Les avantages offerts par les projets de e-développement sont énormes lorsque les risques sont bien gérés

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Communiqué de presse n°:2006/144/INF

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WASHINGTON, 10 novembre 2005 — Les avantages offerts par des projets rĂ©ussis de e-dĂ©veloppement sont Ă©normes et peuvent engendrer des bĂ©nĂ©fices importants pour toute une sĂ©rie de secteurs, dans les pays riches comme dans les pays pauvres, si les risques encourus sont gĂ©rĂ©s de maniĂšre appropriĂ©e, selon un rapport de la Banque mondiale intitulĂ© E-Development: From Excitement to Effectiveness, qui recommande aux pays de tirer les leçons du passĂ© pour mettre en Ɠuvre des projets efficaces.

 

Ce rapport, publiĂ© en vue du Sommet mondial de la sociĂ©tĂ© de l'information des Nations Unies qui se tiendra Ă  Tunis du 16 au 18 novembre, examine les rĂ©sultats obtenus Ă  ce jour par l’internet en tant qu’outil de dĂ©veloppement et formule des leçons et recommandations sur les mesures Ă  prendre pour amĂ©liorer l’impact et la durabilitĂ© des projets de e-dĂ©veloppement.

 

« Ce rapport sur l’e-dĂ©veloppement examine ce que nous avons appris pour ce qui est de minimiser les risques d’échec et d’optimiser les bĂ©nĂ©fices offerts par la rĂ©volution internet pour les pays en dĂ©veloppement », dĂ©clare Kathy Sierra, vice-prĂ©sidente de la Banque mondiale pour les infrastructures. « Le rapport s’intĂ©resse plus particuliĂšrement Ă  l’environnement permettant de faciliter les applications de  e-dĂ©veloppement, e-gouvernement et le rĂŽle de l’Internet pour un enseignement continu. Il souligne Ă©galement l'importance du suivi et de l'Ă©valuation d’initiatives rĂ©ussies de e-dĂ©veloppement. »

 

La Banque mondiale est le principal bailleur de fonds international dans le domaine des technologies de l’information et des communications (TIC) pour le dĂ©veloppement, avec des projets TIC dans plus de 80 pays et un portefeuille global d’un montant supĂ©rieur Ă  3 milliards de dollars. Une partie de ces fonds est spĂ©cifiquement consacrĂ©e Ă  des initiatives en matiĂšre de e-gouvernement.

 

« Un nombre croissant de pays reçoivent un appui de la Banque mondiale pour des composantes TIC dans le cadre de projets d’investissement conventionnels et pour la conception d’applications d’e-gouvernement et de projets d’e-dĂ©veloppement intĂ©grĂ©s et Ă  grande Ă©chelle. Il s’agit notamment des projets de e-Sri Lanka, de e-Bharat en Inde, de e-Ghana, du projet de dĂ©veloppement des TIC au Viet Nam et du projet de dĂ©veloppement du secteur des TIC en Tunisie », explique Mohsen Khalil, directeur du DĂ©partement Global des Technologies de l’Information et des Communications de la Banque mondiale.

 

Avantages énormes

 

De par le monde, l’introduction d’applications avancĂ©es de TIC peut comporter des risques, Ă  moins de s’accompagner des stratĂ©gies et des rĂ©formes institutionnelles appropriĂ©es. Une enquĂȘte, citĂ©e dans le rapport, a montrĂ© que 40 % seulement des sociĂ©tĂ©s ayant adoptĂ© un systĂšme de vente en ligne avaient effectivement rĂ©alisĂ© des Ă©conomies une fois de tels systĂšmes dĂ©ployĂ©s dans le cadre d'un changement du procĂ©dĂ© de gestion. La proportion des sociĂ©tĂ©s qui ont fait des Ă©conomies lorsqu’elles ont introduit de tels systĂšmes sans changement du programme de gestion se limite Ă  3 %. Le risque est du mĂȘme ordre lorsque les gouvernements mĂ©langent l’Internet et bureaucratie. 

 

« Les rĂ©sultats obtenus par les projets d'e-gouvernement tant dans les pays dĂ©veloppĂ©s que dans les pays en dĂ©veloppement sont mitigĂ©s », fait observer Robert Schware, qui a dirigĂ© la publication de ce rapport. « Bien que les applications d’e-gouvernement peuvent ĂȘtre utiles en vue d’amĂ©liorer la gouvernance et la qualitĂ© de vie des citoyens, beaucoup de choses peuvent mal tourner. Ce rapport prĂ©sente quelques-unes des Ă©tapes principales de la conception de systĂšmes de e-gouvernement permettant aux pays de reconnaĂźtre les domaines principaux oĂč ils devraient concentrer leurs efforts afin de rĂ©ussir. »

 

De fait, les avantages offerts par les projets rĂ©ussis peuvent ĂȘtre Ă©normes. En 1997, par exemple, le Gouvernement sud-corĂ©en a introduit un systĂšme de passation des marchĂ©s par voie Ă©lectronique permettant d’offrir en ligne des informations sur plus de 420 000 produits standardisĂ©s. Ce systĂšme a remplacĂ© un processus de passation qui Ă©tait largement considĂ©rĂ© comme compliquĂ© et manquant de transparence et de contrĂŽle. En 2002, les 26 millions de dollars investis par l’État avaient gĂ©nĂ©rĂ© des Ă©conomies estimĂ©es Ă  2,5 milliards de dollars par an. 

 

Autre exemple: le Chili a introduit en 1998 un systĂšme fiscal en ligne. Trois annĂ©es aprĂšs le lancement du projet, plus de 400 000 contribuables avaient vĂ©rifiĂ© en ligne l’impĂŽt auquel ils Ă©taient assujettis ; quelque 183 548 dĂ©clarations certifiĂ©es et 89 355 dĂ©clarations de revenu avaient Ă©tĂ© reçues en ligne, et le TrĂ©sor chilien avait recouvrĂ© l’équivalent de 1,943 milliard de dollars d’impĂŽts sur le web.

 

Fracture numérique

 

En ce qui concerne le recours aux applications Internet, une analyse du dĂ©veloppement de l’e-commerce Ă  travers le monde menĂ©e dans le cadre de la rĂ©daction du rapport avance l’idĂ©e selon laquelle la « fracture numĂ©rique » est tout Ă  fait un Ă©lĂ©ment qui s’inscrit, plus largement, dans le « fossĂ© du dĂ©veloppement ». L’utilisation d’applications Internet d’e-commerce qui ressort du nombre de serveurs sĂ»rs dans un pays donnĂ© est en grande partie dĂ©terminĂ© par le niveau de revenu. La variation du nombre de serveurs Internet sĂ»rs d’un pays Ă  l’autre peut, Ă  80 % environ, ĂȘtre prĂ©dite sur la seule base du PIB par habitant.  

 

Mais l’analyse suggĂšre Ă©galement, comme l’explique M. Schware, que «  l’amĂ©lioration des politiques et des institutions afin d’encourager les investissements dans des applications TIC, tout en Ă©largissant l’accĂšs aux infrastructures de tĂ©lĂ©communications, peut permettre d’étendre de façon dramatique l’usage de l’ e-commerce Ă  un niveau donnĂ© de revenu par habitant. » Cela souligne l’importance Ă  la fois du besoin de rĂ©formes des tĂ©lĂ©communications de base ainsi que d’un effort plus vaste pour amĂ©liorer le climat favorisant le e-dĂ©veloppement.

 

Le niveau de dĂ©veloppement dans un certain nombre d’infrastructures d’appui des  applications TIC peut avoir un effet dramatique sur le lancement. Des systĂšmes financiers insuffisamment solides, par exemple, peuvent freiner sensiblement le dĂ©veloppement du e-commerce. En outre, le rapport fait remarquer que le niveau global de dĂ©veloppement constitue Ă©galement un Ă©lĂ©ment dĂ©terminant de l’adĂ©quation et de la durabilitĂ© d’une application particuliĂšre de e-dĂ©veloppement.

 

« En gĂ©nĂ©ral, les projets rĂ©ussis de e-dĂ©veloppement correspondent au niveau de dĂ©veloppement d’un pays donnĂ© et rĂ©pondent aux demandes des utilisateurs ciblĂ©s », explique M. Schware. « Ils permettent d’intĂ©grer l’infrastructure, les applications et le dĂ©veloppement des compĂ©tences, et sont mis en place dans le contexte plus large d’un processus de changement institutionnel. La conception des projets est coordonnĂ©e au sein d'une stratĂ©gie plus vaste, qui prend en compte la complexitĂ© du changement et le besoin d’une surveillance et d’un feedback constants. » 

 

 




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