Grippe aviaire - Aide d’urgence pour le NigĂ©ria

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Grippe aviaire

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Entretien audio avec le Docteur François Le Gall
La Banque mondiale a en prĂ©paration un projet d’urgence d’un montant de l’ordre de 50 millions de dollars pour aider Ă  lutter contre la grippe aviaire au NigĂ©ria, le premier pays africain oĂč le virus se soit dĂ©clarĂ©. Mais selon le docteur François Le Gall, spĂ©cialiste principal de l’élevage pour la rĂ©gion Afrique Ă  la Banque, tous les pays d’Afrique subsaharienne sont Ă  considĂ©rer comme des pays Ă  haut risque et doivent se prĂ©parer Ă  des foyers d’infection.

 

ChargĂ© du volet vĂ©tĂ©rinaire de l’effort menĂ© par la Banque contre la grippe aviaire, le docteur Le Gall indique que le virus est dĂ©jĂ  soupçonnĂ© d’ĂȘtre prĂ©sent au Niger, pays voisin du NigĂ©ria. Son Ă©ventuelle propagation au reste du continent et les craintes que cela suscite ont Ă  prĂ©sent engendrĂ© des discussions au sein de la Banque sur la nĂ©cessitĂ© d’une approche rĂ©gionale Ă  ce problĂšme.

 

« Nous nous apprĂȘtons Ă  envisager une approche rĂ©gionale en Afrique », dit-il. « Cela est nĂ©cessaire pour faciliter l’accĂšs Ă  notre mĂ©canisme de financement global pour la grippe aviaire, Ă©ventuellement avec des crĂ©dits et dons rĂ©gionaux supplĂ©mentaires. Et la deuxiĂšme raison tient Ă  l’ensemble des problĂšmes transfrontaliers et activitĂ©s rĂ©gionales qu’il convient d’envisager. »

 

Équipe en place au NigĂ©ria

 

Une Ă©quipe de la Banque est dĂ©jĂ  sur le terrain pour mettre sur pied le projet d’aide d’urgence, aux cĂŽtĂ©s d’autres donateurs et partenaires essentiels tels que l’Organisation mondiale de la santĂ© animale (OIE), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la SantĂ© (OMS).

Selon le docteur Le Gall, le projet envisagĂ©, qui est subordonnĂ© au feu vert du Conseil des administrateurs de la Banque, consiste Ă  prĂȘter assistance au titre du nouveau programme mondial Ă  hauteur de 500 millions de dollars engagĂ© par la Banque pour aider les pays Ă  lutter contre la grippe aviaire. C’est dans le cadre de ce programme que la Banque vient d’approuver un don de 4 millions de dollars pour la RĂ©publique kirghize, afin de l’aider Ă  se prĂ©parer Ă  une Ă©ventuelle Ă©pidĂ©mie.

« Sous rĂ©serve de confirmation par le Conseil, nous cherchons Ă  obtenir 50 millions de dollars pour le NigĂ©ria », dit le docteur Le Gall. « Cela s’inscrira dans le cadre que nous avons Ă©laborĂ© au titre du nouveau mĂ©canisme de financement mondial et tirera parti du programme rĂ©gional. Les fonds serviront donc principalement Ă  lutter contre les foyers de maladie, Ă  renforcer les services vĂ©tĂ©rinaires et de santĂ© humaine, et Ă  assurer la communication et la coordination avec les partenaires sur le terrain. »

Campagne de vaccination

Il laisse par ailleurs entendre qu’une campagne de vaccination de masse pourrait ĂȘtre lancĂ©e au NigĂ©ria, oĂč une bonne partie de la production de volaille provient d’élevages familiaux. Si l’élevage commercial reprĂ©sente une part importante de la production avicole de ce pays, celui-ci compte en effet des millions de petits Ă©leveurs (au total, la population avicole est estimĂ©e Ă  140 millions d’unitĂ©s), ce qui prĂ©sente un vĂ©ritable dĂ©fi pour les autoritĂ©s. Comme c’est Ă©galement une caractĂ©ristique propre Ă  la plupart des pays africains, cela aura des implications en termes de rĂ©ponse aux foyers de maladie.

« De ce fait, en plus des mesures ordinaires d’abattage et d’indemnisation, on va trĂšs probablement devoir envisager une campagne de vaccination de masse ou, Ă  dĂ©faut de campagne de masse, Ă  tout le moins une campagne de vaccination ciblĂ©e Ă  caractĂšre stratĂ©gique », explique le docteur Le Gall. « Le but est de s’assurer que le pays soit bien prĂ©parĂ© Ă  contrĂŽler ces foyers, Ă  empĂȘcher que le virus se propage encore et Ă  Ă©viter les cas de grippe humaine. »

Toute en admettant que cela reprĂ©sente un « énorme dĂ©fi », il souligne que le NigĂ©ria fait dĂ©jĂ  l’objet d’une forte mobilisation de la part des bailleurs de fonds et autres partenaires. Une Ă©quipe conjointe d’experts OIE/FAO prĂ©sente dans le pays a fait savoir que trois États sont Ă  prĂ©sent affectĂ©s par l’épidĂ©mie, tout en mettant en garde sur le fait que, de source officieuse, celle-ci pourrait couvrir une zone plus vaste.

Une évolution sans surprise

Pour le docteur Le Gall, il n’y a pas lieu d’ĂȘtre surpris que le virus ait Ă  prĂ©sent atteint l’Afrique, car la question n’était pas de savoir si celle-ci serait touchĂ©e, mais quand. « Nous avons mentionnĂ© Ă  plusieurs reprises qu’en raison des oiseaux migrateurs, la rĂ©gion Afrique Ă©tait une rĂ©gion Ă  haut risque — surtout le NigĂ©ria, mais aussi les pays de l’est de l’Afrique. »

« Nous ne sommes pas surpris, mais il y a un fort élément de stress car le Nigéria est un grand pays qui a une forte production avicole, et les conditions dans ce pays sont, pour nous, trÚs préoccupantes. »

Selon lui, les autoritĂ©s vĂ©tĂ©rinaires et sanitaires s’inquiĂštent Ă  prĂ©sent du Niger, qui borde directement les rĂ©gions touchĂ©es du NigĂ©ria. « Le Niger est un sujet de prĂ©occupation du fait de l’intĂ©gration Ă©conomique Ă©troite qui existe entre le nord du NigĂ©ria et le sud-est du Niger », explique-t-il.

« Nous avons quelque chose en prĂ©paration pour ce pays. Nous ne voulons pas attendre. C’est lĂ  un message qu’on peut faire passer : non seulement le Niger et le NigĂ©ria, mais tous les pays d’Afrique subsharienne doivent Ă  prĂ©sent ĂȘtre considĂ©rĂ©s Ă  haut risque d’infection et faire rapidement le nĂ©cessaire pour se prĂ©parer. »

 




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