Info-presse en ligne
Ressources pour les journalistes accrédités
AccÚs membres / Devenir membre

Selon une Ă©tude de la Banque mondiale, la rĂ©forme des tarifs douaniers pourrait permettre de rĂ©aliser des gains annuels de 300 milliards de dollars Ă  l’échelle mondiale d’ici 2015.

Disponible en: English, Ű§Ù„ŰčŰ±ŰšÙŠŰ©, äž­æ–‡, руссĐșĐžĐč

Contact : Christopher Neal (202) 473-7229

Cneal1@worldbank.org

 

 

WASHINGTON, 09 novembre 2005 — L’abolition des tarifs douaniers, des subventions et des programmes de soutien interne permettrait de dĂ©gager des gains de prĂšs de 300 milliards de dollars par an d’ici 2015 pour amĂ©liorer le bien-ĂȘtre du monde, d’aprĂšs une nouvelle monographie de la Banque mondiale intitulĂ©e Agricultural Trade Reform and the Doha Development Agenda. PrĂšs des deux tiers de ces gains rĂ©sulteraient de la rĂ©forme du commerce agricole, le secteur agricole Ă©tant caractĂ©risĂ© par beaucoup plus de distorsions que les autres secteurs.

           
« Dans le secteur agricole, le grand enjeu est celui des obstacles Ă  l’entrĂ©e aux marchĂ©s. Des rĂ©ductions draconiennes des tarifs agricoles gĂ©nĂ©reraient 12 fois plus de gains que l’abolition des subventions Ă  l’exportation et le soutien interne Ă  l’agriculture qui fausse les Ă©changes », a dĂ©clarĂ© Will Martin, Économiste principal du groupe de recherche sur le commerce de la Banque, et co-directeur de l’étude. « L’élargissement de l’accĂšs aux marchĂ©s agricoles constitue la rĂ©forme la plus profonde sur laquelle doivent dĂ©boucher les nĂ©gociations du Cycle de Doha placĂ©es sous l’égide de l’OMC ».

           
Il ressort de l’étude que les pays en dĂ©veloppement recevraient 45 % des gains rĂ©alisĂ©s Ă  l’échelon mondial par la libĂ©ralisation totale du commerce de toutes les marchandises. Les pays en dĂ©veloppement dĂ©tenant une part beaucoup plus petite des richesses mondiales, les gains potentiels qu’ils retireraient de la libĂ©ralisation des Ă©changes sont proportionnellement plus importants, s’élevant Ă  plus de deux fois leur part du produit intĂ©rieur brut mondial.

           
« Les pays doivent rĂ©sister Ă  la tentation politique de soustraire les produits « sensibles et spĂ©ciaux » aux rĂ©ductions tarifaires, prĂ©vient Martin. S’il est inĂ©vitable de protĂ©ger quelques produits de ce genre, il convient de leur imposer des plafonds tarifaires. Autrement, les exemptions vont simplement contrecarrer les efforts visant Ă  Ă©largir l’accĂšs aux marchĂ©s — quelle que soit l’ampleur des rĂ©ductions tarifaires — et la plupart des gains potentiels de bien-ĂȘtre Ă  retirer de la rĂ©forme agricole mondiale ne se rĂ©aliseront simplement pas ».

           
Selon l’étude, si 2 % seulement des lignes tarifaires des pays dĂ©veloppĂ©s (et 4 % de celles des pays en dĂ©veloppement) Ă©taient classĂ©es « sensibles » ou « spĂ©ciales » et, partant, sujettes Ă  une rĂ©duction tarifaire de 15 % seulement, les gains de bien-ĂȘtre que la rĂ©forme agricole mondiale rapporterait aux pays en dĂ©veloppement s’évaporeraient pratiquement.

           

L’étude souligne par ailleurs que les abaissements tarifaires peuvent ĂȘtre trompeurs, car les rĂ©ductions portent non pas sur les tarifs effectivement appliquĂ©s, mais plutĂŽt sur les tarifs consolidĂ©s, qui sont des plafonds ou des limites juridiques. Il est souvent possible que la « surconsolidation » — situation courante dans laquelle les tarifs consolidĂ©s sont nettement plus Ă©levĂ©s que les tarifs rĂ©els — absorbe mĂȘme une trĂšs importante rĂ©duction des taux consolidĂ©s. D’aprĂšs l’étude, pour qu’elles aient un impact sur les tarifs effectivement appliquĂ©s, les rĂ©ductions des tarifs consolidĂ©s devront ĂȘtre assez significatives pour influer sur les taux rĂ©els appliquĂ©s.

           

L’étude recommande d’abaisser d’au moins 75 % les plus hauts tarifs consolidĂ©s pour rĂ©duire d’un tiers le tarif agricole moyen appliquĂ© Ă  l’échelle mondiale.

           
L’étude contient un chapitre rĂ©digĂ© par Daniel Sumner sur l’Initiative coton, laquelle a Ă©tĂ© placĂ©e au cƓur des nĂ©gociations de Doha par quatre pays africains. L’étude montre que l’élimination des subventions en faveur du coton, dans le cadre de la libĂ©ralisation du commerce de toutes les marchandises, permettrait d’accroĂźtre de 75 % les exportations de coton en provenance d’Afrique subsaharienne. ParallĂšlement, la part des exportations mondiales de coton qui revient aux pays en dĂ©veloppement augmenterait, passant du taux actuel de 56 % Ă  85 % d’ici 2015.

           
Outre les rĂ©ductions tarifaires, l’étude de la Banque dĂ©fend l’idĂ©e que les pays dĂ©veloppĂ©s doivent faire preuve de discipline en ce qui concerne leurs engagements relatifs au soutien interne Ă  l’agriculture. La baisse de 20 % dĂ©jĂ  promise du taux de soutien consolidĂ© est certes un dĂ©but, mais il faudra procĂ©der Ă  de plus importantes rĂ©ductions pour que le soutien rĂ©el commence à  diminuer. L’Union europĂ©enne a fixĂ© le plafond du soutien interne (ensemble des mesures de soutien) Ă  67 milliards d’euros, mais a accordĂ© des subventions de seulement 13 milliards d’euros en 2001. Dans ces conditions, l’Union pourrait abaisser son plafond de subvention de 80 % avant d’avoir Ă  rĂ©duire les subventions directes.

           
« L’ouverture des marchĂ©s des pays dĂ©veloppĂ©s aura des incidences profondes », souligne Kym Anderson, l’autre co-directeur de l’étude. « Les pays en dĂ©veloppement seront alors plus enclins Ă  faire de mĂȘme en ouvrant leurs propres marchĂ©s. Une telle ouverture accĂ©lĂ©rera Ă  son tour les Ă©changes au sein du monde en dĂ©veloppement, ce qui est important car les avantages tirĂ©s par les pays en dĂ©veloppement pourraient rĂ©sulter de la rĂ©forme du commerce autant Sud-Sud que Sud-Nord ».

           
Les constatations de l’étude amĂšnent Ă  recommander fortement aux pays en dĂ©veloppement de procĂ©der Ă  la rĂ©forme du commerce. Ces pays, constate l’étude, risquent de perdre la plupart de leurs gains potentiels s’ils ne suivent pas le rythme des rĂ©formes engagĂ©es par leurs partenaires commerciaux. MĂȘme si les pays Ă  revenu intermĂ©diaire — tranche infĂ©rieure pourraient envisager d’accorder aux pays les moins avancĂ©s un accĂšs en franchise Ă  leurs marchĂ©s, l’étude les encourage plutĂŽt Ă  rĂ©duire leurs tarifs sur la base de la clause de la nation la plus favorisĂ©e, afin d’éviter un dĂ©tournement prĂ©judiciable des Ă©changes.

           
Tout en accordant la prioritĂ© Ă  la rĂ©forme agricole, l’étude reconnaĂźt par ailleurs l’importance de  l’élargissement de l’accĂšs au marchĂ© pour les produits non agricoles, surtout les textiles et les vĂȘtements. « La combinaison d’une rĂ©duction de 50 % des tarifs non agricoles des  pays dĂ©veloppĂ©s avec une baisse de 33 % des tarifs agricoles des pays en dĂ©veloppement accroĂźtrait de 80 % les gains que rĂ©aliseront les pays en dĂ©veloppement grĂące au Cycle de Doha », explique Anderson.

           
Cela est tout particuliĂšrement important pour faire reculer la pauvretĂ© en Afrique subsaharienne, qui abritera la majoritĂ© des populations les plus pauvres de la planĂšte en 2015. L’étude prĂ©voit qu’une pleine libĂ©ralisation des Ă©changes pourrait dĂ©boucher sur une rĂ©duction de 6 % de la pauvretĂ© dans cette rĂ©gion, soit un pas de plus vers la rĂ©alisation du premier des objectifs de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire, Ă  savoir celui de rĂ©duire de moitiĂ© la pauvretĂ© Ă  l’horizon 2015.

           
Chez les pays en dĂ©veloppement du groupe « G-90 », une source majeure de prĂ©occupation est que la libĂ©ralisation du commerce multilatĂ©ral hypothĂ©quera les prĂ©fĂ©rences dont ils bĂ©nĂ©ficient en vertu d’accords commerciaux conclus avec les pays dĂ©veloppĂ©s. Un chapitre de l’étude rĂ©digĂ© par Bouet, Fontagne et Jean donne Ă  penser que l’érosion des prĂ©fĂ©rences pourrait ne pas ĂȘtre un problĂšme aussi important qu’on ne le croit en gĂ©nĂ©ral si, aux engagements des pays en dĂ©veloppement d’effectuer de plus vastes rĂ©formes commerciales, l’on rĂ©pondait positivement en accroissant l’aide nĂ©cessaire pour appuyer l’expansion de leur commerce extĂ©rieur.

           
Les auteurs concluent que l’aide au dĂ©veloppement des Ă©changes offre une voie aux pays en dĂ©veloppement cherchant Ă  se sortir de la pauvretĂ© grĂące au commerce, tout comme elle constitue un moyen potentiellement plus efficace — par rapport au systĂšme actuel de prĂ©fĂ©rences tarifaires  — par lequel les pays dĂ©veloppĂ©s peuvent venir en aide aux populations des pays Ă  faible revenu, Ă  condition que les gouvernements consacrent cette aide Ă  des initiatives qui profitent aux pauvres. Le renforcement de l’aptitude des pays les plus pauvres Ă  tirer parti des nouveaux dĂ©bouchĂ©s commerciaux et Ă  faire face Ă  tous les coĂ»ts d’ajustement transitoire liĂ©s Ă  la libĂ©ralisation est aussi l’une des raisons qui justifient l’important effort consenti par la Banque mondiale et d’autres pour accroĂźtre l’aide au dĂ©veloppement du commerce.

           
Enfin, l’étude relĂšve que la libĂ©ralisation s’accompagnera d’un accroissement de la production et des emplois agricoles dans toutes les rĂ©gions en dĂ©veloppement. Elle montre par ailleurs que le secteur agricole des pays dĂ©veloppĂ©s ne sera pas dĂ©cimĂ©, contrairement aux affirmations des groupes d’intĂ©rĂȘt agricoles de ces pays.

 

-




Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/T69B5OQIC0