Site de la Banque mondiale Liens connexes Dans les quelques décennies à venir, plus de 1 milliard d’êtres humains mourront de maladies et de problèmes de santé qu’il y aurait eu moyen de prévenir. Tel est le constat dressé par une équipe d’experts de la Banque mondiale, de l’Organisation mondiale de la Santé et du Fogarty International Center des National Institutes of Health, dont les travaux sont financés par un don de la Fondation Bill et Melinda Gates.  Ces spécialistes, qui participent au projet DCPP (Projet sur les priorités en matière de lutte contre les maladies), tempèrent toutefois cette prévision en affirmant qu’il est tout à fait possible d’améliorer la situation sanitaire dans le monde, et surtout dans les pays en développement où même de simples interventions d’un coût limité peuvent faire une grosse différence. Par exemple, le simple fait d’apprendre aux mères à assurer la toilette des nouveau-nés et à les tenir au chaud pourrait, selon le projet DCPP, sauver des millions de nourrissons.  Il y a aussi moyen de sauver des vies en vaccinant tous les enfants contre les principales maladies infantiles, ce qui coûterait entre 2 et 20 dollars par enfant, selon le pays considéré. (Pour plus d’informations sur les problèmes auxquels font face les programmes de vaccination, reportez-vous à notre autre article, Les pays en développement paient encore un lourd tribut aux maladies contre lesquelles il existe un vaccin.) 
Des soins médicaux simples et peu chers peuvent avoir des effets positifs. Les 500 experts composant l’équipe du projet DCPP — épidémiologistes, économistes de la santé, professionnels de la santé publique et autres spécialistes — se sont attachés à évaluer le coût global des problèmes de santé et les coûts et avantages respectifs des diverses solutions envisageables. Le fruit de leurs travaux a été publié ce mois-ci sous la forme de trois volumes de 2 100 pages au total présentant les choix les plus valables que puissent faire les pays en matière de santé — ces engagements de fonds d’une importance cruciale qui ont déjà fait leurs preuves et qui présentent le meilleur rapport coût-efficacité.  Le principal de ces ouvrages est la deuxième édition de Disease Control Priorities in Developing Countries (Priorités en matière de lutte contre les maladies dans les pays en développement, ou DCP2), qui vient compléter l’étude initiale publiée en 1993 sur 200 problèmes de santé qui se posent de par le monde. Le deuxième, intitulé Priorités en matière de santé, fait une synthèse des idées-force du projet dans un volume disponible en sept langues et destiné à servir de guide de référence pour les décideurs. Le troisième, Global Burden of Disease and Risk Factors (Charge de morbidité mondiale et facteurs de risque), donne un aperçu des problèmes de santé qui se posent au jour le jour dans le monde entier. 
Des vies peuvent être sauvées en immunisant tous les enfans contre les maladies infantiles les plus communes  L’objectif de cette volumineuse étude est d’aider les dirigeants des pays, les responsables des programmes de santé et les bailleurs de fonds à opérer des choix difficiles dans l’utilisation de ressources limitées pour les soins de santé dans les pays en développement. Ce n’est pas une simple question de coûts, préviennent les auteurs de l’étude DCP2 : l’état du système de santé dans le pays considéré est un facteur important, et c’est pourquoi l’ouvrage passe également en revue les moyens de renforcer les systèmes de santé dans les pays en développement.  Comme le souligne Jean-Louis Sarbib, premier vice-président de la Banque mondiale et responsable du réseau Développement humain, pour que les soins de santé aient le rendement maximal par rapport aux fonds engagés, il faut commencer par établir les fondations voulues, sous forme de politiques adaptées aux réalités nouvelles et de systèmes de recherche et de santé véritablement effectifs. Selon lui, les différents programmes et projets de santé auront plus d’efficacité s’ils s’inscrivent dans des systèmes de santé solides comprenant des soins de santé primaires au même titre que des hôpitaux centraux et de district.   |