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À Atjeh, la paix est en bonne voie

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C’est le principal sujet de conversation dans les villages, dans les bureaux de l’administration et aux coins des rues. L’accord de paix, quoique relativement récent, transforme la vie de bien des gens qui, il n’y a pas si longtemps encore, craignaient d’aller cultiver leurs champs ou de sortir après le coucher du soleil. Le Protocole d’accord, signé par le Mouvement pour un Atjeh libre (GAM) et le gouvernement indonésien à Helsinki, le 15 août dernier, suscite des interrogations chez bien des atjehnais qui se demandent si la paix qui vient d’être conclue survivra aux défis de la réintégration et de la reconstruction après trente ans d’un violent conflit.       

 

5 décembre 2005 -
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Articles complémentaires
À Atjeh, la paix est en bonne voie

Multimédia
Vidéo en anglais avech Andrew Steer, Directeur des opérations de la Banque mondiale pour l'Indonésie

Sites web de la Banque mondiale

Site web sur la reconstruction après le tsunami
Agé de trente-deux ans, Muslahuddin Daud, raconte une sombre histoire qui trouve un écho parmi de nombreux atjehnais. 

 

« Mon frère a été enlevé à son domicile de Pidie et tué 10 jours plus tard parce que notre famille ne pouvait payer la rançon de 800 dollars qui était demandée » déclare Daud. «Ensuite, mon autre frère et ses beaux-parents ont été tués puis, ce fut le tour de mon beau-frère. Ils sont tous victimes du conflit.»

 

C’est pourquoi Daud, imprégné du sens de sa mission, s’est mis à travailler pour la paix – tout d’abord dans le cadre d’organisations non-gouvernementales puis, au sein de la Banque mondiale. Il est actuellement consultant à la Banque mondiale où il travaille dans le cadre du programme à l’appui des zones pauvres et défavorisées (SPADA), un programme de développement s’adressant tout particulièrement aux zones en conflit.   

 

Daud est également l’un des auteurs de Conflict and Recovery in Aceh une analyse de la dynamique du conflit à la suite au Tsunami de décembre dernier et il cherche comment promouvoir la paix par le biais d'initiatives de développement viables.

 

Pour le Directeur des opérations pour l’Indonésie à la Banque mondiale, M.Andrew Steer, il existe un lien intrinsèque entre le processus de reconstruction – auquel le tsunami a donné lieu – et le processus de paix.

 

« Le succès de l’accord de paix et celui de la reconstruction sont liés, alors il serait intelligent de bien intégrer les deux processus » affirme M. Steer.

 

 

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Muslahuddin Daud and his family
Une occasion de faire la paix qui ne se représentera pas

 

Bien que le processus de paix ne fasse que commencer, nombreux sont ceux  qui pensent qu'il s’agit là d’une occasion unique de rétablir la paix, puisque plus de 8 000 ex-combattants ont déposé 800 armes à ce jour. Le 26 décembre, le Président indonésien  Susilo Bambang Yudhoyono supervisera le retrait du dernier contingent des forces armées indonésiennes.

 

«Le Mouvement pour un Atjeh libre (GAM) n’aime pas que l’on fasse usage du mot réintégration parce qu’ils ont toujours fait partie de la communauté » déclare M. Daud. «Même lorsqu’ils étaient dans les montagnes, ils vivaient de la nourriture que leur procuraient leurs familles restées au village».

 

« Il est remarquable que ceux qui ont perdu des membres de leur famille semblent avoir pardonné à leurs anciens ennemis », déclare Juri Laas, porte-parole de la Mission de contrôle d Atjeh. « Je pense que les gens sont las de la violence et que l’horreur du Tsunami a éclipsé tout le reste».   

 

Les ennemis d’autrefois se réconcilient

 

M. Daud dit qu’il n’est pas rare de voir d’anciens ennemis prendre un café ensemble au café du village et qu’il s’agit là d’un fait hautement symbolique : « Il n’y a pas beaucoup d’enroits à Atjeh où l’on puisse faire état de son amitié au grand jour, alors si vous vous montrez ensemble au café, c’est comme si vous faisiez la paix ou que vous rompiez le pain avec votre ennemi ».

 

Pour faire en sorte que la réintégration se fasse sans heurts, les autorités offrent une compensation monétaire de 600 dollars aux ex-combattants qui rendent leurs armes et aux prisonniers qui rentrent dans leur village. La Banque mondiale s’emploie actuellement à concevoir des dons de contrepartie destinés aux villages qui reçoivent les ex-combattants afin que ces villages puissent également tirer parti du processus.   

 

« Bon nombre de ces villages ont vraiment perdu quelque chose en termes de développement » précise M. Steer. « Ils étaient coupés de tout. En raison de la guerre, il n’y a guère eu d’investissements et l’agriculture a considérablement diminué par endroits, parce que les gens n’osaient pas s’aventurer jusqu’à leurs champs ». 

 

« Nous avons maintenant l’occasion de renverser cette tendance et de doter les villages des ressources nécessaires au développement ».

 

M. Daud affirme que l’on peut voir un exemple des effets du conflit   dans le centre de l’Atjeh. 

 

« Les agriculteurs pouvaient à peine travailler trois à quatre heures par jours, quatre fois par semaine en moyenne (durant le conflit) » estime M. Daud. Il constate que l’économie s’est contractée et que les niveaux de santé et d’éducation qui existaient auparavant ont périclité.  « Sur une échelle de un à sept, ils se situaient au niveau deux ».

 

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Réunion d'une communauté
Diffuser l’information

 

La Banque mondiale a également joué un rôle déterminant  en aidant toutes les parties prenantes à faire connaître les éléments du nouvel accord de paix.

 

Des consultants de la Banque mondiale et des partenaires donateurs ont pris l’initiative de réunir des représentants du GAM et du gouvernement indonésien à la faveur d’une campagne de sensibilisation au Protocole d’accord, qui a été menée dans toute la région une fois l'accord conclu.  

 

M. Steer affirme qu’il est important que les gens comprennent et acceptent le processus de paix, et la Banque mondiale est idéalement placée pour apporter un soutien en ce sens, par le biais de son réseau très étendu d’animateurs travaillant dans les villages.   

 

« Nous sommes en mesure de faire passer l’information par le biais d’un réseau de 600 animateurs et de 35 000 volontaires oeuvrant actuellement dans les villages, dans le cadre du Programme de développement - Kecamatan (KDP) », dit-il.

 

Le programme, qui constitue le plus important programme de développement mené au niveau des villages à Atjeh, est le fleuron des programmes de développement de proximité de la Banque mondiale en Indonésie.

 

Les animateurs du KDP ont jusqu’à présent distribué 80 000 affiches dans toute la province d’Atjeh. Celles-ci se présentent par groupes de trois. Deux affiches véhiculent un message de paix tandis que la troisième explique le Protocole d’Accord. Les animateurs ont également distribué des milliers d’exemplaires du Protocole d’Accord.

 

Récemment, l’initiative a également organisé un concours, à l’intention des jeunes de 15 à 20 ans, visant à trouver un slogan en faveur de la paix. « Bon nombre d’entre eux étaient à ce point motivé qu’ils ont écrit, en fait, de longs exposés » dit Amy Sin, consultant de la Banque mondiale basé à Atjeh. Le slogan qui a remporté le concours a été mis en musique par un chanteur en vogue, Rafli, et cet hymne à la paix sera très prochainement rendu public officiellement.   

 




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