Figurent notamment au programme de cette première visite du président de la Banque mondiale les bidonvilles de São Paulo, des projets d’éducation et d’aide aux familles à Brasilia, et les communautés locales vivant au cœur de l’Amazonie   15 décembre 2005 - Le Président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, est arrivé au Brésil, pays qu’il décrit comme un géant économique et un acteur de premier plan sur la scène internationale. Il attend de cette visite, sa première au Brésil depuis sa prise de fonctions à la Banque, qu’elle l’aide à mieux comprendre ce qui fait toute la richesse et la diversité de l’Amérique latine.  « Au Brésil, je vais me rendre dans différentes parties du pays pour voir à la fois ce qu’il a accompli et les défis auxquels il fait face, défis qui ne sont guère différents de ceux qui se posent aux autres grands pays de la région », explique-t-il.  C’est l’un de ces défis que M. Wolfowitz découvrira quelques heures seulement après avoir posé le pied sur le sol brésilien, lors d’une visite dans les favelas de São Paulo.  « Ceci souligne ce qui est en jeu pour le Brésil et la plupart des pays d’Amérique latine : le défi consistant à faire face à l’extrême pauvreté », déclare-t-il, notant que le pourcentage des habitants de la région ayant moins de 1 dollar par jour pour vivre — le seuil de pauvreté absolue — est estimé à quelque 10 %, et la porportion de ceux qui ont moins de 2 dollars par jour à 25 % environ.  Selon lui, l’Amérique latine est, de toutes les régions du monde excepté l’Afrique subsaharienne, celle qui connaît les plus sévères disparités. Il juge extrêmement important de comprendre les dimensions de la pauvreté dans cette région, et de savoir ce que peut faire la Banque pour aider les pays à faire face à ce problème.  Appui fourni par la Banque  Durant cette visite de six jours, M. Wolfowitz aura l’occasion de voir de près un aspect essentiel de l’appui fourni par la Banque pour aider le Brésil à lutter contre la pauvreté : le programme Bolsa Familia, fleuron des programmes sociaux mis en œuvre dans ce pays.  Ce programme, qui est entré dans sa troisième année au mois d’octobre, est l’un des plus vastes programmes de ce type au monde. Soutenu par un prêt de la Banque de 572,2 millions de dollars, il a pour but d’améliorer les conditions de vie de 8 millions de familles pauvres à travers le Brésil. Le gouvernement espère parvenir à une couverture universelle, soit quelque 11,2 millions de familles bénéficiaires, d’ici la fin de 2006.  M. Wolfowitz rencontrera des familles pauvres bénéficiant de ce programme, qui consiste à accorder des allocations en espèces à la condition que les familles concernées envoient leurs enfants à l’école et au dispensaire.  « Le Brésil est l’un des pays qui ont fait œuvre de pionnier dans ce domaine, et c’est une chose qui peut, je le pense, trouver à s’appliquer aussi loin qu’en Indonésie, laquelle a mis quelque chose d’analogue à l’essai », souligne-t-il.  Bolsa Familia n’est qu’un des quelque 50 projets, d’un montant global de 4,2 milliards de dollars, actuellement mis en œuvre par la Banque au Brésil. Avant son arrivée, M. Wolfowitz a décrit celui-ci comme « l’un des pays les plus importants du monde en développement ».  « En fait, et c’est très important, il s’agit d’un des pays qu’on appelle les pays à revenu intermédiaire, des pays qui ont de plus en plus acquis la capacité d’accomplir énormément pour eux-mêmes, ce qui est à certains égards un défi pour notre institution, lorsqu’il s’agit de saisir où se situe notre place dans un contexte où notre rôle est plus limité mais toujours important », dit-il.  « Je tiens vraiment à souligner l’engagement de la Banque envers le Brésil et tous les autres pays à revenu intermédiaire d’Amérique latine, car il y a un si grand nombre des pauvres de la planète qui y vivent. Énormément de succès ont certes été remportés ces dernières décennies, mais il y a encore bien plus à faire et je veux veiller à ce que cette institution fasse tout ce qu’elle peut pour aider. »  Cycle de négociations commerciales  Cette visite intervient au moment où les responsables du commerce extérieur du monde entier se réunissent à Hong Kong pour le dernier cycle de négociations du Programme de Doha pour le développement.  Ce point n’échappe pas à M. Wolfowitz, qui se dit très désireux de comprendre le point de vue du Brésil sur les questions commerciales et de voir « ce qu’il y a moyen de faire pour faire avancer le dossier du commerce international ».  « Et en tant que gros exportateur de produits industriels, technologiques ou encore agricoles — cela va des graines de soja aux avions —, le Brésil a assumé un rôle de premier plan pour ce qui est de représenter les autres économies émergentes dans le cadre du forum sur le commerce mondial. »  Durant sa visite, M. Wolfowitz rencontrera à Brasilia le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, et le ministre des Finances, Antonio Palocci, pour s’enquérir également des mesures prises par le gouvernement afin de maintenir la stabilité et la croissance de l’économie brésilienne tout en mettant l’accent sur les problèmes sociaux.  « Ce que je trouve impressionnant, c’est qu’il y a tant de domaines dans lesquels le Brésil est mentionné comme un chef de file — des domaines comme le changement climatique, le VIH/SIDA, les énergies renouvelables, le commerce, les initiatives menées par les communautés, l’éducation, la santé et les infrastructures », déclare-t-il. « Autant de domaines dans lesquels je pense qu’il est très important pour nous de comprendre ce que le Brésil a fait. »  Environnement et développement  Le président de la Banque se rendra également dans des communautés de l’État de Ceará, dans le nord-est du Brésil. Cette région est la plus pauvre du pays et est le cadre de plusieurs initiatives de développement communautaire soutenues par la Banque. Il visitera en outre diverses parties de l’Amazonie où des projets cherchent à concilier la préservation de l’environnement et le développement de l’économie.  M. Wolfowitz a signalé qu’une place essentielle serait faite au dossier du changement climatique durant cette visite.  « Le changement climatique est un problème clé pour le monde au siècle actuel. Le Brésil, de par sa taille même et du fait de la richesse et de l’abondance de ses ressources naturelles, est un acteur essentiel dans ce domaine. Et c’est aussi, comme les autres pays à revenu intermédiaire en développement rapide, un gros consommateur d’énergie, et je crois donc que c’est certainement une chose dont il y aura lieu de discuter et de s’informer », dit-il.  « Le Brésil est un des neuf pays, mais le plus grand, qui englobent cette extraordinaire ressource qu’est l’Amazonie, laquelle est à la fois un trésor national pour le Brésil mais aussi quelque chose qui représente, à bien des égards, un atout pour la communauté mondiale. »  « Et je pense qu’il est de l’intérêt du monde entier d’aider le Brésil à gérer ces ressources. Je suis foncièrement un optimiste : je pense que cela peut se faire d’une manière qui permette à la fois d’apporter une contribution maximale au développement et d’assurer la gestion de l’environnement. Mais c’est un gros défi. »  Qualifiée de dernier grand espace naturel au monde, l’Amazonie comprend près de 40 % de toutes les forêts tropicales humides que compte encore notre planète, et abrite plus du tiers de toutes ses espèces naturelles.  Pour assurer le délicat équilibre entre développement et préservation, le Brésil bénéficie de l’aide de la Banque en sa qualité d’administrateur du Fonds fiduciaire pour les forêts ombrophiles, qui est doté de 73 millions de dollars et qui contribue au Programme pilote pour la conservation de la forêt ombrophile brésilienne, dont le financement total s’élève à 428 millions de dollars. Ce programme a délimité 45,5 millions d’hectares de terres autochtones et établi plus de 2,1 millions d’hectares de réserves d’extraction de ressources gérées par les communautés locales. Il a en outre parrainé plus de 200 projets communautaires dans lesquels sont mis à l’essai de nouveaux modes de préservation de la forêt tropicale humide et d’utilisation durable des ressources naturelles.  M. Wolfowitz se rendra sur le site de certains de ces projets communautaires au cours de sa visite dans la région. Il verra notamment comment les populations locales extraient le latex des hévéas et fabriquent des sacs à main et autres produits analogues à partir du latex naturel.  Durant sa visite, le président de la Banque rencontrera également des représentants de la société civile, des associations féminines, des populations autochtones, des mouvements de jeunes et des autorités locales.   |