le problème. Cette initiative est une alliance destinée à appuyer l’action collective des gouvernements africains, du NEPAD, du secrétariat de l’UNCCD, du Mécanisme mondial de l’UNCCD, du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), du Fonds international de développement agricole (FIDA), de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), de la Commission européenne, du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), de la Banque africaine de développement (BAfD), la Norvège, des organisations multilatérales, des organisations régionales et sous-régionales, des bailleurs de fonds bilatéraux, de la société civile et des organisations scientifiques, en particulier le Forum de recherche agricole en Afrique (FARA) et les centres du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR), des producteurs et des populations locales qui sont, en dernière analyse, les dépositaires des terres.

 

Comme indiqué par Wangari Maathai, Ministre auxiliaire au Ministère de l’environnement et de ressources naturelles du Kenya, "Beaucoup de bonnes pratiques ont cours en Afrique sub-saharienne, au niveau des gouvernements comme de la société civile - il est important que celles-ci soient mises en oeuvre sans « réinventer la roue ».   TerrAfrica nous fournit cette plateforme. Il faut non seulement mobiliser les communautés sur cette question, mais aussi les inclure pour qu’elles deviennent des éléments du changement.”

 

TerrAfrica se veut aussi une réponse à la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide au développement de mars 2005 qui, tout en insistant sur la nécessité d’accroître les volumes d’aide, souligne aussi l’importance des principes d’appropriation, d’harmonisation, de gestion axée sur les résultats et de responsabilité mutuelle.

 

Le problème de la dégradation des sols …

 

La dégradation des sols pourrait bien être le plus redoutable changement écologique ayant un impact direct sur les moyens de subsistance des pauvres. Les deux tiers de ceux qui souffrent de la fin vivent dans les zones rurales des pays en développement, et la moitié environ exploite des terres marginales où la dégradation de l’environnement pèse sur la production agricole. L’expérience montre que la dégradation des sols est un cercle vicieux qui oblige les populations à exploiter les terres au maximum pour subvenir à leurs besoins en matière d’alimentation, d’énergie, de logement et de revenu, ce qui crée une dynamique d’appauvrissement autoentretenu. Lorsque c’est le cas, les pauvres sont à la fois les responsables et les victimes de la dégradation des sols. Pour s’attaquer au problème, il faut adopter une stratégie à plusieurs niveaux, qui replace clairement le problème de la dégradation des sols et sa dimension environnementale dans le cadre plus large de la politique socio-économique, et consentir des investissements qui encouragent d’autres modes de vie.

 

Les programmes d’action nationale appuyés par l’UNCCD qui doivent d’être intégrés dans les stratégies d’investissement et de réduction de la pauvreté revêtent à cet égard une importance capitale. Pour qu’ils portent leurs fruits, il est essentiel que toutes les parties prenantes collaborent et coordonnent leurs efforts à tous les niveaux, que ce soit au plan local, national ou international.

 

« Nous donnons nos pleins appui et attendons avec intérêt que TerrAfrica encourage les partenaires, notamment les pays africains eux-mêmes, à se mobiliser en faveur de l’entreprise de longue haleine que constitue la lutte contre la désertification en Afrique » déclareHama Arba Diallo, Secrétaire exécutif du Secrétariat de l’UNCCD.   « Ce n’est qu’en enrayant ce phénomène que nous parviendrons à briser le cercle vicieux de la dégradation des sols et de la pauvreté. Pour souligner l’importance de ce problème, 2006 a été déclaré l’année internationale des déserts et de la désertification. »

 

TerrAfrica– Accorder une place centrale à la gestion durable des sols

 

Si l’on tient davantage compte dans la pratique de la gestion durable des sols, on peut inverser la tendance en s’attaquant non seulement aux manifestations physiques de la dégradation des sols, mais également aux causes profondes du phénomène. Le concept de gestion durable des sols renvoie à l’ensemble des techniques, des politiques et des activités qui visent à concilier principes socioéconomiques et préoccupations environnementales pour parvenir tout à la fois à maintenir ou renforcer les systèmes de production fondés sur les ressources naturelles, à préserver le patrimoine naturel et à promouvoir un développement économiquement viable et socialement acceptable.

 

Un certain nombre de mesures ont déjà été prises pour s’attaquer au problème de la dégradation des sols. Différents obstacles s’opposent toutefois à la mise en oeuvre d’activités permettant de gérer durablement les sols : les coûts de la dégradation des sols sont mal compris ; les principaux intéressés ne participent pas aux actions menées ; on a du mal à mobiliser des ressources suffisantes ; il n’existe pas d’indicateurs de suivi et d’évaluation adaptés ; et les interventions au niveau des pays et des régions ne sont pas coordonnées.

 

TerrAfrica est une initiative qui vise à libérer des ressources financières et institutionnelles pour que les pays, avec le soutien des institutions régionaux et la communauté internationale, puissent s’attaquer au problème de la dégradation des sols suivant une démarche intégrée. Elle appuie des opérations de portée nationale et régionale. Le plan d’activité de TerrAfrica s’articule autour de sept objectifs principaux dont la réalisation est considérée comme déterminante pour le succès de l’initiative, puisqu’il s’agit essentiellement de donner aux gouvernements, des communautés, et des sociétés civiles des pays d’Afrique subsaharienne, à la communauté internationale du développement et aux autres parties prenantes nationales, régionales et mondiales, de mieux collaborer pour accroître les ressources destinées à financer des stratégies de gestion durable des sols efficaces et efficientes, qui soit pilotées par les pays et systématiquement intégrées dans les programmes de développement.

 

« Depuis 2002, la dégradation des sols est au centre des activités et des programmes mis en œuvre par le FEM pour atténuer le risque que ce phénomène fait peser sur l’environnement et sur les moyens de subsistance des populations à l’échelle de la planète » déclare Len Good, Président du FEM. « Le FEM a notamment établi un nouveau partenariat avec les pays pour encourager la gestion durable des sols, et ce programme est actuellement mis en oeuvre dans une dizaine de pays pour combattre la dégradation des sols de manière coordonnée, intégrée et efficace par rapport au coût. TerrAfrica s’inscrit dans le prolongement de ce programme du FEM en Afrique, qui a fait l’objet de commentaires élogieux de partenaires du monde entier. Le FEM se réjouit à la perspective de collaborer avec d’autres partenaires de TerrAfrica pour attirer davantage l’attention sur la nécessité de résoudre le problème de la dégradation des sols en Afrique subsaharienne, la région du monde la plus touchée par ce phénomène ».

 

Les activités de TerrAfrica se répartissent en trois grandes catégories : 1) établissement de partenariats, 2) constitution et gestion de bases de connaissances, et 3) investissements. Il s’agit de mettre en oeuvre une approche stratégique qui permette l’effort collectif des sols plus efficace et efficiente de promouvoir une gestion durable et d’accroître la gamme et l’échelle des financements. Les trois activités vise à:

 

1.       Forger des alliances et des partenariats stratégiques aux niveaux globales et régionaux maîtrisés par les Africains à l’appui d’activités de portée nationale.

2.       Nouer un dialogue inclusif et la communication au niveau régional sur les priorités stratégiques à définir, les conditions à réunir et les mécanismes d’exécution à mettre en place pour appuyer les activités menées au niveau des pays.

3.       Encourager le recours à des mécanismes basés sur les connaissances pour guider les investissements et les décisions à tous les niveaux.

4.       Renforcer les bases analytiques des programmes d’action.

5.       Harmoniser les systèmes de suivi d’évaluation.

6.       Promouvoir la gestion durable des sols et la prise en compte systématique de cette dimension dans les stratégies de développement, le financement et le dialogue avec les pouvoirs publics aux niveaux local, national et régional.

7.       Investir dans le développement, la mobilisation et l’harmonisation aux niveaux local,  national et régional.

 

L’objectif de TerrAfrica est de mobiliser des investissements d’un montant au moins de 4 milliards de dollars sur une période de 12 ans. TerrAfrica contribuera en outre à la réalisation des objectifs du NEPAD, à savoir obtenir des gains de productivité agricole de 6 % par an et l’affectation de 10 % au moins des budgets nationaux à l’agriculture. L’initiative favorisera également les progrès en direction des Objectifs de développement pour le Millénaire qui visent à réduire la pauvreté, à assurer un environnement durable et à mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

 

Comme l’explique Klaus Toepfer, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), « D’après les économistes spécialisés, la lutte contre la dégradation des sols est soigneusement ciblée, pourrait rapporter jusqu'à trois fois les montants investis. Le moment est donc venu d’apporter un soutien massif aux nouveaux plans nationaux de lutte contre la  désertification. Telle est l’ambition de TerrAfrica, l’alliance sans précédent qui vise à mobiliser 4 milliards de dollars à cet effet. L’initiative promet d’apporter un nouveau souffle à l’action menée pour régénérer les terres fragiles du continent et enrayer une dégradation apparemment inéluctable. »

 

Et comme indiqué par Christian Mersmann, Directeur de gestion du mécanisme global de l’UNCCD :, « Chacun avait d’abord tâché d'aborder individuellement cette question de dégradation des sols. C'est la première fois que les pays africains et la communauté du développement s’associent sur une plateforme commune - TerrAfrica – pour partager l'information et mobiliser des ressources financières substantielles par des actions d’intégration collective et autres mesures appropriées. Ces étapes sont des conditions nécessaires pour atteindre les Objectifs de développement du Millénaire en Afrique, plus particulièrement ceux   concernant la pauvreté et l'environnement. "La société civile et les communautés locales sont essentielles au programme.

 

"Le monde aujourd'hui réalise," dit Moshe Ts'ehlo, Coordinateur-pays pour l'organisation écologique participatoire de gestion d'utilisation des sols, "que la désertification ne peut être résolue que par la coopération et la coordination parmi les acteurs à tous les niveaux de la société. TerrAfrica offre cette occasion en se concentrant précisément sur la gestion durable des sols.”

 

TerrAfricarassemble les partenaires suivants :

 

L’Afrique du Sud, la Banque africaine de développement (BAfD), la Banque mondiale, la Commission européenne, le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), le Fonds international de développement agricole (FIDA), le Ghana, le Mécanisme mondial de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD), le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Ouganda, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), le Secrétariat de l’UNCCD, le Tchad

 

 

Pour en savoir plus, consulter le site web :

www.terrafrica.org

 

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Personnes à contacter : 

Banque mondiale – Kristyn Ebro  +1-202-468-6826

Kebro@worldbank.org

NEPAD – Louis Gnagbe  2711-313-3816

napog@nepad.org

UNCCD – Joyce Hannah  254 (0)7  24 259 751

JHannah@unccd.int

FEM – Clare Fleming  +1-202-458-4679

Cfleming@worldbank.org

PNUE – Nick Nuttall  254 (0) 733 632 755

Nick.nuttall@unep.org

 

 




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