Info-presse en ligne
Ressources pour les journalistes accrédités
AccÚs membres / Devenir membre

Appel à l’action contre la malnutrition

Disponible en: Ű§Ù„ŰčŰ±ŰšÙŠŰ©, English, руссĐșĐžĐč, Español

Dans un nouveau rapport, la Banque mondiale lance un appel Ă  l’action contre la malnutrition, en insistant sur le fait qu’il faut cibler l’effort sur les femmes enceintes et les enfants de moins de 2 ans. Au-delĂ  de cet Ăąge, prĂ©vient-elle, il est trop tard d’essayer d’amĂ©liorer la nutrition des enfants, et cela serait de plus inefficace et trop coĂ»teux.

 

ressources french big
Vous avez la parole!
Participez à une discussion en direct avec Meera Shekar, auteur du rapport « Replacer la nutrition au coeur du développement» Posez vos questions en français dÚs maintenant!

Informations connexes
Rapport en français: Replacer la nutrition au coeur du développement
Site en anglais sur la santé, la nutrition et la population

Multimédia en anglais
Entretien audi avec Meera Shekar
Diaporama
Le 2 mars 2006 - C’est une mise en garde que la Banque mondiale adresse dans un nouveau rapport consacrĂ© Ă  la nutrition : si les mesures prises pour lutter contre la malnutrition ne sont pas appliquĂ©es chez les enfants avant l’ñge de 2 ans, dit-elle, ceux-ci risqueront de subir des dommages irrĂ©parables. Quant aux pays concernĂ©s, ils finiront par en payer le prix au niveau de leur croissance Ă©conomique.

 

IntitulĂ© Repositioning Nutrition as Central to Development (Replacer la nutrition au cƓur du dĂ©veloppement), le rapport souligne que la malnutrition reste le plus grave problĂšme sanitaire auquel le monde ait Ă  faire face. Une mauvaise nutrition est en effet impliquĂ©e dans plus de la moitiĂ© des dĂ©cĂšs d’enfants Ă  l’échelle mondiale — un taux de mortalitĂ© qu’aucune maladie infectieuse depuis la Peste noire n’a jamais atteint.

 

« La malnutrition figure parmi les plus sĂ©rieux problĂšmes de santĂ© aujourd’hui dans le monde Ă  ne pas avoir Ă©tĂ© traitĂ©s », explique Meera Shekar, principal auteur du rapport. « En gros, 30 % des enfants au niveau mondial sont sous-alimentĂ©s, et 60 % en fait des enfants qui meurent par exemple de maladies courantes comme le paludisme et la diarrhĂ©e ne seraient pas morts s’ils n’avaient pas Ă©tĂ© mal nourris pour commencer. »

 

Les auteurs du rapport critiquent le manque d’action de grande envergure Ă  l’échelle internationale et dans les pays pour combattre la malnutrition, faisant valoir que des progrĂšs au plan nutritionnel pourraient majorer de 2 Ă  3 % les taux de croissance des pays pauvres. Ils rĂ©vĂšlent en outre, contrairement aux idĂ©es reçues, que les taux de malnutrition de l’Asie du Sud sont prĂšs du double de ceux de l’Afrique subsaharienne.

 

« On constate que le problĂšme est bien plus grave en Asie du Sud qu’en Afrique subsaharienne », dit Meera Shekar. « En gros, 50 % des enfants d’Asie du Sud sont sous-alimentĂ©s, contre 25 % environ en Afrique subsaharienne. Mais on constate aussi que le problĂšme ne se limite pas Ă  ces deux seules rĂ©gions. Il y a des pays d’autres rĂ©gions — l’IndonĂ©sie, l’OuzbĂ©kistan, le YĂ©men, le Guatemala et le PĂ©rou — oĂč le problĂšme se pose Ă©galement de façon aiguĂ«. »

 

Un problùme qui n’affecte pas que les pauvres

 

Le rapport rĂ©fute l’idĂ©e selon laquelle la malnutrition est un problĂšme qui ne concerne que les pays pauvres. « Une mauvaise nutrition est Ă©galement prĂ©sente ailleurs, ce qui amĂšne Ă  dire que ce n’est pas simplement une question d’accĂšs aux aliments », explique Mme Shekar. « L’Inde et l’Éthiopie ont Ă  peu prĂšs les mĂȘmes niveaux de malnutrition ; en Inde, 26 % des enfants figurant dans la tranche supĂ©rieure de revenus prĂ©sentent une insuffisance pondĂ©rale, et 65 % sont anĂ©miques. »

 

« Les enfants anĂ©miques rĂ©ussissent moins bien Ă  l’école, risquent plus d’abandonner leurs Ă©tudes et ont une plus faible productivitĂ© intellectuelle et physique une fois arrivĂ©s Ă  l’ñge adulte. Tout le monde parle de ce que l’Inde accomplit dans le secteur des technologies de l’information ; imaginez tout ce qu’elle pourrait accomplir de plus si 65 % de ses enfants les plus riches et 88 % des plus pauvres n’étaient pas anĂ©miques ! »

 

Elle ajoute que les pays dĂ©veloppĂ©s eux-mĂȘmes sont confrontĂ©s Ă  l’autre aspect de la malnutrition qu’est l’obĂ©sitĂ©. « Et cela est trĂšs Ă©troitement liĂ© aux maladies non transmissibles comme les maladies cardiovasculaires, le diabĂšte et le cancer. »

 

Une petite marge d’intervention

 

Une autre idĂ©e que rĂ©fute le rapport est qu’il suffit de donner plus Ă  manger aux enfants pour rĂ©soudre la malnutrition. Les mesures ciblĂ©es sur les enfants plus ĂągĂ©s n’ont guĂšre ou pas d’incidence sur l’amĂ©lioration de la nutrition, font valoir ses auteurs. Tout programme de lutte contre la malnutrition doit par consĂ©quent se focaliser sur les femmes enceintes et les enfants de moins de 2 ans.

 

« Il y a en fait un trĂšs, trĂšs petit crĂ©neau pour intervenir, qui se situe entre la conception et la fin des deux premiĂšres annĂ©es de l’existence », explique Mme Shekar. « Si l’on manque ce crĂ©neau, on manque toute une gĂ©nĂ©ration. »

 

« C’est la pĂ©riode durant laquelle les dommages causĂ©s par la malnutrition sont en fait, pour l’essentiel, des dommages irrĂ©parables », ajoute-t-elle. « Si donc on ne devait avoir qu’un dollar Ă  investir pour amĂ©liorer la nutrition, c’est lĂ  oĂč on aimerait concentrer nos interventions. »

 

« Beaucoup de gens prĂ©sument que nourrir les enfants Ă  un stade ultĂ©rieur de leur existence amĂ©liorera la nutrition. Mais cela n’est pas assez, et c’est trop coĂ»teux et trop tardif pour amĂ©liorer la nutrition ou encore pour amĂ©liorer la productivitĂ© future. »

 

Revoir le problĂšme

 

Selon elle, le moment est venu pour la communautĂ© internationale de reconsidĂ©rer le prix qu’elle attache Ă  la nutrition. Comme le souligne le rapport : « Le choix est dĂ©sormais clair entre continuer Ă  ne pas agir, comme l’a fait la communautĂ© internationale plus d’une dĂ©cennie durant dans le cas du VIH/SIDA, ou placer enfin la nutrition au cƓur du dĂ©veloppement, pour pouvoir ainsi rĂ©aliser tout un ensemble de progrĂšs d’ordre Ă©conomique et social qui en dĂ©pendent. »

 

Elle ajoute que la communautĂ© internationale a jusqu’ici considĂ©rĂ© le problĂšme de la nutrition purement sous l’angle de la consommation alimentaire ou de l’aspect social. « Mais l’argument qu’on avance dans ce rapport, c’est que la nutrition est un problĂšme d’investissement. C’est une chose qui peut alimenter la croissance Ă©conomique au lieu d’en dĂ©couler, car les enfants bien nourris se sont avĂ©rĂ©s avoir un potentiel de revenu bien supĂ©rieur en tant qu’adultes. »

 

Le rapport fait valoir que la malnutrition coĂ»te aux pays pauvres jusqu’à 3 % de leur PIB annuel. Comme les taux de croissance annuelle de beaucoup de pays en dĂ©veloppement sont de 2 à 3 %, cela veut dire qu’une amĂ©lioration de la nutrition pourrait Ă©ventuellement multiplier ces taux par deux.

 

« Je crois que le plus gros problĂšme Ă  prĂ©sent est d’amener la communautĂ© des donateurs Ă  se mobiliser autour de ce dossier, Ă  y consacrer des ressources Ă  la fois techniques et financiĂšres », conclut Mme Shekar. « Et dans le mĂȘme temps, il s’agit de susciter chez les pays partenaires eux-mĂȘmes un engagement tendant non seulement Ă  investir dans la nutrition, mais Ă  investir dans les types de choses qui conviennent pour la nutrition. »

 

Les auteurs du rapport appellent la communautĂ© des donateurs Ă  cofinancer l’établissement d’un fonds destinĂ© Ă  accorder des dons pour engager l’effort voulu dans le sens d’un engagement plus dĂ©libĂ©rĂ© et d’un programme de recherche axĂ© sur l’action. Cela viendrait complĂ©ter le don de 3,6 millions de dollars rĂ©cemment approuvĂ© par la Banque pour aider Ă  faire de la nutrition une partie intĂ©grante des programmes de santĂ© maternelle et infantile. ParallĂšlement, il convient de fournir aux pays en dĂ©veloppement un important volume de financements par les circuits existants, afin de passer Ă  l’échelle supĂ©rieure dans les mesures de lutte contre la malnutrition.

 

 




Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/5D2KRRT080