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Il est encore possible de prĂ©venir une forte flambĂ©e de l’épidĂ©mie du VIH/SIDA dans la rĂ©gion Moyen-Orient et Afrique du Nord

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Communiqué de presse n°:2006/164/HD

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WASHINGTON, 29 novembre 2005 —

La Banque mondiale a lancĂ© aujourd’hui une stratĂ©gie rĂ©gionale pour aider les pays de la rĂ©gion Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) Ă  prĂ©venir   une forte flambĂ©e des cas d’infection Ă  VIH/SIDA dans la rĂ©gion. La nouvelle stratĂ©gie —PrĂ©venir le VIH/SIDA dans la rĂ©gion Moyen-Orient et Afrique du Nord. Une chance Ă  saisir — aidera les pays [1] Ă  lutter plus efficacement contre le VIH/SIDA. 

 

« Avec un taux estimatif de 0,2 % d’adultes infectĂ©s par le virus du VIH/SIDA, la rĂ©gion MENA affiche un niveau d’infection relativement faible par rapport Ă  celui des rĂ©gions d’Afrique, d’Asie du Sud et d’Asie centrale, ainsi que des CaraĂŻbes », souligne Ayo Akala, spĂ©cialiste en santĂ© publique de la Banque mondiale et auteur de la stratĂ©gie. « Notre stratĂ©gie met toutefois en garde contre l’idĂ©e de croire que la faible prĂ©valence signifie que le risque est faible ». 

 

Certes, de nombreux gouvernements de la rĂ©gion ont entrepris des mesures de prĂ©vention contre le VIH/SIDA, mais la nouvelle stratĂ©gie estime que dans l’ensemble, la rĂ©gion a mis du temps Ă  rĂ©agir face au VIH/SIDA. Les activitĂ©s rĂ©gionales de lutte contre le VIH/SIDA ont Ă©tĂ© concentrĂ©es sur les rĂ©ponses mĂ©dicales, telles que la sĂ©curitĂ© des rĂ©serves de sang, le dĂ©pistage obligatoire et, de plus en plus, le traitement des malades du sida. Cependant, les facteurs socioĂ©conomiques qui sous-tendent une Ă©pidĂ©mie du VIH dans les pays de la rĂ©gion MENA n’ont pas encore Ă©tĂ© cernĂ©s de maniĂšre convenable. À titre d’exemple, dans nombre de pays il n’existe pas de stratĂ©gie nationale globale. 

 

La stratégie recommande en outre que les pays travaillent en plus étroite collaboration avec les personnes vivant avec le VIH/SIDA et se concentrent sur les groupes à haut risque tels que les consommateurs de drogues injectables, les professionnels du sexe, les prisonniers (qui sont  souvent des toxicomanes), et les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes.  

 

Selon la nouvelle stratĂ©gie, il importe de garder Ă  l’esprit que les systĂšmes de surveillance du VIH/SIDA sont trĂšs faibles dans la rĂ©gion. À titre d’exemple, nombre de prestataires privĂ©s des services de santĂ© ne dĂ©clarent pas les cas de VIH/SIDA. Les estimations officielles des cas de VIH/SIDA tendent Ă  ĂȘtre vagues et en l’absence de donnĂ©es fiables, les gouvernements ont du mal Ă  rĂ©agir efficacement. 

 

Les principaux objectifs de la stratégie consistent à:

 

·         Amener les autoritĂ©s politiques, les dĂ©cideurs politiques et les parties prenantes clĂ©s Ă  renforcer la sensibilisation et Ă  accorder plus de prioritĂ© aux programmes de lutte contre le VIH/SIDA dans le programme national de dĂ©veloppement, en mettant un accent particulier sur la prĂ©vention et l’élargissement de l’accĂšs Ă  l’information.

·         Aider les pays Ă  mettre Ă  niveau leurs systĂšmes de surveillance et Ă  renforcer la recherche et l’évaluation des aspects Ă©pidĂ©miologiques, Ă©conomiques et comportementaux du VIH/SIDA.

·         Soutenir l’élaboration d’une stratĂ©gie et de programmes nationaux de lutte contre le VIH/SIDA en accordant la prioritĂ© Ă  la prĂ©vention et l’extension de l’accĂšs Ă  l’information.

·         Soutenir le renforcement des capacités et le partage des connaissances pour une gestion globale des programmes de lutte contre le VIH/SIDA.

 

Jusqu’ici cette annĂ©e, la rĂ©gion a enregistrĂ© 67 000 nouveaux cas d’infection Ă  VIH, et le nombre total de dĂ©cĂšs dus au sida a augmentĂ©, passant de 55 000 en 2003 Ă  58 000 Ă  ce jour en 2005, selon l’ONUSIDA. Par ailleurs, le nombre total de dĂ©cĂšs liĂ©s au sida dans la rĂ©gion a augmentĂ© de prĂšs de six fois depuis le dĂ©but des annĂ©es 90.

 

« L’expĂ©rience internationale nous apprend que les taux de prĂ©valence du VIH/SIDA augmentent de maniĂšre exponentielle, aussi la rĂ©gion MENA est-elle prĂȘte Ă  tirer parti de cette connaissance en investissant tĂŽt dans le suivi et la prĂ©vention », prĂ©cise Bachir Souhlal, Agent de liaison de la Banque mondiale pour le VIH/SIDA et SpĂ©cialiste en chef du dĂ©veloppement social pour la rĂ©gion.  « Les coĂ»ts liĂ©s Ă  la mise en place de bons programmes de prĂ©vention sont nettement plus avantageux que ceux occasionnĂ©s par l’épidĂ©mie ».

 

D’aprĂšs Souhlal, les pays doivent immĂ©diatement redoubler leurs efforts de prĂ©vention, d’autant plus que la propagation du VIH est favorisĂ©e par la migration, la guerre, la rĂ©cession Ă©conomique et d’autres Ă©vĂ©nements qui influent sur la stabilitĂ© sociale. 

 

La Banque mondiale a travaillé avec le Liban et le Maroc pour élaborer des stratégies nationales, et elle espÚre collaborer également avec les autres pays de la région.


 

Incidence économique et sociale à long terme du VIH/SIDA

 

Les coĂ»ts financiers et Ă©conomiques du VIH/SIDA peuvent ĂȘtre considĂ©rables, notamment lorsque l’épidĂ©mie atteint le stade de la maladie du sida. Une Ă©tude rĂ©cente de la Banque mondiale a estimĂ© qu’une Ă©pidĂ©mie du sida pourrait rĂ©duire le taux de croissance Ă©conomique dans la rĂ©gion MENA de 1,5 % par an sur la pĂ©riode 2000-2025. Au total, ceci pourrait se traduire par une perte de production d’environ 35 % de la valeur actuelle du produit intĂ©rieur brut d’ici Ă  2025. Les consĂ©quences les plus visibles du VIH/SIDA sont l’augmentation des dĂ©penses consacrĂ©es Ă  la prĂ©vention, Ă  la prise en charge et au traitement. Pour les pays de la rĂ©gion MENA, le coĂ»t financier d’une Ă©pidĂ©mie du sida pourrait s’avĂ©rer Ă©norme. Une estimation Ă©tablie par Jenkins et Robalino (2003) prĂ©voit que le coĂ»t direct du VIH/SIDA se situera en moyenne autour de 1,5 % du PIB d’ici Ă  2015 pour la plupart des pays de la rĂ©gion, et atteindra 5 % Ă  Djibouti (se reporter Ă  la figure ici).

 

 




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