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Appel à une amélioration de l’aide et à un suivi régulier

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Dans un nouveau rapport, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) préconisent un investissement accru afin d’aider les pays en développement à combattre la corruption et à améliorer la gouvernance, qui est la façon dont un pays s’acquitte de son obligation de service public à l’égard de ses administrés. La publication de ce rapport suit d’une semaine l’annonce par le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, d’une stratégie globale pour lutter contre la corruption, décrite par lui comme un facteur qui est souvent à la racine même de ce qui peut expliquer les dysfonctionnements de l’État.

Selon la troisième édition annuelle du Rapport de suivi mondial (RSM), un meilleur effort de suivi de ce que font les États pour assurer les prestations de services publics est d’une importance capitale dans une optique de réduction de la pauvreté, surtout en Afrique et en Amérique latine. Le RSM 2006 appelle par ailleurs les donateurs à concrétiser les engagements qu’ils ont pris pour accroître l’aide aux pays en développement, tout en ajoutant que celle-ci doit être assouplie et mieux ciblée afin de permettre à ces pays d’utiliser les fonds pour couvrir par exemple des dépenses ordinaires telles que les salaires de leurs enseignants et personnels de santé.

 

Des progrès sur le front de la pauvreté

Les huit objectifs de développement pour le Millénaire (ODM), qui visent entre autres à réduire de moitié l’extrême pauvreté, à stopper la propagation du VIH/SIDA et à assurer l’éducation primaire pour tous à l’horizon 2015, constituent un plan d’action sur lequel se sont engagés l’ensemble des pays du monde et toutes les grandes institutions de développement.

Le RSM 2006 passe en revue les progrès réalisés en vue d’atteindre les objectifs de développement pour le Millénaire, la série d’objectifs adoptée au plan mondial pour faire reculer la pauvreté et améliorer la situation des pays en développement au plan éducatif et sanitaire. Selon son principal auteur, Mark Sundberg, les niveaux favorables de croissance économique atteints ces cinq dernières années ont abouti à ce qu’il qualifie de « progrès remarquables » sur le front de la pauvreté.

 

« Bien qu’il manque encore des données d’enquêtes, sur la base des chiffres de croissance globale des revenus, on estime qu’entre 2000 et 2005 la pauvreté a peut-être accusé une diminution allant jusqu’à 10 % », dit-il. « Mais les performances d’une région à l’autre varient très sensiblement : l’Asie de l’Est et l’Asie du Sud ont le plus profité de cet état de fait, l’Afrique moins ».

 

Le rapport indique en outre que l’Amérique latine a vu sa croissance augmenter ces deux dernières années, mais pas suffisamment pour faire des avancées décisives sur le front de la réduction de la pauvreté. Et en Afrique, la croissance a beau s’être également améliorée, peu de pays parviendront, sur la base des tendances actuelles, à l’objectif consistant à réduire de moitié la proportion d’individus qui ont moins de 1 dollar par jour pour vivre.

 

Un tableau peu engageant

En dépit des progrès réalisés pour la réduction de la pauvreté, M. Sundberg qualifie de « bien moins engageant » le tableau pour ce qui est des objectifs consistant à réduire la mortalité maternelle et infantile, à améliorer l’accès à l’éducation et à stopper la propagation du VIH/SIDA. « Il y a des régions, l’Afrique en particulier mais c’est aussi le cas en Asie du Sud, où très peu des objectifs, si tant est qu’il y en ait, sont en voie d’être atteints », dit-il. « Par contre, dans toutes les régions, des pays sont en train de réaliser des progrès tout à fait remarquables. »

 

« À l’heure actuelle, l’Afrique subsaharienne n’est pas en voie d’atteindre l’un ou l’autre de ces objectifs. Mais au sein de cette région, les données d’enquêtes récentes allant de la fin des années 90 à 2003-2004 font état de progrès considérables au niveau de la réduction des taux de mortalité infantile à Madagascar et de l’accroissement des taux de vaccination au Mozambique, par exemple. »

 

Ce type de constat illustre ce qui constitue l’un des thèmes majeurs du rapport : des progrès soutenus sont du domaine du possible pour les pays s’ils ont des politiques adéquates et des programmes menés de façon cohérente et coordonnée, et si les apports d’aide sont mieux ciblés.

 

Un meilleur effort de suivi

Le rapport définit un cadre pour mieux cerner la gouvernance et permettre son suivi. Il n’en implique pas pour autant que l’aide soit accordée uniquement aux pays qui assurent une bonne gouvernance.

Comme le fait remarquer M. Sundberg, la gouvernance est un domaine complexe, et il n’existe pas d’approche ou de recette unique pour améliorer les choses dans ce domaine. La notion de gouvernance recouvre des aspects aussi divers que le pouvoir exécutif et les organes qui lui font contrepoids (les corps législatifs, les instances de recours ou encore une presse libre), ainsi que les structures administratives. Elle recouvre aussi les moyens de rendre l’autorité publique redevable de son action et de permettre à la société civile de se faire entendre.

 

« Ce qu’il faut, c’est suivre et contrôler les performances à l’échelon de tous ces éléments clés », dit-il. Le rapport examine ce qui peut donc être fait pour assurer le suivi dans tous ces domaines à l’échelon des pays, et recommande 14 indicateurs différents pour évaluer spécifiquement la situation des pays en développement en matière de gouvernance.

 

Voici quelques exemples des progrès récents dont fait état le Rapport de suivi mondial :
• Des signes de diminution de la mortalité infantile sont en évidence dans neuf pays en développement sur les dix examinés — les taux de diminution étant même très marqués dans plus de la moitié des cas (de 3,6 % par an au Burkina Faso, à 5,6 % par an à Madagascar).
• Cet abaissement de la mortalité infantile est un phénomène dont bénéficient également les pauvres puisque, dans quatre des pays examinés, c’est parmi les ménages les plus pauvres que les taux de diminution les plus soutenus sont enregistrés.
• On note une forte augmentation du nombre de pays qui ont atteint ou sont en voie d’atteindre l’objectif consistant à donner à tous les enfants, garçons et filles, les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires.
• On a relevé les premiers signes de diminution des taux d’infection à VIH/SIDA dans des pays à forte prévalence comme Haïti, l’Ouganda et le Zimbabwe.

Un besoin d’efficacité accrue de l’aide

Le rapport souligne par ailleurs que les pays en développement ne parviendront pas à progresser encore sur le front de la réduction de la pauvreté, ou de l’amélioration de leurs systèmes d’éducation et de santé, tant que l’aide qui leur est destinée ne sera pas assouplie. Ce dont beaucoup ont surtout besoin, fait-il valoir, c’est de pouvoir assurer leurs dépenses ordinaires, dont les salaires des enseignants et personnels de santé sont un exemple. Mais environ un tiers seulement de l’aide bilatérale actuellement destinée aux pays à faible revenu offre la souplesse voulue pour pouvoir servir à la prise en charge des dépenses de fonctionnement et d’investissement en matière de santé et d’éducation.

 

Les auteurs du rapport de suivi appellent en outre les donateurs à concrétiser les engagements pris dans le sens d’un accroissement de l’aide. Cela porte notamment sur la fourniture d’une aide additionnelle qui se chiffre, sur une base annuelle, à 25 milliards de dollars pour l’Afrique d’ici à 2010, et à 50 milliards de dollars pour l’ensemble des pays en développement.

 

« Il existe un risque que ces fonds finissent par ne pas se matérialiser », estime M. Sundberg. « Les pays riches sont eux-mêmes soumis à des pressions budgétaires. Un autre danger est que les allègements de dette viennent se substituer à l’aide, au lieu de s’y ajouter comme c’est censé être le cas. Il convient aussi d’étalonner et de superviser soigneusement les engagements des donateurs, afin d’assurer un surcroît de transparence et de responsabilité. »

 

Le rapport est destiné à être soumis aux membres du Comité du développement le 23 avril. Ce comité joue un rôle consultatif auprès des Conseils des gouverneurs de la Banque et du FMI, auxquels il fournit des avis sur les grands problèmes de développement et sur les ressources financières nécessaires pour favoriser l’essor économique des pays en développement.

 




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