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5 avril 2006 — Pulang kampung  : deux mots qui signifient retour au pays en bahasa, la langue officielle de l’IndonĂ©sie, quatriĂšme pays le plus peuplĂ© du monde. Deux mots que le prĂ©sident de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, a employĂ©s dans les dĂ©clarations qu’il a faites Ă  Atjeh, premiĂšre Ă©tape d’une visite qu’il entreprend en IndonĂ©sie et au Timor-Leste.

 

« Pour moi, personnellement, c’est un sentiment de retour au pays, pulang kampung, retour dans un pays que je suis de prĂšs depuis plus de deux dĂ©cennies », a-t-il dit Ă  son arrivĂ©e. Il y a 20 ans ce mois-ci, il prenait en effet ses fonctions d’ambassadeur des États-Unis Ă  Jakarta.

 

De son propre aveu, c’est un pays remarquablement transformĂ© au niveau Ă©conomique et sur le plan dĂ©mocratique qu’il retrouve aujourd’hui. Comme il le faisait observer peu avant son voyage, l’IndonĂ©sie d’il y a 20 ans Ă©tait « appelĂ©e par euphĂ©misme un rĂ©gime autocratique ».

Aujourd’hui, c’est « la troisiĂšme plus grande dĂ©mocratie en exercice au monde, et le PrĂ©sident Yudhoyono a pris de fermes engagements pour la dĂ©centralisation et la bonne gouvernance », a-t-il Ă©galement dĂ©clarĂ© Ă  son arrivĂ©e. « Il a lancĂ© une sĂ©rie d’ambitieuses rĂ©formes Ă©conomiques que nous soutenons, et je le rencontrerai Ă  Jakarta la semaine prochaine pour discuter d’autres initiatives en vue d’attirer encore plus d’investissements et de stimuler la croissance. »

 

D’importants dĂ©fis Ă  surmonter

Mais si l’IndonĂ©sie a Ă©normĂ©ment progressĂ© en 20 ans, elle reste confrontĂ©e Ă  d’importants dĂ©fis, comme l’a notĂ© M. Wolfowitz : « Il y a encore des millions d’IndonĂ©siens qui vivent dans la pauvretĂ© et sans accĂšs aux services de base. Et il y a des problĂšmes environnementaux et des menaces comme la grippe aviaire qui vont poser des dĂ©fis supplĂ©mentaires aux dirigeants du pays. »

 

Durant cette visite, le prĂ©sident de la Banque rencontrera des responsables et membres des communautĂ©s locales de la rĂ©gion du Sulawesi du Sud, province situĂ©e dans l’est du pays qui accuse un retard sur le plan de la croissance et du dĂ©veloppement. Il se rendra aussi dans les quartiers pauvres de Jakarta, ce qui lui permettra de mieux comprendre, au contact de la population, les problĂšmes posĂ©s au quotidien par la lutte contre la grippe aviaire.

 

En commençant sa visite par Atjeh, il verra sur place l’autre dĂ©fi que constitue, pour l’IndonĂ©sie, l’effort de reconstruction Ă  la suite du sĂ©isme et du tsunami qui ont dĂ©vastĂ© la rĂ©gion en dĂ©cembre 2004. C’est un effort Ă©galement menĂ© sous le regard de la communautĂ© internationale, qui avait Ă©tĂ© tĂ©moin du dĂ©sastre et avait rĂ©pondu dans un grand Ă©lan de gĂ©nĂ©rositĂ©.

 

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1986 : Paul Wolfowitz en visite dans un internat de filles de confession musulmane en Indonésie
Sous le regard de la communauté internationale

Notant que la contribution du reste du monde s’élĂšve Ă  plus de 8,5 milliards de dollars, M. Wolfowitz ajoute : « Cette aide doit se traduire rapidement par des rĂ©sultats sur le terrain.

 

Faire avancer le processus de reconstruction Ă  Atjeh est un impĂ©ratif pour les survivants du tsunami. C’est aussi quelque chose d’important pour nous, l’ensemble des bailleurs de fonds, qui devons rendre compte au monde et montrer aux gens les rĂ©sultats que leur immense gĂ©nĂ©rositĂ© aura permis. »

 

À son arrivĂ©e, le prĂ©sident de la Banque a rendu hommage aux habitants d’Atjeh non seulement pour leur rĂ©action face au tsunami mais aussi pour tout ce qu’ils ont fait pour mettre en Ɠuvre l’accord de paix d’Helsinki, qui a mis fin Ă  30 annĂ©es de conflit. « La Banque poursuivra ses efforts pour appuyer ce qu’entreprennent les Atjehnais afin de cimenter le processus de paix et de dĂ©velopper les zones qui ont Ă©tĂ© dĂ©vastĂ©es par des annĂ©es de conflit », a-t-il dĂ©clarĂ©.

 

À Atjeh, M. Wolfowitz ira dĂ©poser une gerbe au site d’Ulee Lheu, oĂč se situait auparavant un hĂŽpital et oĂč sont Ă  prĂ©sent enterrĂ©es un grand nombre de victimes du tsunami. Le site domine le port d’Atjeh, qui porte encore les marques de la catastrophe. « Les habitants de cette province ont montrĂ© au monde qu’ils possĂšdent une capacitĂ© de rĂ©sistance et un courage remarquables, et qu’ils sont Ă  prĂ©sent en train de reconstruire leur existence en suivant un chemin de paix et de solidaritĂ©, chose que n’a jamais connue une gĂ©nĂ©ration entiĂšre d’Atjehnais ».

 

Durant son sĂ©jour Ă  Jakarta, M. Wolfowitz aura des entretiens avec les hauts dirigeants indonĂ©siens ainsi qu’avec une nouvelle gĂ©nĂ©ration de personnes influentes reprĂ©sentant des horizons divers (dirigeants, intellectuels, leaders d’opinion, responsables islamiques), afin de discuter des enjeux auxquels fait face leur pays. Un moment fort de cette visite le verra faire une dĂ©claration et prendre part Ă  un dĂ©bat tĂ©lĂ©visĂ© sur le thĂšme « dĂ©mocratie, gouvernance et dĂ©veloppement », organisĂ© par l'hebdomadaire Tempo et le Centre for Strategic and International Studies de Jakarta.

 

Lutte contre la corruption

Cette visite sera aussi pour lui l’occasion de prodiguer ses encouragements au processus engagĂ© par l’IndonĂ©sie pour amĂ©liorer la gouvernance et combattre la corruption, ce dernier aspect Ă©tant un Ă©lĂ©ment qu’il a clairement prĂ©sentĂ© comme une de ses prioritĂ©s Ă  la tĂȘte de la Banque. Il a en effet dĂ©crit la corruption comme constituant l’une des plus graves menaces pour le dĂ©veloppement.

 

Dans le mĂȘme ordre d’idĂ©e, il a insistĂ© sur l’importance qu’il faut attacher Ă  la libertĂ© de la presse, dĂ©clarant lors d’une confĂ©rence en novembre dernier : « Quiconque affirme que la libertĂ© de la presse est une question purement politique qui n’a rien Ă  voir avec le dĂ©veloppement ne saisit pas, Ă  mon avis, toute l’importance que revĂȘt l’obligation de rendre compte pour ce qui est d’empĂȘcher la corruption, ou Ă  quel point la corruption constitue une sĂ©rieuse menace pour le processus de dĂ©veloppement. »

 

C’est un message qu’il fera passer Ă  nouveau durant son sĂ©jour. La Banque lancera en effet Ă  cette occasion une version en bahasa de l’ouvrage intitulĂ© The Right to Tell: The Role of Mass Media in Economic Development (Le droit de parole : RĂŽle des mĂ©dias dans le dĂ©veloppement Ă©conomique), version publiĂ©e en collaboration avec l’hebdomadaire Tempo.

 

Mise en place d’institutions

L'autre volet de ce voyage est une visite au Timor-Leste, pays de crĂ©ation relativement rĂ©cente mais qui se distingue au sein du groupe des pays sortant d'un conflit en raison de ses excellentes performances. M. Wolfowitz rencontrera ses dirigeants ainsi que certains de ses habitants pour en apprendre plus sur la façon dont le pays est parvenu Ă  maintenir la paix et la stabilitĂ©, tout en se dotant des principales institutions nĂ©cessaires au fonctionnement de tout État ou Ă©conomie.

 

Parmi les principaux sujets de discussion figureront les mesures envisagĂ©es par le pays pour gĂ©rer ses recettes pĂ©troliĂšres, le Timor-Leste Ă©tant l’un des tout nouveaux pays producteurs de pĂ©trole. Le prĂ©sident de la Banque s’entretiendra Ă©galement avec ses interlocuteurs des problĂšmes posĂ©s par la lutte contre la pauvretĂ© et la rĂ©duction du chĂŽmage des jeunes.




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