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Conférence de presse: Forum de Haut Niveau sur les Objectifs du Millénaire, liés à la Santé

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Paris, France, November 14, 2005

Philippe Douste-Blazy, Ministre de la santé, France

Monsieur le PrĂ©sident de la Banque Mondiale, Monsieur le Directeur GĂ©nĂ©ral de l’OMS, Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs, mes chers amis, tout d’abord je voudrais vous remercier pour votre prĂ©sence en grand nombre ce matin, d’autant que c’est une heure assez inhabituelle pour une confĂ©rence de presse. Dans quelques instants, vous assisterez aux travaux du troisiĂšme Forum de Haut Niveau sur les Objectifs du MillĂ©naire, liĂ©s Ă  la SantĂ©. C’est pour moi un plaisir d’accueillir Ă  Paris les nombreuses personnalitĂ©s et experts qui vont participer Ă  cette rĂ©union. Je tiens Ă  saluer tout particuliĂšrement les deux acteurs majeurs dans l’organisation de cette manifestation, Monsieur Paul Wolfowitz, PrĂ©sident de la Banque Mondiale, et le Docteur Jong-Wook Lee, Directeur GĂ©nĂ©ral de l’OMS. Je souhaite Ă©galement remercier sincĂšrement Monsieur Abou-Bakar TraorĂ©, Ministre de l’Economie et des Finances du Mali, d’avoir acceptĂ© de participer Ă  cette confĂ©rence de presse, Ă  peine rentrĂ© de Washington.

 

Pendant ces deux jours, nous allons parler de santĂ© dans les pays en voie de dĂ©veloppement. A l’approche du millĂ©naire, il y a tout juste cinq ans, nous nous sommes ensemble fixĂ© des objectifs et un calendrier. En 2015, nous devrons avoir rĂ©duit de deux tiers la mortalitĂ© infantile, de trois quarts la mortalitĂ© maternelle, et avoir inversĂ© la tendance en ce qui concerne le Sida, la tuberculose, le paludisme, et les principales maladies.

 

La premiĂšre rĂ©union du forum Ă  GenĂšve, en janvier 2004, a montrĂ© que nous avions de trĂšs nombreux pays qui n’avaient aucune chance d’atteindre ces objectifs dans cette Ă©chelle de temps. Les populations de ces pays ne verraient pas d’amĂ©lioration concrĂšte de la situation sanitaire avant trĂšs longtemps, si nous, pays donateurs, agences multilatĂ©rales, pays en dĂ©veloppement, ne changions pas notre façon de faire. Il Ă©tait nĂ©cessaire de modifier les points critiques et les entraves au dĂ©veloppement du systĂšme de santĂ©, en quelque sorte de bien Ă©tablir le diagnostic de la situation et tracer les pistes pour l’avenir.

 

Monsieur Gofarin de Goujat  s’y est employĂ©. Il est venu Ă  Paris pour animer ce cycle de trois rĂ©unions pour dĂ©finir les lignes d’action et les mesures concrĂštes Ă  prendre. Pour discuter de ces actions, nos dĂ©bats se veulent aussi informels que possible, sans langue de bois, ni sujet tabou. Plus de 60 dĂ©lĂ©gations reprĂ©sentĂ©es Ă  haut niveau ont rĂ©pondu Ă  l’invitation que Monsieur Wolfowitz, le Docteur Lee et moi-mĂȘme leur avons adressĂ©e. Les directeurs exĂ©cutifs de l’UNICEF, l’ONU pour la lutte contre le Sida, du Fonds Mondial, de l’Alliance pour les Vaccins et la Vaccination, 20 ministres ou secrĂ©taires d’Etat reprĂ©sentant l’ensemble des continents, le PrĂ©sident de la Banque Africaine de DĂ©veloppement, les responsables des principales Agences et Fondations agissant dans le secteur de la coopĂ©ration et du dĂ©veloppement, entre autres, sont prĂ©sents Ă  Paris.

Je suis convaincu que l’importance des sujets qui vont ĂȘtre dĂ©battus et la qualitĂ© des participants Ă  ce forum vont nous permettre de trouver des rĂ©ponses adaptĂ©es et novatrices, et que nous saurons renforcer une dĂ©marche commune. Je suis persuadĂ© que, lorsque je rencontre mes homologues Ministres des Affaires EtrangĂšres, l’un des grands enjeux de la diplomatie internationale aujourd’hui reste, plus que jamais, le problĂšme de santĂ©.

 

Le problĂšme de santĂ© est liĂ© Ă  des problĂšmes techniques, nĂ©cessitant des techniciens, des mĂ©decins et des humanitaires. Les problĂšmes de santĂ© sont des problĂšmes diplomatiques au plus haut niveau, devant intĂ©resser les chefs d’Etat et les gouvernements, et pas seulement les agences multilatĂ©rales. C’est un des grands enjeux, encore plus important que la question diplomatique liĂ©e Ă  l’énergie. C’est moral, c’est Ă©thique, c’est un problĂšme de respect et de dignitĂ© des personnes dans le monde. Je passe maintenant la parole au Docteur Lee, Directeur GĂ©nĂ©ral de l’OMS pour ses propos introductifs.

Docteur Jong-Wook LEE, Directeur GĂ©nĂ©ral de l’OMS

Merci Monsieur le Ministre. Nous sommes ici rĂ©unis pour essayer de voir comment nous pouvons utiliser ces milliards de dollars pour obtenir de vĂ©ritables rĂ©sultats, pour que des enfants puissent espĂ©rer vivre plus longtemps, dĂ©passer l’ñge de 5 ans et si possible atteindre 85 ans dans tous les pays du monde, afin que personne ne souffre plus du Sida, ne meure plus du Sida, afin Ă©galement que le fait d’accoucher en Afrique soit une activitĂ© aussi sĂ»re qu’elle l’est en Europe.

 

Aujourd’hui, nous nous focalisons sur le dĂ©veloppement. Il y a eu Ă©normĂ©ment de discussions sur ce sujet, notamment au G8 en septembre et aux Nations Unies Ă  New York. L’ensemble du monde a eu ses yeux braquĂ©s sur les questions de dĂ©veloppement. Il y a eu Ă©normĂ©ment d’engagements en matiĂšre financiĂšre, mais c’est sans doute lĂ  que les choses se compliquent parce que l’argent est parfois autant un problĂšme qu’une solution. Si on dĂ©pense mal l’argent, il y a des problĂšmes qui se posent. Il s’agit donc de la responsabilitĂ© des donateurs Ă  bien le dĂ©penser, au bĂ©nĂ©fice des pays qui souffrent de la pauvretĂ©.

 

C’est un grand plaisir aujourd’hui pour moi d’ĂȘtre assis Ă  cĂŽtĂ© du Ministre des Affaires EtrangĂšres français parce qu’il y a eu un engagement fort de la part de ce pays, la France, sur ces sujets, y compris Ă  travers le Fonds Mondial, mais Ă©galement Ă  travers l’idĂ©e d’essayer de trouver de nouvelles sources de financement. Donc c’est un plaisir tout particulier pour moi de pouvoir ĂȘtre assis ici aux cĂŽtĂ©s du PrĂ©sident de la Banque Mondiale, Monsieur Wolfowitz. On le sait, depuis qu’il a pris ses fonctions, il a Ă©tĂ© en Afrique et je sais qu’il a fait preuve d’énormĂ©ment d’enthousiasme et d’engagement par rapport Ă  ce continent, et je suis persuadĂ© que ceci va dĂ©boucher sur des amĂ©liorations de niveau de vie dans ce continent. Bien entendu, c’est Ă©galement un grand honneur de pouvoir ĂȘtre assis Ă  cĂŽtĂ© du Ministre malien, Monsieur TraorĂ©. Merci beaucoup.

Paul Wolfowitz, Président de la Banque mondiale

Merci beaucoup. Permettez-moi d’abord de remercier trĂšs chaleureusement nos hĂŽtes Français, notamment Monsieur Douste-Blazy, d’avoir organisĂ© ce forum ici Ă  Paris. Je voudrais aussi remercier Monsieur le Ministre d’avoir rĂ©ussi Ă  rĂ©unir autant de preneurs de dĂ©cision. C’est dĂ©jĂ  extrĂȘmement significatif que nous ayons dĂ©jĂ  pu faire un travail trĂšs important. Je voudrais Ă©galement saluer Monsieur TraorĂ© pour ses efforts pour s’assurer que l’utilisation de l’aide, par rapport aux pays en voie de dĂ©veloppement, est efficace et transparente. Je voudrais Ă©galement remercier Monsieur Lee, Directeur GĂ©nĂ©ral de l’OMS, pour son engagement notamment par rapport Ă  la question de grippe aviaire qui est le dernier problĂšme qui semble se poser au niveau de la santĂ© dans le monde.

Si on regarde la santĂ© dans les pays pauvres, on constate qu’il y a un nombre extrĂȘmement important de personnes qui meurent chaque annĂ©e, et ce, des suites de maladies Ă©vitables, qui sont soignables. Chaque semaine, dans les pays en voie de dĂ©veloppement, 200 000 enfants ĂągĂ©s de moins de 5 ans meurent. 200 000 enfants qui meurent toutes les semaines ! Et 10 000 femmes qui meurent chaque semaine suite Ă  leur accouchement. Cette annĂ©e, en Afrique sub-saharienne, deux millions de personnes vont mourir des suites du Sida et les pays qui souffrent le plus de ces problĂšmes sont les pays pauvres qui verrant leur population doubler d’ici 2050, et dont les besoins en matiĂšre de financement sont les plus importants.

 

Alors, bien entendu, nous nous fĂ©licitons des engagements financiers qui ont Ă©tĂ© pris, notamment Ă  Gleneagles, oĂč on s’est engagĂ©, Ă  hauteur de 50 milliards de dollars Ă  accroĂźtre l’aide en faveur de l’Afrique. Mais il faut bien avoir Ă  l’esprit qu’on ne pourra pas rĂ©soudre le moindre problĂšme si on n’amĂ©liore pas les systĂšmes de santĂ©. Il faut donc surmonter les obstacles qui existent, en gĂ©rant notamment le problĂšme de la prĂ©visibilitĂ© des financements, le problĂšme des ressources humaines, et la croissance de personnels formĂ©s.

 

Les pays bĂ©nĂ©ficiaires eux-mĂȘmes doivent s’amĂ©liorer en matiĂšre de transparence et de lutte contre la corruption, de crĂ©ation de systĂšmes de santĂ© vĂ©ritables moteurs qui pour obtenir des solutions durables. Bien sĂ»r, il faudra plus de gĂ©nĂ©rositĂ©. Il faudra plus d’engagements financiers, et ceci sera liĂ© Ă  la capacitĂ© Ă  obtenir des rĂ©sultats tangibles sur le terrain.

 

Ceci est du domaine du possible. Prenez le cas du Mozambique : un pays trĂšs pauvre, un revenu par habitant infĂ©rieur Ă  250 dollars. Cependant, dans ce pays, on voit qu’il y a des avancĂ©es notables : 85 % des femmes enceintes ont obtenu des soins prĂ©nataux. Il y a Ă©galement des taux d’immunisation extrĂȘmement Ă©levĂ©s. Au Mozambique, on voit qu’il est possible de faire des avancĂ©es, mĂȘme lorsqu’il y a des ressources humaines parfois limitĂ©es.

 

Le Bangladesh est Ă©galement un exemple tout Ă  fait significatif. Il y a un programme de nutrition menĂ© au niveau local par une ONG, soutenue par l’aide des donateurs et aujourd’hui, cette initiative est la plus importante, en matiĂšre de nutrition, au niveau du Bangladesh. MalgrĂ© la grande pauvretĂ© qui rĂšgne dans ce pays, on a eu la possibilitĂ© d’avancer significativement sur les questions de nutrition et sans doute va-t-en rĂ©ussir Ă  atteindre les Objectifs du MillĂ©naire en matiĂšre de nutrition.

L’IndonĂ©sie a Ă©galement rĂ©ussi Ă  faire des avancĂ©es notables en matiĂšre de santĂ©. On a rĂ©ussi Ă  diviser par deux la mortalitĂ© infantile depuis les annĂ©es 80. Il y a eu un travail de formation et de dĂ©ploiement des sages-femmes dans les milieux ruraux, et ce, avec le soutien et les financements de la Banque Mondiale.

 

Donc il y a des exemples de rĂ©ussite dans ce panorama parfois un peu sombre. Il faut s’appuyer sur les exemples qui faut la diffĂ©rence dans la vie des plus pauvres d’entre nous. Il y a diffĂ©rentes mesures Ă  mettre en Ɠuvre qui vont permettre Ă©ventuellement d’atteindre les Objectifs du MillĂ©naire. Les Ă©lĂ©ments existent, il faut les dĂ©velopper. Notre objectif, Ă  prĂ©sent, est de vĂ©ritablement atteindre ces objectifs en matiĂšre de santĂ© pour changer la vie de dizaines de milliers de personnes Ă  travers le monde, mais ceci exige un partenariat beaucoup plus Ă©troit entre les pays donateurs d’un cĂŽtĂ©, et les pays bĂ©nĂ©ficiaires. Il faut qu’il y ait une coordination Ă©galement entre les nombreux donateurs qui existent de par le monde et les nombreux bailleurs de fonds. Il faut Ă©galement qu’il y ait des systĂšmes de santĂ© qui soient beaucoup plus performants dans les pays bĂ©nĂ©ficiaires de l’autre. Donc il y a Ă©normĂ©ment de choses Ă  faire encore pour que ces ressources qui existent soient efficaces et que l’on puisse faire baisser sur ces chiffres tout Ă  fait effrayants. C’est avec cet esprit et avec cet enthousiasme que je suis ici Ă  Paris et j’espĂšre que nous allons, au cours de ces quelques jours, les prochaines semaines et les prochains mois, rĂ©ussir Ă  faire significativement Ă©voluer la situation en matiĂšre de santĂ© dans le monde. Merci.

Monsieur Abou-Bakar TRAORE, Ministre de l’Economie et des Finances du Mali

Je vous remercie. Bonjour Mesdames et Messieurs. Je voudrais commencer d’abord par rĂ©pondre Ă  un point de la question : pourquoi je suis lĂ  ce matin devant vous ? Je pense que la premiĂšre chose est que je suis du Mali, un pays pauvre sahĂ©lien de l’Afrique, et le deuxiĂšme aspect, c’est que je suis aujourd’hui Ministre de l’Economie et des Finances du Mali, donc en premiĂšre ligne, concernant les questions de financement et toutes les interventions techniques et financiĂšres.

 

Je disais donc que le Mali est un pays pauvre, un pays de 1,2 million de kilomĂštres carrĂ©s dans le Sahel africain, sans dĂ©bouchĂ© sur la mer, avec une population de 11 millions d’habitants, une population essentiellement rurale, 80 % de la population, une population essentiellement jeune Ă©galement. 46 % de la population a moins de 15 ans. A cĂŽtĂ© de cela, c’est un pays qui est confrontĂ© Ă  d’énormes dĂ©fis, en termes d’accĂšs Ă  l’eau. Tout le monde sait que la saison des pluies, c’est quatre ou cinq mois dans l’annĂ©e pour les meilleures annĂ©es, et le pays est traversĂ© par deux grands fleuves, mais l’irrigation est trĂšs insuffisante. La population, pour moins de 50 %, a accĂšs Ă  l’eau potable. Donc, dans ces conditions, vous imaginez que les conditions sont telles que nĂ©cessairement, il y a des situations trĂšs prĂ©caires en termes de santĂ©.

 

Si on prend la question de la santĂ©, je vais juste prendre quelques cas. Comme je l’ai dit tout Ă  l’heure, moins de 50 % de la population a accĂšs Ă  l’eau potable. La mĂȘme proportion de la population se trouve Ă  moins de cinq kilomĂštres d’un centre de santĂ©. Il n’y a pas de systĂšme de couverture en termes de protection pour la santĂ©. Cela fait que nous avons, au Mali, la mĂ©decine moderne, si je peux dire, mais nous avons l’immense majoritĂ© de la population du Mali qui ont recours plutĂŽt soit Ă  des mĂ©decins traditionnelles, comme on peut le dire, soit, comme on l’appelle au Mali, je ne sais pas si vous connaissez l’expression, des pharmacies par terre, des mĂ©dicaments qui sont importĂ©s par des personnes au Mali, hors normes, qui sont revendus 100 ou 200 francs, donc quelques centimes de dollars et c’est dans ces conditions que la plupart des gens se soignent et ont recours Ă  l’automĂ©dication.

 

Qu’est-ce que nous cherchons Ă  faire face Ă  cette situation ? Nous cherchons donc Ă  mettre en place une politique de santĂ© qui soit suffisamment forte et suffisamment cohĂ©rente. Depuis 2003, au Mali, nous avons mis en place un cadre de dĂ©penses Ă  moyen terme pour financer tout l’aspect santĂ© dans le cadre de notre politique publique qui est le CSNP. Cela permet d’abord, le plus gros avantage est une plus grande visibilitĂ©. Je crois que Monsieur Wolfowitz l’a dit. Ce qui est important pour un pays comme le Mali est la visibilitĂ© des ressources, savoir que nous allons avoir tel montant de ressources dans telle pĂ©riode de temps et ce, pour toutes les interventions des partenaires qui interviennent dans le cycle budgĂ©taire. C’est un aspect qui est trĂšs important.

 

L’autre aspect qui est trĂšs important en mettant en place un tel cadre, c’est que cela nous permet de mettre en place une gestion axĂ©e sur le rĂ©sultat donc de travailler en fonction des objectifs bien ciblĂ©s qu’il faut atteindre. Je crois que ces rĂ©formes sont vraiment en train de se mettre en place avec l’appui de tous les partenaires qui sont ici Ă  la table avec moi, des pays comme la France, l’OMS, la Banque Mondiale et beaucoup d’institutions qui nous appuient trĂšs fortement dans toutes ces questions-lĂ .

 

Je dois saluer les engagements rĂ©cents Ă  destination de nos pays. Le premier engagement est l’annulation de la dette dans un certain nombre de pays, la dette multilatĂ©rale. Un pays comme le Mali recevrait, dans le cadre de cette initiative, si elle joue pleinement, 20 milliards de francs CFA par an. Vous imaginez Ă  quel point cela est significatif. Pour vous donner une comparaison, le budget de la santĂ© du Mali est de 72 milliards, donc Ă  peu prĂšs un tiers du budget de la santĂ© serait assurĂ© au travers de cette annulation. L’autre initiative que je voudrais saluer est aussi l’engagement trĂšs fort d’appuyer davantage les pays en voie de dĂ©veloppement par des aides assurĂ©es Ă  l’horizon 2010. VoilĂ  donc les quelques Ă©lĂ©ments que je voulais vous donner et en mĂȘme temps, je voudrais remercier trĂšs sincĂšrement les organisateurs de cette rĂ©union. Je vous remercie.

Philippe Douste-Blazy, Ministre de la santé, France

Merci Monsieur le Ministre. Est-ce que vous avez des questions ?

Monsieur Toubon

Une petite remarque d’abord. J’espĂšre que les travaux ne vont pas que se concentrer sur la grippe aviaire parce que je vous rappelle, mais vous le savez, que la grippe aviaire a tuĂ© 63 personnes en trois ans alors que le temps que cette confĂ©rence de presse se fasse, 70 femmes seront mortes en couche et tout le monde s’en fiche, et 1 200 enfants de moins de 5 ans en Afrique mourront de maladies de type rougeole ou autres. S’occuper de ce qui pourra arriver avec la grippe aviaire, c’est bien, mais lĂ  actuellement, il y a beaucoup de choses qu’il faudrait rĂ©soudre.

 

Ma question sera sur l’efficacitĂ© de l’aide et je voudrais au passage saluer l’engagement de la Banque Mondiale sur Ă©quitĂ© et dĂ©veloppement. C’est une vĂ©ritable rĂ©volution du point de vue des Ă©conomistes, puisque dĂ©sormais la Banque Mondiale ne place plus l’équitĂ© comme un rĂ©sultat du dĂ©veloppement mais comme une condition du dĂ©veloppement. Un exemple. Dans l’égalitĂ© hommes/femmes, dĂšs le dĂ©part, vous avez des inĂ©galitĂ©s de chances qui se traduiront Ă©videmment par des inĂ©galitĂ©s en termes de scolarisation, de santĂ© et d’inclusion dans la sociĂ©tĂ©. C’est le fait que la moitiĂ© de l’humanitĂ© ne peut pas concourir au dĂ©veloppement comme elle le devrait. De ce point de vue-lĂ , Monsieur le Ministre, je m’inquiĂšte un peu des budgets qui sont consacrĂ©s au Sida. Le Sida est un gros problĂšme. Il draine beaucoup d’argent, mais prenons le cas de la France. Je me demande si l’Etat partage un peu les subventionnements oĂč la France aujourd’hui, schĂ©matiquement, en matiĂšre de santĂ©, c’est deux tiers sur le Sida. Je me demande quand mĂȘme si ce n’est pas un peu beaucoup.

 

DeuxiĂšmement, je me demande si ces sommes considĂ©rables – 300 millions cette annĂ©e – seront utilisĂ©es avec le souci, celui de la Banque Mondiale, c’est-Ă -dire un souci social. Excusez-moi, Monsieur le Ministre, mais vous l’avez dit vous-mĂȘmes, les problĂšmes de santĂ© ne sont plus simplement des problĂšmes techniques. Est-ce que lĂ  aussi on se prĂ©occupe bien des prioritĂ©s avec une optimisation de l’utilisation des ressources qui sont essentielles.

 

François Ndengwe

Les problĂšmes de santĂ© sont des problĂšmes de protection sociale. Le gros problĂšme, dans les pays sous-dĂ©veloppĂ©s, c’est qu’il n’y a pas de systĂšme de protection sociale. Comment penser cela actuellement Ă  un moment de crise du systĂšme de protection sociale dans les sociĂ©tĂ©s dĂ©veloppĂ©es ? Est-ce que la Banque Mondiale ou l’OMS, et aussi les pays qui sont concernĂ©s, notamment le Mali, ont une rĂ©flexion sur la mise en place d’un systĂšme de protection sociale ? Cela permettrait de protĂ©ger Ă  la fois les populations et le systĂšme Ă©conomique qui Ă  cĂŽtĂ© assurera une rĂ©munĂ©ration raisonnable des participants de la santĂ©, les mĂ©decins, les pharmaciens, etc ? Est-ce qu’il y a une rĂ©flexion d’ensemble, une prĂ©vision de construction d’un tel systĂšme ? Merci.

 

Samir Gharbi

Je voudrais poser une question prĂ©cise Ă  Monsieur TraorĂ©, le Ministre de l’Economie et des Finances du Mali, sur ses besoins en matiĂšre de santĂ©. On a parlĂ© de ces pays qui ont eu des rĂ©ussites, comme le Mozambique par exemple, mais un pays comme le Mali par exemple, oĂč c’est urgent, quels sont les efforts faits pour que ce pays atteigne les objectifs du millĂ©naire, Ă©tant donnĂ© que son budget est de 72 milliards. Est-ce que ce budget est suffisant pour un pays comme le Mali et quels sont les besoins concrets pour un pays enclavĂ© comme le Mali ? Est-ce que Monsieur le Ministre peut rĂ©pondre et Monsieur le PrĂ©sident ? Merci.

 

Paul Benkimoun

En fait, cela complĂšte la question de la personne qui Ă©tait devant moi. C’est le problĂšme de la fuite des cerveaux, et en tout cas, le problĂšme de la fuite des personnels qualifiĂ©s, puisqu’on peut apporter de l’aide financiĂšrement. On explique que les objectifs et les conditions, c’est l’amĂ©lioration du systĂšme de santĂ©. Est-ce que cela ne commence pas par des mesures Ă  prendre qui visent Ă  maintenir et Ă  aider les personnes formĂ©es et qualifiĂ©es Ă  rester dans leur pays pour exercer plutĂŽt que de rejoindre des pays dĂ©veloppĂ©s qui ont des problĂšmes de dĂ©mographie pour le personnel mĂ©dical et infirmier ?

 

Philippe Douste-Blazy

Avant de laisser rĂ©pondre mes collĂšgues, une rĂ©flexion. Il est Ă©vident qu’il ne sert Ă  rien de s’intĂ©resser Ă  une maladie particuliĂšre ou Ă  une autre si, au dĂ©part, il n’y a pas une rĂ©flexion sur le systĂšme de santĂ© public. S’il n’y a pas au dĂ©part une organisation minimale sur le rĂ©seau d’infirmiĂšres ou sur le rĂ©seau des cas d’épidĂ©miologistes qui sont malheureusement trop faiblement distribuĂ©s dans les pays du sud, s’il n’y a pas ce systĂšme au dĂ©part qui permet une couverture de santĂ© publique, il est sĂ»r qu’on peut faire tous les trĂšs beaux plans du monde, Ă  New York, Ă  Washington ou Ă  Paris, cela ne marchera pas. C’est sĂ»r. C’est tout le travail en particulier de mes voisins de parler de santĂ© publique.

 

Dans des pays comme celui-ci, la France, avant qu’on emploie le terme de santĂ© publique normalement, il a fallu trente et vous le savez tous. En particulier, les enseignants de santĂ© publique Ă©taient considĂ©rĂ©s comme moins que rien. Vous vous rendez compte au niveau du Sud. On parle tous de la mĂȘme chose, de la santĂ© publique. C’est-Ă -dire ? Ce que vous avez dit. A la fois de l’épidĂ©miologie. OĂč est-elle ? Je ne connais pas vraiment trĂšs bien aujourd’hui les rĂ©seaux sentinelles sur l’Afrique. Quand j’ai vu ce qui s’est passĂ© au Niger et quand j’ai vu comment on a organisĂ© l’affaire du Niger au mois de juillet, oĂč sont les rĂ©seaux sentinelles ? Il en manque, des rĂ©seaux sentinelles. DeuxiĂšmement, Ă©videmment, les statistiques. OĂč est le traitement statistique de tout cela ? Il n’y en a pas. TroisiĂšmement, l’économie de santĂ©. C’est donc ce que vous venez de parler. Permettez-moi de vous dire que l’économie de santĂ© ne viendra qu’aprĂšs la distribution du systĂšme de santĂ© public. Nous avons une sĂ©curitĂ© sociale mais aprĂšs avoir mis en place un systĂšme de santĂ© public.

 

Au sujet que vous abordez, sur le dĂ©part des cerveaux ou des personnels formĂ©s, Ă©videmment c’est parce qu’il n’y a pas de systĂšme de santĂ© public pour les accueillir donc je rĂ©ponds Ă  une question.

Pour la question de Monsieur Toubon  sur la France, je crois que vous avez raison parce que je crois que le moment est venu
 Il y a Philippe Etienne   ici qui est un excellent directeur pour nous mais on y rĂ©flĂ©chit. Il est temps pour nous de rĂ©flĂ©chir sur la visibilitĂ© et la lisibilitĂ© de l’action de la France Ă  l’étranger, en particulier sur les problĂšmes de santĂ© et de formation. 4 ou 5 % du budget formation est donnĂ© Ă  la santĂ© donc je pense qu’aujourd’hui, vu les problĂšmes de santĂ© dans le monde, nous avons intĂ©rĂȘt Ă  re-calibrer les choses.

 

Ensuite, vous dites qu’il y a dĂ©sĂ©quilibre. Oui et non. Sur le fonds mondial, nous avons dĂ©cidĂ© d’ĂȘtre les premiers contributeurs au monde. C’est vrai mais en mĂȘme temps, comment la France peut s’intĂ©resser Ă  tous les sujets ? J’ai compris ce que vous dites. Je pense qu’il faut que nous rĂ©flĂ©chissions Ă  une agence, nous sommes en train d’y rĂ©flĂ©chir, une agence dans laquelle il y aurait le public et le privĂ©, pour que nous puissions re-calibrer un peu mieux, Ă  la fois la taille du MinistĂšre des Affaires EtrangĂšres au point de vue administratif dans cet aspect des choses et en mĂȘme temps une visibilitĂ©. Quand je vois ce qui se passe en Angleterre, je me dis qu’ils doivent aussi faire un travail de visibilitĂ© sur son action, mais j’aurais l’occasion d’en reparler.

Paul Wolfowitz

Permettez-moi quelques commentaires et tout d’abord la question de l’importance de l’égalitĂ© hommes/femmes. Elle est effectivement indĂ©niable, je me souviens par exemple, d’une femme dans un petit village au Pakistan qui m’a dit avec une certaine Ă©lĂ©gance : « le dĂ©veloppement, c’est comme un chariot avec deux roues, un homme et une femme, et s’il n’y a qu’une roue, ce chariot ne peut pas avancer. » Si vous enlevez la contribution de la moitiĂ© de l’humanitĂ©, trĂšs clairement vos ambitions doivent ĂȘtre rĂ©duites de moitiĂ© Ă©galement donc il y a une question d’équitĂ© bien sĂ»r, mais il y a Ă©galement une question d’efficacitĂ© d’utilisation des ressources. Vous avez tout Ă  fait raison. Je crois que ceci est Ă©galement liĂ© Ă  un autre phĂ©nomĂšne. Vous avez parlĂ© du risque de trop se centrer sur le Sida.

 

Clairement, le Sida est un flĂ©au qui a un impact considĂ©rable, notamment auprĂšs des professionnels de la santĂ©. On a appris, par exemple, hier qu’un tiers des problĂšmes de fuites de cerveaux en Zambie pour les professionnels de la santĂ© Ă©tait liĂ© au nombre de dĂ©cĂšs liĂ©s au Sida. Donc on voit l’impact de la maladie mais je crois que tout ceci appartient Ă  une dĂ©marche collective. Il faut un esprit d’équipe, comme au football par exemple. Lorsque des petits enfants jouent au football, vous voyez comment l’ensemble des joueurs suit le ballon. Si le ballon va dans un coin du terrain, vous avez 22 joueurs qui courent aprĂšs.

 

Vous avez un peu l’impression que, dans le domaine de la santĂ©, on fait un peu la mĂȘme chose. On court derriĂšre le ballon. On suit ce qui brille sans vraiment prendre du recul donc on va centrer Ă©normĂ©ment nos efforts sur un sujet. Au cours des derniĂšres annĂ©es, cela a Ă©tĂ© le Sida et par exemple, on a tendance Ă  nĂ©gliger la question du paludisme. Je ne sais pas quelle est la cause ou quel est l’effet, mais on a sans doute perdu de vue un peu le problĂšme du paludisme. Nous allons Ă  prĂ©sent essayer d’y remĂ©dier.

 

Nous avons un programme au niveau de la Banque pour relancer nos efforts en matiĂšre de paludisme auprĂšs de 15 pays africains, mais le problĂšme est que, lĂ  encore, nous nous tromperions si nous disions que dans ces 15 pays, le seul problĂšme est le paludisme, parce que le problĂšme dans ces pays est un systĂšme de santĂ© qui soit capable de fournir un traitement pour l’ensemble des maladies, Ă©galement aller au-delĂ , avoir un systĂšme qui permette d’avoir de l’eau potable, tout simplement, parce que nous avons des statistiques qui montrent trĂšs clairement que si on Ă©tait capable d’amĂ©liorer l’accĂšs Ă  l’eau propre Ă  la consommation, nous rĂ©duirions un nombre trĂšs important de maladies.

 

Donc il faut avoir une vision en termes de systĂšme parce que c’est cette absence de systĂšme qui tue des millions de personnes. Je crois qu’il faudrait avoir les commentaires de notre collĂšgue Malien sur ces besoins, mais je dirais que, de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, d’un point de vue de la Banque Mondiale et des donateurs, pays par pays, il nous faut une meilleure comprĂ©hension de la situation. Quels sont les besoins ? Quels sont les agissements des diffĂ©rents acteurs parce qu’il y a Ă©normĂ©ment d’acteurs dans ce domaine aujourd’hui, la Banque Mondiale, diffĂ©rents bailleurs de fonds bilatĂ©raux, l’OMS, des acteurs privĂ©s, etc. ?

 

Dans tous ces domaines, on constate qu’il faut une meilleure comprĂ©hension de ce qui se fait, notamment dans les plus petits pays parce que dans les plus petits pays, la simple difficultĂ© de gĂ©rer ces diffĂ©rents acteurs est extrĂȘmement importante, et parfois mĂȘme excessive.

Monsieur Abou-Bakar TRAORE, Ministre de l’Economie et des Finances du Mali

Merci Monsieur le Ministre, vous avez soulevĂ© la question sur laquelle je voudrais rĂ©agir. La premiĂšre est la question de la protection sociale et les rĂ©flexions qu’il y aurait sur la question. Sur la protection sociale, concernant des pays comme le Mali, nous n’avons pas aujourd’hui un systĂšme de protection sociale universelle comme en France par exemple.

 

Ce qu’on a, c’est deux caisses de protection qui est une pour le secteur public et l’autre pour les entreprises parapubliques et le secteur privĂ©. Le grand principe de cette caisse est que les branches pensions sont des branches trĂšs dĂ©ficitaires et pour dire, nous avons aujourd’hui une caisse de retraite pour le secteur public que l’Etat subventionne chaque annĂ©e Ă  hauteur de 15 Ă  17 milliards de francs CFA pour qu’elle puisse tenir, parce qu’il y a de moins en moins de cotisants et de plus en plus de bĂ©nĂ©ficiaires.

 

Maintenant, on met en place un systĂšme avec de plus en plus de mutuelles, notamment des mutuelles d’enseignants, des mutuelles dans certains corps qui se mettent en place et qui donnent une couverture. Un autre aspect en termes de couverture, c’est que l’Etat procĂšde par la gratuitĂ© de certains soins. Ce n’est pas l’idĂ©al. Je prends l’exemple de la cĂ©sarienne oĂč un dĂ©cret est passĂ© en Conseil des Ministres, et qui assure la gratuitĂ© de la cĂ©sarienne pour les femmes, parce que c’est un cas de santĂ© publique qui pose beaucoup de problĂšmes, oĂč des femmes dĂ©munies sont souvent confrontĂ©es Ă  ce problĂšme.

 

Une autre question qu’il y a derriĂšre cette rĂ©flexion pour aller dans le mĂȘme sens, c’est Ă©galement toutes les opĂ©rations chirurgicales autour de la prostate. Nous pensons mettre en place un systĂšme dans ce genre, mais je dirais quand mĂȘme que, de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, nous sommes en train de faire une Ă©tude trĂšs approfondie, en rapport avec la Banque Mondiale, sur les deux caisses pour voir comment trouver un systĂšme qui permette la durabilitĂ©. Cette rĂ©flexion est en cours.

 

Maintenant, la santĂ©, les OMD et la question budgĂ©taire Ă©galement, je l’ai dit tout Ă  l’heure. Le budget de la santĂ© au Mali est de 72 milliards de francs CFA. C’est 10 % des charges rĂ©currentes du budget ou bien 7 % du budget dans son ensemble. Cela n’est pas suffisant mais comme vous pouvez l’imaginer, nous avons un budget avec Ă©normĂ©ment de contraintes et ce budget est essentiellement orientĂ© vers le financement des axes prioritaires dans le cadre de notre politique publique qui est le CSNP.

 

En ce qui concerne les OMD, pour certaines, nous considĂ©rons qu’à l’horizon 2015, nous serons au rendez-vous. Nous le pensons. C’est le cas en matiĂšre d’accĂšs Ă  l’eau. C’est Ă©galement le cas en matiĂšre d’enseignement gĂ©nĂ©ralisĂ©, mais pas de qualitĂ© de l’enseignement parce que le gros dĂ©fi que nous avons Ă  ce niveau-lĂ , c’est la qualitĂ© de l’enseignement. En ce qui concerne le domaine de la santĂ©, nous avons effectivement beaucoup de contraintes. Je voudrais vous donner quelques Ă©lĂ©ments.

 

En matiĂšre de santĂ©, nous devons, Ă  l’horizon 2015, avoir un taux de mortalitĂ© juvĂ©nile de 76 pour 1 000. Nous sommes aujourd’hui Ă  229 pour 1 000. En matiĂšre de mortalitĂ© maternelle, nous devons ĂȘtre en 2015 Ă  145 pour 100 000. Nous sommes aujourd’hui Ă  582. Pour reprendre ces deux exemples, nous avons des dĂ©fis trĂšs importants au Mali Ă  relever pour atteindre les OMD en 2015, dans le domaine de la santĂ© en particulier. La condition sine qua non est d’avoir des ressources importantes, donc un engagement clair des partenaires, mais l’engagement des partenaires ne peut se faire que par notre propre engagement d’abord donc il faut que nous soyons nous-mĂȘmes trĂšs engagĂ©s dans nos politiques publiques.

 

Les cadres que nous avons mis en place, au Mali, nous avons un DSRP 2002/2003 Ă  2006. Nous sommes maintenant en train de travailler sur la deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration de ce document qui prĂ©cise toutes les prioritĂ©s du gouvernement interne de politique publique, particuliĂšrement de santĂ© et d’éducation. Je voudrais donc vous dire que le budget de la santĂ© du Mali est un budget qui met aussi l’accent sur le renforcement des infrastructures, notamment, sur les 72 milliards que j’ai Ă©voquĂ©s, il y a Ă  peu prĂšs la moitiĂ©, 35 Ă  36 milliards, qui sont consacrĂ©s aux investissements, au renforcement des infrastructures et des rĂ©seaux. VoilĂ  donc un certain nombre de mesures que nous mettons en place.

 

Enfin, dernier point, la fuite des cerveaux. Je crois que Monsieur le Ministre l’a dit. Nous n’avons pas, Ă  proprement parlĂ©, une vĂ©ritable politique de santĂ© publique capable de retenir les personnes trĂšs bien formĂ©es, surtout les personnes qui ont eu accĂšs aux universitĂ©s europĂ©ennes ou amĂ©ricaines. La difficultĂ©, Ă  ce niveau, c’est essentiellement
 Il y a deux aspects. Il y a les conditions de travail mais il y aussi les niveaux de rĂ©munĂ©ration qui sont trĂšs faibles. Au Mali, les niveaux des salaires sont trĂšs faibles. MalgrĂ© ce faible niveau des salaires, nous avons aussi une masse salariale qui croĂźt de maniĂšre exponentielle. Les dĂ©fis sont tels qu’il sera difficile dans un premier temps de retenir les personnes qualifiĂ©es. Il faut que ce soit des personnes qui aient elles-mĂȘmes la vision de l’amĂ©nagement pour l’Afrique. C’est Ă  cela que nous devons aussi travailler. Merci.

Philipe Douste-Blazy

Merci beaucoup.

 





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